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Expériences faites par nous à Huningue, 2 octobre

Contenance de la jauge 5 litres.

Inexpérience 77 min. pour les remplir. \

2° — 77 min. 1/2. / Moyenne 77 min.

3' — 77 min. 1/2. j

Débit de 1 litre en 15 min. 40.

D'où 3 litres 86 par minute.

2. Voir le Journal de l'Agriculture, t. I, de 1866, p. 320 et 461 ; t. II, p. 46 et 163; et les numéros des 20 janvier, 5 et 20 février derniers, t. I de 1867, p. 147, 263 et 345.

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Il faut lire ce que nous dit à ce sujetl'abbéBoissier de Sauvages, aux pages 9 7 et 98 de son livre, sur les ateliers des paysans des Gévennes et sur les grandes cheminées rustiques des bonnes maisons de ce pays, pour so convaincre qu'il est inutile d'élever des vers en été pour avoir de l'air sec.

Dans cette lettre, M. 'Gagnât expose que parmi les vœux exprimés devant la Commission d'enquête agricole, il en est un qui a pour but l'exploration, sous la protection du gouvernement, de contrés montagneuses et sèijhes dans la Chine et le Japon, en vue de rechercher les meilleures graines, et il ajoute : a J'ai expliqué du mieux qu'il m'a été possible le vœu exprimé devant la Commission d'enquête agricole de l'Ardèche, le 14 novembre 1866, vœa auquel les membres de cette Commission se sont associés; c'est, dit -il, aux éleveurs à se former enfin ulc conviction et à la faire partager aux négoc'uuUs qui vont chercher des semences de vers à soie à l'étranger, u

Il y a trois illusions dans le vœu partagé par la Commission d'enquête de l'Ardèche. La première de ces illusions consiste à croire que des négociants, c'est-àdire le commerce et la spéculation, peuvent encore s'occuper utilement de la production ou de la transmission des graines ; la deuxième et la troisième illusion sont relatives à la possibilité de trouver en Chine et au Japon des graines saines en contrées montagneuses. M. le vicomte Edmond Breunier, consul à Shang-Haï, a fait dès son arrivée une excursion très-périlleuse pour se procurer de la graine, que l'on disait saine, dans une contrée inexplorée de la Chine. Il en a rapporté des graines dont il a fait cadeau à notre Société d'agriculture : ces graines ont été élevées avec le plus grand soin par nous et un graud nombre d'éleveurs; c'est sur les vers de cette provenance qne j'ai fait de longues recherches : ils étaient tous pébrinés. Quaût au Japon, l'expérience est faite et va se répéter, et les documents que nous avons publiés ne doivent pas laisser de doute sur sa très-prochaine et très-complète infsction.

Nous ne nions pas, du reste, qu'il ne soit encore possible de trouver quelques cantons non envahis; mais l'expérience du passé nous permet d'affirmer que ce n'est pas à la spéculation et -au commerce qu'il faut en confier l'exploitation,

M. Gagnât aborde en cette lettre une question de la plus haute importance, l'influence dos perturbations atmosphériques, qu'il appelle une météorie, sur loutle règne végétal.

Nous reconnaissons cette influence sur le règae végétal; mais nous disons que jusqu'à ce jour elle est sans action évidente sur le règne animal. Nous avons donné à notre bétail, tans aucun effet fâcheux, du trèfle rouge, atteint par la maladie au point d'exhaler une très-mauvaise odeur, et notre bétail n 'a pas été malade ; les trèfles incarnats sont depuis longtemps presque tous affectés delà maladie et mangés en vert sans inconvénient.

Les cultivateurs s'empressent de donner à leurs bestiaux les pommes de terre, les melons, les courges qui donnent des signes de maladie; nous trouvons beaucoup de pommes de terre malades parmi celles qui sont livrées à la consommation des ménages; le vin est fait souvent avec des raisins tachés par l'oïdium. Au point de vue de l'hygiène, nous sommes très-loin de trouver bonnes ces diverses pratiques, et il est bien possible qu'à la longue elles réagissent sur la santé des hommes et du bétail; mais en l'état, ce résultat n'existe pas et rien ne prouve aussi que la feuille malade du mûrier ait réagi sur le ver à soie, bien que celte opinion soit très-accréditée. Pourtant, eu faveur de l'opinion que nous combattons, nous devons dire que l'odeur des vers pébrinés est analogue à l'odeur des pommes de terre gâtées. Nous signalons ce fait en vue de recherches ultérieures.

M. Babinet et M. Marchand ont tort, en thèse générale, de dire qu'on ne pouvait rien contre les influences atmosphériques ; l'homme, gérant libre et responsable du globe terrestre, peut faire sur son globe la pluie et le beau temps, ce qui veut dire modifier lesclimatures. Seulement, il faut le vouloir et étudier l'influence des forêts, des eaux, des cultures. En l'état, l'homme n'est occupé qu'à détruire les forêts.

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tarir les sources, dénuder les montagnes et produire les conditions anormales d'où dérivent toutes les misères actuelles.

Il manque à l'appui de l'affirmation de M. Gagnât la preuve directe, précise, claire et évidente. — Dans une lettre antérieure il avait émis une théorie très-séduisante ; il comparait lapébrine à l'ergotisme et disait: La feuille malade donne la pébrine au ver à soie comme l'ergot du seigle donnait l'ergotisme aux populations pauvres qui se nourrissaient de pain de seigle. Il insinue que lafeuille malade exerce une action lente sur le ver à soie, ce qui est à prouver, ce que nous ne nions pas d'une manière absolue. — Mais ce que nous nions formellement c'est que cette cause, si toutefois il est prouvé qu'elle existe, soit la cause unique de la maladie.

Dans la question séricicole, comme dans toutes les questions, il ne faut pas procéder en mode simple mais en mode composé, voir toutes les faces de la question et non un seul côté ; M. Gagnât, ne voyant la péhrine que dans la maladie de la feuille, néglige l'inQuence de la magnanerie anti-hygiénique actuelle et l'influence du grainage en grand, de même que M. Pasteur, ne voyant la pébrine que dans le corpuscule, néglige l'élément miasmatique et l'influence de la violation des lois de l'hygiène.

Dieu nous a donné la terre, le mûrier, le ver à soie. A l'homme le choix du sol, du climat, de l'exposition ; à l'homme le choix des espèces de mûrier, la plantation, la culture. A l'homme le choix des races de vers à soie, l'étude des conditions hygiéniques, du développement normal du ver à soie sous le rapport du logement, de la nourriture, des qualités de l'air, de la génération.

Les maladies du ver à soie sont les conséquences directes et forcées des fautes commises par l'homme contre les lois de l'hygiène ou du développement normal du ver à soie. Au lieu de bien choisir le sol et le mûrier, nous avons cherché et trouvé une feuille industrielle, économisant la main-d'œuvre, mais donnant lu maladie ; au lieu du Lien étudier le ver à soie, sou organisation, les nécessités physiologiques de sa respiration, de sa digestion; de nous inspirer des conditions hygiéniques des très-petites éducations faites sous le manteau de la cheminée, nous avons créé la magnanerie industrielle ; violant toutes les lois de l'hygiène dans la reproduction, nous avons cr 'é le grainage industriel en grand, le grainage exterminateur des races les plus pures de ver à soie.

La feuille industrielle, la magnanerie industrielle, le grainage industriel et le dérangement des climatures sont les quatre causes de la pébrine et de la situation désespérée où se trouve aujourd'hui l'industrie séricicole — situation qui n'a point d'analogue, depuis le jour où une impératrice de la Chine, Si-Liug-'Jhi, s'inclir:ant humblement devant les lois divines de la création, a cherché et trouvé l'art d'élever les vers à soie, l'art de filer le cocon et l'art de faire des étoffes avec de la soie, c'està-dire d-ipuis 4,540 ans. Les nations chrétiennes de l'Occident ont dû accumuler des fautes énormes pour produire le mal actuel; mais au fond de toutes ces fautes il y a une tendance occulte qui les escuse et les atténue. C'est que les nations chrétiennes, depuis cinquante ans, ont toujours cherché et poursuivi le problème difficile de la soie à bon marché, de la soie usuelle, de la soie pour tous. Revenons à nos petites éducations spéciales de graines réduites à trois grammes en contrées saines.

Le 3 mars 1866, nous avons donné une forme arrêtée et précise à cette idée dans une lettre adressée au président de la Société d'agriculture de Saint-Marceliin. Nous disions dans cette lettre : i A ces grainages indigènes et exotiques, qui ont détruit la vitalité des races restées pures, nous substituons un grainage hygiénique régénérateur et conservateur, restreint à 3, 4 et 5 grammes, opéré en contrées non infectées, sur des races pures, élevées isolément avec de la feuille sauvage. »

Le 17 mars, nous avons adressé à Son Exe. le ministre de l'agriculture la lettre qu'on a pu lire au commencement de ce travail. Le 10 juin, nous avons adressé aux Sociétés d'agriculture et aux Chambres de commerce une circulaire où cette idée se trouvait de nouveau e.T;posée. Enfin, le 20 septembre 1866, le savant directeur

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du Journal de rAgriculture nous ayant ouvert les colonnes de son journal, nous n'avons cessé de présenter cette idée des éducations spéciales de graine comme la plus grande et la plus féconde à réaliser dans l'intérêt de la sériciculture ; c'est pour ce dernier motif que nous allons en discuter les termes avec la plus scrupuleuse attention.

Pourquoi faut-il faire des éducations petites pour produire des graines de bonne qualité ? Parce que des milliers de faits, connus de tous les éducateurs, ont prouvé que les éducations petites donnent de la bonne graine, tant qu'elles restaient petites et de la mauvaise graine dès qu'elles cessaient d'être restreintes. Pourquoi faut-il faire des éducations spéciales? Parce que les résultats h obtenir étant distincts, il est de toute nécessité de séparer les éducations des vers destinés à la reproduction de l'espèce des éducations de vers à soie destinés uniquement à produire des cocons. Pourquoi faut-il réduire les éducations petites et spéciales à 3 grammes plutôt qu'à 5, à 10 ou îi 15? Parce que ces petites éducations spéciales devant être installées sous le manteau de la cheminée et dans des pièces dont le cube ne dépasse pas habituellement 35, 40 ou 45 mètres cubes, nous avons reconnu qu'à 7 grammes il y a encombrement à la quatrième mue et à la montée; il faut les réduire à 3 grammes, parce qu'il faut que les vers à soie puissent se compter, qu'il y ait entre eux un espace d'au moins un demi-centimètre, qu'ils soient en un mot isolés les uns des autres, de manière à ce qu'ils puissent respirer et manger librement, et ne pas s'incommoder réciproquement par leurs émanations et leurs déjections. Pourquoi faut-il installer les petites éducations spéciales en dehors de la zone infectée? Les recherches de M. Pasteur sur les corpuscules, et les nôtres sur les émanations miasmatiques, légitiment cet isolement et en prouvent la nécessité, puisque l'air peut servir de véhicule à ces émanations et à ces corpuscules et infecter les petites éducations. Pourquoi faut-il nourrir les vers à soie de ces éducations spéciales avec de la feuille sau,vage ou lafeuille d'arbres peu taillés? Parce que l'expérience a démontré la supériorité de cette feuille et le danger de la feuille cueillie sur des arbres trop taillés ou récemment taillés. Comment et par qui ces petites éducations spéciales pourront-elles être réalisées ? Elles pourront être réalisées en petit par des particuliers ; en grand par l'État ou une association des éducateurs. Tous les éducateurs qui ont le bonheur de posséder des relations soit dans le Nord, soit en Corse, soit en Algérie, peuvent confier à leurs amis le soin de faire leurs graines. Avec la formule ci-dessus employée, avec le signe tiré de la longévité et le signe microscopique tiré de l'absence des corpuscules, ils pourront s'assurer que leurs petites éducations sont bonnes ou mauvaises ; la difficulté sera, au début, de trouver des races pures. Ceux qui auront le bonheur de les trouver n'auront qu'à faire continuer les petites éducations pour avoir tous les ans des graines pures. — Il y a dans les pays séricicoles des coteaux élevés et isolés, des montagnes, oîi il est possible d'installer ces petites éducations ; mais la garantie est moindre que dans le Nord, en Corse ou en Algérie.

Il nous semble que le nombre des éducateurs placés dans ces conditions spéciales est très-restreint ; nous croyons aussi que beaucoup se laisseront décourager par les revers des premiers essais, revers qui seront nombreux, puisque les graines pures sont très-rares. Pour ces motifs, nous pensons qu'il y a lieu de recourir à l'intervention de l'État, et surtout à une grande association formée par les éducateurs et les filateurs des 28 départements séricicoles.

C'est une grosse affaire que l'intervention de l'État dans les questions agricoles ; il y a des précédents qui nous obligent à rechercher par quels moyens il serait possible de recourir à celte intervention sans engager la responsabilité des ministres. Sous Louis-Philippe, le ministre de l'agriculture a encouragé, propagé et subventionné les magnaneries dites salubres au système de ventilation Darcet et les éducations hâtives à 20 et 24 degrés de chaleur et réduites à 24 jours de durée. L'expérience a démontré que ces magnaneries étaient insalubres et que les éducations hâtives, dangereuses au point de vue de la production des cocons, étaient plus

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dangereuses encore au point de vue de la production de la graine. Si, avant d'engager sa responsabilité, le ministre de l'agriculture eût consulté les Sociétés agricoles, les filateurs, les Chambres de commerce, il est probable que INI. Aribert, qui connaissait et appliquait la ventilation renversée dépuis 1825, aurait fourni les documents précieux contenus dans sa lettre que ncfus avons publiée, et que cette publication aurait mis en lumière et en évidence cette belle découverte, dont la réalisation eût été avancée de plusieurs années, outre que le ministre de l'agriculture n'eût pas engagé sa responsabilité dans la propagation d'une mauvaise méthode de ventilation.

Nous prenons très-respectueusement la liberté de soumettre à l'appréciation de Son Exe. M. le ministre de l'agriculture l'emploi d'un moyen identique pour résoudre le problème difficile que la maladie actuelle des vers à soie impose aux éducateurs. Nous croyons qu'il serait très-utile de consulter très-promptement les Sociétés d'agriculture, les filateurs et les Chambres de commerce des "28 départements séricicoles sur la valeur : 1° du procédé de M. Pasteur pour faire de la bonne graine; 2» sur la valeur des petites éducations spéciales de graines. Cette manière de procéder, qui a deux précédents dans le questionnaire de la Commission séricicole et dans le questionnaire de l'Enquête, aurait pour résultat de dégager la responsabilité de Son Exe. le ministre de l'agriculture, de réveiller le zèle des Sociétés d'agriculture et de mettre pour ainsi dire le salut de cette industrie dans les mains des éducateurs et des filateurs.

Fondées depuis 1818, les Sociétés d'agriculture peuvent rendre de grands services, mais en fait, jusqu'à ce jour, elles n'ont pas donné des résultats en rapport avec le nombre d'hommes pratiques éclairés qu'elles contiennent et avec les budgets dont elles disposent. Interrogées d'une manière incessante soit par Son E^c. le ministre de l'agriculture, soit par les administrations départementales, sur la valeur des plantes, des engrais ou des procédés nouveaux, les Sociétés d'agriculture fourniraient souvent des réponses utiles et se livreraient à des expériences qui, généralisées et répétées dans tous les départements , permettraient de juger très-vite la valeur de ces plantes, de ces engrais, de ces procédés nouveaux. S'il en était ainsi, nous serions fixés depuis longtemps sur la valeur du brome Schrader, de l'avoine de Sibérie, pour la propagation de laquelle M. Anselme Petetin fait depuis plusieurs années des efforts aussi louables que persévérants.

Si le moyen que nous venons de préconiser était mis en pratique pour la pébrine, nous avons la certitude que les Sociétés d'agriculture, les filateurs et les Chambres de commerce des départements séricicoles fourniraient des appréciations très-utiles sur la valeur pratique du mémoire de M. Pasteur et sur la valeur pratique des petites éducations de graines. Dans le cas où les réponses seraient favorables aux petites éducations de graines, Son Exe. le ministre de l'agriculture pourrait, à titre d'initiative et vu l'urgence, accepter l'offre que nous lui avons faite par notre lettre du 17 mars 1866, ou donner son concours tout-puissant à l'association des éducateurs dont nous allons exposer les bases, les moyens d'action et les chances de succès.

Bases de V association séricicole. — L'initiative des particuliers étant restreinte et incertaine , l'initiative de l'État limitée à la période d'expérimentation et ne devant s'exercer qu'à la sollicitation des intéressés, à qui donc peut échoir le rôle et le devoir de provoquer et de faire cette expérimentation, si ce n'est aux éducateurs qui, depuis quinze ans, payent tous les ans quatre millions pour des graines infestées ; si ce n'est aux grands !propriétaires dont les revenus ont baissé de moitié, si ce n'est aux filateurs dont les usines sont menacées de chômage ou encombrées de cocons défectueux , petits et tachés ; si ce n'est aux fabricants de soieries , qui travaillent des soies si inférieures à nos belles soies d'autrefois, avec cette perspective d'une production qui diminue tous les ans, et menace de s'arrêter

Tous les éducateurs éclairés, tous les grands propriétaires, tous les filateurs, tous les fabricants de soieries ont le plus grand intérêt à s'entendre et à former une

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