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LES EMBLAVURES D'AUTOMNE EN ARIÈGE

Nous ne pouvons que nous réjouir de l'abondance et de la beauté de nos dernières récoites de céréales et de fourrages. Pour la première fois, peut-être, on a pu effectuer quatre et cinq coupes de grandes luzernes, et deux et trois de trèfle. Les nouveaux ont déjà fourni une première coupe fort abondante et permettent d'y trouver d'excellentes dépaissances pour nos bêtes bovines et ovines.

La cueillette des maïs nous occupe depuis plus de quinze jours. Les tiges garnies de deux et trois épis ont un beau feuillage, nourriture excellente pendant les longs mois d'hiver; les fourrages de cette si utile plante donnent à nos bœufs de labour une vigueur et un embonpoint très remarquables. Jusqu'à présent nous ^n'employons guère les silos ; les maïs se conservent bien dans nos granges et nos hangars.

La récolte des pommes de terre n'a jamais été aussi belle et aussi abondante, et nos classes pauvres n'auront pas à souffrir des rigueurs de l'hiver prochain. Nos semailles de céréales de toute nature s'eiîectuent ou se terminent dans les plus favorables conditions. Léo d'Ounous,

Correspondant de la Société nat'onale d'agricuUure.

SOJA HISPIDA

J'ai cultivé cette année-ci ce petit haricot dont il a été question plusieurs fois dans le Journal de V agriculture. J'en ai planté une partie dans mon jardin et l'autre partie en plein champ.

SUR LE SOJA HISPIDA. 353

Quelque peu rebelles pour percer la croule de la surface du sol, les jeunes plants (semblables à de jeunes rosiers) ont été d'abord assez chétifs; mais arrivés à la formation de leurs petites cosses, on n'a pu rien voir d'aussi productif et c'était certainement ici le cas de dire : « Beaucoup plus de cosses que de feuilles. » La récolte que j'appréhendais être très tardive, a mûri au commencement de septembre.

En somme, je crois que ce dolique sera bientôt très recherché; toutefois, comme chez moi il a été presque impossible, en plusieurs reprises, de faire cuire cet intéressant légume malgré qu'ici, côte à côte, les haricots, pois, fèves, etc., cuisent à merveille, je serai très reconnaissant à ceux qui déjà ont entretenu vos lecteurs des précieuses qualités nutritives de ce soja, s'ils veulent bien vulgariser le procédé qu'on emploie chez eux pour obtenir une cuisson plus ou moins facile; car cette lacune une fois comblée, je n'hésite pas à recommander la culture sur une plus ou moins vaste échelle. Je me propose d'ailleurs, le cas échéant, d'en semer beaucoup l'année prochaine.

A. -P. Leyrisson.

Séance du 24 novembre 1 880. — Présidence de M. Chevreul.

A l'occasion du procès-verbal de la séance précédente, M. Boussingault présente quelques observations poufconîirmer les faits établis par M. Pasteur, relativement à la négligence qui préside souvent à la vaccination des enfants.

M. Renou, directeur de l'observatoire météorologique de Saint-Maur, écrit pour poser sa candidature à la place de membre associé dans la Section des sciences physico-chimiques agricoles.

M. Baudrillart fait hommage du grand ouvrage, qu'il vient de publier, sur l'histoire du luxe privé et public depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.

M. le docteur Eug. Robert fait hommage de deux ouvrages qu'il a publiés, l'un sur l'histoire naturelle de la commune de Meudon, l'autre sur les ravageurs des forêts et des plantations d'arbres d'alignement.

M. Fousset, ancien professeur à l'école normale d'Orléans, envoie un petit livre qu'il vient de publier sous le titre : Le Conseiller de la chaumière.

M. Laliman envoie plusieurs échantillons de vins de vignes américaines. Renvoi à la Section des cultures spéciales.

M. Pays envoie une note sur un procédé qu'il a imaginé pour le traitement des vignes.

M. Heuzé fait une communication sur les résultats obtenus dans le département de l'Hérault, pour la reconstitution des vignes au moyen des cépages américains; il insiste particulièrement sur les o]>servations poursuivies par M. Vialla pour l'adaptation au soldes divers cépages. A cette occasion, M. Gaston Bazille donne des explications très intéressantes sur les observations qu'il a faites depuis longtemps. Après avoir rappelé que l'année 1880 a été, dans le Midi, favorable à la vigne et défavorable à l'insecte, il fait connaître que les cépages qui lui paraissent devoir être recommandés pour la production directe sont le Jacquez, le Cunningham et l'Herbemont, et que ceux qui sont le plus propres à la greffe des vignes françaises sont le Solonis, le Riparia, l'York-Madeira et le Rupestris. — M. de Tillancourt ajoute que l'on a

annoncé l'apparition du phylloxéra dans le départememont de fia Marne, mais que le fait ne paraît pas encore démontré.

M. de Bouille présente le programme des concours généraux agricoles qui auront lieu à Nevers, au mois de février, et le premier bulletin de la Société d'agriculture de la Nièvre. Il ajoute quelques observations sur la situation agricole du département.

M. Barrai fait une communication relativement à l'appareiUmaginé par M. Savalle pour reconnaître la pureté des alcools; il insiste sur la valeur de cet instrument tant pour reconnaître la présence des matières étrangères à l'alcool, que pour déceler les falsifications qui peuvent avoir été apportées à des eaux-de-vie. Il donne ensuite des détails sur l'extension prise par les appareils de diffusion dans les sucreries, ainsi que sur la valeur des pulpes qui proviennent de ces sucreries. A la suite de cette communication, M. Chevreui présente des observations sur les apparences membraneuses que peuvent présenter des liqueurs filtrées, sans renfermer de membranes, et sur les inconvénients qui peuvent résulter de l'emploi de la chaleur quand il s'agit de la détermination des principes immédiats que renferme une substance.

M. Bouley revient sur les recherches relatives aux caractères de la maladie charbonneuse, et sur les procédés à employer pour faire avec succès l'inoculation préventive. Il insiste sur les précautions qui doivent présider à cette opération, ainsi que sur les différences que présentent les diverses maladies charbonneuses. Il annonce que MM. Pasteur, Leblanc etTrasbot se sont rendus à Senlis pOur faire dans un champ maudit, des expériences directes sur le mode de transmission du charbon. A cette occasion, une discussion à laquelle prennent part MM. de Tillancourt, Gaston Bazille, deBouillé, Barrai et Bella, s'engage sur les maladies charbonneuses. M. de Bouille insiste sur le soin avec lequel les agriculteurs cachent l'apparition des maladies contagieuses dans leurs étables. M. Barrai fait observer que le projet de loi sur la police sanitaire du bétail, en ordonnant l'enfouissement des animaux morts de maladies contagieuses, prescrit une opération qui peut avoir pour effet de propager cellesci, et qu'il y aurait lieu de modifier cette prescription, d'ordonner, par exemple, la crémation ; il est vrai qu'on serait obligé d'avoir recours à des appareils qui sont encore à construire; mais à des besoins nouveaux doivent répondre des procédés nouveaux. M. Bella rappelle que, à Grignon, il s'est toujours très bien trouvé de faire cuire les moutons morts du charbon dont il faisait consommer la viande par les porcs. Henry Sagnier.

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