I. — Les concours régionaux de 1881 et V espèce chevaline
M. le ministre de l'agriculture vient d'arrêter, ainsi qu'il suit, les dates et les sièges des concours régionaux en 1881. C'est une bonne mesure que d'avoir pris de bonne heure une décision à cet égard. Voici la liste donnée par le Journal officiel:
2 au 11 avrils Alger (concours de l'Algérie).
7 au 16 mai^ Pau.
14 au 23 mai, Nîmes.
21 aw30 mai^ Gahors et Ghâlon-sur-Saône.
28 mai au 7 juin, Alençon, La Roche-sur- Yon, Tours.
11 au 20 juin, Annecy, Epinal.
18 au 27 juin, Saint-Brieuc, Montbrison, Versailles.
Les déclarations pour être admis à prendre part à ces concours doivent être envoyées au ministère de l'agriculture avant les dates suivantes :
Alger, le 15 janvier. — Pau, 25 mars. — Nîmes, 1" avril. — Gahors, Chalonsur-Saône, 7 avril. — Alençon, La Roche-sur- Yon et Tours, 15 avril. — Annecy et Epinal, 25 avril. — Saint-Brieuc, Montbrison et Versailles, l*'' mai.
Le concours d'Algérie a été fixé à Alger au mois d'avril; c'est une heureuse coïncidence, l'Association française pour l'avancement des sciences devant tenir à Alger sa session de 1881 à cette date. L'occasion sera bonne, pour un homme distingué, ami des sciences et de tous les progrès, de visiter l'Algérie et d'apprendre à connaître notre colonie africaine entrée désormais dans la voie de la prospérité, surtout au point de vue agricole.
Nous avons appris avec une vive satisfaction qu'il était question de remplir un vœu émis bien souvent parles agriculteurs, c'est d'admettre l'espèce chevaline dans les concours régionaux. Incontestablement les concours de juments poulinières faits par l'administration des haras rendent des services, mais ils ne tiennent nullement lieu des concours régionaux. Ce sont deux institutions différentes qui doivent vivre côte à côte. Les animaux reproducteurs de l'espèce chevaline doivent être visités dans les concours au même titre que les animaux reproducteurs des espèces bovine, ovine et porcine ou que les animaux de bassecour. Tous ils sont des produits de la ferme, et les agriculteurs qui élèvent les uns doivent recevoir des encouragements aussi bien que ceux qui élèvent les autres, dans ces grandes assises où s'agitent tous les ans, pour les diverses régions de la France, les questions d'amélioration. Incontestablement l'élevage des chevaux eût fait des progrès
N° 603. — Tome IV de 1880. — 30 Octobre.
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beaucoup plus grands en France depuis trente ans, si dans tous les concours régionaux, les reproducteurs mâles et femelles, avec les jeunes produits, avaient été régulièrement appelés à figurer. Les élevages se seraient multipliés bien davantage, et la population chevaline de la France se serait accrue d'une manière profitable pour l'armée aussi bien que pour l'agriculture, le commerce et l'industrie. L'administration (fos haras aura sa place toute marquée dans les jurys appelés à décerner des récompenses aux meilleurs chevaux et juments, et ses représentants, dans leur contact avec tous ]cs agriculteurs, trouveront d'exctîUentes occasions pour exposer et faire admettre les principes qu'ils regardent comme nécessaire d'appliquer pour la production des chevaux de valeur et convenant le plus au pays. Dans tous les concours agricoles étrangers, notamment en Angleterre, Tespece chevaline figure au premier rang; il était étrange qu'il n'en fût pas de même en France. Bien des fois, lorsque nous avons rencontré sur les champs de nos concours, des agriculteurs étrangers venus pour les visiter, nous les avons entendus poser cette question :« Est-ce que, pour vous autres Français, les chevaux ne sont pas des animaux faits par ragriculture?»Nous ne saurions donc que remercier M. le ministre de l'agriculture de vouloir faire cesser une anomalie vraiment étrange et que ne peut expliquer aucune bonne raison.
IL — Congrès international des électriciens.
Sur le rapport de M. Cocliery, ministre des postes et des télégraphes, un décret vient de décider qu'un congrès international des électriciens serait ouveit à Paris' le 15 septembre 1881, et que le palais des Champs-Elysées serait mis gratuitement à la disposition de la Commission privée autorisée par le gouvernement à organiser, à ses risques et périls, une exposition internationale d'électricité du 1"août au 15 novembre 1881. Nous annonçons cette nouvelle, parce que l'électricité est certainement appelée à rendre des services à l'agriculture. Déjà des essais ont été faits ;il faut encourager leur continuation, car l'électricité doit intervenir et dans l'intérieur de la ferme et au milieu des champs pour rendre plus faciles un grand nombre de travaux et mettre à la disposition des cultivateurs des forces encore aujourd'hui non employées. L'appel fait par le gouvernement français "sera certainement entendu et deviendra le signal de nouveaux progrès.
in. — Les subventions du Gouvernement aux associations agricoles.
En réponse aux observations que nous avons cru devoir présenter sur le désaccord existant entre le président du Comice agricole de Segré et le préfet de Maine-et-Loire, nous avons reçu de M. de Falloux la lettre suivante :
ce Monsieur, je suis très reconnaissant de la place que vous avez bien voulu faire au Comice agricole de Segré dans votre très important Journal, et j'y reconnais une bienveillance qui, depuis bien des années, ne m'a pas fait difaut. Cependant, vous avez laissé échapper une erreur sur laquelle il m'est impossible de ne pas vous demander une rectification.
« Selon vous, je refuse de constater publiquement les allocations que je ne refuse pas de recevoir, et vous ajoutez : « C'est se couvrir d'une ombre ou d'un voile qui ne convient pas à la vraie bberté ni davantage au patriotisme. »
« Vous avez parfaitement raison, monsieur, et je suis si complètement de votre avis que j'ai offert trois fois la constatation sur nos affiches, en caractères apparents, des deux allocations officielles : T dans ma première lettre à M. le sous-
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préfet de Segré; i" dans le projet d'affiches manuscrit envoyé à la sous-préfecture; '■ " dans ma lettre à M. Tirard.
« J'int^iste à cet égard près de vous, monsieur, non pour ma justification personnelle seulement, mais aussi dans un intérêt plus général et plus élevé. La question des Comices s'est ouverte à Segré, mais elle se poursuit sur beaucoup d'autres points et ne se fermera que par une solution équitable. Veuillez réclamer cette solution avec nous, monsieur, et nous l'obtiendrons.
« D'accord avec M. le ministre de l'agriculture, vous reconnaissez que la formule trop impérieusement exigée par M. le pré'et de Maine-et-Loire est facile à modifier; mais, comme M le ministre aussi, vous regrettez que l'intervention du Conseil général ait rendu l'accommodement dilficile.
ce Vous oubliez, monsieur, que c'est M. le préfet de Maine-et-Loire lui-même qui a mis le Conseil général dans l'obligation d'intervenir, puisque la lettre de M. le sous-préfet de Segré stipulait au nom du département comme au nom du gouvernement. Jusqu'à ce jour, le Conseil général avait fixé l'allocation départementale sans y mettre aucune condition et sans songer à se plaindre de l'ingratitude des comices; il était donc très naturel, il était inévitable que le Conseil général, ainsi mis en scène à son insu, tint à expliquer lui-même sa propre pensée. Voir là une usurpation, comme Ta fait M. le préfet de Maine-et-Loire, un indice de l'esprit de parti, comme l'indique un peu M. le ministre et comme vous le dites en propres termes, monsieur, n'est-ce pas apporter soi-même plus d'esprit de parti que n'en ont montré le Comice agricole de Segré, et le Conseil général de Maine-et-Loire ?
« En tout cas, monsieur, est-ce l'agriculture qui doit payer les frais d'un si mince débat ? Ne convient-il pas à un journal, tel que le vôtre, de sortir d'une si étroite querelle et de réclamer tout simplement la transaction sur laquelle tout le monde serait d'accord : les afficiiCS porteront, en gros caractères, les allocations officielles ; les prélets se contenteront d'une constatation ostensible que personne ne leur conteste et renonceront à l'adjectif subventionné qui, vous l'admettez vous-même, monsieur, est quelquefois pris en mauvaise part. Dans cette transaction, personne ne pourra se plaindre, personne ne se plaindra et les comices continueront à rendre patriotiquement, sans aucune jactance, sans aucun esprit de parti, des services dont l'agriculture est moins que jamais en situation de se passer,
« Je ne doute pas, monsieur, que votre loyauté ne me fasse l'honneur de publier cette réponse dans votre plus prochain numéro et je joins d'avance mes remercîments à l'expression très sincère des sentiments de la plus haute considération. A. DE Falloux.
Bourg d'Iré, 25 octobre 1880.
iMalgré les explications de notre honorable correspondant, nous persistons à penser qu'il eût été bon d'arranger à l'amiable et parla voie de la conciliation, le différend né de la demande faite par l'autorité préfectorale, de faire connaître publiquement l'allocation reçue par les Comices, tant de la part de l'Etat que de la part du gouvernement. Puisque M. de Falloux a fini par en appeler au ministre^ il eût été plus simple de commencer par là, au lieu de laisser le débat s'envenimer par des discussions publiques. D'ailleurs, M. de Falloux paraît aujourd'hui admettre parfaitement la convenance de reconnaître hautement les encouragements de l'Etat. On est donc complètement d'accord sur le fond de la question. Dès lors, la forme nous paraît facile à trouver, et Ton pourra donner satisfaction à tout le monde. Les Comices et les Sociétés d'agriculture devant être, de l'assentiment unanime, des occasions de réunion où les hommes de tous les partis peuvent se rencontrer pour faire ensemble le bien du pays, il ne saurait être admissible qu'on en fît disparaître toute attache gouvernementale, alors qu'on a sollicité le concours du gouvernement. Les difficultés ne sont venues que du jour où, soit les uns, soit les autres, ont cherché à tirer parti des réunions comitielles dans un intérêt électoral ou dans un intérêt politique. Depuis tantôt quarante ans, dans les journaux
agricoles dont la direction nous a été confiée, nous n'avons cessé de tenir ce lant-age. C'est un devoir que nous devons remplir, de même que nous honorons de toutes nos forces tous ceux qui rendent des services à l'agriculture, sans nous occuper de leurs opinions, et lors même que nous nous trouvons, sous ce dernier rapport, dans des camps absolument opposés. C'est ainsi que nous avons toujours fait à l'égard de M. de Falloux; nous continuerons. S'il y a eu, dans ces derniers temps, des discordes dans le monde agricole, elles ne sont venues que de la part de ceux qui se sont laissé emporter par des passions politiques, de manière à oublier et même à compromettre l'agriculture. Mais cela ne nous fera pas changer, et nous tâcherons toujours que des transactions loyales, honnêtement exécutées de part et d'autre, permettent à tous les amis de l'agriculture, de donner ensemble une énergique impulsion aux progrès qui peuvent agrandir la prospérité de la patrie,
IV. — Sur la désinfection du matériel employé au transport des animaux. La fièvre aphteuse continue à exercer de véritables ravages dans un grand nombre de départements. Sur plusieurs points, on a jugé utile de suspendre les foires et les marchés, afin d'arrêter l'extension de la maladie qui se propage si facilement par le contact des animaux contaminés ou même seulement des objets qui ont été en contact avec eux. Depuis longtemps, les agriculteurs demandent que le matériel de transport, employé pour le bétail, soit soumis, après chaque voyage, à une désinfection rigoureuse; la prescription de la désinfection entre dans le projet de loi sur la police sanitaire actuellement soumis aux Chambres. Mais M. le ministre de l'agriculture a pensé qu'il était urgent de mettre en vigueur et de rendre obligatoires les mesures sur la désinfection des wagons prises en 1 877 par le ministère des travaux publics. En conséquence, par une circulaire qu'il vient d'adresser aux préfets, il les engage à prendre, chacun dans leur département, des arrêtés prescrivant désormais d'une manière générale la désinfection des wagons, après chaque expédition d'animaux vivants, ainsi que le nettoiement des voies et des quais que les animaux auront parcourus. Cette circulaire est ainsi conçue :
« Monsieur le préfet, une épizootie de fièvre aphteuse sévit actuellement dans un gTand nombre de départements, et Tune des causes principales auxquelles on doit attribuer son extension est l'absence de désinfection des wagons employés aux transports des bestiaux.
« Il est inévitable, en effet, quelle que soit la surveillance exercée sur le bétail dans les localités oiî l'affection est signalée, que des bêtes contaminées et même quelquefois des bêtes malades échappent à la surveillance de l'autorité, alors surtout que l'épizootie commence à se manifester. Si ces animaux sont transportés par chemin de fer, le wagon qui les aura contenus sera infecté, et les autres animaux qui passeront successivement dans ce wagon seront exposés à contracter la maladie.
« Le projet de loi sur la police sanitaire, qui a été adopté déjà par le Sénat et qui est en ce moment soumis à l'examen de la Chambre des députés, porte, comme vous le savez, que les wagons à bestiaux doivent être désinfectés après chaque transport, en tout temps et quel que soit l'état sanitaire. Je ne doute pas de l'adoption de cette disposition dans un délai très prochain ; mais je pense qu'en raison de la situation sanitaire actuelle il est d'absolue nécessité de ne pas attendre le vote de la loi. La plupart des autres pays d'Europe nous ont d'ailleurs précédé dans l'application de cette mesure qui intéresse à un si haut degré l'agriculture; le matériel de chemin de fer est désinfecté d'une manière générale et permanente chez presque toutes les nations voisines. La désinfection sera utile contre l'exten-
sion non seulement de la fièvre aphteuse, mais aussi de la péripneumonie contagieuse du gros bétail qu'on signale sur plusieurs points.
c< Un arrêté de M. le ministre des travaux publics, en date du 27 octobre 1877, donne aux préfets le droit de requérir la désinfection du matériel de chemin de fer affecté au transport du bétail. Toutefois cette opération ne peut avoir d'efficacité réelle qu'à la condition d'être effectuée dans tous les départements et pour toutes les espèces d'animaux. Il est donc absolument indispensable de la généraliser, et j'ai l'honneur de vous prier, monsieur le préfet, de vouloir bien prendre un arrêté à cet effet.
ce J'ajouterai que la fièvre aphteuse laisse des germes de contagion dans tous les lieux que l'animal malade a traversés et, pour ainsi dire, dans les empreintes de chacun de ses pas, car un liquide virulent s'écoule des vésicules qui se développent entre les onglons, et la bave qui tombe de la bouche en est également infectée. Il est par suite nécessaire que les Compagnies soient astreintes aussi à faire nettoyer, après chaque expédition ou chaque débarquement, les voies et quais que les animaux auront parcourus, ainsi c[ue les locaux dans lesquels ils auront séjourné et le matériel spécial qui a pu servir à leur embarquement.
« L'arrêté que je vous prie de bien vouloir prendre peut être ainsi conçu :
Vu l'arrêté de M. le ministre des travaux publics, en date du 27 octobre 187 7, qui a prescrit aux Compagnies de chemins de fer de faire désinfecter, à la réquisition des préfets, les wagons ayant servi au transport du bétail, et qui a autorisé ces Compagnies à percevoir pour frais de désinfection une taxe de 3 fr. par wagon ;
Vu la loi du 16-24 août 17S0;
Vu les instructions de M. le ministre de l'agriculture et du commerce, en date du 22 octobre 1880, ~ Arrête :
Article premier. — Il est prescrit à la Compagnie du chemin de fer d de
faire nettoyer et désinfecter, dans les vingt-quatre heures qui suivront le déchargement, tous les wagons qui auront servi au transport des animaux de quelque espèce que ce soit.
Immédiatement après l'embarquement des animaux, il sera collé sur chaque
wagon une étiquette imprimée portant la mention suivante : Gare de (Nom de
la gare expéditrice ou de transit.) — A désinfecter à Varriuée.
Après la désinfection, cette étiquette sera remplacée par une autre portant : Gare de (Nom de la gare destinataire.) — Désinfecté.
Il est interdit de mettre en chargement aucun wagon à bestiaux qui ne porte cette seconde étiquette.
Art. 2. — Les hangars et cours servant à recevoir les bestiaux dans les gares de chemins de fer; les rampes et quais d'embarquement et de débarquement; le matériel spécial employé pour l'introduction des animaux dans les wagons, devront être nettoyés par le balayage et le lavage à grande eau après chaque expédition ou chaque arrivée d'animaux.
Art. 3. — Le présent arrêté sera notifié à la Compagnie du chemin de fer de
— Il sera pub'ié et alfiché.
Sont chargés d'en surveiller l'exécution : MM. les sous-préfets, MM. les maires et adjoints; M. le commandant de gendarmerie et tous les fonctionnaires et agents du service de la poHce ; MM. les fonctionnaii'es et agents de contrôle ; MM. les vétérinaires du service des épizooties.
« Vous voudrez bien me transmettre deux exemplaires de cet arrêté.
« Recevez, etc. « Le ministre de V agriculture et du commerce^
« P. TiRARD. »
Ces mesures seront accueillies avec reconnaissance par les agriculteurs. Toutefois, nous devons faire remarquer que la taxe de 3 fr. que les Compagnies sont autorisées à percevoir pour frais de désinfection de chaque wagon, deviendra beaucoup trop élevée lorsque l'opération sera appliquée à tout le matériel de transport. Il y a donc lieu d'appeler, sur ce fait, l'attention du ministre des travaux publics et celle des Compagnies de chemins de fer. La désinfection du matériel est un service d'intérêt général qui doit être payé à sa juste valeur et sur lequel il ne peut être admis que les Compagnies de transport fassent des bénéfices.
A diverses reprises, nous avons appelé l'attention sur les travaux auxquels se livre le Comice de Lille, relativement aux maladies contagieuses. Récemment sur la proposition de M. Yittu, il a adopté la délibération suivante :
« Le Comice agricole de Lille, vu l'existence d'une épizootie aphteuse, et considérant que la connaissance pour tous des lieux où règne une maladie contagieuse, quelle qu'elle soit constitue l'une des principales mesures propres à empêcher et à prévenir la contagion, émet à l'unanimité le vœu suivant pour être communiqué à M le préfet, avec prière, dans Tintérêr de l'agriculture, de le mettre à exécution :
« Que dans chaque commune soient publiés et affichés à la mairie les noms des étahles, écuries et prairies renfermant des animaux atteints de maladie contagieuse ; les noms seront enlevés à mesure que la maladie disparaîtra,
« Que la même publicité soit faite dans chaque chef-lieu de sous-préfecture ou préfecture. »
La réalisation de ce vœu contribuerait certainement à arrêter l'extension des maladies contagieuses notamment de la fièvre aphteuse. V. — Nécrologie.
Un de nos plus vénérés et plus aimés collaborateurs et confrères, M. Félix Villeroy, qui est aussi un des doyens de l'agriculture européenne, vient d'éprouver une grande douleur; il vient de perdre sa femme qui était sa compagne depuis tantôt soixante années. Elle était arrivée à l'âge de quatre-vingt-six ans. Tous les agriculteurs prendront part à la douleur d'un de ceux qu'ils regardent comme leurs chefs et dont ils aiment à écouter les conseils.
On annonce aussi la mort de M. Donzel, fabricant de sucre et cultivateur dans le département du Nord. 11 a été l'un de ceux qui ont le plus contribué, par leurs exemples et leurs travaux, à l'extension et aux progrès de l'industrie sucrière en France.
VL — La ferme-école de la Nièvre.
A la suite des examens de sortie de la ferme-école de Saint-Michel (Nièvre) dirigée par M. Salomon, six élèves ont obtenu leur brevet d'instruction agricole dans l'ordre suivant :
I Magdelènat, Louis, de Pouques; — 2 Giordani, Rigobert, de Muro (Corse); — 3 Clievrier, Joseph, de Ghampvert; — 4 Barthélémy, Amable-Yon, de Cuérigny; — 5 Regnault, Victor, de La Fermeté; — 6 Deschamps. Jean-Marie, deChâteau-Chinon.
De ces six élèves, deux sont rappelés par leurs parents, pour cultiver avec eux; un entre comme boursier à l'école d'agriculture de Saint-Remy, deux ont obtenu cliacun une bourse de 600 fr. à l'école d'irrigation du Lézardeau; enfin un autre, ayant concouru pour entrer à l'école nationale de Grignon, y a été admis le deuxième des candidats des fermes-écoles avec une bourse de 1,200 fr. Sur les nombreux candidats présentés aux écoles nationales par la ferme-école de la Nièvre depuis son origine, pas un seul n'a échoué. Ces résultats démontrent qu'elle se maintient à un rang excellent parmi les établissements d'enseignement agricole de France.
VIL — La récolte du blé en France.
II est désormais certain que, dans son ensemble, la récolte du blé en France a été égale, cette année, à la production d'une année moyenne. C'est ce que confirment les appréciations qui, de divers côtés, sont réunies et viennent s'ajouter à celles que nous avons déjà données. Nous devons signaler aujourd'hui l'évaluation qui vient d'être publiée
par notre confrère, M. Bivort, directeur du Bulletin des halles. Il estime à 96,500,000 hectolitres, le produit de la récolte de 1880, en France. La moisson, d'après les renseignements qu'il a réunis, a été très bonne dans 5 départements, bonne dans 30 départements, assez bonne dans 32 départements, médiocre dans 15 départements, mauvaise dans 5 départements. La récolte moyenne, en France, est estimée à 100 millions d'hectolitres; il n'y aurait donc, d'après M. Bivort, qu'un faible écart avec une récolte moyenne. 11 est juste d'ajouter que, dans la limite d'une différence de 4 à 5 millions d'hectolitres, importante en elle-même, il est vrai, il est impossible d'obtenir une approximation plus exacte, étant données les difficultés que présente la réunion de documents de ce genre.