VENTILATEUR POUR LES BATLMENTS RURAUX
en lûle, qui lui-même peut s'adapter à une cheminée d'appel. Elle est fixée à une tige de fer B C, qui pénètre dans le tube; elle repose en bas sur le pivot C^et en haut dans le pivot B, lequel est soutenu par l'armature E. Eu tournant sons la pression du vent, cette boule fait également tourner la tige B autour de laquelle est enroulée une double lame de tùleD disposée en hélice. Cette hélice produit exactement pour l'air le même effet que la vis d'Archimède dont on se sert dans l'épuisement des eaux. Dans les expériences auxquelles s'est livré le conslrucleur du ventilateur à hélice mobile, il a été reconnu que cet appareil enlève par heure, dans un temps ordinaire, 115 mètres cubes d'air. On voit qu'il y a là de quoi ventiler une pièce spacieuse; et lorsque le vent s'élève ou devient un peu violent, le tirage est alors d'une énergie extrême. On ne saurait trop recommander aux agriculteurs, dans ces temps où les
F:g. 68. — Vue du ventilateur à hélice Je M. Serron. Fig. 69. — Coupe du ventilateur à hélice.
épidémies les menacent, de prendre toutes les mesures de salubrité possible. L'aérage convenable des logements de leurs animaux est l'une des plus indispensables, et ils pourront le faire à peu de frais avec l'appareil de .)! Serron, qui ne coûte que 27 francs pour un diamètre de 32 centimètres. Un plus petit modèle, pour le tirage des cheminées ordinaires, est livré au prix de 18 à 20 francs. A. Ferlet.
La troisième année des opérations du Comptoir agricole de Seine-et- Marne a été close le 31 décembre dernier, et l'assemblée générale des actionnaires s'est réunie à Melun, le 17 février, pour entendre le rap-
port du gérant, M. Delbard, celui du conseil de surveillance, et délibérer sur les propositions qui lui étaient soumises.
J« crois utile de faire connaître le résultat de cet exercice, et d'y joindre quelques observations qui me paraissent de nature à éveiller la sollicitude de ceux qui se préoccupent de cette grande question de l'organisation du crédit agricole.
Je laisse de côté les chiffres de détail, qui sont sans intérêt au point de vue général, et je me borne à donner les chiiTres d'ensemble.
La première année (18G4), les opérations n'ayant commencé que bien après le mois de janvier, il convient de prendre pour basé le chiffre des résultats acquis pendant les seuls mois de cet exercice; on trouve alors que les opérations doivent être fixées à 10 millions. La deuxième année (1865), année complète, elles ont atteint le chiffre de 13,556,153 francs 15 centimes; la troisième année (1866), celui de 19,224,801 francs 88 centimes.
Si l'on prend pour base le chiffre des opérations des derniers mois de 1866 et des deux premiers mois de 1867, on est fondé à dire que 1 867 atteindra un chiffre beaucoup plus élevé.
Il importe de remarquer que le Comptoir s'applique à ne prêter qa'avec une grande i-éserve, qu'il tend plutôt à serrer la main qu'à la trop ouvrir, et que^ s'il avait voulu augmenter rapidement le chiffre de ses affaires, tout en restant dans les limites que la prudence indique, il aurait pu accroître singulièrement son bilan. Mais le gérant, d'accord avec le conseil de surveillance, pense avec raison que, s'il convient de marcher, il ne faut pas trop se hâler, et que la culture a besoin de s'habituer peu à peu à faire usage du crédit. En ouU'e, toute entreprise qui commence doit toujours être circonspecte et bien asseoir ses fondements avant d'achever l'édifice et de donner la mesure exacte de ce qu'un jour elle pourra être.
Ce qui prouve que les opérations du Comptoir ont été menées avec prudence, c'est que, nonobstant le dire des jaloux et des envieux, les créances considérées comme irrécouvrables présentent un chiffre insignifiant.
En 1864, les actionnaires ont reçu 1 1 .58 pour 100 du capital versé, intérêts et dividendes compris; en 1865, 8.82 1/2; en 1866, 11 pour 100,
Le fonds de réserve atteint, en chiffres ronds, 18,000 fr. Tous les frais de premier établissement sont payés.
Indépendamment du fonds de réserve, il est plus que probable qu'en 1868, il sera effectué un prélèvement sur les bénéfices pour un fonds de prévoyance, qui augmentera d'autant les ressources du Comptoir, en cas de perte.
Le taux d'intérêt payé par les emprunteurs a été, toutes commissions comprises, de 6 fr. 10 c. pour ceux sur bdlets et de 5 fr. 60 c. pour ceux sur garantie hypothécaire, le taux d'escompte de la Banque ayant été en moyenne, pendant 1866, de 3 fr. 60 c.
On sait que le papier du Comptoir est passé au Crédit agricole de Paris, qui fait les fonds, moyennant une commission. Le plus souvent, le chiffre des effets à 90 jours dépasse cinq millions. En présence de l'accroissement de ses opérations et de celui qu'elles doivent prendre en-
core, il devenait nécessaire de donner au Comptoir une base plus large et de doubler la garantie qu'il devait offrir. En conséquence, lors de la dernière assemblée générale, les actionnaires ont décidé que le capital social serait doublé.
Je n'bésite pas à penser qu'avant deux ans, le Comptoir aura notablement augmenté le cbiffre de ses affaires et que, dans un avenir peu éloigné, elles atteindront le chiffre minimum de cinquante millions.
Notons que sa clientèle se compose des meilleures signatures de la culture de Seine-et-Marne et que ce sont des gens fort intelligents et fort éclairés, tout autant que nos industriels et nos commerçants (je parle de ceux qui le sont parmi ces derniers).
Ces résultats prouvent suffisamment, si l'enquête ne l'avait pas d'ailleurs complètement établi, combien l'organisation du crédit agricole devient une nécessité pressante, soit à cause des tz'ansformations qui s'accomplissent chaque jour dans le ménage des champs, comme dirait Olivier de Serres, soit à cause de la difficulté chaque jour plus grande de trouver de l'argent dans les campagnes, si bien que, m'emparant des paroles d'un célèbre ministre anglais, je dirai : « Avec ceux qui ne comprennent pas cette nécessité, je ne discute pas. »
Je ne veux pas expliquer de nouveau ce que j'ai déjà expliqué, mais je ne peux m'empêcher de répéter que cette organisation ne sera complète qu'autant que l'industrie agricole sera à même de se procurer l'argent à bon marché, c'est-à-dire au taux de l'escompte de la Banque de France, sans commissions supplémentaires, ce qui est aujourd'hui complètement impossible et ce que ne l'endra pas davantage possible l'adoption du projet de loi soumis en ce moment aux délibérations du Conseil d'État, aux termes duquel on autorise notamment le nantissement à domicile, on restreint le privilège dupropriétaii'e, etc. On pourra faciliter ainsi quelques prêts, mais on ne fondera pas le crédit agricole, et c'est cependant là le but qu'il faut atteindre.
11 est sensible également que ceux qui pensent qu'en confiant à l'initiative privée le soin d'organiser des banques particulières, qui opéreraient au moyen de fonds de souscription et de dépôl, on résoudrait le problème, se bercent d'espérances dont la réalisation sera, pendant bien longtemps encore, tout à fait impossible.
Si la chose était facile ou même possible, comment expliquer, en remontant seulement à une douzaine d'années, c'est-à-dire depuis que les questions de crédit agricole sont à l'ordre du jour, qu'on n'ait pas vu, sauf deux ou trois exceptions et seulement dans des centres plus commerciaux qu'agricoles, se fonder des entreprises de ce genre, alors qu'on rencontre tant de gens entreprenants et que ce n'est pas la bonne volonté' qui manque.
^ Sans le Crédit agricole de Paris, le Comptoir de Seine-et-Marne n'aurait pu se fonder, et il s'agit d'un des plus riches départements de France.
Eu admettant même qu'il ait pu se fonder et trouver tous les fonds nécessaires pour marcher, il n'aurait pu réunir des fonds de dépôt à intérêtréduiten suffisante quantité pour aider seulement jusqu'àconcurrence du quarantième des opérations qu'il a été appelé à faire jusqu'à présent. La meilleure preuve qu'on en puisse donner c'est que, malgré
une gérance bien menée, malgré ses succès, malgré l'appui très-effectif et très-bienveillant du Crédit agricole de Paris, le cliiffre des dépôts est extrêmement réduit. Et cela se comprend à merveille : d'une part, les capitaux sans emploi ne sont pas aussi nombreux qu'on le pense, excepté dans les grands centres comme Paris; d'autre part, les banques particulières les prennent facilement à 4 1/2 et 5 pour les faire valoir à 7 et 8; puis, les obligations, les actions, etc., en absorbent une masse considérable; si bien que c'est encore là une de ces illusions tliéoriques contre lesquelles les faits positifs protestent.
Les fonds de dépôt, à intérêt réduit, manquant, il est évident que pour atteindre le but, c'est-à-dire pour prcler à bon marché, il faut avoir recours à des banques d'émission. Encore une fois, je défie qu'on en sorte par une autre porte.
Des hommes éclairés, reconnaissant que le billet de banque n'est possible, pour longtemps en France, qu'autant qu'il aura reçu à un titre quelconque le contrôle de l'autorité publique, proposent d'établir des banques régionales, soumises à certaines conditions, et obligées d'avoir un comptoir d'escompte dans chacun des chefs-lieux d'arrondissement de leur souscription, ce qui, pour le moment, serait suffisant.
Si ces banques régionales devaient se relier à une banque mère, subir sa surveillance et être solidaires les unes des autres, je serais de cet avis. Si elles devaient au contraire agir isolément, je n'en serais plus. Pour quelques-unes qui feraient de bonnes affaires, beaucoup languiraient ou succomberaient avec leurs sous-comptoirs.
Isolées, elles n'inspireraient pas une confiance suffisante. Ce serait peut-être fort à tort dans beaucoup de cas, mais enfin ce serait comme cela et il faut savoir transiger avec les mœurs et les habitudes.
Avec la solidarité, si l'une d'elles était pour un moment menacée dans son encaisse, ses embarras seraient conjurés par la coopération des autres, car, comme on l'a très-bien observé, lorsque l'or est retiré d'une banque, il est rare qu'il ne soit pas déposé dans une autre, et ce qu'il faut c'est que les autres banques retournent, au fur et à mesure qu'elles le reçoivent, l'or à la banque menacée. Les besoins ne sont pas toujours et partout uniformes. Aujourd'hui, ils sont plus grands ici, demain ce sera là et réciproquement. La solidarité des intérêts, la connaissance parfaite des besoins, ne peut résulter que de l'unité et de cette solidarité qui relieraient l'ensemble de toutes les opérations. Ces banques ou succursales, avec leurs comptoirs, seraient alors comme autant de planètes et de satellites tournant autour d'un centre commun qui répandrait partout la lumière et la vie. Ajoutons qu'avec des banques indépendantes les unes des autres, la concurrence s'établirait et qu'au lieu de se soutenir entre elles, elles chercheraient à se nuire, se livreraient à une circulation exagérée et compromettraient leur sûreté par une extension imprudente du crédit qu'il faut organiser et étudier, mais dont il faut empêcher l'abus.
Ce qui se passe ailleurs peut n'être pas applicable en France.
Montesquieu a eu parfaitement raison de dire que les lois doivent être tellement propres aux peuples pour lesquels elles sont faites que c'est un très-grand hasard si celles d'une nation peuvent convenir à une autre. Ce qui est vrai pour les lois en général, l'est également pour
LE COMPTOia AGRICOLE DE SEINE-ET-MARNE. 463
l'organisation du crédit agricole. Et il faut alors se souvenir de ce qu'a écrit si justement un autre illustre publicisle, Joseph de Maistre : « Etant données la population, les mœurs, la religion, la situation géographique, les relations politiques, les richesses, les bonnes et les mauvaises qualités d'une certaine nation, trouver la loi qui kii convient. « Tel est toujours le problème à résoudre |et ce qu'il faut avoir en vue. Tout naturellement, je pense qu'on ne le résoudra que par les moyens que j'indique, déclarant sincèrement que je me rallierai de très-bonne grâce à toute autre combinaison qui serait préférable. Jusqu'à présent, on n'en a, que je sache, présenté aucune. Mais il faut se défier des théories économiques qui toutes se contredisent et côtoient la métaphysique, dont Voltaire disait, non sans raison : « Quand celui à qui l'on parle ne comprend pas et quand celui qui parle ne comprend plus, c'est de la métaphysique. »
T. DES Farces.