RAPPORT SUR LES PRIX DE GULTQRE. — III
L'art. 3 accorde 3 médailles de vermeil accompagnées chacune d'une prime de 100 fr., aux serviteurs ruraux ou vignerons de l'arrondissement de Reims, le plus méritants.
La Coinmission. composée de MM.Dacliâtaux, Leconte, Lacomrae, Levieux, Leclerc, Vauier, avait désigné comme président M. Ducliàtaux et comme secrétaire M. Vanier.
L'unique demande pour les primes aux vignerons, a été adressée par M. Gresset (Jean-Marie), vigneron tâcheron, chez M. Billet de Fismes, depuis 62 ans.
Gresset n'était pas seulement vigneron, mais il suppléait presque entièrement le maître, en dirigeant tous les travaux des vignes, vendanges et pressurages.
En 1859, il recevait déjà une médaille pour '4I ans ai bons services, et il a fallu pour ainsi dire le contraindre cette année, pour qu'il consentît à être présenté d'ofnce. En présence de services aussi longs et aussi méritants, la Commission n'a point hésité à lui ac:order k récompense qu'il a si bien méritée, c'est-à-dire une prime de 100 tr, et une médaille de vermeil.
La dame Lagauche, depuis 43 ans au servies de M. Chopin, de Goulommes ; et et la dame Lelarge, depuis 28 ans chez M. Perrier de Savigny, sont les deux concurrentes comme servantes de ferme.
La nature des travaux de la dame Lelarge chez M. Perrier de Savigny, n'ayant
1. Voir le Journal du 23 et du 30 octobre, p. 150 et 185 de ce volume
point un caractère aussi rural que ceux de la dame Lagauche chez M. Chopin, la Commission tout en reconnaissant les mérites de celle-là, a proposé à l'unanimilé d'accorder la médaille de vermeil el la prime de iUO fr. à la dame Lagauche, pour k3 ans de bons services.
Cinq concurrents se présentent pour la catégorie des serviteurs ruraux.
Ce sont : 1° MM. Dumalras, garçon de cullure depuis 29 ans chez M Cérardin, à Tauxières' 2" M, îlenry, ouvrier moissonneur depuis dO ans, chez M. Gantelet, à Tauxières; 3" M. Landois-Randoulet; ouvrier de culture, depuis 58 ans, chez M. Lemarteleur, à Warmériville ; 4" M. Colcy, berger depuis kk ans chez M. Couvreur, à Fismes; 5° enfin, M. Pierrat, berger depuis 43 ans chez M. Bailhot, à Muizon.
Le premier de ces cinq concurrents a été éliminé comme n'ayant pas encore été récompensé par le comice de Reims ; Randoulet a dû être éliminé comme n'étant pas à proprement parler serviteur rural attaché à la maison et ayant d'ailleurs épuisé la série des récompenses, jusqu'à la médaille d'or inclusivement.
Parmi les trois deinieis, la Commission n'a retenu que les nommés Colcy et Pierrat. Tout en reconnaissant leurs mérites réels à des tities divers, elle s'est prononcée unanimement en faveur de Pierrat, auquel le Comice accorde une médaille de vermeil et une prime de 100 francs pour 48 ans d'exercice comme berger.
L article 4 accorde des médailles et des primes à ceux qui, par des améliprations sérieuses, des travaux importants, des services réels se seront rendus digne d'une récompense départementale.
M. Levoye, fermier à Bermericourt, est entré à la ferme de Sainte-Marie depuis quelque temps seulement, et c'est sous son active direction que des terrains naguère presque incidtes ont été transformés en un soldes plus fertiles. M Levoye fait peu de céréales et s'adonne plus particulièremeiit aux cultures potagères et fourragères. Il a pr^'senté à la Commission, des betteraves, des pommes de terre, des pois et des haricots d'une végétation extraordinaire.
Un semblable résultat prouve surabondamment ce que peut en tous lieux le travail intelligent uni aux soins et à l'ordre. On ne p^^ut qu'applaudir à ces vaillants efforts et féliciter l'agriculteur qui n'a reculé devant aucun sacrifice pour atteindre ce but.
Le Comice décerne à M Levoye une médaille de vermeil pour culture potagère pratiquée sur une grande échelle.
M Edouard Robinet, d'Epernay, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'analyse des vins et sur la fabrication des vins mousseux. Ces publications bien connues du public et justement appréciées traitent de la fabrication des vins mousseux avec une compétence indiscutable.
Depuis longtemps le commerce des vins de Champagne y puise de très utiles indications. Le Comice central, heureux de récompenser ces ouvrages, et la Commission, composée de MM. de Mareuil, Bouché, docteur Plonquet et Ayala, a pensé avec lui qu'il y avait lieu d'encourager d'aussi louables etîorts tendant à vulgariser le^ pratiques les plus utiles dans une industrie qui intéresse une si grande partie du département de la Marne, et accorde à M. Edouard Robinet une médaille de vermeil.
CJne Commission composée de MM. Frieh, inspecteur primaire. Chaudron, Bertrand, Petit-Thierry, Comte, Gralichet Dammanget, Noël et Pouillot, a examiné la demande de MM. Guénard, instituteur à Epense, et Appert, instituteur à Maffrécourt.
La pre i.ière visite a été pour Eponse. Les élèves de cette école, interrogés sur les matières agricoles, ont répondu avec une précision qui témoigne de l'intérêt ({u'ils prennent à l'enseignement qui leur est donné.
Le jardin d'expériences de M Guénard renferme notamment de nombreuses variétés de blés et de betteraves appropriées aux cultures locales et présentant les apparences d'un rendement considérable.
L'ensemble est excellent et à l'unanimité la Commission propose pour M. Guénard, une récompense que le Comice central n'a point hésité à placer en première ligne. En conséquence, un ouvrage d'agriculture est décerné à M. Guénard, instituteur à Épense.
La Commission s'est ensuite transportée à Maffrécourt et a interrogé les enfants sur divers sujets d'agriculture. Leur réponses claires, nettes et précises ont permis de conclure que M. Appert s'occupait d'une manière sérieuse et suivie de l'enseignement agricole.
Les sujets de rédaction traités par les enfants n'ont pas moins frappé la Commission. Le jardin de l'école, tenu avec soin et intelligence, est un exemple pour les enfants. Les louab'es efforts deM. Appert devant être encouragés et récompensés, le Comice lui accorde un ouvrage d'agriculture.
M. Hyonne, instituteur à Mareuille-Porf, sollicité par plusieurs membres du Comice d'Epernay connaissant son amour de l'agriculture, a consenti à faire une demande. Une commission composée deM. Venot, inspecteur primaire àÉpernay,
Président, de M. Prin, membre du Conseil général, de M. le maire de Mareuilet e MM. Pujos, Baudin, Rondeau etTicry, s'est rendue à Mareuil.
Les questions les plus diverses sur les matières agricoles ont été adressées aux enfants; tous ont répondu avec facilité et d'une manière très satisfaisante.
M. Hyonne compte 56 ans d'âge et 36 ans d'exercice dans sa longue carrière d'instituteur, et il a toujours enseigné, soit à la classe du jour, soit au cours d'adultes, les éléments d'agriculture.
Plusieurs récompenses lui ont déjà été décernées. La Commission, appréciant d'aussi sérieux mérites, a demandé pour lui une médaille d'argent que le comité central lui a accordée.
M. Eugène Giraux, cultivateur à Ecury-sur-Goole , a exploité d'une manière remarquable et amélioré sensiblement pendant une période de seize années toutes les propriétés de la famille Hurault. Mme Giraux a notablement secondé son mari. Leur travail n'a jamais rien laissé à désirer et la Commission, composée de MM. Lebonvallet, Doiselet, Paillard, Lefèvre, Carquet et Dominé, a réclamé pour eux un encouragement public. Le Comice, s'associant au vœu exprimé par •ette Commission, décerne aux époux Giraux une médaille d'argent.
M. Caranjeot-Féry, de Nauroy, opère des plantations de résineux sur d'importantes étendues de terrain appartenant à divers propriétaires et notamment chez M. de Grandrut oià il a obtenu un véritable succès, confirmé d'ai'leurs par le temps. M. Carenjeot, dit M. Blanrue de Fontaine, le rapporteur de cette Commission, a les meilleurs antécédents, ses travaux sont connus de toute la contrée et il mérite les plus grands éloges. Si l'on établit une comparaison entre ses nombreuses plantations et celles qui ont été entreprises par d'autres personnes, on constate une supériorité incontestable sur la réussite et le travail raisonné de M. Garenjeot-Féry, auquel le Comice accorde une médaille de vermeil.
Tel est le résumé aussi sincère et exact que possible des travaux accomplis par les diverses commissions du Comice départemental pour la première partie de notre programme. Alfred Lequeux,
Secrétaire yénéral du Comice.
Puisque nous sommes avec les boucholeurs d'Esnandes et de Marsilly, c'est-à-dire à ce joli et riche coin de notre France appelé côtes de la Saintonge, fixons encore un point des origines de la pisciculture; car là, de moules à huîtres il n'y pas loin.
Depuis des siècles, le treizième pour le premier et le seizième pour le second, se maintenaient et prospéraient bien humblement : deux grands faits du monde moderne. La liberté religieuse avec les pasteurs du désert et avec les descendants du pauvre naufragé irlandais Walton, l'exploitation de l'eau par la culture des mollusques. Ostende, Saint-Servan, monsieur tel ou tel, doivent ici laisser la parole aux faits ; or les faits sont les suivants.
Avant de parler de moules dont l'industrie des boucholeurs a fait une si intéressante source de notre richesse nationale, un mot sur l'huître, ce grand seigneur du jour dans la pisciculture marine et officielle auquel chacun s'empresse d'offrir hommages et services.
Ce fut des côtes de Saintonge, de ce beau pays instruit, aisé, libre dans sa pensée, que partit en 1821 le mouvement huitrier, mouvement qu'avec MM. d'Orbigny et Robert, en 1846 et 1852, nous pourrions suivre avec M. Pougnard, notaire à la Tremblade, égale-
ment 1852. Mais ayant déjà traité incidemment ce point dans une de nos précédentes causeries (n" 45T, du 12 janvier 1878) à propos du rapport au ministre de la marine de M. Bouciion-Brandely, nous n'insisterons pas.
Nous n'y serions pas revenu si, dans un récent ouvrage de pisciculture (Rothschild, éditeur, .Paris 1880), M. Pisetta, intelligente recrue saluée avec joie, car il nous en faut des ouvriers de la onzième heure! M. Pisetta ne reproduisait le môme fait entièrement inexact, à moins de documents officiels que nous ignorons.
En les attendant, ce sera par Cosle, page 138 de son grand travail sur la pisciculture, que nous nierons à M. de Bon la priorité des essais sur le naissain en 1853.
Car ce fut par le même rapport du 5 février 1858, que les pisciculteurs entendirent pour la première fois prononcer le nom du commissaire de ]a n^arine, aujourd'hui conseiller d'Etat, à propos de ses expériences à la Rance, page 158 de l'appendice de la première édition citée ci-dessus. La pisciculture en 1853 nous appela à Granville, Pontorson, Mattignon ; nous la traversâmes, cette fameuse Rance, et nous devons à la vérité de déclarer que pas un seul mot nous entendîmes des pêcheurs avec lesquels, par douzaines, nous étions sans cesse en relation, sur de tels essais sur le naissain, ce qui est un fait, non une preuve. Mais en nous rendant l'année suivante avec Coste lui-même à la Seudre, nous vîmes, grâce à l'initiative de M. Ackermann, commissaire de la marine à Marennes, des essais très sérieux sur le dérabage; dont (page 143 de son grand ouvrage) il rendit compte. Malheureusement, il ne fut imprimé qu'en 1855.
Entre temps, notre deuxième travail sur la Pisciculture (Versailles, imprimerie Beau), avait paru en mai 1854, nous avions pris date et prononcé le premier le nom de ce modeste officier de la marine.
C'est en nous rendant des Bouchots à la Seudre et en traversant des marais salants de Brouage , que ce même M. Ackermann appela l'attention de Coste sur la possibilité de leur transformation en fermes huîtrières ou claires et, surtout en parcs à petits mollusques. Notre causerie sur les Oubliés a dit comment (Voir n" 596 du Journal). Ce sont de grands faits rappelant à notre esprit de trop doux souvenirs, pour que nous, vivants, nous ne tenions pas à honneur de dire avant tout ia vérité à la géné^-ation qui n'a pas (heureusement pour elle) pu être tém'oin d'un si laborieux enfantement.
Elle eut assez à souffrir, celle qui la fit naître, pour qu'au moins nous ne lui marchandions pas la justice qui lui est due.
La moule, cette huître du pauvre, vient en un an. Comme d'après Lamark il n'y en aurait qu'une petite soixantaine d'espèces, nous ne nous tiendrons qu'à.... la moule, ce mollusque à la belle coquille luisante au dehors, bien nacrée au dedans que tout le monde connaît, et que l'intelligente culture des boucholeurs a améliorée d'une si remarquable façon.
Elle est incontestablement un des êtres de la création sur lequel la patience et le génie de l'homme se soient exercés avec le plus de profit.
Ce n'est pas trop de dire, pour ceux qui ont eu le bonheur de voir, il y a 30 ans, cette belle contrée, à la vie si douce et aux mœurs si pures (c'est encore là que dans tout un village on trouvait les portes
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sans serrures), quelle harmonie dans ses rives, climat heureux et tout humain, a dit Michelet; vignes, moissons, la mer, tout est là comme à plaisir, réuni sous un ciel doux, aux miroitements infinis. La tempête de temps en temps y fait bien rage, arrachant par bancs ses falaises calcaires, les roulant sans cesse comme avertissement de notre humaine Cragililé. Qu'importe, si le crustacé ne s'y peut fixer et n'y trouve sa sécurité, les vasières utilisées de ses anses et la douceur des eaux de son large, ne nourrissent-elles pas poissons et mollusques à nuls autres seconds ! C'est la partie des côtes de notre Gironde aux belles rives, doublée de Tarn et Dordogne, à la Loire ; où, par bonne mer, se pèchent quantité et qualité.
Maury, dans sa dernière carte du Gulf-Stream, en détache une branclje, extrême droite du grand courant montant au pôle; qui des îles Sien à Ortegal, réchauffant nos côtes Ouest, en fait un tiède et doux berceau où abonde la vie, mais provoquant aussi, quand la proportion des eaux douces, qu'y jettent la Loire et la Gironde, est trop forte, les terrible tempêtes du golfe de Biscaye entre les 8° et ! 6° degré longitude.
La moule se reproduit de février à avril, et, hermaphrodite comme l'huître, en de telles quantités que, malgré les hécatombes qu'en font les turbo lilloralis et les étoiles de mer surtout (au printemps, ces dernières ont presque fait disparaître tous les bancs de la côte normande), il en reste et restera toujours assez pour l'ensemencement de tous les bouchots créés ou à créer. A la moule, il faut les vases de l'Océan et les tranquilles étangs salés de la Méditerranée où nous ne doutons pas qu'elle ne devienne la base d'une industrie digne de son aînée des côtes de Saintonge.
Les articles publiés en 1868, sur la culture de l'huître, à la fermeécole du port de Bouc et celui de notre honoré collaborateur, M. Mayet, professeur à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier, n° 571 de la collection du Journal, nous dispensent d'insister sur ce point. Ces messieurs, mieux instruits que nous ne pouvons l'être, nous renseigneront un jour bien certainement.
Revenons à nos bouchots de l'Ouest, que nous n'avons pas revus depuis 1853.
Quelle proportion d'eau douce aime la moule, est encore un de ces points à fixer. Celles cultivées en pleine rade de Toulon, sont les plus succulentes et les plus grasses que l'on connaisse; or, elles n'en reçoivent pas une goutte ! Il est constaté que les bouchots, recevant le plus directement les eaux de la Vendée et de la Sèvre-Niortaise ou rivière de Marans, sont avec ceux d'Amont (les plus près de la côte), ceux où elles s'engraissent et profitent le moins, une fois fixées sur la fascine ou le pieu au moyen de sa langue- pied ^ ayant hlé une espèce de byssus, sorte de câble d'attache, au nombre de 150, qui n'est autre, comme on vient de le découvrir si curieusement, que de la soie liquide.
Entre marée, les coquilles de la moule sont toujours hermétiquement fermées et pleines d'eau, ne les entrouvrant qu'à mer haute, en laissant saillir sur les valves les bords de son manteau bordés de petites franges blanches, fait caractéristique de l'espèce, dans toute cette grande famille des mollusques.
L'histoire de Walton et la construction des bouchots ont été redites
tant de fois, que nous n'y insisterons pas. Cette clôture en bois (Boutchoat), sur laquelle se feit l'engraissement de la moule est, par l'originalité de son exploitation, un des faits des plus curieux de l'histoire naturelle, lequel, sans la découverte de TAcon ou pousse-pied, c'està-dire, de la boîte en bois ou batefiu poussé sur la vase au moyen du pied droit, jambe gauche et les deux mains formant point d'appui; lequel, sans cette découverte, serait mort-né.
Ici nous demandons à poser une interrogation qui nous a causé bien des embarras. Comment le célèbre colonel russe, Préw^alski,a-t-il, dans son historique voyage au Lob-Nor, c'est-à-dire à cet immense plateau du Pamir, d'où seraient sorties les races indo-européennes, et spécialement nous ariens, comment a-t il trouvé sur les bords de cet inconnu Turiui. le pousse pied de nos boucholenrs saintongeois, et surtout l'appareil hydraulique de la grande pêcherie de Commachio?
Bien cher Broca, qui le 2 juillet, m'adressiez votre dernier mot poissoîi, de ce Sénat même, dont juste dix jours après, vous deviez si malheureusement pour la France et pour nous, disparaître à jamais, quel intéressant problème à votre si haute compétence!!..
Notre cher directeur nous permettra cette petite digression qui est une pieuse pensée, au souvenir des belles heures qu'ensemble, chez ce bon Jourdier Decrombecque, aussi lui disparu, nous passâmes au joli Vert-Galant, pisciculturant et péchant sur le canal de l'Ourcq.
Etait-il aimable, joyeux, pétillant ce cher Broca ! Comme il s'amusait à nous faire prendre à nous, les deux ou trois pisciculteurs présents, des harengs!...
N'étaient-ce pas aussi des pêches miraculeuses celles-là? Notre "egretté Broca n'étant plus, qui nous répondrait aujourd'hui? car, quant à nous, nous avouons franchement n'y pas comprendre le premier mot.
Un bon bouchot fournit une charge de moule par mètre de long, soit 300 livres dont la valeur était de 25 fr., soit 2,000 à 2,500 fr. par bouchot où de notre temps 12 ou 1,300,000 fr. Chiffre doublé depuis, nous a-t-on assuré, car de 40 millions de kilog. de moules, on en récolterait près de 80, année moyenne.
C'est le bouchot qui a trouvé pour ce coin heureux de la terre la solution du plus grand de tous les problèmes de tous les temps. La suppression de la misère!
Ces trois communes d'Esnandes, Marsilly et Charron ne comptent pas un seul pauvre parmi les hommes valides. Sous la République, un pareil fait ne saurait être assez connu et ne pas rester isolé comme il l'a été jusqu'à ce jour.
L'immense vasière de Bourneuf est là au nord de la Vendée. Nous nous plaisons à espérer qu'on y prouvera bientôt que la République c'est l'action. Acla et non verba.
N'ayant l'habitude de parler que de ce que nous connaissons, nous ne disons rien des bouchots de la Somme (cap Hirner) laissant à des collaborateurs du Journal, mieux renseignés, d'en entretenir nos lecteurs La moule s'accommodera-t-elle des si fortes marées de la Manche? L'établissement du bouchot y sera-t il posssible et économique? C'est un désir que nous exprimons, et quoi qu'il en soit, bon et utile seraitil de l'avoir essayé. Chabot-Karlen,
Correspondant de la Société nationale d'agriculture, à Tbun (Suisse].
l'arrachage des betteraves.