II. — Le budget de l'agriculture au Sénat
Dans sa séance, du 27 novembre, le Sénat a volé, sans aucunes mo-" difications, le budget de l'agriculture. Il n'y a eu de discussion que sur deux points : sur la présence désirable des clievaux dans les concours régionaux, et sur le rôle des comices et auti-es associitions agricoles. On sait les nombreuses réclamations que nous avons tant de fois, et tout récemment encore, élevées au sujet de l'ahsciice regiettable, dans les concours, de l'espèce chevaline. Il y a huit joncs, nous citions, à ce sujet, un passage du nipport de M. le sénatt^ur Coi<li r. Aujourd'hui, nous reproduisons intégralement la courte discii>sio:i qui a' eu lieu au Sénat et où l'on verra qu'un commencement de satisfaction-
N» 608. — Tome IV de 1880. — 4 Décembre.
aux \œu\ (1rs nirriciilleiirs aélé promis par M. le niinislre deragricial'ture. Voici le tjxte du cori[)tj readu inexlenso dà la séance : '-.^^''^^
Af. Fo'iihr.r de Corel'. — Je n'ai pas. comma mfmb-e de la Commission des BnaiKt's jwHser.lé «l'amt-mleiDimt aucliapiiie 8; in;iis,' dans Je sein dti ia Gtimnisgiop, j .li liiit une (ibsi'ivaliori, it j*^ prolite de la |)réseiice de M. le fnini lie de rj^niiluiir ei (!ii (on;mii<e | di.r lui poser une i|uestion, espéiùiit cju'il voudra Lim y i< poi.dre d'i j e n îuiit le |■i.^ omble.
Lf cliapiire H c.omjireiid IfS Hnr.ouragumenfs à l'agriciil'ure, pt nohimment les encniir;!»,' jneii's so;:.s lorme de lOiicours réj,noiiaiix ; eh t ii-n, dans beaucoup de CoiiSi'i s gi nora' x, — et je crois que je n»* serai j.as déuienti par ceux de mes coït lè}:i (S(|ui if| r sei Itiit Hes contrées nù l'élève du clieval e^l eu honneur, el c'es une uiaiiile paitie de la Fiance. — dans beaucoup de • on-eils géoétaux, des vœux ficcisMlsoil eu I our ofijet d aifieler l'.-.tleuMou d(^ M. le mini^lre de Taj^iicultnre sur un desiJeialuin dont la réal salion serait vraiineul 1res Idvorable à l'agrîcullure.
l)Hn>;nos conco' rs légionaux, les r^ces de chevaux de trait ne sont p.is repréjseniées et ne soni pas piimées. Ma di mande a pctui- but de iaiie ce^ser une inégalité choquai. le lar vous savez ipi'il y a drs concouis de beslimx; mais il n'y tn a pas, \>f le répète, j)our les races de. chevaux de trait. Il s'a^'il là d'un intérêt consideinbîe pour l'agi icullure el qui a la plus grande importante pour des conllé^ enlièies ce la France.
Eu coii'éiu nce, je viens demandera M. le ministre de l'ap-riculture, conforiru'ment au \œu a opté par la coininission des liiiances, de vouloir bien ineitre à réiude la possil iliié de récompenser, de primer la race des chevau.x de traii dans lescor.couis légiomux à parler 'lu piochaiii budget.
il 'lisnlm. — 'J'i es lien ! c'est ap|)iiy< !
Jl/. te firr.snln /. — M le mii isire de l'agriculture et du commerce a la parole.
A'. Tir r<l, ministie de ragricuJluie et du commeice. — I\le^^ieuls. je suis leuieux de pouvoir ii'jondie à 11 onoialle M. Fuiuhei de Cncil (p e l'j.dminis- Iration à la tête de hicpulie j';.i l'i oiim ur dêlre | lacé a dP|:i mis la (puslionà i'rli de et cpie, san^ aitendie h- budget de I8"2, sur les londs dont nous disposefons en IS»-!, ni us nous piopusoiis de l'aire, sinon dans ions bîs concours ié';ionauN. du n oins dans quel.iue>-uiis, l'essai (pi'il deiraude. J'a;ouleiai le déhiil — qui n'a p< ni-èiif 1 as m e piande impoiiaiice et (|ui leia peul-èiie rie plusieurs d'entie vo's — (|u'indé|i( ndamment des concours de chevaux que nous cherchons & êirblir ( n Fiance, nous auio; s en Algéiie des concours uoa seuLinent de chevaux, mai> aussi dediijneaux Rites ]
m. Du/ umj. — Ce n'est pas risible du tout, c'est, au contraire, une très bonne innovation.
Sur le rôle des associations ag;rieole«, la discussion a en pourpoint de dépat t la réclamalion de V. de Falloux, jirésidrtiit ilii (^mnice de Sejçré, au sujet de la mention des sulivenlion> de lEt.it et du déparlemi'iil, sur les aniclies-pro,:iraniin s des concours. Nous avons inséré sur celle qnesti(m à peu près tout ce qui a élé dit au Sén;it, et nous n'avons à y revenir (pie pour cih r la prome.^se de .M. Tiraid qui aura rappiol»;ilion i^énéiale des a^ricultfiirs. « Pour r.innée iirocnnine, je prendrai une bn-ninle i>;énci;iie qui, je crois, sera de nitnre à donner fîtiislat tion ii tout le monde et à faiie cesser toute susceptdnlilc, mais qni |crnie;traà rAdniinisii\iiion de s'.'issuror que l'on a poiléà la connaissance de*: popuinlions ce Kiit que FEiyt met des fonds à la disposition des présideins des comices et des sociétés a^rico!es. »
P«M!r le resie de la discn.-sion qui a roulé l^ur le droit de-, dissolution des conncps j)ar les prèle s, nous devons encore répéter conilnen il est désir.ible que, dans les associ.itions ii^ricole.s, on Ccaile tonte j>oliliqne et qu on s'aimniie ])onr (pi'elles soient jéellennnl un terrain neuire oii tous les hommes de progrès puissent se réunir et s entendre pour faire le Lien de ragricullure.
CHRONIQUE AGRICOLE (4 D'XSMBR'? 1830). 363
m. — L'aiiieremetit di^s ro'Uex iialionnf,>^s.
Malgré lo ijr.ind dt've!()p;)>Mn.3:ït |)i'is pu* lis voids tdrri'^as, les roulea de Un-ii irtinl i-iea p.irdii *lc l;ur .iii>jij.i n i nj) n-ta, ïcj. L'îs «jUHsiiijnâ relalivcs à Imir a:;liève;iient et à i(3iii* ;i;mliiit*aLi(jii ofit clé CiMijjrises diris le pi-oLÇiM mii^; des grm Is travinK |)ii dios éld)i>i'é <l.i,»iiis «leu\ nns. AI. Sidi Ciniot, iniuislre des IravaiiK publics, vijiit de présealer à lu (lliamlire (Jes députés ua pntjt'i d,; loi sur 1^6 roules u itioii îles. Ou (»eul le considérer cnuiine le ciu [lièiad de celle sôiie. En elïjt, il aéléd.'jà siiiuiisàla CliiMibre, iro'is his rolalives : 1" aux. clusaiius de fer; 2° aux voies navigables <le i'iiilé/i iur ; ^i"aux p'irls niirilinies. Ea outrvî, le SiMiil esl saisi dj I'cîx lui.^n dî'i q testions (jui s; i-atlielieat à la iiieiil Mire uiiiisalion agricDÎ.i ou iudu?.trielle de njs cuirs d eau. Ces (|u;slious, snig Kuisein.îul ex luii lées par L; Ciuseil dliiit, ^oat compris 'S d ins l'cuseMible "le U'ilr.i u!)uveau sys'èui ; île niisj CJ uiouvenie.it de Imis les «déments de la ri^b.!s>e publiipie t'rineiise.
Les iMUl<»s iialiouales présentent, d .ijM-ès l'exposé djs motifs du projet de loi, un iratie d'euvii\)u l,Tili> millions de tonnes kilnuiétriques. qui e*it le ciiiquiènn* du Irafic de la petite vitesse des clrîinins de fer; il siiljii iTtiblenir du biu éial djs roules labAisseuiant de 1 ceiiiimesiir le prix de trans|)(>!l, (pii est en moyenne de 30 e. ])ar tonne et par kilouietiv, pour réaliser au profit du pays une ée uiomie annuelle de lî luiliiiuis. Une dépeu>e de 3'i0 millions trouveraitdone sa lémiiuér 'lion imuiédiale dans l'œuvre mô ne qu'elle permt lirait de conduire à son acbèvemenl parfait Mr*is il n'est pas nccessairtj d'en dépenser niême la inoilié, liiiîii que les roules nationales aient élé beaucoup Irop négligées depuis longle'ops. l.e-s ingénieurs cml dressé le tableau cuinp'et îles opérations qu'il inipoite d'exéoiiler pour empèolier ce |)ieuiier a]>|);iivil de e reiilaliou de dépérir, et pour le lenitv, sur tous les points du lerriioire, aii-si iiliie (pi'il doit Tètre. C; tableiiu présume une dépense «le 150 millions, m;MS (|ui pourrait être réduite à riO milhous, sav«tir : '21 pour les laeun«'-s, ,*Î7 '/i pour les rijctilioatious, /)') pour la reconstitution des cliaiissées pavéïîs et empierrées, et 10 i/i pour rimprévn, ()e n'est «pie le tiers des 3'i-0 millions du capiial que i«'piésente 1 écon«»mie annuelle d"envir<jii 17 millions à réali.-er sur les prix du transport p ir raelièvemenl «'t l'eiilrelieu régulier des nulles. Il faudrait atleii Ire vingt-cinq ans |)Our y arriver, si l'on dev;dl ne compter que sur les ressources ordinaires du budget ; et le [)ays se Inuiverait, en attend int, cliargé d'un siipplé ne.it diî frais de lrans|)ort dép.issmt«le beaucoup la dépense aiiiiuelle «pi't'xigera l'exécution du programme densembîe. et «ela sans aucune améluu'ation dans le système de nos roules nationales, et par cjuséquent en pure perle.
Les IJO millions seront pris sur les ressources extraordinaires annuellenuîut créées par le moyen des émissions de 3 0/ • amortissable. On peut se demander laqiiellede tîntes ce.^ nalures dedé[)U^sesexllMO^dinalres : voies ferrées, voies navigab es, ports maritimes, travaux d'iriigiiion. travaux des routes, esl faile pour êtiele pluslôtet lepliis largement rémunératrice. Elles seront toutes rémunératrices; mais la moins n (te^siiie n'est pas celle des travaux des routes, qui intéresse plus particulièrement les régions de la Fr.mci ne disposant pas encore d'autres moyens de circulaiion et décliange, c'est-à-dire les régions qui, jusqu'ici, ont été les plus mal partagées.