‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 60 sur 752 · DISCOURS PRONOXCK AUX OBSEQUES DE M. VICTOR BORIE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONOXCK AUX OBSEQUES DE M. VICTOR BORIE

positives sur les besoins des populations rurales et qui lui servirent pour appliquer avec certitude les doctrines de l'économie politique aux choses de l'agriculture. Son talent d'écrivain avait mûri et s'était aîTernii; dès 185^, il publiait, sur l'organisation du commerce delà boucherie, sous le titre La question du pot-au-feu, une brochure aussi savante qu'originale, où il démontrait l'inutilité de la taxe et les avantages de la liberté. C'est le môme thème que, quelques années plus tard, alors qu'il était devenu rédacteur en chef de ÏEclio a'/ricole, il soutint pour ce qui concerne le commerce des céréales et l'industrie de la boulangerie.il était alors vivement préoccupé de la iiécessité de remettre entre les mains des paysans des livres simples, mais surtout exacts, et d'une facile lecture, afin de faire pénétrer paitout les découvertes de la science et les perfectionnements que la pratique pouvait immédiatement mettre en œuvre pour triompher de la routine. Son premier livre agricole fut intitulé : Les travaux des (luimp.'i ; il y disait : « La clarté de la démonstration ne tient pas à la forme du langage; elle dépend bien plutôt de la simplicité du style. » Il resta lidèle à ce principe dans ses autres livres de vulgaris.ition, intitulés : Les Jeudis de M. Dulaurier, Calendrier agricole^ Cours élémentaire d'agriculture. Dans un autre ouvrage, Les Animaux de la ferme, destiné aux riches bibliothèques, il a montré les mêmes qualités pour sefaire lire et aimer des grands agriculteurs, ainsi qu'il avait su le faire pour les petits.

Ces travaux lui ouvrirent les portes de notre Compagnie; il fut élu, en 18GG, pour su. •céder à Dupin aîné dans la Section d'économie, de statistique et de législation agricoles. C'est vers cette époque qu'Edmond Adam, qui l'avait connu chez Bixio, s'étant retiré du Comptoir d'escompte, le fit nommer secrétaire général de cette Société linancière. La part considérable que Victor Borie prit dès lors au mouvement des grandes affaires ne le détourna pas de l'agronomie; il y revenait toujours avec une plus vive ardeur, en apportant à l'examen des questions la maturité et l'autorité qu'un homme de valeur et d'intelligence contracte à mesure qu'il se trouve de plus en plus en lutte avec les difficultés de la vie. Les deux livres nouveaux dans lesquels il a résumé ses méditations, l'un intitulé : V agriculture et la liberté, l'autre, Et de sur le crédit (ujricoleet le crédit foncier, sont d'un style non moins simple que les précédents, mais plus ferme et plus élevé. Il montre que le cultivateur, pour ari'iver à la véritable prospérité, doit être dégagé de tous les liens prétendus protecteurs, dont on l'a entouré comme d'entraves qui anéantissent toute son initiative. Il le veut absolument libre, mais instruit et cap;ible, soit de diriger lui-même son exploitation, soit d'entrer dans de fructueuses associations avec le propriétaire du sol. Le cultivateur libre aura le crédit et la puissance au même titre que l'industriel et le commerçant. Le dernier moi, de Borie est d'ailleurs une révolte contre Tanathème trop ritroureu.v dont le métayage avait été frappé par l'ancienne agronomie, u Le métayage, dit-il, n'est-ce pas la plus magnifique et la plus facile réalisation de cette association idéale tant vantée du capital, de 1 intellio-ence et du travail, marchant fièrement à la conquête de la paix, de l'union de l'aisance et de la civilisation! »

Ces mots peignent bien notre confrère, toujours généreux et ardent. Notre Compagnie a voulu lui témoigner l'estime que lui in.-;pirait son

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