CONCOURS D ANIMAUX GRAS EN ANGLETERRE
saire-priseur des ventes de Durhams depuis quarante ans. Un comité influent vient de se former, et nui doute que le témoignage projeté ne soit digne des services rendus à la race Duriiam par M. Henry Strafford. F.-R. de la Tréhonnais.
LES PEPINS DES VldNES AMÉRICAINES
Les localités non encore phylloxérées s'empressent d'arrêter aux frontières les plants et boutures des vignes américaines, mais elles laissent librement circuler leurs pépins.
C'est peut-être l'opposé qu'il aurait fallu faire; car, en général, les germes parasitaires adhèrent à la graine du végétal, afin de le suivre partout oi^i il est resemé. La cuscute de h luzerne, le charbon du froment, l'ergot du seigle (pour ne citer que les plus connus) témoignent de celte affinité.
Le célèbre voyageur Schweinfurth, dans son Voyage au cœur de r Afrique^ raconte ceci :
« En 1868, j'apportai en Europe des graines d'un acacia du haut Nil, appelé sopfiar^ ce qui veut dire flûte, à cause que la larve d'un parasite y forme des ampoules qui restent creuses et percées de deux trous quand l'insecte a quitté la galle qui lui sert de demeure. Particularité inexpliquée, les arbres venus en Europe ont été affectés du parasite en question, lequel avait son germe dans la graine sans aucun doute. »
Voilà qui pourrait donner à réfléchir aux partisans de l'innocuité des pépins de vigne.
Ce que j'en dis ici, au surplus, n'est nullement pour appeler de nouvelles rigueurs sur les cépages d'Amérique, mais uniquement pour montrer qu'en tout ce qui a trait au phylloxéra, à sa transmission, à ses mœurs, à son origine, nous n'avons devant nous que des inconnues, et que partant nous devrions être très sobres de ces réglementations, dont le moindre inconvénient est de mettre obstacle à l'initiative privée.
Que le phylloxéra nous ait été apporté de toutes pièces par les vignes de provenance américaine, j'ai peine à le croire, je l'avoue. Il y a, d'ailleurs, trop peu d'années que nous avons le phylloxéra et trop de temps que les vignes américaines sont parmi nous, soit à titre de curiosité chez les particuliers, soit à titre de spécimen chez les collectionneurs : l'effet n'eût pas autant tardé, si telle eût été la cause.
Pour ma part, je possède des ceps américains (l'Isabelle) depuis bientôt un demi-siècle; j'en ai même greffé deux pieds, sur cépage indigène, depuis quarante ans; ils sont pleins de vigueur et prouvent par cette vigueur même que la vigne s'accommode fort bien de la greffe.
Donc, nul ne pouvant dire comment s'y est pris ce petit envahisseur pour traverser les mers et fondre sur nos vignobles, je vais tâcher de donner de ce fait une explication, laquelle, naturellement, vaudra ce qu'elle vaudra.
Je crois que le phylloxéra a très bien pu nous arriver sur l'aile des vents. Un courant atmosphérique violent et direct aura jeté sur notre continent ce minuscule insecte.
On voit traverser l'Atlantique à 'des matières moins ténues.
Les cendres de l'incendie de la ville de Chicago sont arrivées aux Açores, le quatrième jour, en y répandant une odeur empyreumatique; elles avaient fourni un trajet de plus de 1,500 lieues, et touchaient aux rivages d'Europe.
En 1780, le brouillard sec qui, pendant trois mois, couvrit, en obscurcissant le soleil, l'Europe tout entière, était produit par une éruption des volcans d'Islande.
Les sables du Sahara, transportés par le siroco, atteignent le nord de l'Italie.
Si des cendres, des sables, peuvent rester en suspension dans l'air pendant un long voyage, à plus forte raison l'invisible, l'impondérable phylloxéra, et qui a des ailes.
Le vent, au surplus, n'est-il pas le semeur universel !
L'interdit que certains Etats, certaines régions, mettent sur les vignes de l'Ohio et du Missouri, n'est donc pas fondé en raison, et c'est là que je voulais en venir.
Il y a grand préjudice à empêcher un viticulteur de préparer à l'avance les cépages résistants qui pourront remplacer, pour lui, ses vignes indigènes, lorsque le fléau régnant les aura détruites, à leur tour.
Fonder une vigne est une opération de longue haleine. Cela ne se jette pas en moule. Il y faut du temps et encore du temps. On a beau se presser, on ne fait qu'un pas en avant tous les douze mois. Bien que pourvu, dès 1876, de plants américains, et sur une assez vaste échelle, je n'y suis guère qu'un commençant. Je ne m'y épargne pas pourtant, ayant toujours présente à l'esprit la recommandation du vieux Caton aux agriculteurs de son temps : « Quand il s'agira pour toi de bâtir, retarde le plus que tu pourras, et, pour bien faire, ne bâtis pas; mais quand il s'agira de planter, oh ! plante tout de suite ! »
Mais, pour planter tout de suite, encore faut-il que l'autorité n'y mette pas obstacle. Honoré Sclafer ,
Propriétaire à Sallebœuf (Gironde).