L. Bastide
président du Comice de Bel-Abbès.
COURRIER DU SUD-OUEST
Les grands travaux agricoles s'achèvent dans notre zone méridionale, avec les semailles d'automne Ces derniers labeurs sont favorisés par un temps à souhaits, car les teries bien préparées perinettent d'apercevoir déjà les premiers effets de la geiminaison des blés tt des graines fourragères
A propos de ces dernières, il convient de reconnaître le malheureux effet du Fil V (^uc (Tiigouella lœnum giœcnm) de la famille des papillonacées, qui a été introduit dans les départements du Gers et du Lot-et-Garonne, depuis un certain nombre d'années.
COURRIER DU SUD-OUEST. 233
Au retour de leur voyage d'exploration et notamment du concours régional d Auch, les élèves de Grrignon recherchaient vainement le nom de cette plante, qui végétait en abondance dans la vallée du Gers. Il est probable que leurs professeurs émérites MM. banson et Dubost, n'en recommanderont pas l'emploi, lorsqu ils sauront tous les mécomptes auxquels elle donne lieu.
Tous les animaux, sans exception, auxquels elle est donnée en pâture, deviennent impropres à la consommation. Leur viande s'imprègne d'une telle odeur visqueuse et ietide que la boucherie les écarte formellement de tout marché. Le lait des vaches, le miel des abeilles est également iufesté.
Lorsque l'assolement est biennal, il reste toujours des tiges de ce fourrage qui se récoltent à la moisson du froment. Les graines s'en échappent, se mêlent à la pile du blé et lui communiquent la même infection.
La meunerie néglige parlois de se prémunir contre la présence de ces mauvaises graines. Ces farines deviennent alors impanifîables, car la boulangerie, à son tour, laisse pour compte les marchandises de Cette nature.
Une qualification énergique est appliquée à ce produit; nos piysans l'appellent l'Allias, c'est-à-dire le père de l'ail.
La pénurie des récoltes fourragères a malheureusement favorisé la propagation du fenu grec. — Sans doute, il faut nourrir le bétail, lorsque la sécheresse détruit les herbages, mais encore ue faut-il pas le perdre ou en avilir singulièrement la valeur.
Ce qui manque au Sud-Ouest pour obvier à la détresse des éleveurs et leur procurer ae copieuses ressources alimentaires, c'est une meilleure déviation des eaux de la chaîne des Pyrénées. La question des canaux d'irrigation s'impose plus que jamais à nos contrées trop exposées aux ardeurs du soleil. i
Le gouvernement devrait encourager les associations ayant pour objet de profiter des rivières dont le débit peut être mieux aménagé et utilisé. Un arrêté ministériel du 30 septembre accorde des subventions spéciales aux départements des Hautes- Pyrénées, du Var, de la Corrèze, du Gard, de l'Ardèche et des Deux Sèvres.
Pourquoi ne pas étendre ces encouragements aux contrées moins montueuses, mais tout aussi méritoires dans les bassins de la Garonne et de l'Adour?
Le canal des Landes, entre autres, si vaillamment défendu à la Chambre, par l'honorable M Pascal Duprat, aura-t-il la chance d'être jamais voté.
Que nos législateurs le veuillent, et le Sud-Ouest les en remerciera bien vivement. Jules Serret.
Séance du 3 novembre 1 880. — Présidence de M. Chevreul.
M. le secrétaire perpétuel donne lecture des procès-verbaux des réunions du bureau pendant les vacances. Parmi les principales communications parvenues à la Société, il faut citer un mémoire de M. Marion sur les travaux entrepris depuis cinq ans par la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, pour combattre le phylloxéra ; des notes de M. Trépagne, sur le musée agricole de Limours; une lettre de M. Perrier, inspecteur général des ponts et chaussées, posant sa candidature à la place vacante par la mort de M. Nadault de Buffon; le volume sur le crédit agricole mobilier publié par la Commission du crédit agricole au ministère de l'agriculture; un mémoire de M. Mauguin sur le crédit appliqué à l'agriculture ; le rapport de M. Alfred Durand-Claye sur le matériel des exploitations agricoles et forestières à l'Exposition universelle de 1878.
M. Bourdier envoie un mémoire sur une machine qu'il a inventée pour filer et mouliner la soie des cocons produits par les insectes sauvages; — M. Decroix, une brochure qu'il vient de publier sur la ferrure à glace; — M. Sanson, un mémoire qu'il a publié récemment sur la source du travail musculaire et sur les prétendues combustions respiratoires. Les conclusions de ce mémoire ont été publiées dans le Journal.
S^4 SOGli^LTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE.
M. Eugène Robert écrit pour poser sa candidature à une place de membre associé, vacante dans la section de sylviculture,
M. Bouley présente, de la part de M'. Gallier, professeur à TEcole vétérinaire de Lyon, un ouvrage qu'il vient de publier sous le titre : Traité des inalaiie& contagieuses et de la police sanitaire des animaux domestiques. — M. Dutertre présente aussi, de la part de Fauteur, le Cours de minéraiogie h. l'usage des élèves des écoles d'agriculture, par M. Albert Roussille, professeur à l'Ecole d'agriculture de Grignon.
M. Clievreul propose à la Société de décla.rer la vacance pour une place de membre associé natioiûali dans la section des sciences physicochimiques. (Celte proposition est adoptée.
M. Barrai fait une commumeation sur la visite (îe plusieurs, fermes qu'il a faite dans l'arrondissement de Neufchâlel-ea-Bray ; il insiste sur la grande production beurrièreet fromagère de cet: arrondissement, sur l'utilisation des fumiers et surtout des purias sur les prairies, ainsi que sur l'élevage important de porcs, qui est fait avec le petit-lait, résidu de la fabrication du fromage; cet élevage donne des résultats très rémunérateurs. Alla suite de cette communication, M. Boussingault présente quelques observations sur l'enirploi du purin dans les prairies, et tes dangers pouvant résulter d'une trop grande coneentration du liq^uide qui détruit les plantes les moins robustes?. M, Chevreul' fait, de son coté, quehiues remarques sur la valeur alimentaire du petit-lait dans lequel l'albumine est restée, grâce au mode de fabrication adopté pour les fremages.
M. J'osseuu lait hommage à la Société de la deuxième édition de son Traité du Crédii foncier en France e( à f étranger ^ publiée, en 1872. M. Gayot fait„ au nom de la section d'économie des animaux, un rapport verbal sur une demande relative aux études faites sur le mal de montagne. Cette question a été mise au concours par la Société, et ce concours n'a pas encore donné de résultats.
M. Prillieux fait une communication sur la nature du Peronospora viticola, parasite de la vigne, vulgairement appelé faux oïdium ou mildew. Ce champignon, constaté par M. Cornu, il y a trois ans, parait avoirélé iinportéen France avec les vignes américaines. M.. Prillieux l'a étudié cette ;m.née dans les vignes d'Indre-et-Loire et de Loiret-Cher, notamment chez M. Dujardin-Beaumelz. Il espère que ce^ parasite ne causera pas de grands dommages aux vignes ; il se développe tardivement après la formation des grappes, et n'attaque pas celles-ci; les feuilles seules tombent. Quelques observation* sont ensuite échangées entre M. Duchartre et M. Chevreul sur la formation des fruits, ainsi que sur le rôle' que jouent les stomates des feudlea dans la végétation à[\ peronospora. Ces observations confirment celles de M. Prillieux. Henry Sagmikr.