‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 485 sur 752 · XII. — Réunion du Comice de Trévoux · texte numérisé non relu

XII. — Réunion du Comice de Trévoux

L'Assemblée générale du Comice de Trévoux (Ain), présidée par M. de Monicault, aura lieu à Villars, le 26 octobre. Ce Comice donne l'excellent exemple d'achat de graines fourragères en commun. Qualité et réduction de prix, tels sont les avantages que cette combinaison donnera aux cultivateurs.

Xin. — Nouvelles de l'état des récoltes. Les nouvelles des dernières récoltes sont généralement bonnes. —

laO CHRONIQUE AGRICOLE (23 OCTOBRE 1880)

D'après la note que M. Yilleroy nous envoie du Rittershof, à la date du 1G octobre, la production des pommes de terre dans la Bavière rhénane a été abondante :

. » La récolte des pommes de terre est terminée. II y en a beaucoup et elles sont très bonnes. La pomme de terre primitivement plante fourragère est devenue plante commerciale : est-ce un bien? On la vend, elle apporte de l'argent au cultivateur qui en a tant besoin, mais elle est une plante épuisante; elle prend beaucoup à la terre et elle ne lui rend rien. D'ici, Bavière rhénane, on en a les années précédentes exporté de grandes quantités pour la Hollande et pour l'Angleterre. Cette année, les prix offerts sont si bas qu'il faut renoncer à l'exportalion. Elles seront consommées par le bétail et fourniront du fumier.

« Les grains sont à des prix qui, pour le producteur, ne sont pas assez élevés : les frais, les charges qui pèsent sur le cultivateur augmentent tous les jours, il a à soutenir la concurrence du monde entier, même pour le bétail. Cet état de choses ne peut pas durer. On se demande comment cela finira. »

C'est surtout sur le résultat des vendanges dans la Dordogne, en même temps que sur la marche envahissante du phylloxéra, que M. de Lentilhac insiste dans la note qu'il nous adresse de Saint-Jeand'Ataux, à la date du 13 octobre :

« En septembre, nous avons eu 10 jours de beau ciel et 20 de temps plus ou moins, ayant fourni : 8 jours de pluie, 4 de brouillard, 13 de rosée, 4 d'orage. — Dans cette période, il est tombé 97""". 75 d'eau; l'averse la plus considérable, celle du 16, adonné 18'""". 75. — La température la plus élevée, -)- 29°; la plus basse, -}- 5", et la moyenne générale, -\- 15». 3. — La plus forte pression barométrique a été de 757'"'". 96; la plus faible de 744""". 42 et la moyenne de 751""". 64. — Le venta soufflé 5 jours du nord, 4 du nord-est, 2 de l'est, 2 du sud-est, 3 du sud, 2 du sud-ouest, 9 de l'ouest et 3 du nord-ouest.

« Les vendanges s'achèvent par une température des plus favorables. La qualité du vin sera supérieure à celle de l'an dernier, la quantité aussi, bien que nous soyons encore en présence d'une fort médiocre récolte, sans parler du phylloxéra, dont la marche envahissante s'accentue chaque jour, de la coulure dont l'effet a été désastreux, nous avons constaté que l'oïdium a fait disparaître dans nos contrées les deux tiers du fruit que portaient les ceps de vigne il y a deux mois encore. Depuis j 862, où l'oïdium prit de telles proportions que les vins doublèrent de prix, ce fléau n'avait eu une telle int-ensité. Ses effets ont été si capricieux qu'il serait fort difficile d'en expliquer la cause. Dans les mêmes conditions de sol et de cépage, tel pied de vigne est resté parfaitement indemne au milieu de ceps détruits. Ailleurs, un côté seulement est frappé; le plus souvent, c'est sur la même grappe que ses effets sont disséminés. Toutefois, il faut reconnaître que les vignes très vigoureuses, et ce que nous appelons les cépages fins, sont les plus maltraités. Le triage des grains malades épars dans une grappe est impraticable, et comme ce qu'il en reste est en verjus ou altéré, il ne peut qu'en résulter un vin médiocre et difficile à clarifier.

« En rapprochant les phases météorologiques de 1862 et 1880, nous trouvons une certaine concordance; le mois de juin fournit à peu près le même nombre de jours de pluie (12 et 14); le mois de juillet le même maximum de température (-|-34*); mais ce qui est surtout à remarquer, c'est qu'avec une température relativement élevée pendant le jour, se présentent dans ces deux périodes des abaissements nocturnes assez sensibles qui, en apportant momentanément le trouble dans la circulation de la sève, ont du sans doute en affaibhr la vitalité et par suite favoriser les conditions que recherche l'oïdium, comme toutes les végétations cryptogamiques, l'appauvrissement végétal. »

Le mois d'octobre se montre propice aux travaux d'arrachage des pommes de terre et des betteraves, ainsi qu'à la récolte du maïs dans le Midi, aux coupes des derniers regains, etc. Les travaux de préparations des terres, et de semailles se poursuivent également, dans la plupart des départements au milieu de circonstances favorables. •

J.-A. Barral.

Les froids extraordinairement violents du dernier hiver ont tué presque tous les pins maritimes du nord et du centre de la France et causé, notamment en Sologne, des pertes énormes.

La quanlilé d'arbres gelés que l'on a dû abattre et dont on cherche à tirer parti est extrêmement considérable : leur bois se vend à vil prix et leur déj)réciation est d'autant plus grande qu'ils sont considérés comme ayant perdu, sous l'action du froid, beaucoup de leur qualité.

Les pins maritimes en Sologne ne sont pas gemmés comme dans les Landes, mais ils sont exploités surtout comme bois de feu, et la quantité considérable de résine qu'ils contiennent les fait particulièrement rechercher pour chauffer les fours des boulangers.

La croyance que les pins gelés ont perdu une grande partie de leur résine, que la gelée détruit la résine, s'est répandue fort généralement et a été admise à peu près sans conteste en Sologne, au grand détriment des propriétaires.

Bien qu'une pareille opinion dût paraître peu vraisemblable, elle a pris trop d'importance pour qu'il n'y ait pas un véritable intérêt à rechercher sur quoi elle s'est fondée et quelle part de vérité il peut y avoir en elle.

J'ai reçu, grâce à l'obligeant intermédiaire de nos confrères MM. H. Mangon et Tassy, de nombreux échantillons de bois de pin maritime gelés d'âge et de provenances diverses. Différents propriétaires de Sologne, parmi lesquels je dois remercier ici tout particulièrement M. de Laboulaye, qui m'a fourni de nombreux et intéressants renseinements, et M. Huau, de qui j'ai reçu des bois bien comparables 'âge et de provenance, les uns tués par la gelée, les autres survivant aux froids, ont bien voulu m'aider dans mes recherches et m'ont mis à même d'élucider complètement cette question.

Un premier point peut être d'abord très positivement établi, c'est que le bois gelé ne laisse pas suinter de résine quand on le travaille, comme cela a lieu pour le bois vivant : les ouvriers qui débitent les bois gelés ont les mains nettes et non poissées comme d ordinaire. J'ai pu constater le fait moi-même et m'assurer qu'une plaie faite d'un coup de serpe sur le pin vivant se couvre aussitôt de gouttelettes de résine, tandis que sur le pin gelé la plaie sèche et ne poisse pas le doigt.

L'apparence semblait donc, à première vue, justifier l'opinion qui attribue à la gelée la propriété de détruire la résine dans le tronc des pins; mais, de ce que la résine n'apparaît pas à la surface des bois, eston autorisé à conclure qu'elle est détruite? Sans discuter la vraisemblance d'une pareille hypothèse, le mieux était de doser directement la quantité de résine contenue dans des échantillons comparables de bois gelé et non gelé.

M. Miintz, chef des travaux chimiques de l'Institut agronomique, a bien voulu se charger de ce travail, et c'est le résultat de ses recherciies que contient le tableau suivant :

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