‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 737 sur 752 · CONCOURS D'ANJMAUX GRAS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CONCOURS D'ANJMAUX GRAS EN ANGLETERRE

tocratie de naissance et de finance. Je l'ai dit bien des fois, c'est surtout à ce haut et puissant patronage des grands personnages du sang et de la finance, que l'agriculture anglaise est redevable de sa grandeur et de ^sa perfection. Le lord chancelier, président de la Chambre des-lords, s'assied sur un sac de laine. Les anciens rois d'Angleterre ont ennobli le lîlet de bœuf enveloppé de ses côtes. Il y a le baron de Bœuf et le chevalier des Côtes-de-Bœuf. De tout temps l'agriculture a été l'honneur et le plaisir du rang et de la richesse, depuis le souverain jusqu'à l'épicier enrichi.

L'exposition de l'espèce porcine n'a jamais été surpassée. La race Berkshire a tenu le premier rang sur toute la ligne. On ne l'avait jamais vue briller d'un tel éclat de perfection. C'était un des grands traits distinctifs du concours.

En résumé, on comptait au concours 183 têtes de bétail, pesant ensemble environ 1 50,000 kilog. poids vif, ce qui donne une moyenne de plus de 800 kilog., et quand on considère que dans toutes les catégories il y avait des classes de jeunes bœufs au-dessous de deux ans, de trois ans et de quatre ans, on se fait une idée du succès obtenu par l'engraissement de toutes ces races d'élite.

Il y avait 137 lots de moutons, pesant ensemble au delà de 35,000 kilog., ce qui donne pour chaque individu une moyenne de près de 90 kilog. Cette simple statistique, à elle seule, suffit pour donner une idée de l'importance et de l'excellence de cette remarquable exposition.

Je ne dirai rien des accessoires usuels de ces concours. Je me contenterai de dire que tous les fabricants de machines et instruments agricoles et autres, petits comme grands, avaient tenu à honneur et à intérêt d'exhiber quelques spécimens de leur fabrication, et cela dans la proportion que l'exiguïté du local leur permettait.

C'est le lundi qui suit le concours de Smithfieid qu'a lieu le grand marché de Noël de Londres. Cette fois-ci, il y avait 7,760 bœufs et 11,630 moutons exposés. La vente s'est faite dans d'excellentes conditions ; le temps, ce qui est très rare, était favorable, et le bétail en parfaite condition. Tout a été vendu à des prix très rémunérateurs.

A propos du prix de la viande en Angleterre, les chiffres suivants obtenus à la vente annuelle des animaux gras de la Ferme royale, dite du Prince-Epoux, dans le Park de Windsor, en donneront une idée. Cette vente, aux enchères publiques, qui a lieu tous les ans pendant le concours de Smithfieid, comprenait cette p,nnée 36 bœufs gras et 431 moutons southowns et cheviots, engraissés à la ferme. I-es bœufs ont réalisé une moyenne de 1 ,120 francs.

Les Anglais se montrent toujours reconnaissants envers les hommes dont la carrière s'est distinguée par un certain caractère d'utilité spéciale. C'est un trait caractéristique de leur race. Quand un homme s'est acquis par son honorable activité un certain renom, et qu'il arrive à l'âge où le repos devient une nécessité, on lui offre ce qu'on appelle un témoignage [teslimonial) . Un comité se forme, les souscriptions sont sollicitées, et au moment opportun, on se réunit, soit dans une assemblée, soit dans un dîner, et le témoignage, quelle que soit sa forme, est offert à l'honorable récipiendaire. C'est ce qui se fait actuellement en faveur de M. Henry Sirafford, l'éminent commis-

Page 1