‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 585 sur 752 · EN RUSSIE · texte numérisé non relu

EN RUSSIE

L'année actuelle a été très malheureuse pour l'agriculture russe, par suite des ravages qu'ont causés aux champs, dans diverses contrées de l'empire, différents insectes destructeurs tels que les calandres, et surtout la sauterelle de passage.

Nous avons sous les yeux un intéressant mémoire récemment publié, par les soins du département de l'agriculture et de l'industrie rurale, à Saint-Pétersbourg, et résumant les moyens dont on s'est servi jusqu'à ce jour pour combattre cet insecte, ainsi qu'une courte notice sur la vie de ce dernier.

On distingue, généralement, deux espèces de sauterelles de passage, qui nuisent tant aux champs qu'aux jardins et aux forêts de la Russie méridionale : la sauterelle de passage commune, OEdipoda miyratoria, et la sauterelle de passage italienne, OEdipoda italica, qui est un peu moins grande que la première. Le corps de la femelle de VOEdipoda migratoria est long d'environ 4 centimètres et demi, en mesurant delà nuque jusqu'à la partie la plus externe, et de C centimètres et demi, comptant de la nuque jusqu'au bout des ailes rabattues. Les ailes déployées, elle mesure 11 centimètres à 12 centimètres et demi. Le mâle est un peu plus petit que la femelle. La sauterelle de passage se distingue, en outre, de la locuste verte, Locustella viridissima, qui est d'une taille tout aussi grande que la première, par ce fait que ses antennes ne mesurent que les trois quarts de la longueur du corps; tandis que les antennes, chez cette dernière en dépassent de beaucoup la longueur. D'ailleurs, l'oviscopte, chez la femelle, n'est pas tirée en une longue gaine courbée en forme de sabre, comme c'est le cas chez la locuste verte. VOEdipoda italica n'étant qu'un peu plus petite que la sauterelle de passage commune, ressemble, cependant, complètement à cette dernière, dans sa manière de vivre, à la seule différence toutefois qu'elle n'entreprend pas de migrations aussi lointaines que VOEdipoda migratoria.

En automne, la femelle dépose ses œufs, au nombre de 50 à 100, dans la terre, notamment dans un creux profond de 3 centimètres et demi à 4 centimètres, qu'elle creuse elle-même au moyen des prolongations en forme de pincettes de sa tarière. Une femelle peut pondre jusqu'à 1 50 de ces œufs oblongs qui sont déposés en rangées, à côté l'un de l'autre. Ils se couvrent, pendant la ponte, d'une matière blanche et gluante qui prend bientôt un aspect grisâtre et se durcit, après qu'une quantité relativement considérable de terre s'y est attachée. C'est ainsi que se forme une espèce de cocon, long de 2 centimètres et demi à 3 centimètres et demi et d'une forme tout à fait irrégulière, qu'un œil expérimenté discernera difficilement d'une motte de terre ordinaire. Les nymphes éclosent sept ou huit mois plus tard, ne sachant pas voler, grandissant peu à peu, se dépouillant quatre fois de leur peau et, ce faisant, recevant chaque fois des antennes et des tronçons d'ailes plus longs, jusqu'à ce qu'elles se développent enfin, en quarante jours, à l'état d'insecte parfait. Plus la saison est chaude, plus vite s'opère le développement. Après leur éclosion, les nymphes qui ressemblent à peu près aux insectes développés, ont la

couleur blanche-jaunâtre avec une légère rougeur. Cette couleur se fonce vite, et, en quelques heures déjà, elle se transforme peu à peu en gris-foncé. Après leur troisième et quatrième mue, les nymphes prennent, en partie, une teinte couleur orange, et en partie, une teinte vert-luisant. Pendant, ainsi que peu de temps avant et après leurs mues, elles ne prennent point de nourriture, elles sont peu vives, ti'ès flétries et paraissent dans un état maladif. Leur accouplement qui est suivi de la ponte des œufs, durant six semaines, et enfin de la mort de l'a femelle, a lieu quelques semaines plus tard, c'est-à-dire après que leurs ailes se sont entièrement développées. Les œufs étant très sensibles à l'humidité, la femelle choisit toujours des lieux secs et élevés, pour les y déposer, et ce faisant, elle préfère le sol dur au sol friable, le terrain argileux au terrain sablonneux. Les œufs des sauterelles survivent facilement au grand froid, et ce n'est que la qualité desséchante du soleil et de l'air qui, outre l'humidité, exerce une action destructive sur eux. C'est pourquoi la sauterelle habite, de préférence, les steppes secs, évitant les contrées humides, boisées et montagneuses, et ne touchant aux roseaux et aux joncs des fleuves et des lacs que durant la migration. Le développement de la nymphe sortant de l'œuf demande une température d'au moins 1 7 degrés centigrades. Par les automnes chauds, il arrive quelquefois que les nymphes éclosent en automne même; mais ne pouvant pas se développer, naturellement, elles périssent alors. Dans la Russie méridionale, les nymphes éclosent, généralement, dans la seconde moitié de mai et reçoivent leurs ailes à la fm de juin ou dans les premiers jours de juillet. Ensuite, les insectes adultes s'accouplent à partir des premiers jours d'août, et la ponte se prolonge parfois jusqu'à la mi-octobre. Comme on sait, la sauterelle se nourrit de toutes sortes de végétaux; elle attaque aussi, en cas de besoin, la viande et se fait Carnivore. Son penchant pour la sociabilité est caractéristique. Déjà à l'état de nymphes, les individus isolés se groupent en sociétés qui s'accroissent de jour en jour et qui sont bientôt forcées de migrer, parce que la nourriture commence.à faire défaut dans les lieux de leur naissance. Ces migrations sur la terre ferme se font, aussitôt la rosée évaporée, et se prolongent jusque vers les cinq heures du soir. Les masses s'avancent, selon la quantité de nourriture qu'elles rencontrent sur leur passage, de 60 mètres jusqu'à 15 kilomètres et plus, dans le courant d'une journée. Ces cohortes d'insectes ne s'arrêtent devant rien, elle traversent à la nage même de larges rivières. Mais les véritables migrations lointaines qui inondent des pays entiers, ne commencent qu'à l'état ailé des sauterelles. Alors les essaims se réunissent en cohues épouvantables et volent à la hauteur de 5 à 7 mètres au-dessus de la terre, descendant sur les lieux qui leur conviennent précisément. Ces lointains voyages durentenviron six semaines; ensuite, les grandes cohortes se redivisent en plus petites sociétés qui occupent un lieu quelconque et y mènent, pendant presque deux mois, une vie contemplative jusqu'à la fin de leurs jours, s'adonnant à l'accouplement et à la ponte.

Tout en étant une habitante permanente de la Russie méridionale, la sauterelle de passage dont nous parlons, ne s'y multiplie que dans certaines conditions en proportions prodigieuses; et c'est dans ces circonstances-là seulement qu'elle cause des ravages funestes à l'agriculture, anéantissant des révoltes entières.

Une série d'années sèches, chaudes et secondées d'un temps sec et chaud au mois de septembre, favorise beaucoup la grande multiplication des sauterelles ; tandis que des millions en périssent par des automnes froids et humides. C'est sur cette sensibilité des sauterelles à l'humidité, et de leurs œufs, en outre, au courant d'air desséchant, ainsi qu'à l'action directe du soleil, qu'on a pu baser les moyens destructifs dont on s'est servi, souvent avec succès, contre cet insecte. Nous allons en mentionnerquelques-uus des plus efficaces.

Sans doute, c'est dans leurs œufs qu'on anéantit le plus sûrement les sauterelles. Pour atteindre ce but, on laboure les lieux où ont été déposés les œufs, à une profondeur de six à sept centimètres, et l'on fait passer dessus une herse en fer. Alors les œufs viennent à la surface d'où ils peuvent être aisément ramassés à la main, ou bien détruits par les cochons et la volaille domestique. Par des hivers chauds et dépourvus de neige, le recueil des œufs peut s'opérer pendant toute la saison. Abstraction faite de ce qu'on les ramasse, pour être détruits, bon nombre de ces œufs sont déjà anéantis par ce fait seul qu'ils se trouvent découverts à la surface. Aussi atteint-on des résultats très satisfaisants par le labour seul du sol à une profondeur de 10 à 15 centimètres, labour qui doit être poui'tant suivi de l'aplanissement du sol au moyen de pesants rouleaux. De cette façon, on a pu recueillir, en 1860, dans les environs de Khotine, en Bessarabie, sur une étendue d'environ 2,000 hectares, 2,G88 hectolitres d'œufs, ce qui équivaut à l'anéantissement de cinq milliards de sauterelles.

Les nymphes une fois écloses, on a le choix des moyens de destruction suivants qu'on peut éventuellement appliquer à la fois: 1° on peut les brûler; 2° on peut les écraser au moyen de divers instruments et du bétail ; 3" on peut les pousser dans des profonds silos; 4° on peut les ramasser; 5" on peut les faire manger par les cochons et la volaille.

Pour les brûler, on n'a qu'à répandre, dans les endroits secs, de petits tas de paille et de ramilles où les nymphes se cachent, pendant la nuit, afin de se préserver de la rosée. On brûle ainsi les nymphes en allumant la paille qu'on peut, pour la faire mieux prendre, arroser avec un peu de pétrole. — Pour les écraser, on se sert de fléaux, de pelles, de rouleaux, ainsi que d'une espèce d'instruments particuliers en forme de cadres rectangulaires, longs d'environ un mètre et larges de deux mètres, et appelés volokouchki. Au-devant du cadre se trouve le timon, sous sa partie externe sont attachées des broussailles serrées contre le sol par des pierres ou n'importe quel fardeau dont on charge cet instrument. Un certain nombre de volokouchki travaillent à la fois, la première commençant par tourner dans un cercle de 1 60 à 1 80 mètres, la seconde suivant, pour la moitié, la trace de la première et n'ajoutant, pour sa part, qu'un mètre de nouvelle trace au cercle, la troisième suivant la seconde de la même façon, et ainsi de suite. Par ce procédé, on parvient, en partie, à écraser toutes les nymphes qui se trouvaient dans l'espace parcouru de ces instruments, en partie, à pousser dans la fosse qui se trouve au centre du cercle, où elles sont écrasées. On a pu se servir, avec le même succès, à la fois de ces volokouchki et de rouleaux. Un autre instrument plus solide que le premier, mais bien plus compliqué, le volokouchki à dentelures inventé par M. Wedell, dont on se sert de la même façon

que des volokouchki ordinaires^ est très avantageusement employé aussi à la destruction des nymphes, — Quant aux autres moyens destructifs pratiqués, en Russie, contre elles, ils n'ont nul besoin d'être commentés. Il ne reste qu'à observer qu'en faisant manger les sauterelles par les cochons et par la volaille qui en sont friands, on ne doit pas leur ménager l'eau, attendu que cette nourriture excite beaucoup leur soif.

On n'a pas encore trouvé de moyen sur, pour combattre les sauterelles de passage ailées. Il est vrai qu'on a réussi parfois, au moyen de bruits, à les empêcher de faire leur descente et à les chasser sur des champs voisins. Mais les sauterelles bien affamées ne font souvent pas môme attention au bruit le plus épouvantable tel que le tir de la mousqueterie, etc. On a pu aussi protéger les champs non encore attaqués par les nymphes, contre les sauterelles ailées avançant par bandes, au moyen de fossés larges d'un demi-mètre à un mètre, ayant des bords bien dressés et des trous profonds à leur intérieur, pourvu que la longueur de ces fossés correspondît à la largeur des cohortes d'insectes qui s'avançaient. En ce cas, on n'avait qu'à écraser les sauterelles qui tombaient dans le fossé, ou on les poussait dans les trous qui s'y trouvaient, afin de les anéantir avec plus de facilité. Mais en somme, ces moyens étant déjà loin d'être bien efficaces, il n'y en a pas d'autres, jusqu'à présent, qui le soient plus, contre les sauterelles ailées. Nicolas de Nasakine.

Les voici donc ces terribles ennefnis des vivants et des morts, armés et cuirassés si puissamment pour la destruction, sauf un seul défaut de la cuirasse dont nous parlerons.

Ils sont, pour tout ce qui vit dans l'onde, la terreur même. Et puis, quelle construction, quelle science : pas de cou, la tête dans le ventre; leurs pinces, appareils d'attaque et de respiration ; leur bouche, une machirxe de 12 ou 14 pièces, scies, enclumes et marteaux, à laquelle rien de pareil ne saurait être comparé, si ce n'est l'horrible bouche des monstrueux mangeurs de corail de l'océan Austral, où ils les paissent, comme les moutons l'herbe de nos prés.

Mais ajoutons, à leur bénéfice, qu'ils sont aussi, par leur insatiable voracité, les plus grands agents de la salubrité des mers et les plus puissantes machines de transformation de matières animales que l'on connaisse, car tout passe à la minute dans cet estomac, qui n'en a que le nom, presque un sac, et tout est dit. Insectes suceurs et broyeurs, les uns ont la queue longue et les autres courte, les yeux du homard, des brillants aux 2,500 facettes; leurs antennes, organes de toucher, d'odorat, d'ouïe, sont des chefs-d'œuvre de simplicité chez les uns et de mécanique chez les autres, les crabes, par exemple.

Longtemps on a cherché oii l'odorat, si développé chez tous, avait son siège, mais les récents et si curieux travaux de M. le docteur Huxley, sur les ganglions nerveux de l'écrevisse, ne laissent plus aucun doute.

Comme le toucher, l'odorat réside dans les antennes. Nous étant longuement occupé de ces décapodes dans notre calendrier (article

1. Voir le Journal du 11 et du 25 septembre, page 418 et 489 du tome III de 1880; du 9 et du 23 octobre, du 6 novembre, page 62; 144 et 217 de ce volume.

Ecrevisse), et surtout dans nos monographies du homard et de la langouste dans V Encyclopédie de fagricu/leur, nous n*y reviendrons pas. La si délicate et si longtemps inconnue reproduction de ces féroces est aujourd'hui parfaitement claire et hors de question depuis les beaux travaux de MM. Coste, Gerbe et Delidon; il n'y a donc pas à s'y arrêter.

Ce que nous aborderons dans cette causerie, ce seront les deux points de pratique et d'industrie dont nous n'avons pas encore parlé, celle de leur domestication dans les viviers ou parcs fermés à la cote, ou dans les boutiques mobiles^ comme celles des marchands en gros de Billingsgate; et surtout de l'élève des crevettes.

Avant de quitter ce terrain, toujours si glissant pour nous, de la science pure et de nous renfermer dans ce qui nous ouvre cette /îey«e, c'est-à-dire les côtés pratiques de la pisciculture, citons pourtant ce dernier et si curieux fait en pendant à celui qu'il y a de longues années, nous avions avancé un des premiers dans V Encyclopédie^ sur leur reproduction par contact; à savoir qu'à l'encontre de tous les êtres respirant par la bouche, c'est-à-dire d'avant en arrière ou de haut en bas, ces curieux êtres chez lesquels tout est le comble du curieux, respirent, eux, d'arrière en avant, l'eau entrant par leur carapace et sortant par la bouche après avoir traversé leurs branchies et leurs sacs aériens. Redisons enfin que dans toute celte famille la proportion des mâles est à celle des femelles comme 6 est à 1 , détail fort important à considérer dans l'application des règlements concernant leur multiplication.

Les crustacés inférieurs, dont nous nous occuperons spécialement, font seuls exception à cette loi; car, chez eux cinq et même six générations peuvent s'engendrer d'une seule copulation.

Le phénomène, de la mue spécial à tous, est le défaut de cuirasse dont nous parlions en commençant. Chez le homard, il ne se répète pas moins de huit ou dix fois la première année, allant en diminuant pour aboutir à deux ou trois à sa quatrième ou cinquième année. 11 y a là des faits précis acquis à la pratique par le lamaneur de Concarneau connu de tous, ne laissant plus subsister le moindre doute sur leurs époques mathématiquement fixées, et leurs coefficients de grossissement.

Changer sa carapace est le moment oi^i ce terrible ravageur est à la merci de tous et celui où, à son tour, le tyran tremble. L'anguille fait alors dans nos ruisseaux de véritables hécatombes d'écrevisses et les pourchasse dans leurs trous. A partir de la cinquième et sixième années, nousnecroyons pas que l'écrevisse ait plus d'une mue par an; passé dix a.ns, mue-t-elle tous les an^? problème. En mer, saumons, labres, trigles, rougets surtout, eu font sur les grèves de pantagruéliques repas.

C'est de son" estomac, sous forme de boule calcaire, que ce fier capitan devenu si humble, craintif et solitaire, tirera la substance de sa nouvelle armure; deux fois quarante-huit heures et il n'y paraîtra plus rien.

Par quel miracle d'élasticité tout cela s'est-il fait? Comment, antennes, yeux, dents, mâchoires y ont-ils passé? C'est un point d'interrogation, dont, quant à nous, nous ne croyons pas que la solution soit é!oignîe et que nous prenons la liberté de recommander à l'atten-

lion de notre vénéré maître M. deLacaze-Duthiers, àsonlaboratoirede lioscoff.

La crise passée, gare alors au pauvre mollusque ou au fretin confiant qui passera à portée de sa terrible pince, dague et tenaille en même temps.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit des homards et langoustes, si ce n'est que leur stabulation est aujourd'hui un fait économique tellement résolu, que les 10,000 pièces que Londres consomme journel'cment, n'ont point d'autres provenances que les grands réservoirs de Billingsgate, où ils sont nourris en attendant la vente.

Depuis quelques années, cette pratique se fait aussi sur nos côtes de Bretagne et de Normandie, pour l'approvisionnement du marché de Paris, notamment dans les réservoirs de ]\L de Crésolles, à l'île Tudy. L'amorce préférée pour les casiers est l'étoile de mer, dont ils sont tous si friands.

On dit que la mer Méditerranée contient plus de langoustes que de homards. Le pourquoi, nous serions embarrassé de le donner, mais c'est un feit qu'il importe de constater et d'étudier. La taille réglementaire de vente étant de 0'"20, ils n'y arrivent guère avant cinq ou six ans et au moins 18 à 2.5 mues.

C'est au printemps et à l'été, aux pleines lunes surtout, que les crustacés doivent être mangés.

Pourquoi, à ce jour, l'élève de la langouste n'a-t-il donné aucun résultat, alors que celui du homard a si bien réussi? Nous espérons que ces messieurs du laboratoire de Concarneau ne nous feront plus trop longtemps attendre une réponse qu'il y a plus de quinze ans nous leur avons posée pour la première fois.

Arislote ne mettait rien au-dessus du dîner d'une langouste au printemps, arrosé de vin de Samos. D'autres aussi auraient le faible du erand stasririte.

Les crevettes baptisées avec tantd'à-propos du nom d'abeilles de la mer, par M. Delidon, ont à peu près les mômes moyens de reproduction que leurs proches et grands parents ci-dessus.

Seulement, Coste meta mars cequeM. Delidon avance être à octobre; c'est un point sur lequel il faudrait pourtant s'entendre, s'il n'y a pas là une simple question de latitude et de température, si commune dans la pisciculture.

En revanche, l'âge de trois ans pour sa nubilité paraît devoir être généralement accepté, et la ponte qui a lieu vingt-quatre heures après l'accouplement varie de 100 à 1000 œufs. Question d'âge comme pour les écrevisses, dont nous prendrons la liberté de recommander la lecture t. IV, n° 548 du Journal, ol\ nous avons traité spécialement la question des fameux crochets, aux temps d'amours de ces crustacés.

Le palémon porte-scie ou crevette-franche, comestible si recherché, est regardée par nous comme la grande ressource de la transformation de nos marais salants.

L'élevage de ce si délicat crustacé, dans le parc même, est appelé à un grand avenir, croyons-nous, si l'Administration de la marine y met la moindre bonne volonté.

L'y nourrir serait si facile; sa rusticité si grande, du moment qu'elle peut se réfugier sous les goémons, algues et warech, des petits fonds, qu'il n'y a là véritablemeïit qu'à vouloir.

Aussi elle, elle ne devrait être mangée des gourmets qu'en pleine lune.

La pêche des crevettes aux rets, de notre compatriote le pêcheur, Groinard, est une des heureuses trouvailles des cotes de Vendée, oii elle est appliquée aujourd'hui en grand, par tous les temps et toute marée.

La conservation de la crevette vivante, dans des hoîtes remorquées par le bateau, est une condition essentielle à observer,

A côté du palénion, les côtes de notre Vendée et si curieusement celle de Nice, ont un crangon et un pénée spécial à rostre long et à trois sillons.

Nous finirons par les crabes, dont nous mettrons de côté les douze ou quatorze espèces, pour ne parler que du -tourteau, le meilleur, le plus caractéristique. iMôiues mœurs, même facilité de reproduction, dont pour quelques-uns, le chitîre n'est pas moins de 100,000 œufs; mais il offre cette particularité, que l'accouplement est complet par l'intromission directe des appendices copulateurs.

Ce sont à eux que s'appliqueraient les lignes par lesquelles nous avons commencé cet entrelien, car ce sont eux surtout les premiers agents de la salubrité de nos rivages où ils pullulent.

Le meilleur, le plus fort, le cancer-paguras ne quitte pas le flot; c'est-à-dire, qu'il monte et descend avec lui, gagnant ses repaires connus.

il s'est parfaitement reproduit dans les viviers de Concarneau, où on en a obtenu les plus inattendus résultats, que nous acceptons comme essais de laboratoire, mais auxquels, au point de vue économique et industriel, nous ne saurions attacher la moindre importance.

Du crabe sauteur (le tolitre), qui, par millions, couvre nos plages, aux terribles crabes de 12 ou 15 kilog. dévorant les marins blessés de l'amiral Drake, il y a toute une série, qui, ni chair ni poisson, vrai peuple de combat, est le -< factotum » de nos rivages.

Les uns volent la nuit; d'autres, quittant la mer, vont à la maraude; les uns se dissimulent, les autres se font faux-frères, qui, après avoir mangé le pauvre mollusque, volent sa maison; d'autres, enfin, habitent nos dunes où ils passent l'hiver dans leurs terriers, ne regagnant la mer qu'au printemps, pour y déposer leurs œufs.

Nous reviendrons à Tétude de ces mêmes iorbans, plus intéressants pour l'analogiste que pour l'économiste, quand nous aurons fini la partie plus opportune de ces entretiens sur la pisculture marine.

Chabot-Karlen,

Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France.

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