‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 97 sur 752 · DISCOURS PRONONCE AUX OBSÈQUES · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCE AUX OBSÈQUES

DE M. NADAULT DE BUFFON, LE 21 JUIN liiSO.

Messieurs^ je ne comptais pas prendre la parole dans cette irist • cérémonie; mais l'absence de l'ingénieur éminent auqnel revenait le douloureux honneur de rappeler ici les services rendus à l'Ecole des ponts et chaussées par M. Nadault de Bulïon, m'oblige à venir, au nom de ses élèves, rendre un dernier hommage au savant laborieux et modeste, au maître dévoué dont nous déplorons la perte. Je dois aussi dire adieu à M. iNadault de Buffoii au nom de ses confrères de la Société nationale d'agriculture, au nom de tous ceux qui s'occupent d'hydraulique agricole.

Benjamin Nadault de Buffon est né à Montbard (Côte-d'Or), le 2 février 1804. Il entra en novembre 1823 à l'Ecole polytechnique, et, cinq ans plus tard, en sortant de l'Ecole des ponts et chaussées, il fut appelé au service de l'arrondissement de Chaumont (Haute-Marne), dont il conserva la direction pendant plusieurs années.

En 1829, M. Nadault de Buffon publia la première édition d'un ouvrage intitulé : Considérations sur les voies de communication intérieures, dont une seconde édition parut en 183G. Son grand et important Traité des usines sur les cours dcau, qui maintenant encore fait autorité en ces matières difficiles, fut publié pendant les années 1840 et 1841.

Le succès considérable et si bien mérité de ces deux ouvrages attira l'attention du ministre sur le jeune ingénieur, et M. Nadault de Buffon fut nommé chef de la division des usines et dessèchements le 16 août 1842. Beaucoup de personnes se rappellent encore la bienveillence et l'esprit de conciliation que M. Nadault de Buffon apportait dans l'exercice de ces fonctions délicates. 11 ne tarda pas à obtenir le grade d'ingénieur en chef de seconde classe (l"raai 1843\ Il fut élevé à la 1"" classe le 8 avril 1851, et reçut le 16 août 18G2 la croix d'officier de la Légion d'honneur.

M. Nadault de Buffon faisait partie, depuis 1849, de la Société nationale d'agriculture de France, dont il était un des plus anciens titulaires. Tous ses confrères savent combien était grande son autorité dans les questions qui faisaient l'objet habituel de ses études et comprennent la grandeur de la perte que nous faisons aujourd'hui.

L'auteur du Traiié des usines sur les cours d'eau ne pouvait pas s'occuper, comme chef de division, de travaux de dessèchement, sans deviner l'importance alors si peu connue, des irrigations pour la richesse agricole de la France. M. Nadault de Buffon visita l'Italie et publia, en 1843 et 1844, son grand ouvrage, en trois volumes et un Atlas, sur les canaux d'arrosage de tltolie septentrionale. Cette première édition était épuisée depuis bien longtemps, lorsque la deuxième édition fut imprimée en 1861.

Cet important ouvrage fut, en quelque sorte, une révélation pour les ingénieurs, et même pour beaucoup d'agronomes. Il fit connaître de la manière la plus honorable le nom de son auteur aux hommes instruits de l'Europe entière. A dater de cette époque, la vocation de M. Nadault de Buffon était invariablement fixée : jusqu'à la fin de sa vie, il n'a pas cessé de concourir, par sa parole et par ses écrits, aux progrès de l'art des irrigations.

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