VIII. — Sable et matière atonie t-ans ^la!i^^es saliho
Paille et racines H 20
48 grains 1 . .M)
« Ces nouveaux résultats changent la face de la question : ils nous apprennent que les matières azou^es, de mftme que les matières salines emplovées seules, ae produiisnt presque pas d'effet, mais que leur concours simuU;uié détermiae la production d'uii exeédajQl coRsidérable de reçoit*. >• ('")
1. Pages 149 et suivantes, on rapporte cnactenjenl les quantités <1« s«Ib eoiployii». — \ . (IN) Hais tout cela a i'Ui ilil, munsieur, «t [jarfaiioDient prouvi'i bien avant vous. Pas un li(}ni:u" compilent ne nie ciatestera cel«, el, je vous le répèlp, vous no séduirez que l'inexpérienc*. — H.
En effet, résumons les résultats qui précèdent sous une forme plus propre à faire ressortir leur vraie signification :
I. — Matières salines II. — Matières azotées III. — Matières salines saos matières azotées. sans matières salines. avec matières azotées, • gr- gr. gr.
Paille et racines.. 8.20 Paille et racines. . 8.20 Paille et racines. 16 64 43graias 1.6'i 48 grains 1.50 103 grains 4.44
Depuis cette époque j'ai beaucoup perfectionné ces résultats, d'abord en substituant aux pots de terre ordinaire des pots de biscuit de porcelaine, puis à ces derniers, des pots enduits de cire fondue. Dans ces nouvelles conditions, j'ai pu démontrer que la suppression des phosphates détermine la mort des plantes, et que l'absence de la potasse et de la magnésie se traduit par un abaissement de rendement supérieur à ceux que j'avais d'abord observés; différences qui trouvent leurs explications dans les exsudations que laissent suinter les pots de terre ordinaire.
Mais ces perfectionnements, nés du progrès de la méthode d'expérimentation que j'avais d'abord suivie, ne changent rien d'essentiel au caractère de mes premiers résultats. Je remarque, au surplus, que ces modifications de détail ont été publiées dans les comptes rendus de l'Académie, au fur et à mesure que je les ai observées. (Voyez notamment mon mémoire du 13 septembre 1858, tome XLVII, p. 438.)
Il n'est donc pas exact d'assigner arbitrairement à mes travaux la date de 1 865 C"). Votre erreur sur ce point est-elle un acte involontaire né de l'insuffisance de vos informations? Dois-je y voir le résultat d'un parti pris? C'est à vous de me l'apprendre (").
La date de 1865 se trouvant mise à néant par les témoignages que je viens d'invoquer, je passe à votre parallèle entre les travaux de M. Boussingault et les miens.
Avant de descendre dans le détail des questions, il y a un fait général sur lequel on ne saurait trop insister, c'est l'abîme qui sépare M. Boussingault de M.ViUe(*^). M. Boussingault a toujours défendu l'opinion que le fumier de ferme est le type par excellence des engrais et que sans son secours il n'y a pas de culture durable possible (^). M. Ville prétend au contraire que les engrais chimiques sont supérieurs au fumier de ferme; il affirme qu'on peut cultiver indéfiniment à leur aide, et il fonde son opinion à cet égard sur les résultats qu'il obtient depuis vingt ans dans des sols artificiels composés de matières
(19) C'est là, justement, ce qu'avaient établi les travaux de M. Boussingault, bien antérieurementaux recherches de M. Ville qui, sur ce point, n'a rien appris de nouveau à personne, bien qu'il se persuade si volontiers le contraire. — R.
(20) Des travaux portant le millésime de 1865 ont été publiés par M. Ville. C'est de ceux-là dont j'ai parié, et la critique que j'en ai faite ne peut permettre la moindre équivoque. — R.
(21) Non, monsieur, je n'ai jamais fait d'opposition systématique. Je me respecte assez pour cela; je crois l'avoir prouvé atsez souvent, te j'epsère Bien le prouver encore; à vous peut-être, uuand vous aurez laissé là ces svslèmes de casse-cou qui ne peuvent que compromettre la science au nom de laquelle vous parlez, et qui n'ont rien de commun avec elle. — R.
(22) Sur ce point, tout le monde sera de l'avis de M. Ville.— R.
(23) Voilà le vrai nœud de la question, et si le lecteur s'en souvient, nous n'avons pas dit autre chose, au fond, en critiquant ce que M. Ville appelle emphatiquement son système. — B.
inertes, résultats que la pratique du champ d'expériences de Vincennes a consacrés et étendus depuis six ans (*').
Aux yeux de M. Ville, il paraît manifeste que du moment qu'une matière inerte, dont la fonction se borne au rôle passif d'un appui pour les racines des plantes, peut recevoir de l'addition de quelques produits chimiques un degré de fertilité qui l'élève au rang des meilleures terres , cet effet doit se continuer indéfiniment dans les sols naturels, parce que ces sols, enrichis par le détritus d'une partie des récoltes, seront toujours mieux partagés que du sable calciné dans un four à porcelaine ("''").
M. Boussingault ne nie pas seulement la supériorité des engrais chimiques, il va jusqu'à nier que la production végétale soit un problème accessible à nos moyens d'analyse, et qu'il soit possible de remonter aux lois qui en règlent les manifestations. Essayez de tirer des publications de M. Boussingault une théorie agricole. Vos efforts s'y épuiseront en vain. Jamais cette absence de doctrine n'a éclaté en traits plus saisissants que dans son dernier cours au Conservatoire des arts et métiers, publié dans la Revue des cours publics. Or, du moment que M. Boussingault n'a pas de doctrine, comment aurait-il pu concevoir un système d'expérimentation capable d'en édifier une? Vous me direz peut-être que ce ne sont là que des appréciations personnelles et par cela même fort contestables ("). J'admets pleinement la justesse de cette observation. Voici donc des dates et des faits.
Les trois propositions tirées par vous des mémoires de M. Boussingault se rapportent à trois dates, le 19 novembre 1855, le 11 mai
(24). C'est là, monsieur, que sont vos illusions, ou, si vous l'aimez mieux, des espérances que tous les hommes compétents tiennent pour illusoires, en ce qu'elles ne reposent que sur quelques ■ faits particuliers ne permettant pas de conclure d'une façon aussi absolue, aussi radicale que vous le faites. Les essais tentés par vous à Vincennes, sur quelques plates-bandes, prouvent tout simplement qu'il y avait là et qu'il doit y avoir encore une couche humifère abondante, mais vous n'avez pas du tout prouvé que quand tout l'humus aura disparu les résultats ne changeront pas. Au lieu de vos discussions contre les hommes qui redoutent vos illusions, et ils sont nombreux, présentez des faits de culture régulière, c'est-à-dire dos applications et des résultats bien constatés et obtenus dans des terrains effrités ou complètement dépourvus d'humus, et nous verrons. Tous affirmez, c'est facile, mais, croyez-moi, affirmez un peu moins et prouvez un piu plus, vos espérances n'en iron t que mieux. — R.
(2i bis] Nous verrons, en temps utile, ce que valent toutes ces hypothèses. — R.
(25) Avant de vous laisser aller plus loin, je dois vous dire, monsieur, qu'il y a dans ce passage quelque chose de plus que des appréciations personnelles. Votre façon de vous exprimer est pour le moins une grosse inconvenance, parce que votre langage est tout à la fois agressif et brutal. C'est un genre particulier qui vous distingue, et qui sied toujours mal à un homme d'importance, comme vous l'êtes. Le débat esi tout entier entre nous deux, et vous n'avez pas le droit de descendre à des personnalités aus,n passionnées que malveillantes envers un homme illustre, qui a été et qui est encore votre maître , que toute l'agriculture vénère, et qu'il vous plaît de mettre ainsi en cause sans aucun respect pour les services cminents qu'il a rendus.
Vous ne prouvez là, monsieur, qu'une seule chose, c'est que l'expérience vous manque et que vous êtes bien loin de celle que possède M. Boussingault. M. Boussingault cultive depuis vingt ans, tandis que vous vous n'avez encore labouré que du papier. Le jour où vous aurez vu et pratiqué autant que votre maître, vous serez moins absolu, moins affirmatif. Dans tous les cas, comment un scientifique peut-il oser formuler aujourd'hui qu'en dehors des systèmes il n'y a pas de savant. Mais c'est toute la gloire de la méthode expérimentale commencée par Bacon, et si glorieusement continuée par Lavoisier, et pratiquée partout aujourd'hui, d'avoir exclu de la science pure l'empirisme et tous les systèmes personnels qui l'encombraient, pour se renfermer dans la constatation pure et simple des faits. Vous en êtes encore là, mais vous datez du temps de Gébert; tous n'élargissez pas les horizons de l'avenir scientifique, vous tentez de les refouler vers un passé désormais impossible; vous ne faites pas avancer la science pure, vcns la faites reculer, et, pour parler comme vous, vous tentez de l'ajuster à votre taille. Vous n'y réussirez pas. Vous n'êtes pas le scientifique de demain, vous êtes l'homme systématique d'hier. — B.
1857, le 23 novembre 1857. Ces trois dates correspondent aux trois mémoires que M. Boussingaulta consacrés à la fonction des nitrates dans l'éconoœiie végétale.
\9 novembre 1855. — Les nitrates sont assimilés par les végétaux et peuvent, comme source d'azote, remplacer avec avantage les sels ammoniacaux, {Cdmples rendus de l' Académie des Sciences, tome XLI, page 845^ (-").
1 1 mai 1857. — Le phosphate de chaux, les sels alcalins et terreux n'exercent une action favorable snr la végétation qu'k la condition d'être associés à une matière azotée. {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, tome XLIV, pa^e 950.)
23 novembre 1857. — Les matières azotées ne fonctionnent comme engrais qu'avec le concours des phosphates. [Comptes rendus de l'Académie des Sciences, tome XLV, page 834.)
Ce& citations sont nettes. — Que peut-on y répondre ? le voici :
Z,e 13 août 1855 (remarquez que te premier mémoire de M. Boussingault est du 19 novembre 1855), M. Ville dépose à l'Académie une note sous pli cacheté dans laquelle il formule ces trois propositions :
1" Les nitrates sont assimilés par les végétaux. L'azote de ces sels devient partie constitutive de leurs tissus (").
2° A proportion d'azote égale, les nitrates produisent plus d'effet que les sels ammoniacaux (^*).
3" Méthode nouvelle pour doser le« nitrate* en présence des matières organicpies, dont un rapport de l'Académie, lu le 14 avril 1856, â Consacré les avantagée et la nouveauté. Cette note, ouverte k, la demande de l'auteur, a été insérée dans les Comptes rendus de l'Académis, le 26 novembre 1856, tome XLI, page 938.
14 jtJiLLET 1856 —(un an avant 1857 !) Nouveau mémoire sur la fonction des nitrates, dans lequel il est dit expressément qu'un sol pourvu de tous les minéraux que la végétation ré&kme, devient, par l'addition du nitrate de potasse, l'éqaivalent d'un sol parfait. [Co'inptes rendus de l'Académie des sciences, tome XLIII, page 85.)
21 JUILLET 1856 — (un an avant 1857 1) Lorsque les matières organiques se décomposent, elles perdent 30 pour 100 de leur azote de constitution à l'état d'azote gazeux, — fait qui pour le dire en passant est fondamental pour la théorie des engrais, et dont MM. Lawes et Gilbert ont 'vérifié depuis l'evactitude.
22 SEPTEMBRE 1856^-(six mois avant le 11 mai 1857.) Théorie générale et complète de l'assimilation des nitrates. A proportion égale d'azote les nitraifeB produisent plus d'effet que les sels ammoniacaux et les matières animales.— Suivant la proportion de nitre que l'on ajoute au sol, les plantes puisent nne partie de leur azote dans l'air ou ne lui en empruntent pas. {Comptes rendus de l'Académie des îCi'e;!CM, tome XLin, page 612.).
6 JUIN 1857. — Exposition d'un plan d'expériences devant conduire à l'axplîcation raisonnée du problème de la p.r9duction végétal». {Leçon d'ouverture du Bôurs depinjsique végétale déjà citée.)
31 AOÛT 1857. Justification de ce plan par la publication des expériences qui y correspondent, lesquelles datent de 1856. {Opusculcin-S" , de 160 pages, avec pfanrhesphotograghiées, chez Victor Masson, place de FÈcole-de-Médecine, en 1857.)
A ces citations j'ajouterai une dernière remarque. Lorsque M. Boiis-
P6) Ceci prouve tout simplement que ces vèrités-là ont été démontrées et exprimées biéti avaût vous, et (fue, quand vous les avez énoncées, vous n'aveï appti.; rien de nouveau à personne. — R.
(27) J''ai parfaitement compris, maïs je ne vois pas trop ce que tout cela a de commun avec le fond de la question, avec le point en discussion. Puisqu'il faut répondre, nous dirons d'abord qu'il faudrait avoir sOUS les yeux les textes même de ces mémoires, et non pas seulement quelques mots. Même en admettant ce que M. Ville prétend prouver, cela établirait tout simplement que M. Boussingault ne sait pas faire de parti pris contre M. Ville, puisqu'il y a conformité de résultats dans les recherclies. Encore une. fois, tout cela n'a aucun rapport avec l'idée que j'ai combàtlme, et qui consiste â supprimer le ftimier de feïme pour les remplacer par des produits alambiqués. — R.
ils)' Encore une contvadictioti. Pourquoi donc aVez-vûUs coiiseillé l'emploi des sels auimoniacauï alors que l'azote des nitrates coûtait moins cher? Vous me donnez ainsi complètement raison au sujet de l'emploi des nitrates. — R.
singault présenta à l'Académie, le 23 novembre 1857, son troisième Mémoire sur l'assimilation des nitrates, M. Ville adressa à la même Compagnie une réclamation de priorité fondée sur les faits rappoîtés dans son opuscule du 31 août.
A cela, que répondit M. Boussingault? Il se garda bien d'élever la moindre prétention à l'égard d'une théorie générale de la production végétale. 11 dit au contraire : Le but de mes derniers travaux a été de démontrer tinefficacilédu phosphate de chaux quand il est introduit dans le sol, dépourvu de matières organiques et arrosé avec de Veau exempte iP ammoniaque . [Comptes rendus de VAcadémie des sciences, t. XLV, page 999.) C'est le point culminant de son travail (*).
Il y a loin de cette proposition modeste et isolée à votre parallèle triomphant de citations. Eh bien 1 malgré sa modestie, cette proposition ne peut se soutenir; la presque passivité des minéraux en l'absence d'une matière azotée ayant été signalée par moi dans mon mémoire du 13 août 1855 reproduite dans celui du 22 septembre 1856, et affirmée de nouveau dans l'opuscule du 31 août 1857, dont j'ai rapporté un passage.
11 résulte donc des témoignages que je viens de f-apporter qu'en fixant à 1865 les résultats de mes travaux les plus importants, vous leur assignez une date inexacte, postérieure de di"x ans au moins à letir date réelle, et qu'en les présentant comme dt?s emprunts aux publications de M. Boussingault, vous intervertissez les situations. A la légèreté avec laqutUe vous formulez cette accusation de plagiat, je jage que vous n'avez qu'une médiocre conscience de sa gravité; pour moi, s'emparer indûment d'une idée est un fait aussi grave que les larcins flétris par la loi ["■).
Quand on m'a dit que vous m'accusiez d'un emprunt illégal, j'ai cru que vous aviez été induit en erreur par quelque similitude entre mes travaux et ceux du prince Salm ou de MM. Lawes et Gilbert; je croyais n'avoii- à réfuter qu'une simple méprise. Mais vous circonscrivez le débat à M. Boussingault, et vous disposez votre accusation sous la forme d'un tableau à deux faces, qui semble d'un effet irrésistible à ceux qui lisent des yeux. Je vous viens de montrer à quoi il se réduit devant la vérité des faits et des dates f).
Votre accusation ne peut trouver son explication que dans l'insuffisance de vos connaissances sur le fond du sujet, car si c'était un acte consciencieux et prémédité, il descendrait au rang d'une injure et d'une calomnie; et si contre mon attente, il devait revêtir ce cai'âctère odieux,
(Î9) Tout cela est éridenïment hors de propos. Cest une simple tactique car, qu^n veuille Lien e remarquer. M, Ville s'éloigne de plus en plus de l'objet de la discussion; il clierche à la déplacer, à quitter- le terrain; il ue s'attaque plus du tout à la critique â laquelle il devait commertcer par répondre. Personne ne sera dupe d'une telle maniiire d'agir. Au fond, tout cela est assez maladroit. M. Ville reconna'it que les travaux de M. Boussingault, sur les llsnctions- des nitrates, datent de 1855, et en même temps il prouve que ses travaux à lui ont été e.xécutés- detra ans plus tard. — R.
(30) C'est trop fbrt. Commeat SI. Ville petft-d ptétenAre que j'intervertis les situations et les dates, quand lui-mêm-e reconnaît que ms recherchies sont de 1857 et que celtes de M. Boussingault sont de l'855. — li.
(31) Décidément, il s'agit d'une plaisanterie. Comment, quand ici même ctmcun a sous les yeux les dMtes que roifcs retonnavises, vous osez dire au puljlic qu'il m'a plu d'arranger cela à ma façon? J« sais bien que œ tableau rous a un peu g6né et que vous auriez ini«ux aimé autre chose, ma'is enfin tes faits sont des farts, et ce n'est pas ma faute- s'ils soût contre vous. — P>-
fort de sa fausseté, je me bornerais à tous répondre, en complétant la pensée que j'exprimais en commençant cet article, que les injures suivent la loi de la chute des corps, et que leur gravité est en raison de la hauteur d'où elles tombent (").
Et maintenant que le terrain de la discussion se trouve déblayé des questions personnelles, la tâche qui me reste à remplir n'a rien de bien embarrassant.
Je viens de lire d'une seule traite vos sept articles ; qu'il me soit permis de les résumer en quelques propositions nettes et enchaînées, afin que le lecteur puisse embrasser d'un regard le domaine qu'il me reste encore à lui faire explorer.
l" L'engrais type, c'est le fumier de ferme. Il n'est pas possible de le remplacer par des engrais chimiques. La putréfaction détermine au sein des matières fertilisantes des modes de combinaison mystérieux que la science n'a pu définir, et dont la pratique constate tous les jours les bons effets.
2° M. Ville n'a pas la plus légère notion des vérités économiques, à ce point qu'il propose de composer des engrais avec des matières de première qualité. Il préconise l'emploi de la potasse épurée à la place des salins de betteraves ; il recommande comme matière azotée (erreur sans nom!) le sulfate d'ammoniaque, ce qui mène droit à l'empoisonnement du sol par l'acide sulfurique !
3° L'idée d'analyser le' sol par la culture n'a rien de nouveau, c'est du viens retapé. L'inventeur de cette méthode, c'est M. Bobierre. M. Ville maltraite la science et les savants. Il n'est pas exact de dire que la chimie, la physique et la géologie n'ont pas réussi à définir la fertilité des terres dans sa cause et ses lois, et en cela M. Ville se montre ingrat.
4* L'œuvre de M. Ville est pitoyable; elle se résume en un mot : renfermer la fumure d'un hectare dans une tabatière. Les inventeurs, les créateurs de la science agricole, ce sont MM. Liebig et Boussingault.
5* Il peut y avoir avantage à spécialiser les engrais, suivant la nature des cultures. Il est possible que des engrais privés de matière azotée soient efficaces sur les légumineuses, mais lorsqu'on avance de telles propositions, on les prouve, et M. Ville ne prouve rien.
6° Nous proposons à M. Ville d'entrer en lice avec lui sur le terrain de l'expérimentation directe, sous le contrôle de chacune de nos écoles d'agriculture. Si M. Ville accepte, nous sommes prêts.
Voilà bien, si je n'ai rien omis, à quoi se réduisent vos articles. C'est à ces formidables arguments que je dois répondre, je m'y essayerai, monsieur, dans un prochain article (^).
Georges Ville,
Professeur de physique végétale au Muséum d'iiisloire naturelle.
(Sî). Pardon, monsieur, vous oubliez quelque chose, votre théorie est incomplète, et je la trouve trop jolie pour ne pas la compléter : en soumettant les injures à la loi de la gravitation, je trouve aussi qu'elles s'éloignent toujours d i but en raison direcle du carré des distances.
Vous avez beau faire, toutes vos phrases ne sont pas des raisons, mais l'aveu implicite de la défaite est la consolation impuissante dss vaincus. Avec vous, je devais m'a'tendre à cela, moi qui me suis permis de prouver que vous n'étiez pas du tout un grand homme. Ah! comme il y a loin, monsieur, d'ici au jour où vous me faisiez les honneurs de vos attelages personnels, de vos grandes guides et même de votre magnifique panier à salade. Les temps ont bien changé. Au lieu d'une complaisance aveugle, vous n'avez trouvé que l'indépendance, et, — tout naturellement, — cela vous met en colère. C'est dur, pour moi, convenez-en, mais enfin je lâcherai de m'en consoler en songeant que je n'ai pas meuli, que je n'ai trompé personne, et que j'ai fait mon devoir en disant la vérité à ceux qui me la demandaient. C'est précisément votre dépit qui me prouve que j'ai touché juste. — R.
(.33). Résumons tout cela en quelques mots: Pas une de nos critiques discutée sérieusement; pas une vraie réfutation; mais, en revanche, des injures, des provocations, des personnalités. A côté de cela, le plus grand désir de sortir de la question, el, en même temps, tout ce qui pouvait chatouiller la vanité de l'auteur. Toujours le moi : mon système, mes travaux, mon cours, mes cultures, mon mémoire, mes ouvrages, mes conférences, mon enseignement. M. Ville a su trouver le moyen de faire entrer tout cela dans l'exploit de maître Lecler. Quelle force! — M. Ville ne veut pas qu'on discute son système, ses travaux, son cours, ses cultures, ses mémoires, ses ouvrages, ses conférences, son enseignement! — 11 demande seulement qu'on lui laisse faire tout ce qu'il voudra. C'est bien simple, et cela lui paraît tout naturel. Mais puisqu'il veut bien nous promettre quelque chose de plus sérieux que tout cela, attendons. — R.