XV. — Sériciculture. — Hivernation des graines
Plusieurs fois, dans ces chroniques, nous avons rappelé de quels soins il convient d'entourer les graines de vers à soie pour assurer leur conservation. Combien d'éleveurs, après s'être donné beaucoup de peines pour préparer une graine saine, ou l'avoir bien chèrement achetée à quelque producteur en renom, ont laissé ce précieux produit s'avaiier sous leurs yeux, sans pour ainsi dire y prendre garde! Un écrivain renommé, très connaistseur en cette matière, M. Duseigneur- Kléber, écrivait un jour dans le M(>mlfur des soies : « Je suis ferme- «< ment persuadé que la conservation des graines, si souvent prônée « par les manuels de sériciculture, parmi les hardes de la famille dans « les placards de l'habitation, prise trop à la lettre, a par le passé enlevé « plus de cocons aux récoltes qu'aucune de ces maladies secondaires « dont les mêmes traités nous énumèrent en gémissant les ravages. » Cette année, nous pouvons citer un fait qui s'est passé dans l'Ardèche et la Drôme, et qui a fait ouvrir les yeux à bien des gens. Un millier d'onces de graines de race verte, hivernées jusqu'en avril, dans l'établissement Susani, ont produit environ 40,000 kilog. de cocons, tandis que quelques onces de la même graine, conservées sans soins spéciaux, n'ont donné que 15 kilog. à l'once. Aussi est-il sérieusement question d'établir en France des locaux à l'exemple de l'habile sériciculteur italien, à qui nous devons déjà des preuves si éclatantes de l'efficacité des méthodes de sélection pour la santé des graines.