OBSERVATIONS SQR LA PLANTATION DE LA POMME DE TERRE
munité contre les atteintes de la gelée par une végétation plus tardive^ sont incontestablement des avantages d'une grande valeur, et la certitude, aujourd'hui acquise, que ces avantages résultent inlailliblement de la plantation d'automne, suflit pour en justifier la pratique ou tout au moins l'expérimentation. Il y a trente ans, continue l'auteur, les préjugés contre toute espèce d'innovation étaient encore trop tenaces pour l'aire adopter d'emblée une pratique si contraire aux idées reeues de ce temps-là, malgré le succès des mieux constatés de ce nouveau mode decullure. D'un autre côté, la science de la physiologie végétale n'était pas encore assez avancée, ni surtout assez répandue parmi les agriculteurs, pour jeter la lumière sur ce sujet et en expliquer les phénomènes, n'ayant encore que la sanction d'une pratique expérimentale peu répandue.
Aujourd'hui les circonstances ne sont plus les mômes, et les agriculteurs ont dû se persuader, par une dure nécessité, que la science et le progrès sont des facteurs indispensables de leur succès et de leur prospérité.
Voici quelques considérations très plausibles, avancées par l'auteur de la lettre en question, qui me paraissent dignes d'être reproduites, du moins en substance, sinon en termes t-extuels : Il existe, dit-il, non seulement des faits, mais encore des raisons qui les expliquent, lesquels sont de nature à encourager et à diriger nos efforts. Comme la profondeur à laquelle il convient de planter, est un point essentiel, et conduit au raisonnement physiologique qui explique le bien-fondé du système, l'auteur commence par déclarer que la pratique de planter à une profondeur de 20 à 23 centimètres ne lui paraît pas rationnelle, bien que le savant botaniste, le docteur i-indiey, recommande même une plus grande profondeur: mais une expérience onéreuse a obligé l'auteur d'abandonner la plantation profonde. Il affirme que même à 15 centimètres, la plantation des variétés hâtives a été trop profonde. Dans les régions tempérées du nord de la France et des trois quarts de l'Angleterre, par exemple, une profondeur de 12 centimètres est amplement suffisante; l'auteur en est convaincu. Il cite même l'exemple d'un lot de cette magnifique variété : la Magmim- Bonum de Sutton, qui, malgré l'hiver exceptionnel de 1879-1880, malgré un sol durci comme du marbre, ne fut point détruit par la gelée, bien que planté à tout au plus 12 centimètres et demi, et donna une merveilleuse récolte. La pratique recommandée par l'auteur, est -déplantera tout au plus lO centimètres de la surface, puis de ramener sur le rang une couche de terre d'égale épaisseur, de manière à former un ados de 10 centimètres au-dessus du sol, ce qui recouvre la semence d'une couche de 20 centimètres, amplement suffisante pour la garantir de la gelée. Lorsque tout danger a disparu, on nivelle l'ados de manière à combler la raie creusée de chaque côté pour l'édifier. Avec ce système, repète l'auteur, on est certain d'obtenir, avec la plantation automnale, un rendement plus abondant, plus sain et plus hâtif, et voici quelles sont les raisons qu'il donne pour expliquer ces résultats.
La température du sol se prête à la production et au développement des racines, longtemps avant que les tiges et les feuilles ne peuvent y puiser le stimulant et la force nécessaires à leur épanouissement à la surface. Les semences mises en terre à l'aulomne,