‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 588 sur 752 · SUR LA PRODUCTION DE LA LALNE ET DE LA VIANDE · texte numérisé non relu

SUR LA PRODUCTION DE LA LALNE ET DE LA VIANDE

comparaison de rendement faile entre deux porcs, par le regretté Emile Baudement, à la suite du concours de Poissy en 1860. Chez l'un, le rapport du poids de la tête au poids vif était 1 : 20; chez l'autre, 1:11.49. La différence était donc presque du simple au double. Et M. Sanson ajoute : « Ce rapport implique celui qui existait 7îé restai renient entre les deux squelettes. »

Est-ce qu'il n'en est pas exactement de même entre les mérinos, dits de boucherie, et les bêtes anglaises, leurs dérivées, ou leurs similaires ?

Maintenant c'est à vous, c'est au chimiste éminent, au savant distingué que nous demandons : Connaissant la teneur chimique de la viande et de la laine, croyez-vous qu'il soit possible de les produire au même prix?

Que penseriez-vous, monsieur, d'un homme qui dirait aux fabricants de sucre : « Il ne suffit pas de produire avec mille kilogrammes de betteraves beaucoup de sucre, il faut encore produire beaucoup de mélasse, car les deux productions sont inséparables l'une de l'autre?» Vous hausseriez les épaules, n'est ce pas?

Eh! bien, M. Sanson ne dit pas autre chose à propos de la production de la laine et de la viande.

Exemples, page 2 : « Par la nature même des choses, il n'y a point chez les ovidés ariétins — lisez espèce ovine — d'individu qui ne soit à la fois producteur de viande et producteur de laine. Par cela seul qu'il vit, il produit les deux, et il ne peut produire beaucoup de l'une sans produire beaucoup de l'autre. »

Qu'en penses-tu, du haut des cieux, vieux Daubenton? tu ne pouvais donc pas produire beaucoup de laine sans produire beaucoup de viande ?

Page 3 : k II est démontré que les deux fonctions économiques inséparables d'ailleurs, comme nous l'avons déjà dit, peuvent et doivent être remplies en même temps, par un seul et môme individu, au plus haut degré de rendement. »

Quand on est savant, on doit savoir que mille kilogrammes de foin ne peuvent se transformer qu'en une quantité donnée de matières animales et qu'ils formeront d'autant moins de viande qu'ils produiront davantage des os, des cornes et delà laine!

Encore une fois, nous demandons aux princes de la science : Croyezvous que l'on puisse produire autant de laine avec un kilogramme de foin que l'on produirait de viande?

Nous profitons de cette occasion pour vous prier de vouloir bien insérer la rectification suivante : nous avons dit page 27 de notre livre que le troupeau de M. de Bouille était le produit d'un croisement. C'est une erreur de plume, car il est du sang South-Down le plus pur, puisqu'il fut acheté chez Jonas Webb, il y a environ trente ans.

Veuillez agréer, etc. Alfred Leroy.

Séance du 10 novembre 1880. — Présidence de M. Chevreul.

M. le ministre de l'agriculture et du commerce envoie ÏAnnuaire statistique de la France pour 1880, qui forme le 3^ volume de cette publicalion.

274 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aGRICULTURE DE FRANCE.

M. Grandvoinnet, professeur à l'Ecole nationale d'agriculture de Grignon,écritpour poser sacandidature à la place de membre titulaire dans la Section (le mécanique agricole et des irrii^ations. Renvoi à la Section.

M. xMarchand, correspondant de la Société, envoie une brochure sur l'utilité de la vérification du lait,

M. Delimoges, président du Comice agricole de Seurrc (Côte-d'Or). envoie deux brochure intitulées, l'une, Sur la mande et le blé; l'autre, Quelques observations sur le système d'étalonnage suivi dans la Côte-d'Or.

M. Jaussan, vice-présideat du Comice de Béziers (Hérault), envoie une brochure sur l'emploi du sulfure de carbone dans les vignes attaquées par le phylloxéra.

M. Barrai fait hommage d'une brochure, qui renferme les discours sur les irrigations qu'il a prononcés, en I 880, aux concours régionaux de Perpignan, de Grenoble et à Gap. — 11 fait ensuite une communication relative à la publication, par le ministère de l'agriculture, du relevé de l'évaluation de la récolte du blé, du méteil et du seiçrle en France, en 1880. 11 insiste sur les déductions que l'on peut tirer de ces documents relativement aux ressources que la récolte de cette année donnera aux agriculteurs pour réparer une partie des pertes subies depuis trois ans; les principales idées émises à ce sujet sont reproduites dans la chronique de ce numéro. M. Pluchet appuie les observations de M. Barrai, et il ajoute que ce n'est pas seulement delà récolte et du prix du blé, du méteil et du seigle, mais aussi des résultats donnés par l'orge, l'avoine et les autres céréales qu'on doit se réjouir.

M. Lavallée fait hommage de la 2" livraison qu'il vient de publier de son grand ouvrage sur VArlwretum de Segrez. Cette livraison ren ferme la description, avec planches à l'appui, des espèces suivantes : Cratœgns Lavallei, Dienilla sessilifolia, NutlaHa cerasiformis, etc.

M. Barrai fait une communication sur les résultats obtenus dans les études relatives au phylloxéra et aux moyens de lutter contre son action pernicieuse sur les vignes. Il fait ressortir les succès obtenus suivant les lieux et les circonstances, avec la submersion automnale des vignes, avec la plantation en terres sableuses, avec le sulfocarbonate de potassium et avec le sulfure de carbone. Il conclut en affirmant que désormais la science a mis entre les mains des viticulteurs les moyens de lutter et de produire du vin malgré le phylloxéra. A cette occasion, M. Boussingault présente quelques observations sur la résistance que divers sols, notamment les terres siliceuses, telles que celles provenant de la désagrégation des grès des Vosges, peuv^^aL opposer à la multiplication du phylloxéra, et M. Raoul Duvai ajoute quelques détails sur les opérations de colmatage opérées sur plusieurs parties des bords de la Garonne dans d'anciens marais à sangsues.

Henry Sagxier.

REYUfi COMERCIÀLE ET PRIX-COURANT DES DENRÉES AGRICOLES.

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