PISCICULTURE- - REVEIL DE LA QUESTION
La pisciculture reconnaissant que décidément elle fit fausse route en France, sous le second empire, qui ne réussit qu'à la compromettre ' comme tant d'autres choses, la pisciculture est de nouveau chez nous remise à l'ordre du jour. Non seulement le Sénat vient de reprendre cette question, dont l'importance ne peut échapper qu'aux esprits légers; mais voici que les grands recueils scientifiques recommencent à s'en préoccuper : revues, journaux se remettent à traiter de l'industrie du poisson. Les brochures reprennent leur cours comme il y a trente ans. M. Ghabot-Karlen, l'ex-régisseur de l'établissement d'Huningue, vient, lui aussi, de se remettre à l'œuvre et de publier, à la librairie G. Masson, une plaquette de 72 pages, intitulée ; Les Etangs, Nous n'en détachons que ces lignes relatives aux fleuves et aux petits cours d'eau :
« Dans l'état actuel de la propriété en France, la mise en culture d'un cours d'eau non navigable et flottable serait une telle rareté que nous ne nous y arrêterons pas. Quel duc de Richemond y possède une rivière de son embouchure à sa source sur un parcours de plus de 12 lieues, comme c'est ici le cas pour la Spey? 5lais dans les autres cours d'eau l'Etat étant nous, à l'Etat donc ce devoir de haute prévoyance !
« En Suisse, M. le colonel de Loës, près Aigle, canton de Vaud, vient de parfaitement poser et résoudre ce problème, ce qui, du reste, lui a mérité à l'exposition internationale de pêches à Berlin, mai 1880, une éclatante distinction.
« Nos très sincères vœux à ce continuateur de la grande tradition scientifique suisse des Nicolet, Agassiz et Chavannes. »