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SITUATION AGRICOLE DANS L'ARDÊGHE

Quintenas, 12 novembre 18S0.

Notre région, après avoir eu de fortes chaleurs, accompagnées d'une sécheresse intense, résultant du manque de neige l'iiiver dernier et de pluies au commencement de l'année, a eu un automne très pluvieux, qui a favorisé les dernières récoltes et les semailles de céréales.

La quantité d'eau tombée en juillet a été de 0"' 030, en août de 0'".062, en septembre de 0'" ( 2S en octobre de Û"'.l 0, et en novembre, à l'heure actuelle, il est déjà tombé 0"'.080. Nous avons eu aussi des variations très brusques. C'est ainsi que le 27 octobre, le thermomètre a oscillé de — 3" à-j- 16".

Les vendanges se sont faites dans de bonnes conditions; le vin est aussi bien meilleur crue l'année passée. Les vignes qui n'avaient pas été atteintes par la gelée de l'hiver dernier, ou la coulure occasionnée par les pluies froides de juin, ont donné une bonne récolte ; malheureusement elles ne sont pas en majorité. Le phylloxéra continue aussi sa marche envahissante. Quoique lents, les progrès n'en sont pas rhoins réels. Dans les parties calcaires, la marche est beaucoup plus rapide. Quelques essais de sulfure de carbone ont été faits au printemps; mais comme les vignes oià ces expériences ont été faites étaient déjà assez malades, les résultats sont peu encourageants pour la première année. 11 est à craindre que notre sol, presque exclusivement granitique et peu profond, laisse dégager les vapeurs trop rapidement. Il serait à souhaiter qu'on trouvât bientôt un moyen d'emprisonner des doses fixes de sulfure dans des petites capsules, ce qui rendrait l'opération bien plus facile et à la portée de tout le monde.

Les pommes de terre, que l'on finit de ramasser, ont donné une très belle récolte. Par suite des emblavures d'hiver détruites par les fortes gelées, la surface consacrée à cette culture avait été beaucoup augmentée ce printemps, ce qui fait qu'avec la bonne récolte, il y a longtemps que la région n'avait pas eu d'aussi grandes quantités disponibles. Le prix qu'en offre le commerce n'étant pas ré;cunérateur, puisqu'il n'arrive pas à ^ fr. par 100 kilog., il est probable qu'une grand», partie va être consommée par le bétail sur place, ce qui sera d'un grand secours, vu la petite récolte de foin et le prix auquel il est déjà arrivé.

L'état sanitaire de la race bovine laisse beaucoup à désirer à cause de le fièvre aphteuse qui continue à sévir d'une manière assez intense.

Le bétiil maigre abonde sur les foires et se vend à vil prix.

En somme, année très médiocre pour la culture, qui n'a presque pas eu de blé froment, une demi-récolte d:i foin, et par suite une grande dépréciation du bétail, dont une partie est encore amoindrie par la maladie L.-F. de Brezenaud.

Séince du 17 novembre 1880. — Présidence de M. Chevreul.

M. le secrétaire pf^rpéJuel annonce la mort de M. Louis Gossin, professeur d'agriculture de l'Oise, correspoii<lant de la Société dans la Section d'économie, de statistique et de législation agricoles, et celle de M. Jeannin, correspondant dans la Section d'économie des animaux.

M. le docteur Eugène Robert, correspondant, envoie une noie sur la restauration naturelle des arbres atteints par le froid dans l'hiver de 1 879-1 S80.

M. Léo d'Ounous envo'e une note sur la plantation automnale des pommes de terre, dans laquelle ilconlirme les observations qni ont été récemment présentées sur ce sujet par JM. Léouzon, dans le Journal.

M. Laliman envoie plusieurs échantillons de vins provenant des vignes américaines cullivées dans son domaine de la Touratte, près Bordeaux, notamment le Jacquez, l'Herbamont et le Dumas.

M. Sacc envoie une note sur diverses productions de l'île des Pingouins, sur le littoral de la République Argentine, dans l'Amérique du Sud.

La Société d'agriculture de la Basse-Alsace envoie les 2* et 3* fascicules de son Bulletin trimestriel pour l'année 1880.

M. Pasteur fait un exposé de l'ensemble de ses travaux sur les maladies virulentes, notamment sur le choléra des poules. Il indique les résultais auxquels il est an ivé, et qui ont été exposés dans les diverses notes sur ce sujet, que nous avons reproduites, notamment dans notre dernier numéro (page 2.ï1). Nous n'y insisterons donc pas davantage, mais nous devons enregistrer que iM. Pasteur a exprimé Tespoir d'arriver, dans un avenir prochain, à augmenter progressivement l'intensité du virus du choléra des ])oules, comme il est parvenu à en faire décroître progressivement la viruler^ce. M. Bouley ajoute quelques observations sur limportance deà travaux de M. Pasteur. M. Rlilne-Edwards rappelle, à cette occasion, les faits constatés depuis longtemps sur la diminution de l'intensité des maladies virulentes par des inoculations succe-sives.

]M. le comte de la Vergne fait .une communication sur la situation du iMédoc au point de vue du phylloxéra; il insiste sur ce fait que les terres naturelles de graves, qui renferment 80 pour 100 de sable pur, sont à peu près indemnes du puceron. Il fait aussi l'exposé des bons résultats qu'il a obtenus par la combinaison de la décortication de la partie inférieure de"} souches avec le traitement par Us insecticides; le Journal reviendra sur cette .question. Henry Sag.nieh.

REVUE COMMERCULE ET PRIX-C01jR\NT DES DENRÉES AGRICOLES

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