‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 98 sur 752 · DISCOURS PRONONCÉ AUX OBSEQUES DE M. XADAULT DE BUFFON · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ AUX OBSEQUES DE M. XADAULT DE BUFFON

En 1842, M. Nadault de Buffon inaugura à l'Ecole des ponts et chaussées, sous le titre modeste de Conférences, l'enseiunement de l'irri^i^ation. En 1851, il fut nommé professeur d'hydraulique agricole, et publia son Couis d'agriculture et df hydraulique agricole en quatre volumes, 1853-1856.

Cette aride énumération des travaux et de quelques-uns des principaux ouvrages de M. Nadault de Buffon ne ferait pas connaître ' l'œuvre considérable de l'homme que nous pleurons, si je n'ajoutais quelques mots encore.

Ce n'est point assurément ici le lieu d'analyser et de louer, en détail, chacune des œuvres de M. Nadault de Butîon, mais on ne peut s'empêcher de remarquer que toutes ses publications, depuis ses grands ouvrages jusqu à ses moindres notes sur les eaux de Thiais, présentent un caractère spécial qui les distingue de celles de ses devanciers. Chaque écrit de M Nadault de Buffon est à la fois technique et administratif; il intéresse également le savant, l'ingénieur, l'administrateur, le jurisconsulte et l'homme du monde lui-même, pourvu qu'il soit instruit et doué d'un esprit réfléchi.

L'enseignement de M. Nadault de Buffon présentait le même caractère, et l'on peut dire, ce qui est le plus grand éloge d'un professeur ou d'un écrivain, que sa méthode a véritablement fait école.

J'ai suivi la première année des cours de M. Nadault de Buffon, et, en me reportant à cette époque éloignée, je reste convaincu que ces leçons et la lecture des ouvrages de M. de Gasparin ont eu la plus grande influence sur le choix de la carrière que j'ai suivie. J'ai dû aux encouragements et à la bienveillance de M. Nadault de Buffon de devenir son adjoint à l'Ecole des ponts et chaussées; je conserverai toujours pour la mémoire de mon ancien maître le plus profond respect et la plus vive reconnaissance.

En 1867, M. Nadault de Buffon dut renoncer, par limite d'âge, à ses fonctions actives ; mais bien loin de prendre un repos légitimement acquis, il se livra avec plus d'ardeur que jamais à ses études sur les irrigations. Il a publié depuis cette époque un grand nombre de mémoires, qu'il serait trop long de citer, et un travail important sur les colmatages.

Appelé par décret de M. le président de la République, en date du 5 septembre 1878, à faire partie de la Commission supérieure pour l'aménagement et l'utilisation des eaux, M. Nadault de Buffon apporta dans ses nouvelles fonctions, malgré son âge avancé, une ardeur au travail et une érudition dont aucun des membres de la Commission n'a perdu le souvenir.

Entièrement absorbé par ses études et son travail incessant, M. Nadault de Buffon était peu soucieux de ses intérêts personnels. Ses amis, au milieu des petites préoccupations de la vie de chaque jour, regrettaient quelquefois cet oubli des soins à donner à sa fortune. Mais en présence de ce grand spectacle de la mort, cet oubli des petites choses nous apparaît aujourd'hui comme un témoignage magnifique de cet amour du travail, de ce dévouement sans bornes au progrès agricole qui ont fait la force de M. Nadault de Buffon, et qui ont rempli sa vie tout entière.

Entouré de livres qu'il ne cessait d'annoter, M. Nadault de Buffon travaillait encore avec nous, il y a moins de douze jours, dans une

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