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ET LA RELATION NUTRITIVE

Les lois physiologiques de la nutrition animale non seulement intéressent la science, mais exercent aussi sur la pratique raisonnée, une telle influence, qu'il y a déjà longtemps que les agriculteurs et les zootechniciens sont tenus en suspens par les promesses de la chimie physiologique. Et aussi il faut convenir, que la perspective, ouverte à l'hygiène animale, d'être en mesure de régler l'assimilation par un mélange calculé des matières albuminoïdes et hydrocarbonées, tantôt dans la direction de la croissance ou du développement des forces musculaires, tantôt en faveur des excrétions, ou même de la rétention des matières rétrogradées dans les tissus, promet les plus grands avantages pour la réglementation de toutes les phases de la vie physique. Malheureusement les analyses des aliments ordinaires, accumulées pendant ces dernières années par les laboratoires de chimie agricole, ont démontré des variations si considérables, non seulement quant au contenu absolu, mais même quant à la proportion relative des matières nommées, que le praticien aura beaucoup de peine à trouver son chemin. Il est déjà généralement convenu que les moyennes, si'souvent offertes aux agriculieurs, dans les comptes rendus des Stations agronomiques, sont sans valeur sérieuse, surtout parce que les différences intérieures ne se révèlent guère par des signes extérieurs; même Ir poids de qualité (le poids hollandais), si souvent employé pour juger la valeur des céréales, n'impliquerait aucune différence de composition intrinsèque, d'après les expériences récentes de M. Grandeau. En outre, les différentes compositions azotées, qui se trouvent particulièrement dans les herbes et dans les racines tuberculeuses, ajoutent encore aux dilticullés de l'évaluation du contenu nutriiif; et celte difficiiUé mérite l'attention, d'autant plus que ce sont justement les aliments qui sont le plus estimés par la pratique, parce qu'ils poussent au développement des tissus, qui, le plus souvent, sont dépréciés par les chimistes en raison de l'état moins avancé de leurs compositions azotées.

Ayant commencé mes études spéciales comme aide-naturaliste au Muséum d'anatomie comparée de l'université de Topenhague dès 1843 jusqu'en 1846, j'ai toujours été imbu des principes de l'anc'enne école française, fondée par Cuvier, et c'est pourquoi ma conscience physiologique s'est toujours mal accordée avec les prétentions de la nouvelle école de chimie animale. Des conclusions, fondées sur lei.

phénomènes d'assimilation d'un très petit nombre d'espèces herbivores, sans être contrôlées par un aperçu général des phénomènes correspondants chez les différents embranchements du règne animal, ne me semblent pas offrir les garanties exigées par les sciences exactes. Mais si les faits constatés par la biologie comparée ne s'accommodent que très mal avec les assertions de l'école chimique, d'un autre côté ces mêmes faits sont en plein accord avec les expériences d'une pratique judicieuse, comme celle des célèbres éleveurs anglais.

La physiologie ne sait que faire des etîets prétendus d'une relation différente des matières albuminoïdes et hydrocarbonées, ou plutôt elle en sait tirer des conséquences d'un ordre tout à fait différent. La nature nous offre tous les jours par l'œuf fécondé une expérience très facile à contrôler, oii l'on a sous les yeux une transformation en tissus vivants d'une mixtion de matières albuminoïdes avec de la graisse (et avec un minimum de sucre et les sels nécessaires). Il est incontestable que la proportion des matières grasses suffit pour transformer le contenu albuminoïde en tous les tissus du corps animal, et nous tenons ainsi, de par la nature elle-même, un point de départ assuré. Il est vraisemblable que les œufs des différents animaux n'offrent pas tout à fait les mêmes proportions de matière adipeuse, l'évolution de l'œuf n'aboutissant pas aux mêmes lins chez tous les animaux; mais alors c'est l'œuf le plus maigre, qui servira d'étalon pour fixer le minimum nécessaire à la transformation des matières contenues en tissus vivants. Il y a toujours perte de matière adipeuse, mais il faudra pourtant convenir, que la transformation n'est possible avec cette dépense minime, que parce que le contenu de l'œuf présente déjà un état moléculaire, une certaine tension, qui le rapproche de l'état des tissus vivants.

On arrive au même résultat, en faisant passer en revue les divers aliments, partant du sang à la viande, au grain jusqu'à Iherbe, le foin et la paille; on observera toujours que la proportion relative des matières non azotées augmente en relation de l'état plus pectueux ou plus dense des éléments azotés. La biologie comparée démontre, en outre, que les animaux à sang froid subissent tout à fait les mêmes lois, quant au choix de leur nourriture, que les animaux à sang chaud. Il dépend toujours de l'organisation du tube digestif, que l'animal soit en état de "digérer des aliments grossiers, mais d'un autre côté l'expérience nous fournit assez de preuves que la plupart des animaux, et en particulier les animaux domestiques et l'homme lui-même, passent avec assez de facilité à la consommation des aliments plus haut placés dans Téchelle nommée (d'un état moléculaire plus tendu), mais qu'on se heurte bientôt à l'impossible quand on essaie le remplacement en sens contraire.

En contradiction au dogme des laboratoires agronomiques sur la portée de la relation nutritive, l'expérience démontre suffisamment qu'un excédent de matières non azotées ne dérange pas la régularité de la digestion, et que, dans la grande majorité des cas, le superflu est simplement évacué avec les excréments\ — Les moutons anglais, engraissés en parcage sur les champs de turneps, consomment beaucoup

1. Un grand excédent de sucre augmente certainement toutes les excrétions animales, mais il n'est aucunement prouvé que les transformations des albuminoses, simultanément absorbées, soieut modifiées parla présence des dérivés du sucre. Le problème que les sucres, en présence de ferments, peuvent causer des dérangements des intestins, ne touche pas la question actuelle.

plus de sucre qu'il ne faut pour digérer le contenu albuminoïde et même la ration de tourteaux; l'homme qui, en maints endroits, se nourrit des légumineuses, additionnées de l'huile strictement nécessaire, se contente, en d'autres lieux, avec du riz à grand excédent de sucre, et dans les pays sauvages il a souvent pour unique nourriture du gibier ou. du poisson, dont la combinaison de matières s'approche beaucoup, ou même ressemble tout à fait à la composition de son propre corps. L'alimentation du cochon ofYre des parallèles analogues.

D'un autre côté, les matières azotées se présentent tellement comme les aliments par excellence, que même, ingérées avec trop peu de graisse (ou d'hydrocarbures en général), elles savent tirer les matières complémentaires des tissus déjà formés; ainsi dans les expériences de M. Voit, à Munich, la graisse nécessaire était fournie par la rctrogression ou la dissolution des tissus, et la même absorption s'offre à notre observation par lentraînement du cheval pur sang anglais. En employant l'avoine de première qualité, on fournit déjà une nourL iture riche en matières azotées, mais pourtant l'expérience a démontré qu'il fallait ajouter un demi-kilog. ou trois quarts de kilog. de fèves, pour soutenir les forces du cheval pendant 1 entraînement. Mais en présentant une nourriture riche en matières azotées, d'une telle qualité qu'elles excitent les glandes excrétrices et particulièrement le foie (justement comme les aliments savoureux excitent les nerfs et les glandes de la bouche), l'absorption des matières rétrogradées est tellement avancée, que les muscles se présentent tendus, denses et tout à fait dépourvus de graisse, c'est-à-dire, dans un état diamétralement opposé à celui de l'engraissement^ Ce sont des faits faciles à contrôler, la grande activité du foie et la sécheresse des muscles; ici, je me iDornerai à citer ces faits sans essayer de démontrer leur relation physiologique; mais la même chose se reproduit aussi par la méthode employée en médecine contre l'obésité maladive de l'homme (la méthode de Banting).

Sans doute il faudra convenir que de tels faits ne rentrent pas dans les doctrines des stations agronomiques, et que les mêmes doctrines ne nous donnent non plus la raison pour laquelle les aliments, riches en matière azotée moins excitante, ne font profiter que d'une partie souvent minime de leur contenu albuminoïde; on pourrait ajouter l'expérience bien connue, qu'il faut toujours augmenter la proportion des hydrocarbures (et particulièrement du sucre) vers la fin de l'engraissement (comme vers la fin des repas de l'homme) pour soutenir le travail de la digestion, et en fin de compte, on pourrait nommer exem-ple définitif, toutes les expériences de l'alimentation anglaise. Mais l'esprit des sciences exactes exige que la doctrine embrasse tous les fait connus, pour qu'elle puisse soutenir sa valeur et son droit.

Je n'ai fait qu'ébaucher ici les considérations que j'ai développées dans mes leçons et principalement dans mon Manuel de l'hygiène des animaux domestiques, 3™* édition, Copenhague 1875 ; mais pendant que j'ai cherché mon point de départ dans la biologie comparée et surtout dans l'étude de la structure anatomique de l'appareil digestif chez les différentes espèces du règne animal, il semble que la chimie physiologique soit enfin en train de toucher aux mêmes conclusions. Car

1. Autrement un excédent de matières albuminoïdes offertes dans un étal moléculaire, qui li'excite pas les nerfs des intestins, traverse les voies digestives dans un état tout à fait inaltéré, ou seulement dans un état de putréfaction débutante.

dans Landwirihschaflichc jahrb'àcher, vol. VIII (1879) p. 65-119, M. le professeur Zuntz attaque vivement les assertions des stations agronomiques, et leur reproche surtout d'omettre tout à fait la démonstration des sources de chaleur, nécessaire pour donner au contenu albuminoïde des plantes, la tension propre aux tissus des animaux; il n'y a qu'un pas de là à reconnaître que c'est justement la transformation de l'état moléculaire des aliments, qui soit le but principal du travail digestif, et la raison de la variation excessive des matières non azotées, employées comme véhicules. V. Proch,

Professeur à l'fccole royale dagriculture de Copenhague,

Nous tenons à signaler, tout spécialement, l'importance que prend lindustrie algérienne appliquée à la mécanique agricole. Notre colonie est, en effet, placée dans des conditions particulières, sous le rapport de la configuration et de la nature de son sol, du caractère de ses habitants, de leurs aptitudes, et de l'œuvre même entreprise dans ce pays, qui font que pendant longtemps l'agriculture et le commerce lormeront les principales branches de sa prospérité, l'industrie, jusqu'à ces derniers temps, n'ayant eu un développement réel que dans ses applications à la consommation proprement dite. Il y a là cependant un élément de richesse publique tellement important, que Ton doit êlre heureux chaque fois qu'il est permis, comme dans le présent cas, d'enregistrer de sérieuses améliorations et de constater un mouvement en avant très accentué.

Or, l'examen de nos concours régionaux, et les prix qui y sont décernés, montrent bien que nos constructeurs des grands centres agricoles : Bel-Abbès, Oran, Mustapha, Alger, Boufarick, stimulés par les demandes des agriculteurs, sont largement entrés dans cette voie très lucrative pour eux, et qu'ils ont réalisé des progrès tels qu'ils peuvent quelquefois lutter avantageusement avec leurs collègues de la Métropole.

L'exposition des instruments agricoles, nous nous plaisons à le répéter, était une des plus belles de tout le concours^ et nul doute qu'à l'avenir elle n'augmente encore d'importance.

L'automne est évidemment une époque mal choisie pour attirer un grand nombre de constructeurs, dont le but principal est d'écouler autant que possible les produits de leur industrie. A ce moment les moissons et les récoltes de céréales sont terminées depuis longtemps, les vins se trouvent en cave, et le cultivateur désireux de faire des acquisitions de ce genre, préfère attendre le retour des grands travaux, plutôt que d'immobiliser pendant un an des ressources dont il a toujours besoin.

Au printemps, cette situation est toute différente, et chacun de nous peut se rappeler, sans aller plus loin, combien les instruments étaient recherchés au mois d'avril dernier, par suite du manque de bras, ce qui aurait donné lieu à un chiffre considérable d'affaires, si le concours se fût tenu à cette époque.

On sait, d'autre part, qu'il existe aujourd'hui une tendance chez un grand nombre de constructeurs à considérer les concours comme un moyen de propagande commerciale, et que plusieurs même demandent que le principal juge soit le public qui, une fois satisfait, leur procure

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une bonne clientèle, tandis qu'un juge.ment du jury peut, quelquefois à tort, la leur enlever. Cette manière de voir se généralisant, nous ne voyons rien d'impossible, pour notre compte, que dans un avenir rapproché, les concours n'aient plus pour but que de donner des encouragements à certaines parties qui en ont plus particulièrement besoin : le bétail, quelques instruments plus spécialement utiles dans le moment à chaque contrée, tels produits agricoles qu'il y a intérêt à propager pour des raisons qui ne peuvent se prévoir à l'avance, mais que les intéressés eux-mêmes signaleraient chaque année dans des assemblées générales. On procéderait ainsi à des concours spéciaux, primant des catégories bien déterminées et en réservant les expositions d'ensemble, dans le sens le plus large du mot, pour les exhibitions internationales que l'on multiplierait.

L'idée des assemblées générales que nous venons d'émettre nous conduit à dire que, dans l'intérêt des décisions qui y sont adoptées, ont doit éviter d'imiter ce qui s'est passé à Oran, oii le 22 octobre, les délégués des associations agricoles délibéraient pour proposer des modifications à l'arrêté du concours de l'année suivante, sans savoir que cet arrêté avait déjà une existence réelle depuis le 28 septembre précédent.

Dans ces conditions les constructeurs, désireux de se préparer pour les concours spéciaux de 1881, doivent ne pas tenir compte de ce que nous avons dit précédemment, mais bien s'en rapj)orter uniquement à l'arrêté du ministre de l'agriculture et du commerce.

Disons en terminant un mot des expériences d'Oran qui ont vivement intéressé tous ceux qui les ont suivies, et mentionnons-les dans l'ordre où nous les retrouvons dans le programme ministériel, tout en renvoyant à la liste des récompenses les personnes désireuses de connaître les noms des différents lauréats.

Sept bisocs ont pris part à la lutte sur un sol dur, pierreux et peu propre à l'essai tenté. Malgré ces conditions défavorables, tous ont donné un très beau résultat, et le jugement du jury n'a été émis qu'après un sérieux examen motivant l'attribution du 1" prix à M. Billiard, d'Alger, pour le bisoc Dombasle, très facile à régler.

Les semoirs pour culture en lignes, parmi lesquels celui de M. Gautreau a été particulièrement distingué, exigent des terres bien propres et une assez grande traction ; aussi a-t-on regretté que les semoirs à la volée n'aient pu être primés, leur utilité dans la contrée paraissant bien plus immédiate.

Parmi les houes à cheval, celle de M. Candelier, représenté par M. Aultmann, remplissait seule les conditions exigées pour le concours.

A la suite d'expériences de charrues vigneronnes faites dans une vigne de deux ans, appartenant à M. Lamur, et où les deux premiers instruments de ce genre se sont fait remarquer par leur bon travail, M. Billiard a été classé premier pour la charrue Renault- Gouin.

Les hache-paille ont donné des résultats très satisfaisants qui encouragent à les utiliser sur les propriétés qui emploient des batteuses ne brisant pas la paille, car dans le reste du pays le système de dépiquage généralement adopté laisse la paille dans un état de ténuité qui ne saurait être dépassé avec profit.

Le bélier Douglas, présenté par M. Piller, est un précieux instrument pour certaines situations où l'on a intérêt à élever l'eau sans tenir compte de la diminution du débit résultant de cette opération; cet appareil est simple, solide, d'un prix peu élevé et d'un bon fonctionnement.

Les essais des appareils vinaires ont surtout mis en relief le filtre à vin, de M. Vigoureux, d'un prix très modéré et qui est remarquable en ce sens que filtrant sans le secours de noir animal ni de colle, son action se produit dans un laps de temps très court. Deux expériences distinctes ont été faites sur de la lie de vin et ont donné chaque fois un liquide très clair conservant son goût et sa couleur.

Les cinq pompes mises en présence, ont aussi fonctionné dans de très bonnes conditions fournissant généralement avec peu de force un volume d'eau supérieur dans un laps de temps très court; nous aurions été heureux de voir compléter ces expériences dans le sens de la facilité à élever l'eau à une certaine hauteur, ces appareils étant surtout destinés à transvaser le vin, quelquefois même avec une grande différence de niveau.

Malgré le grand nombre de pressoirs qui figuraient au concours, trois seulement ont pu prendre part à la lutte comme rentrant exactement dans les conditions suivantes exigées par le programme : diamètre de la cage, 1 mètre, hauteur de la charge dans la cuve, 0"65, diamètre maximum de la vis 0'"08. L'expérience s'est faite sur 204 kilog. de marc, préalablement mouillé, et que chaque concurrent a déposé lui-même pour commencer l'opération au signal donné par le jury. Le pressoir Piquet à M. Aultmann a produit 38 kilog. de liquide, celui de M. Vigoureux 33 kilog., el celui de M. Billiard, 29 kilog. seulement, pendant la même expérience.

Sans entrer dans de grands détails, nous avons cru remplir un devoir en résumant ces essais très intéressants, et pour lesquels les concurrents ont subi des épreuves dont nous avons à leur tenir un compte sérieux.

En plaçant sous les yeux de nos vaillants colons de l'Ouest, les collections complètes du matériel agricole comprenant depuis l'instrument primitif jusqu'aux machines les plus perfectionnées, nos constructeurs n'auront pas perdu leur temps, car ils se sont adressés à une population qui sait apprécier le progrès de la mécanique, et qui, très versée dans les pratiques agricoles de toutes sortes, est attentive à bénéficier des moindres améliorations produites dans cette partie.

Aussi, avons-nous la conviction que les résultats obtenus en Algérie, dans un avenir très rapproché, par les constructeurs de machines, confirmeront entièrement nos appréciations.

Produits agricoles. — L'exposition des produits agricoles a été certainement moins belle que celle organisée par le comice d'Oran, en 1877, mais il faut se souvenir que les récoltes de toutes natures ont été peu favorisées cette année par les phénomènes météorologiques, une sécheresse persistante ayant compromis de sérieux intérêts, tandis que la rouille a nui également à la qualité des céréales de certaines contrées.

Malgré cela, et bien que l'ensemble n'ait pas répondu à l'attente de chacun, cette exibition offrait toutefois des spécimens de toute beauté,

de' nature à donner une idée des forces de production de ce pays et qui ont dû étonner plus d'un visiteur.

A côté de la qualité des produits exposés, l'examinateur attentif était aussi surpris de la variété des échantillons qui tous provenaient cependant d'une seule et même région agricole, mais dont les agriculteurs disséminés tirent parti de nombreuses situations topographiques qui jouissent de climats très différents, ce qui leur permet d'obtenir les productions des zones agricoles les plus riches et les plus variées.

Il y a encore là un avantage que nous inscrivons à l'avoir des concours régionaux de la colonie, et que l'on ne saurait retrouver en France, oi^i chaque région est caractérisée par des produits agricoles bien plus homogènes.

Pour suivre l'ordre adopté par le jury, nous devons mentionner en premier lieu les vins dont les échantillons, envoyés de tous les points delà colonie, dépassaient le chiffre de quatre cents. A en juger par le nombre de récompenses accordées, on a tout lieu de croire que ce précieux liquide est aujourd'hui fabriqué dans de bonnes conditions.

Les vins de la colonie, suivant des expériences faites ces jours-ci, à Bel-Abbès, à l'aide de l'appareil Malligan, pèsent 14° forts; ils sont en outre francs de goût, limpides, très riches en tannin et possèdent déjà un certain bouquet agréable. Ils constitueront donc un puissant auxiliaire pour le commerce de la Métropole, dès que la production dépassera les besoins de la consommation locale.

Si nous nous faisons l'écho de ce qui s'est dit dans la presse d'Oran, nous sommes obligé de reconnaître que bien des négligences ont été signalées ici.

Nous avions l'intention de donner le nom de tous les territoires dont les produits ont été primés ; mais des échantillons n'ayant pas été indiqués, bien que classés à la dégustation, et d'autres n'ayant pas été décachetés, nos remarques n'auraient aucune importance, n'étant pas générales.

Les eaux-de-vie de marc, les alcools et les anisettes faisaient bonne figure à côté des vins, aussi ont-ils obtenu une bonne part des récompenses décernées.

Les trois provinces ont envoyé des huiles, précieuse production de ce pays, et la qualité des échantillons exposés montrait que nos colons apportent tous leurs soins à la culture de l'olivier, en même temps qu'ils utilisent les meilleurs procédés de fabrication.

De magnifiques arachides semblaient promettre d'excellents résultats à ceux qui tenteront de les convertir en huile comestible.

Mais la plus belle collection présentée au concours était, à coup sûr, celle des céréales de Bel-Abbès, contrée où elles réussissent très bien et où surtout les tuzelles ont une réputation justifiée.

Un examen attentif de l'exposition, sous ce rapport, nous conduit à émettre l'avis que les comices agricoles de la colonie devraient relever les productions particulières à chaque contrée, pour les signaler aux colons intelligents qui pourraient ainsi se procurer de belles semences pour les sortes que leurs voisins produisent dans de meilleures conditions qu'eux.

la beauté des céréales primées, provenant du Thessalah (Bel-Abbès),

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de 13ou-Sfer, de Bône, de Rivoli, de Moslaganem, du Sig et de Blidah, montrait bien que le jour où TÉlat aura exécuté certains grands travaux qui lui incombent et oii la culture aura réalisé quelques améliorations, l'Algérie, placée à quelques centaines de kilomètres de la France, fournira avec avantage à la mère-patrie, les blés qu'elle tire du nouveau monde malgré son éloignement.

Nous avons encore remarqué les belles collections de fruits frais d'Oran, les riches produits de Perrégaux, les productions industrielles et les tabacs odorants et distingués de Boufarik, et ceux de Beni- Mered, les farines et semoules de qualité supérieure de Constantine, d'Alger, de Blidah, d'Oran, de Mersel-Kebir et de Tiaret, les magnifiques spécimens de la production séricicole de Saint-Cloud, du Sig et de Tlemcen, les miels parfumés et très purs de Boufarik, d'un indigène d'Oran, et de la propriété Sainte-Marie, les olives de Tlemcen, les rais^ins secs de Mascara, les cotons du Sig, témoins d'une richesse très importante dans le passé pour toute cette contrée, mais qui aujourd'hui est presque perdue, les belles dattes de Misserghin, de beaux échantillons de chanvre d'Assi-bou-Nif et de ramie de rtïillil, les spécimens des richesses forestières de la colonie envoyés par le gouvernement général et qui offraient une collection très remarquable des bois du pays.

L'absence presque complète des produits agricoles des indigènes a été d'autant plus regrettée, que plusieurs d'entre eux, ayant perfectionné leurs cultures, auraient pu présenter des huile, laine,- blé, orge, maïs, bechna et fruits secs de nature à montrer les progrès réalisés. Ces abstentions donnent plus de valeur et de mérite aux efforts de la commune mixte de Bône qui a exposé un très bel ensemble des produits indigènes de son territoire.

Nos observations générales du début restant vraies, il n'en résulte pas moins de 1 "étude de 1 exposition des produits agricoles telle qu'elle est, que l'ensemble du pays est en très bonne voie, et qu'il progresse sans subir de temps d'arrêt.

Que les désirs suivants, généralement exprimés par nos colons, soient accomplis, et l'Algérie prendra vite un développement considérable : assimilation progressive, le législateur devant garder en vue, pendant longtemps encore, les différences qui existent entre la Métropole et la colonie; établissement plus large et plus rapide de la propriété individuelle chez les indigènes, qui constitue le moyen le plus efficace de coloniser; améliorations de nos voies de communication; prompte mise à exécution du réseau de chemins de fer dintérêt général, votés par les Chambres; organisation d'institutions de crédit agricole qui, jusqu'à ce jour, ont fait défaut; conservation et reboisement des forêts ; création de barrages et de puits artésiens ; instruciion primaire agricole; création de fermes-écoles, de stations agronomiques, de chambres consultatives d'agriculture; continuation des encouragements accordés à l'agriculture, l'État venant en aide aux comices pour l'organisation des expositions et la distribution des

Avec de semblables améliorations, l'Algérie, promptement peuplée, bâtie et cultivée, ne tarderait pas à être le véritable grenier de la France, après avoir été celui de Roma, et à lui procurer honneur et profit.

Prix offerts par les associations agricoles. — Avant de dire un mot de l'exposition industrielle d'Oran, nous donnerons ici la liste des récompenses décernées aux exposants da concours régional au nom des associations agricoles désireuses de voir combler les lacunes que rinsuflisance de crédit avait laissé subsister dans le programme du ministre de l'agriculture.

Prix culturaux : Médaille d'or grand module, offerte par la Société d'agriculture d'Alger, au cultivateur le plus méiitant dans la section de viticulture, décernée à M. Pierre Mmtels, propriétaire et cultivateur à Oran (banlieue).

Prix cultural de 300 francs, otl'ert par le Goinice agricole d'Alger au petit propriétaire possédant 15 à 20 hectares, exploitant directement et dont la propriété se ferait remarquer par son organisation intelligente, son rendement, et l'établissement des bâtiments au point de vue de l'hygiène, décerné à M. Pierre Montels, précité.

Prix iVenaemble : Médaille d'or, offerte par M. Gr. Lesueur, président du Comice agricole et de la Gliambre de commerce de Philip|)eville (département de Constautine), décernée au Comice agricole de Boufarik, pour son exposition collective de produits agricoles

Prix du comice île Philippevilte : Médailles de vermeil, à MM. El-Habidbel-Ghali, à Blad-Touaria ^Or^n, pour son cheval arabe, numéro kO; Audibert, horticulteur à Oran, pour son exposition de plantes et graines diverses. Médailles d'argent, à MM. Pierre Léger, à Oian, pour son cheval arabe alezan doré, numéro 11; Pierre Montels, précité, pour sa jument arabe, numéro 92 ; Johner, constructeur à Oran, pour son pressoir à vin, numéro 504; Py, fils, à M'Siia, Oran, pour lièges en planches. Médailles de bronze, à MM. Ismaïi-ould-Djelloud, à Daya, Oran, pour sa jument arabe, numéro 86 ; Salva, à Oran, pour sa jument percheron-arabe, numéro 37; Sommer, au Tlélat, Oran, pour sa jument française, nuaaéro 123; M'hammed-bel-Haouari, à Tenazet, Oran, pour son cheval arabe, numéro 53; Billes, constructeur, à Oran, pour sa noria à tampon, numéro 491 ; Trinquier, constructeur, à Oran, pour son foudre, numéro 4-29; Mollier, à Tlemcen, pour soie grège et cocons ; Touruier, propriétaire à Ref-Ref, Constantine, pour ensemble de ses produits agricoles.

Prix alloués par le Comice agricole d'Omn, pour concours spécial d'attfhge de travail. — Mules et mulets. — 1^"" prix : à M. François Rousset, banlieue d'Oran, pour une mule de 3 ans; 2^ à M. Xavier Bois^ière, à l'Etoile de Sidi-Chami, pour un mulet de 18 mois ; 3* à M. Alexandre Saurel, à Sidi-Chami, pour une mule de 3 ans.

Bœufs de travail. — Premier prix, à M. Antoine Martinet, à Saint-Louis, pour son attelage de deux bœufs rouges de 6 ans 2% à M. Alexandre Galmels, de Sidi- Marouf, poui- son attelage de deux bœufs rouges de 8 ans. Mention honorable, à M. Charles Sauvage, de Mangin, pour un baudet noir, de 7 ans.

Prix offert par la Société nationale d'encouragement à f auriculture de Paris : Médaille d'or décernée à M. Nobel, pour application de la dynamite à l'agriculture et spécialement au défoncement du sol en vue de la plantation des vignes.

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