à 6,000 âmes
Entrée dans les ( 15,001 20,0no » 0 95 1 40 1 90 0 85
communes de ] 20,001 30,000 » l 10 1 70 2 25 0 95
. 50,001 et au-dessus. 1,50 2 25 3 00 1 25
Circulation suivant le lieu de destination. 1 00 1 50 2 00 0 80
Taxe de remplacement aux entrées de Paris. ""^ ■"""' 8^25 " 4 50
2° Que le droit à la vente en détail des vins, cidres, poirés et hydromels, également réduit d'un tiers, se trouve désormais fixé, en principal et décimes, à 12 fr. 50 pour 100 du prix de vente.
N» 586. — Tome III de 1880. — 3 Juillet.
L'ensemble des dégrèvements se montera, pour 1881, sur les sucres, à 59,609,000 fr., et sur les vins à 71,000,000 fr., soit en tout 130,000,000 fr.
Les consommateurs profiteront de cette mesure libérale, en même temps que l'agriculture trouvera un nouvel essor pour ses productions, dans l'accroissement de la vente. L'ère des dégrèvements d'impôts, qui est maintenant ouverte, démontre, d'une manière éclatante, que la prospérité de notre pays n'a pas sombré, comme cherchaient à le faire croire tant d'esprits chagrins ou hostiles.
II. — Expérimentation de requisUion de chevaux et de voilures.
On sait que la conscription des chevaux, mulets et voitures, a été ordonnée par la loi militaire. Jusqu'ici les appels annuels des hommes de la réserve et de l'armée territoriale ont permis d'apprécier dans une certaine mesure, pour les hommes, les conditions dans lesquelles se ferait la mobilisation générale de l'armée en temps de guerre. La même expérience n'a pu encore être faite pour les chevaux et les voitures attelées que la loi du 3 juillet 1877 met par voie de réquisition h la disposition de l'autorité militaire, car cette loi ne s'applique exclusivement qu'au temps de guerre. La ministre de la guerre, tenant cependant à se rendre compte des résultats que donnerait le règlement contenant les mesures d'exécution de celte loi, vient de présenter au Parlement un projet qui tend à lui donner l'autorisation de procéder à un essai partiel de réquisition des chevaux, voitures attelées et harnais, ainsi qu'à lui accorder un crédit extraordinaire del 10,000 francs pour faire face aux dépenses qui en résulteront. L'opération aurait lieu au mois d'octobre prochain. Elle porterait sur quatre corps d'armée, à raison de deux circonscriptions par région, c'est-à-dire sur le quart de quatre régions de corps d'armée. On retiendrait au plus pendant une journée chaque animal ou voiture, de manière à limiter au strict nécessaire le dérangement à imposer aux populations, et l'on donnerait une indemnité de déplacement à tous les propriétaires de chevaux ou voitures auxquels s'étendrait la réquisition. Celle-ci comprendrait environ 8,000 chevaux, soit le vingtième à peu près de ce qu'elle pourrait produire en réalité. Il y a tout lieu de croire que le Parlement acceptera le projet du gouvernement, car la dépense supplémentaire est de peu d'importance et il est intéressant de juger à l'avance le mécanisme des réquisitions de chevaux et de voitures qui jouent un rôle important dans la mobilisation générale.
IIL — Le Cadastre.
La Chambre des députés est saisie, depuis un certain temps, de plusieurs projets de loi relatifs au cadastre, à son renouvellement et au moyen d'arriver à répartir d'une façon plus régulière les charges de l'impôt foncier. M. Mathé, député, vient de présenter une nouvelle proposition dans ce sens. Cette proposition a le double but de faire opérer une révision du cadastre qui servirait, grâce à des révisions décennales, de base sérieuse et authentique pour les mutations de propriété. Toutefois cette révision ne serait complète que pour les documents et plans qu'il serait impossible d'utiliser désormais. La révision coûterait sensiblement moins cher que le renouvellement ; cette considération est importante, car c'est la question des frais qui a arrêté toutes les opérations de ce genre. M. Mathé estime que la ré-
GURONIQUEl AGRICOLE (3 JUILLET 1880). 7
vision qu'il propose pourrait êtra exécutée en quatre ou cin^ ans, et. qu'elle ne coulerait pas plus de 60 millions de i'rancs.
IV. — Concours des Comices 'dfi SÂne-ct-Marne et Seine-et-Oise.
Le concours annuel du Comice de Saine-et-Mame s'est tenu le dimanche 6 juin, sur la belle exploitation de M. Hardon, à Courquetaine. Malgré le mauvais temps, qui n'a cessé de régner toute la journée, le concours a été remarquable à tous les points de vue, et il a été suivi par une très grande at'rlueace de visiteurs; au banquet, on comptait plus de cinq cents convives. Il était d'ailleurs dit'licile de trouver une installation plus parfaite que celle de Courquetaine, pour une réunion de ce genre. Nous ne pouvons que signaler sommairement les principales récompenses décernées par le Comice. La grande médaille d'or des améliorations agricoles a été attribuée à M. Hardon, pour l'ensemble de ses travaux de culture et spécialement pour son intérieur de ferme, et une médaille d'or à M. Augor, cultivateur à Montchauvoir, commune de Saint-Méry, pour son agencement mécanique. Une autre médaille d'or a été décernée à M. Baudron, régisseur de Mme de Lancosme, au château de Graville, commune de la Cellesous-Mores.
C'est le 27 juin que le Comice de Seine-et-Oise tenait son concours annuel à Angerville. Ici, encore, l'affluence était très nombreuse, et le concours était réellement remarquable. Le président du Comice a profité de la distribution des récompenses, pour insister, à nouveau, sur les souffrances de l'agriculture; à cela il n'y a qu'à applaudir, mais c'était outrepasser la vérité que d'en annoncer la ruine prochaine. Heureusement le rapport fait par M. Testard sur le concours des fermes a fait un contraste absolu avec ces prédictions car, il a montré la prospérité des exploitations qui ont pris part à ce concours et fait ressortir la marche croissante du progrès. Un incident fâcheux s'est produit au banquet : nous n'y avons pas assisté, et nous ne le jugeons pas. Mais nous répétons que c'est un fait déplus à invoquer contre les tendances politiques de quelques associations agricoles. Le devoir de ceux qui les dirigent doit être de les faire s'occuper exclusivement d'agriculture. Les Comices doivent être des réunions, non pas de combat, mais de progrès.