VIII. — Le Phylloxéra
Des journaux du centre nous apprennent que le bruit a couru que le phylloxéra avait été trouvé à Chantelle, dans l'arrondissement de Gannat (Allier). Nous ne savons pas si la nouvelle est exacte; la chose est possible. Dans tous les cas, nous avons la certitude que le traitement administratif de la tache signalée ne lardera pas, si le fait est vérifié. L'administration de l'agriculture et la section permanente de la Commission supérieure du phylloxéra n'hésitent jamais dans des cas semblables. La Commission vient d'approuver le traitement administratif, par le sulfure de carbone, de deux taches de l'Aveyron et de deux petites taches de Tarn-et-Garonne, puis la continuation des traitements administratifs dans le Gers. La tache de Mézel, dans le Puy-de-Dôme, qui se trouve dans un terrain caillouteux, va être traitée, par l'intermédiaire de syndicats, au moyen du sulfocarbonate de potassium. Des syndicats devront être organisés dans les Pyrénées-Orientales pour que le traitement du phylloxéra, dont l'invasion est générale, puisse être encouragé par l'État. Un syndicat de recherches établi à Mercurey, dans Saône-et-Loire, va recevoir également des encouragements. Un syndicat dans le Gard et trois syndicats, dans le Rhône, recevront des subventions pour le traitement des vignes par le sulfure de carbone; il en sera de même d'un syndicat de la Gironde, récemment formé pour l'application du procédé de la submersion. Nous dirons à cette occasion que les syndicats pour la submer^sion, dans la Gironde, ont admirablement réussi. Les travaux ont été exécutés depuis deux ou trois ans, antérieurement à la loi sur les syndicats viticoles; les bénéfices obtenus sont tels que vraiment il n'est pas nécessaire de demander des subventions à l'Etat ; des récompenses peuvent seulement être données pour reconnaître le zèle des promoteurs de l'application du procédé de M. Faucon dont les services deviennent tous les jours de plus en plus éclatants.
Nous avons publié dans notre dernier numéro, un compte rendu du congrès viticole de Saragosse. Nous devons dire ici que ce congrès a été plus particulièrement consacré à l'éloge des services que peuvent prendre les cépages américains. Aux noms des Français qui y ont assistés, dont le Journal a donné la liste, il convient d'ajouter M. Jules Maistre, propriétaire à Villeneuvette; M. Sylvestre, propriétaire a Clermont-l'Hérault ; M. Dejardin, secrétaire de la Société d'agriculture du Gard. On trouvera dans ce numéro un nouvel article sur cette importante réunion.
Les études sur le greffage de la vigne, tant au point de vue des méthodes à adopter que des cépages qui conviennent le mieux pour cette opération, se poursuivent avec une grande activité. Beaucoup de travaux sur ce sujet ont été déjà publiés. Nous devons signaler aujourd'hui une étude que M. H. de Mortillet vient de faire paraître sous le titre : Bouturage et greffage des vignes américaines, pour le midi et le centre de la France. Sans chercher à augmenter ou à diminuer la faveur dont jouissent les vignes américaines, M. de Mortillet s'est principalement préoccupé de rendre faciles aux personnes peu initiées aux procédés de multiplication, les essais qu'elles tenteraient de faire sur les cépages du nouveau monde. C'est ainsi qu'il passe successivement en revue les soins que réclament la préparation et la plantation des boutures, et les diverses méthodes de greffage. C'est un travail fait surtout au point de vue des opérations pratiques et qui, à ce titre, se recommande tout spécialement à l'attention des viticulteurs.