DISCOURS PRONONCÉ AUX OBSÈQUES DE M. MOLL
d'étourderie, d'ignorance ou de maladresse ; mais être inexorable pour toutes celles qui montrent de la corruption ou qui partent d'un mauvais cœur, comme les mauvais traitements enve/s les animaux. Dans les gens, il doit considérer beaucoup plus la moralité que l'habileté, i) Ces paroles le peignent. On peut dire qu'il a toujours prêché d'exemple.
Appelé à occuper, dès l'âge de vingt-huit ans, au Conservatoire des arts et métiers, comme vous l'a dit notre confrère, M. Hervé Maagon, qui aujourd'hui a la bonne fortune de diriger ce grand établissement national, la première chaire d'agriculture du monde. M. Aïoli ne larda pas à être élu membre de la Société nationale d'agriculture. Il entra dans notre Compngnie en 1S43; il y a fait partie de la Section d'éct)nomie, de statisticjue et de législation agricoles. 11 revenait de faire un voyage en Algérie; quelques temps après, il publia sur la colonisation et Tagricullure de nos possessions en Afrique, un livre plein de vues remarquables et de conseils excellents dont heureusement beaucoup ont été suivis.
Les nombreux rapports, les communications incessantes de M. Moll sur les sujets les plus variés, la part considérable qu'il prenait à toutes nos délibérations, sont présents à vos esprits.
En évoquer le souvenir, c'e.-t aviver nos regrets et notre douleur; car nous aimions à l'entendre et à suivre ses conseils si pleins de sagesse et de bienveillance, lors même que nous n'adoptions pas ses opinions.
En I 8()5, ses confrères l'clevèrent à la présidence de notre Compagnie. Le discours qu'il a prononcé à ce titre dans notre séance solennelle annuelle est un modèle. Nous sortions d'une longue discussion sur la question douanière; il avait volé contre la solution libérale qui fut adoptée. Eh bien ! il n'hésita pas à dire, du haut du fauteuil de la présidenci^ : « Quoique j'aie été du petit nombre des opposants, mon devoir est aujourd'hui de maintenir haut et ferme le drapeau que notre ('ompagnie a adopé. Au fond, d'ailleurs, j'étais d'accord avec la majorité; je n'en ditt'^^rais (pie sur l'opportunilé. Je reconnais que je m'ttais trompé. » Et il ajoutait celle phrase, bien digne d être mé'lilée : « Tandis qu'auîrefois une récolte médiocre et même mauvaise était presque toujours plus avantageuse pour le culiivateur qu'une bonne récolte, par la raison toute simple qu'un déficit d'un dixième dans le produit élevait souvent le prix de moitié en sus, aujourd'hui la pleine récolte seule peut nous donner du bénéfice. » Celait battre la charge pour exciter les agriculteurs à monter à l'assaut du progrès. Mais, en niôuie temps, M. Moll demandait avec instance que l'agriculture fût mieux armée et débarrassée des charges et des entraves qui, trop souvent, empêchent ses mouvements.
Notre confrère fut toujours en marche, sans trêve ni merci. Heureux ou malheureux, plus souNent malheureux, il ne se décourageajamais. Parmi ses litres à l'estime [publique, il faut rappeler ses elforts pour faire adopter l'emploi des engr.iis liquides; il se mit lui-même à l'œuvre afin de donner l'exemple; si le succès n'est pas encore complet, il a préparé les voies à une bonne solution d'un problème difficile.
A la Société d'encouragement pour l'industrie nationale où il fut appelé à faire partie du Conseil d'administration dès 1846, il ne se