V. — Concours général de Nevers
Nous avons annoncé que le concours général de Nevers aura lieu, en 1881 , du 10 au 13 février. Comme les années précédentes, des primes nombreuses et importantes seront distribuées aux exposants d'animaux gras de toutes races, des espèces bovine, ovine et porcine. Les volailles vivantes et mortes, les fromages, beurres et produits agricoles, sont admis à ce concours; des récomfienses leur seront attribuées. Une exposition d'^instruments et de machines agricoles y est annexée. Une exhibition d'animaux reproducteurs des espèces chevaline, bovine, ovine et porcine, nés et élevés dans la Nièvre, aura lieu à la même époque. Les animaux qui figureront au concours général de Nevers pourront ensuite être présentés à celui de Paris.
Le concours de Nevers, le plus important de France après celui de Paris, attire tous les ans, des points les plus éloignés de la France, et même de l'étranger, une foule nombreuse d'agriculteurs. C'est aujourd hui le grand marché des animaux reproducteurs de la race nivernaise-charolaise, dont les qualités comme race de travaU et lea remarquables aptitudes à l'engraissement sont universellement connues et appréciées.
Le programme détaillé du concours et les formules de déclaration seront envoyés franco aux personnes qui en feront la demande à M. Vallière, secrétaire de la Société d'agriculture, à Nevers. Le délai pour l'admission des déclarations expire le 31 décembre courant.
404 CHRONIOUE AGRICOLE (11 DÉCEMBRE 1880).
VI. — Concours d'animaux gras à Besançon. Nos lecteurs savent que, depuis plusieurs années, des concours d'animaux de boucherie ont élé organisés, dans la légion de l'Est, par les soins des associations locales, avec le concours des conseils généraux des quatre déparlements du Doubs, du Jura, delà Haute- Saône et de Saône-et-Loire. En 1881, c'est à Besançon que se tiendra ce concours, du 11 au 13 février, il admettra, outre les animaux venant des départements qui viennent d'être indiqués, ceux provenant des départements de l'Ain et de la Côte-d'Or. Il comprendra les races bovines, ovines, porcines, ainsi que les volailles mortes. Des prix nombreux y seront décernés, et un prix d'honneur, consistant en un objet d'art, sera attribué au meilleur animal ou au meilleur ensemble d animaux exposés. Il y aura, en outre, des expositions d'animaux reproducteurs et de volailles vivantes, ainsi qu'une exposition générale d'instruments agricoles. Les déclarations des exposants doivent être envoyées avant le 10 janvier, à M. Emmanuel Gréa, président du Comité d'organisation, à Rotalier, par Vincelles (Jura).
VU. — Le phylloxéra.
La première séance de la Commission supérieure du phylloxéra a eu lieu, comme nous l'avons annoncé, le 8 décembre, sous la présidence de M. Dumas, en l'absence de M. le ministre de l'agriculture. La plus grande partie de cette séance a élé consacrée à la lecture du rapport de M. Tisserand, directeur de l'agriculture, sur les travaux effectués pendant l'année qui s'achève. De ce rapport, il résulte que 41 départements sont aujourd'hui atteints par le fléau; les Landes et les Basses-Pyrénées doivent être ajoutés à ceux dont hi liste a été donnée l'année dernière. Pendant l'année 18S0, les traitements administratifs ont élé exécutés sur 815 hectares de vignes, au lieu de 300 à 400 pendint l'année précédente; ces traitements ont coûté 328,815 francs. On compte aujourdhui 63 syndicats constitués dans onze déparlements pour le traitement des vignes, soit par la submersion, soit par le sulfure de carbone, soit par le sultbcarbonate ; ils s'étendent sur un périmètre de 5, 481 hectares et ils ont reçu 382,501) fr. en allocations de la part de l'Etat. En outre, le service des recherches a demandé une somme de 142,000 fr.; 20,000 fr. ont été mis à la disposition de l'Aca lémie des sciences pour la continuation de ses recherches, et 2(', 000 fr. ont été consacrés à l'iicole d'agriculture de Montpellier. Lesdépenses de rElat,pour la lutte contre le phylloxéra, ont élé cette année de î)72,000 fr. Quant aux Vignes américaines, le rapport constate qu'elles sont l'objet d'une faveur de plus en f)lus grande dans le Midi, et il rend justice au rôle exercé par l Ecole nationale d'agriculture de Montpellier dans celle voie.
Par un vote unanime, la Commission a demandé que le rapport de M. Tisserand reçut la plus grande publicité, attendu qu'il constate que la science a désormais trouvé les moyens de lutter contre le terrible fléau, et que la pratique peut désormais se servir avec certitude des indications qui lui sont fournies.
VIII. — Les plantations de vignes américaines. Plusieurs associations agricoles delà France méridionale ont commencé à distribuer des encouragements pour la culture des vignes
américaines. Un des concours de ce genre les plus importants a été organisé cette année par la Société départementale d'agriculture de Vaucluse. Nous venons de recevoir le rapport dû à W. Dueos, ancien commandant du génie. Pour les plantations à demeure, le premier prix a été attribué à M. Sénaux, pour sa vigne de la llou^tane, à la Tour d'Aigi.es, plantée au printemps de 1878 en barbues d'un an, greffée à demeure au printemps de 18T9 et en pleine production en 1880; le rendv^ment a été de 30 hectolitres en 1 580. Pour les vignes non encore arrivées à l'époque de la production, le premier prix a été aCtribué à IM. Loubet, président du Comice de Carpentras. Pour les pépinières, le premier prix a été attribué à iM. Uousseau, à l'Isle, qui cultive 24,<>00 à 25,000 plants de cépages divers pour l'étude et la propagation. Nous croyons utile de reproduire la conclusion du rapport de M. Ducos :
« La période des expériences, des tâtonnements est close; c?lle des résultats va s'ouvrir; après avoir étudié la mise en pi ce, l'adaptation au terrain, nos populations sont prêtes pour a plantation à demeure et le gretVa:^e en masse; au champ d'essai, à la pépinière, va succéder la grande culture. Tout le prouve : l'importance des chiffres que nous avons mis sous vos yeux, le nombre des concurrents, et plus encore la passion convaincue qui les anime et le ferme-propos ({u'ils manifestent de mener à fin leur tentative. Partout nous avons renconiré l'expression de ce sentiment de confiance et d'espoir; et combien pourrions-nous vous en citer parmi ceux qui ne figurent ici que pour quelques ares, qui nous ont dit : « L'année pro- « chaîne, c'est par dix fois, c'est par vingt fois cette surface que je veux compter « mes plants américains. »
Puisque nous parlons des cultures de vignes américaines, nous devons signaler le nouveau catalogiie des plantations du château de Salettes, près Montélimar (Drôme). On sait que notre excellent collaborateur, M. Aimé Champin, y a introduit, acclimaté et cultivé depuis neuf ans, plus de 80 variétés américaines et de 150 variétés françaises qui prospèrent, les unes portant les autres, en pleine invasion phylloxérii^ue. iM. Cbampin insiste sur la longueur des boutures, et il recommande, avec raison, de leur donner la plus grande longueur qu'il est possible, .afin que, lors de la plantation ou ensuite de la greffe, on puisse les préparer à sa guise et suivant les conditions les plus appropriées aux sols ou aux exigences des diverses variétés. M. Champin est d'ailleurs un maître dans l'art de greffer; le succès qui a accueilli son Traité de greffage de la vigne est la légitime récompense des efforts et des travaux qu'il poursuit sans s'arrêter.
Dans sa dernière séance, la Société agricole di^s Pyrénées-Orientales a admis à l'unanimité, la proposition faite par M. Nurai Lloubes, que la teinte noire soit appliquée, pour tout le département, à la carte phylloxérique, aQn que la circulation et la plantation de toute nature de vignes y soit autorisée.
Les études sur la résistance et sur la propagation des vignes américaines sont d ailleurs poursuivies avec une grande activité dans beaucoup de départements. Dans le département de la Charente-Inférieure, ui^i, depuis plusieurs années, on a cherché à lutter contre l'insecte fatal, le Comité central départemental propage activement la création et la propagation de pépinières de vignes américaines. C'est ce qui résulte d'un rapport de M. Menudier au ministre de l'agriculture, dans lequel nous trouvons encore que, sur 188,000 hectares de vignes, il n'en reste plus que 53,000 qui n'aient pas été
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attaqués. Le Comilé a, en outre, adopté les conclusions de deux rapports, dus à M. Rouvieretà M. Calvet, et qui peuvent se résumer ainsi :
1" Il est (|uelques variétés de cépages américains, entre autres Jacquez, Herbemont, Solonis etRiparia, dont les racines sont réfractaires au phylltxera jusqu'à aujourd'hui; la période d'essai, qui est en Saintongede six et sept ans, atteint dans le Midi dix et douze ans ;
2° Selon les terrains, les expositions, les conditions du milieu, la végétation peut présenter chez ces plants des apparences diverses (chlorose, antrachnosc) ; mais le système radiculaire est indemne de parasite ;
3° Il est nécessaire de multiplier les expériences pour trouver les cépages résistants s'adaptant le mieux aux divers sols et aux diverses expositions ;
4" On a essayé avec succès de nombreux procédés de muhiplication du bois américain : semis, bouturage, greffage en souche française, marcottage ;
5" Les divers procédés de greffe des cépages français sur racines américaines résistantes, ont été déjà employés utilement en Saintonge ; pour les viticulteurs en mesure de recourir a des spécialistes, les greffes anglaises (Jhampin.MiUardet, Bouschet, etc., sont d'un usage avantageux. Pour les petits propriétaires, la greffe en fente simple, connue dès longtemps, est d'une efficacité assurée et d'une pratique facile ;
6° Il y a intérêt, en général, à ne mettre en place, en plein champ, que des plants élevés en pépinière et greffés au préalable.
D'un autre côté, le Comité central de Lot-et-Garonne, présidé par M. Prosper de Lafitte/vient de décider l'.ittribution d'une somme de 5,000 fr. à rachat de boutures. Son choix, s'est porté sur le Jacquez, l'Elvira etTHerbemont pour la production directe, et sur le Riparia- Fabre, le Solonis, l'York-Madeira et le Vialla comme porle-grelYes.
IX. — Concours pour une chaire à l'InslUut agronomique. Un concours sera ouvert, à Paris, le 17 janvier prochain, pour la nomination à l'emploi vacant, par suite de la mort de M. Moll, d'un professeur d'agriculture général de l'Institut agronomique. Le coTicours sera public et aura lieu au siège de l'établissement, 292, rue Saint-Martin, Conservatoire des arts et métiers. Le programme se distribue à Paris, au ministère de l'agricullure et du commerce, et à l'Institut agronomique, 202, rue Saint-Martin. Voici ce programme :
I. — Le cours comprend cinquante leçons distribuées en deux années, et doit embrasser l'agriculture orénérale, toutes les cultures spéciales, sans excepter celles des colonies, et la théorie de la succession des récoltes.
IL — Concluions d'admission au concours. — Les candidats devront : 1° se faire inscrire le 10 janvier ls81 au plus tard au ministère de l'agriculture et du commerce; 2° justifier qu'ils sont Français ou naturalisés Français, qu'ils auront vingt-uii ans au moins à l'époque du concours en produisant leur acte de naissance ; 3" faire connaître leurs antécédents agricoles, leurs titres et travaux scientifiques, et transmettre, à cet effet, leurs diplômes et quatre exemplaires au moins des livres ou mémoires pubhés par eux.
Ces titres et travaux compter(«nt comme éléments d'appréciation pour une valeur que le jury aura à déterminer.
Chaque candidat devra joindre aux documents énumérés ci-dessus le programme sommaire du cours, tel qu'il entendrait le professer.
m. — Epreuves du concours. — 1'^ épreuve. — Exposition verbale du projet de programme du cours présenté par chaque candidat.
i." épreuve. — Composition écrite sar une question d'agriculture générale ou spéciale. Pour cette épreuve, quatre heures seront accordées aux candidats, sans que ceux-ci puissent se servir de livres ou de notes manuscrites.
3* épreuve. — Leçon sur une question d'agriculture générale après quatre heures au plus de piéparation et dans les conditions de la 1" épreuve.
4« épreuve, — Leçon sur une question se rattachant aux cultures spéciales, ou aux systèmes de culture, etc. Les candidats auront vingt-quatre heures pour se préparer.
5* épreuve. — Démonstration pratique ou conférence sur le terrain.. Les candidats auront à mettre en évidence leurs connaissances pratiques; à cet effet une excursion aura lieu sur une exploitation désignée par le jury. Les concurrents auront à exécuter les opérations indiquées parle jury et à donner toutes les explications qui leur seront demandées.
Le jury déterminera le temps à accorder pourles exercices pratiqaes de la cinquième épreuve.