V VI VII VIII
Carbonates terreux. Carbonates terreux. Silicates alcalins. Sable pur.
Silicates alcalins.
« Le n" I contient tous les éléments minéraux de la terre végétale, le n° VIII n'eu contient aucun, il est réduit à l'élément mécanique seul; les termes intermédiaires correspondent à des terrains d'une fertilité intermédiaire.
« Dans la nature, les choses ne se passent pas aussi simplement que dans nos laboratoires; la partie nutiitive de la terre végétale ne se boriJo jamais aune catégorie unique d'éléments; les principes minéraux sont toujours associés à de la matière organique, et l'action de chacun d'eux doit se trouver modifiée par ce mélange. Pour s en assurer il faut donc avoir recours à d'autres expériences dans lesquelles, à une matière organique azotée qui reste comme terme fixe, on ajoute les minéraux déjà expérimentés ; ainsi on constate à nouveau l'effet des matières minérales et organiques lorsqu'elles agissent ensemble, et l'on réalise par la pratique les conditions le plus variées dans lesquelles le développement d'un végétal puisse avoir lieu.
« Mais le problème de la production végétale n'est pas encore résolu. Dans les expériences qui précèdent on a toujours opéré dans le sable pur. Or, le sable n'est pas le seul élément mécanique qui entre dans la composition de la terre végétale. L'argile et le calcaire s'y rencontrent fréquemment, et, suivant que l'un de ces trois éléments prédomine, la nature et la propriété des sols changent dans une certaine mesure. Pour se rendre compte de cette cause de variation il faut donc répéter toutes les expériences qui précèdent en opérant séparément dans des sols argileux et calcaires, ce qui permet finalement de constater, en dehors de toute hypothèse, l'influence que la nature des éléments mécaniques et assimilables exerce sur le développement des végétaux.
<t Mais pour que ces expériences aient toute leur valeur, il ne suffit pas de connaître l'effet produit par l'addition de telle ou telle substance dans un sol formé de sable ou d'argile; il faut savoir de plus combien les plantes ont absorbé de ces substances et par conséquent combien il en reste dans le sol après chaque récolte. Pour acquérir cette connaissance il faut donc faire l'analyse exacte de toutes les récoltes. A cette condition, mais à cette condition seulement on peut fonder l'emploi des agents de fertilité sur des principes rationnels'. » (**)
1. Cette leçon a été publiée par le Journal de l'Instruction publique ; elle a paru de plus en brochure, elle passage que je viens de citer se trouve dans les Recherches expérimentales sur la végétation, de M. Ville. Opuscule in-8°, publié chez Victor Masson et Mallet-Bachelier, 1857, pages 144 et suivantes. — Ville.
(14) Encore une fois, quel est l'homme un peu au courant de l'agronomie qui ne reconnaîtra que cela a été dit et écrit partout? Cette fatuité devient d'autant insupportable qu'elle est en dehors de la discussion. — R.
(15) Comme principes fondamentaux, comme point de départ, il n'y a rien, absolument rien dans
356 RÉPONSE DE iM. VILLE A M. ROHART.
Voilà, monsieur, le plan des expériences que M. Ville avait déjà exécutées avant 1858, et que depuis cette époque il n'a cessé de perfectionner, afin de donner à ses premiers résultats plus de certitude et de généralité; j'ajoute que dès la première année de son enseignement, ce programme a été rempli. Or si ce ne sont là que des lieux communs, veuillez m'indiquer où on les trouve. Dites-nous dans quel recueil M.Ville aurait pu puiser une réponse à toutes ces questions ("). Qui avant lui avait conçu et réalisé ces gammes de sols de fertilité progressive qui reproduisent artificiellement les conditions si variées de la végétation dans la nature? Mais si probante que soit celte citation, ce n'est, me direz-vous peut-être, qu'un programme; et un cours, l'auteur possédât-il le texte de ses leçons, recueilli par un sténographe du Moniteur (ce qui est mon cas) n'est pas un mode de publicité sulïîsant pour faire date. Votre autorité réclamera peut-être de moi un texte imprimé. Qu'à cela ne tienne, monsieur, je puis encore vous satisfaire ('').
Par une sorte de prévision de ce qui m'arrive aujourd'hui, j'ai eu la prudence de publier en 1 857, non pas toutes les expériences rapportées dans mon cours, mais deux séries complètes, qui correspondent au programme que je viens de rappeler. Ici il n'y a pas d'équivoque possible. Ces expériences sont de 1856, et j'ajoute que d'autres expériences, moins complètes quoique se rattachant à ces dernières, ont été publiées en 1855, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, tomeXLI, page 938.
Mais revenons aux deux grandes séries publiées en 1857. Je dis qu'elles correspondent au programme de ma première leçon, et attestent par cela même que ce programme fixé dès longtemps dans ma pensée, devait la fermeté de ses dispositions aux recherches antérieures, dont il n'était en quelque sorte que l'expression anticipée.
Ici tout est grave. — Ce n'est pas par une simple affirmation qu'il faut procéder, mais par des citations authentiques et complètes. Citons donc'.
» Ainsi le premier point à résoudre, c'est de détermber l'importance comparée des éléments organiques et minéraux (assimilables) du sol; pour y parvenir, j'ai institué trois expériences : dans la première, on cultive du Lié dans de la terre ordinaire de jardin ; dans la seconde, on répète la même culture sur cette terre dont on a préalablement détruit tous les éléments organiques par une calciuatiun de plusieurs heures au moufle; dans la troisième, on se borne à cultiver du blé dans du salde calciné. Voici les résultats de ces trois expériences :
Setnence, 20 ijruins de bld.
Bonne terre. Terre calcioée. Sable calciné.
«r. «r. er-
Paille et racines... 27. S8 5.08 ••'•38
139 grains 10.84 32 grains I.j8 46 f-'i'ains '•■"