ESSAI DU BROME DE SGHRADER
C'est là le fourrage par excellence ! Plus de luzernes, plus de sainfoins 1 ont semblé dire certains agriculteurs. — Le brome de Schrader, ont pensé certains autres, ne tient absolument rien de ce qu'il avait promis; son avenir est condamné.... Et quelques années se sont à peine écoulées depuis l'apparition de ce nouveau fourrage ! Quand est-ce donc que nous pourrons apprendre à ne pas escalader si vite les degrés espacés des questions compliquées?
Pour ma part, je n'ai que très-peu de chose à dire ; mes essais sont tout récents et ils ont été faits sur une très-petite échelle; néanmoins, j'apprécie hautement les résultats que j'ai déjà obtenus et que beaucoup d'autres ont dû obtenir. Le froid assez rigoureux qui a sévi du 13 au 19 janvier avait tondu ras le sol les prairies artificielles de luzernes et de sainfoins, tandis que mon jeune brome, d'environ nuarante centimètres de hauteur, a semblé porter un énergique défi aux actions délétères de la gelée.
Une prairie artificielle donnant du fourrage vert en janvier I Seule, cette propriété n'est-elle pas une source de richesse lorsqu'on considère que, dans l'unique but de pouvoir panser au vert, plusieurs excellents cultivateurs de nos environs n'hésitent pas à piétiner à l'excès leurs précieux guérets pendant les plus mauvais temps de l'hiver, souvent pour aller ramasser çà et là quelques brins étiolés de vesces ou autres fourrages.
Puisque le brome de Schrader peut nous fournir un excellent fourrage vert en décembre ou janvier, nous sommes donc autorisés, tout d'abord, à persévérer longtemps dans le but d'acclimater dans nos riches vallées de la Garonne la nouvelle plante, et de supporter, s'il le faut, plusieurs déceptions avant de nous laisser décourager.
Espérons que notre programme sera dépassé et qu'à côté des avantages d'une précieuse coupe d'hiver, l'expérience sanctionnera une certaine partie de ce que la théorie a déjà bien voulu nous promettre. j
A. -P. Leyrisson, cultivateur.
BULLETIN FORESTIER. 'i
Depuis quinze jours, on signale encore un peu de hausse sur les combustibles forestiers, et surtout sur les bois à charbon; à Glamecy, ces derniers ont subi une augmentation de 3 fr. par décastère pour la qualité inférieure. Le prix du charbon fabriqué se maintient toujours très-élevé à Paris, à cause des crues qui ont empêché les arrivages. On cote : charbon d'Yonne, 4 fr. l'hectolitre sur les marchés flottants des ports de la Seine; charbon de la Marne, 3 fr. 55 à 3 fr. 60; de la Loire, 3 fr. à 3 fr. 65; de l'Allier, 3 fr. 60; des canaux, 3 fr. 80 à 3 fr. 90; grenaille, 2 fr. 75 à 3 fr. ; poussier, 1 fr. 75 à 2 fr. ; fumerons, 2 fr. à 2 fr. 25.
Quant aux bois à brûler, le chêne neuf dur vaut jusqu'à 136 fr. le décastère sur le port de Glamecy; le bois blanc se vend 95 fr.; le bois de flot est coté 108 fr. A Paris, les prix sont toujours de 150 à 160 fr. le décastère pour les bois neufs durs, 110 fr. pour les bois blancs et 1 15 à 125 fr. pour les bois de flot; les falourdes de pin valent de 65 à 70 fr. le cent.
On ne cite pas d'affaires en bois d'œuvre. Les lattes sont cotées 30 fr. le mille à Glamecy. A Aubenas, les bois d'industrie sont aux prix suivants : planches de sapin de 4 mètres de long sur 0'".28 à O^.SO de large, 20 fr. la douzaine; planches de
3°\50 et 2'". 50, l fr. 60 le mètre carré; charpente de sapin en grume, 40 fr. le mètre sube; boiséquarri, 48 à 50 fr.; planches de pin de 3 centimètres d'épaisseur, 1 fr. 75 le mètre carré; planches de 4 mètres de long sur O^.OS d'épaisseur, 3 fr. le mètre carré. Le prix des bois de mine n'a pas varié, quoique, à cause des quantités considérables de bois du Var, qui alimentent les mines de la Grand'Gombe, de Lalle et de Bességes, il y ait une tendance à la baisse. A. Ferlet.
REVUE COMMERCIALE (première quinzaine de février).
Céréales et farines. — La quinzaine qui vient de s'écouler a vu s'arrêter le mouvement de baisse qui avait prévalu sur les céréales, vers les derniers jours de janvier. Les transactions ont eu plus d'animation sur nos marchés de province. Les arrivages effectués, chose à remarquer, à Marseille et sur quelques-unes de nos grandes places maritimes, n'ont pas empêché la hausse de se prononcer. Toutes les nouvelles que nous avons reçues en grande quantité des départements ont été unanimes pour annoncer la fermeté dans les prix et l'activité dans les affaires. A Paris, les niés de choix ont été pris en moyenne à 38 fr. 33. Ceux de première qualité ont atteint 36 fr. 67 ; les sortes courantes ont quelquefois dépassé 35 fr. et les sortes ordinaires se sont vendues 34 fr. 58. — Le tout par quintal et avec dimmution sur les prix de janvier. Le tableau suivant met sous les yeux du lecteur les prix moyens des différentes régions de la France. Pour les blés, la baisse n'est que de 0 fr. 50 cent, sur la quinzaine précédente.
BLÉ AU QUINTAL
^ — - — ^ PRIX MOYEN DU QUIN'TAL
Prix Surla quinz.préc. ,-— — -^ — '^ — " — ^
Régions. mojens. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. Avoine.
— fr. fr. fr. fr. fr. fr.
Nord-ouest 35.51 « 0.19 22.84 21.38 22.18 .
Nord 34.31 " 1.64 22.00 23.06 ■21.29
Nord-Est 3446 » 0.46 22. 5T 22.02 20.47
Ouest 35.86 » 0..57 22.54 23.43 23 61
Centre 33.54 " 1.25 22.02 22.30 21.01
Est 33.95 " 0.60 21.53 21.53 19.83
Sud-Ouest 34.55 » 0.50 19.89 20.32 23.88
Sud 34.51 0.20 » 20.55 20.66 22.18
Sud-Est 32.58 0..53 /< 19.48 20.27 ■ 22.12
Moyennes 34.36 " » 21.49 21. «6 21.95
Moyennes de la quinzaine précédente.... 34.86 " " 21.63 21.57 21.56 Sar lo 15" j Hausse... » « » » 0.09 0.39 précédente. {Ba.isse 0.50 « » 0.14 " "
Les affaires en farines ont été fermes pour celles de commerce. Les prix ont accusé pourtant pendant cette quinzaine une amélioration sensible, bien que les transactions n'aient point été très-nombreuses. Les farines six-marques ont fortement eu baisse pendant quelques jours; elles se sont relevées sous le coup même qui les avait fait fléchir. L'introduction des blés étrangers annoncés en grande quantité ayant été moindre, elles se sont relevées aussitôt.
A Londres, les arrivages ont été faibles. Les affaires sont restées lentes pendant toute la quinzaine. A Liverpool et sur les autres places de commerce du Royaume- Uni, les affaires en céréales et en farines n'ont pas eu plus d'animation. En Hollande et en Belgique, où les froids ont été vifs, les transactions ont été restreintes, comme en Prusse et en Allemagne.
Vins, eaux-de-vie, alcools. — La vente en détail des vins a repris quelque activité dans les villes qui ont refait leur approvisionnement pendant cette quinzaine. Dans les pays de vignobles, le mouvement des transactions a été nul. Dans le midi, les prix ont repris quelque faveur. En Bourgogne, les vins ont aussi un peu augmenté. Dans le Bordelais, nous n'avons rien à signaler d'important. — Leseauxde-vie, dans les pays de production comme dans les entrepôts, n'ont donné lieu qu'à peu d'affaires. Cependant dans l'Armagnac il s'est effectué quelques ventes qui ont ranimé pour un instant le mouvement commercial du pays. — Les 3/6 du Nord ont éprouvé peu de variation. Le disponible est resté à 62 fr., le courant du mois à 62 fr. 50, mars et avril à 65 et 65 fr. 50. Les 3/6 du Midi sont restés fixes sans changement pendant tout le temps, à 86 fr. pour le 3/6 Languedoc et à 72 fr. pour le 3/6 Béziers, et pour le disponible à 86 degrés.
REVUil COMMERCIALE (PREMIÈRE QUINZAINE DE J-'ÉVRIER). 383
Laines. — Les laines dans ce moment ne donnent pas lieu à un mouvement commercial considérable. Dans nos départements, celles qui restent chez les éleveurs sont prises à des prix bas. Les laines de l'étranger sont arrivées au Havre, Bordeaux et Marseille en assez grandes quantités qui ont été demandées à des pris peu différents de ceux de l'offre.
Sucres. — Les sucres bruts, indigènes en disponible, se sont écoulés au prix de 17 fr. Les quatre mois de Niort pour la bonne 4' indigène ont oscillé entre 59 fr. et 60 fr. 50. Tous ces prix sont tfaissés sur ceux de janvier et leur peu de fermeté nous annonce encore une diminution pour la fin de ce mois. Les sucres raffinés par contre-coup ont été l'objetd'une grande demande. Les belles sortes d'abord à 128 fr. ont atteint 130 fr. Les bonnes sortes se sont vendues 127 fr. 50 et les sortes ordinaires 126 fr. — Le tout par 100 kilog.
Suifs. — Paris est le grand centre du commerce des suifs de boucherie qui y trouvent un large débouché. Les prix de la capitale sont donc les régulateurs des prix des autres places. Cependant il y a parfois de grands écarts entre ceux des départements les plusvoisins et les siens. Durant la quinzaine passée, ils se sont vendus en moyenne, 14 fr. 70 dans Paris, et 107 fr. 50 au dehors, tandis que dans plusieurs villes départementales ces produits ont été achetés 115 et 116 fr. La chandelle a oscillé entre 129 et 133 fr. L'oléine est restée prise au dehors à 95 fr. L'ostéarine, également demandée au dehors, n'a pas dépassé 182 fr. 50. — Le tout par 100 kilogrammes.
Huiles et graines oléagineuses. — Les huiles de colza n'ont pas donné lieu à de grandes affaires. Les mises en magasin ayant beaucoup diminué le mois dernier, il en est résulté un grand cafme. Les rares transactions qui se sont effectuées n'ont pas dépassé les prix de 100 fr. pour le disponible, et de 101 fr. pour mars et avril. Les huiles de lin ont baissé pendant cette quinzaine. Peu d'affaires se sont faites sur ce produit, qui a été pris à 97 fr. pour le disponible et à 98 fr. pour les deux mois prochains, le tout pour 100 kilog. — Les graines oléagineuses ont été rares sur les places, et les demandes presque nulles.
Bestiaux. — En France, comme en Angleterre, nous avons à constater la baisse sur les bestiaux. Epouvantés par les invasions partielles et successives du typhus, un grand nombre d'éleveurs et engraisseurs anglais ont pris le parti de vider leurs étables. Ces bestiaux se sont trouvés tous ensemble sur les marchés, et ils ont produit une baisse sensible dans les prix. Ce mouvement s'est répercuté en France, oîi les demandes venant du Royaume-Uni avaient été assez nombreuses pendant les deux derniers mois. Notre exportation s'est donc trouvée momentanément et brusquement arrêtée. Il en est résulté une baisse dans les cours des bestiaux à Sceaux, k Poissy et sur les places importantes, malgré la vente qui a été généralement assez active. Dans les derniers jours de cette quinzaine, cependant, les prix ont eu quelque tendance à la hausse. Cette situation ne durera pas, car les Anglais auront absolument besoin, dans un délai plus ou moins long, de regarnir leurs étables, leurs bergeries et leurs marchés. Alors, la hausse sur les bestiaux s'élèvera rapidement chez eux, et chez nous par contre-coup.
Georges Barral.
PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES (i- quinz. de février).