IMPORTATIONS. EXPORTATIONS
Bestiaux: Têies.
Chevaux entiers... ] ,087
— hongre, 7,724
Juments 2,441
Poulains 2,891
Mules et mulets... 802
Bœufs 49,232
Tameaux 3,460
Vaches 74,87.5
BouviUons et tau-
riUons 4,793
Géni-scs 5,106
Veaux 47,181
Béliers , brebis et
moutons 775,582
Porcs 66,025
Cochons de bit... 80,390
Gibier, volaille et
tortues 753,539
Boissons. Lilres.
Vins 12,003,659
Bière 3,859,073
Eaux-fle-vie 4,261,340
Esprits 2,640,948
Produits divers. Q'iuu. méi,
Céréales 1,225,380
Farine; de toutes
sortes 34,459
KiU^gram.
Pommes de terre.. 6,222,401
Légumes secs et
leurs farines 15,553,794
Marrons , châtaignes et leurs farines 1,678,572
Millet 998,717
GrainesQléagineus. 127,452,345
— à ensemencer.. 14,333,258 Huiles de graines
gr-isses 7,236,519
— dolive 21,215,255
Résines indig. de
combustion (brai
gras et goudron) 3 , 533 ,670 Chanvre teille et
étoupes 7,943,083
Lin teille et étoupes 34,014,071 Garance en racine
sèche ou en paille 11,225,024
Œufs de vers à soie. 24,545 Soies en bourre en
masse 1,377,444
Laines en masse . . 63.028,30!
Nitrate de potasse. 1,341,573
— de soude 20,663,020
Miel 241,119
Cire non ouvrée
(ja'ineetblanch.) 496,391 Sucre brut des colonies 76,823,084
— brut indigène.. »
— brut étranger.. 133,521,123
— ratfiné 1,787,347
Peaux brutes, fraîches ou saches.. 43,896,506
Graisses (suif brut
et saindouv) 26,105,187
Viandes fraîches et
salées 5, 797,976
Œufs de volaille et
de gibier 3,201,164
Beurre frais, fondu. 2,019,577
— salé 42,402
Fromages de toutes
sortes 5,358,490
Engrais (animal).. 86,990,024
Tètes.
Têtes.
Tctes.
Tèles.
Tètes.
Lilres.
Litres.
Litres.
Litres.
Lilres.
Quint, mci.
Quint, met.
Quint, met.
QuiiU. met.
Quint, raét.
Kiloi^ram.
Kiloyram.
Kilogram.
Kilngram.
Kilofjram.
IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS DES DENRÉES AGRICOLES. kbl
Pour les béliers et brebis, l'importation a décru, mais l'exportation suit un mouvement ascendant prononcé.
Nos porcs ont été moins demandés qu'en 1865.
L'impo/tation et l'exportation des volailles et gibiers suivent un égal mouvement ascendant avec une différence de 1,500,000 têtes en faveur des demandes.
La sortie de nos vins devient de plus en plus forte ; en 1865 elle dépassait 1864 de trente millions de litres; en 1866 elle surpasse l'exportation de 1865 de quarante millions de litres. Nous reviendrons plus loin, dans des tableaux détaillés, sur le mouvement commercial de cet important produit de notre pays.
La bière, dont la fabrication se répand de plus en plus, a exporté 3 millions de litres.
Les eaux-de-vie suivent le mouvement ascensionnel général.
Malgré les mauvaises récoltes, nous avons exporté en céréales 500,000 quintaux métriques de plus qu'en 1865; il est vrai qu'au même moment nous appelions sur nos marchés le double de ce qui avait été importé en 1865. Nos farines sont toujours très en faveur et il en a été exporté presque le double de l'année dernière.
La maladie qui atteint nos pommes de terre a fait considérablement baisser le chiffre des demandes.
Nos lecteurs remarqueront que l'exportation du millet a été vin>;t fois plus considérable que celle de l'année dernière, tandis que l'introduction sur nos marchés n'est pas le quart.
Depuis 1864, les exportations des graines oléagineuses ont doublé. Il s'est fait un moindre commerce de graines en seuiences.
Les huiles d'olive arrivent sur nos marchés en quantités considérables, mais il n'en sort que très-peu.
Le chanvre a persisté dans sa marche ascensionnelle, mais le lin a décliné cette année.
Malgré la maladie qui a frappé nos vers à soie, les demandes d'œufs sont doubles de celles de l'année dernière , mais pour les soies en bourre elles ont un peu décru.
Les laines exportées ont un peu repris sur l'année dernière, mais l'importation s'est faite avec une augmentation d'environ 14 millions de kilogrammes.
L'exportation du miel a repris considérablement, de façon à surpasser le chiff're de 1864 au-dessous duquel il était tombé.
Les sucres ont été un peu moins demandés.
L'exportation des beurres salés s'est accru du quart.
En résumé, malgré toutes les calamités qui, en assaillissant la France, tendaient à en arrêter le commerce, l'exportation a presque toujours surpassé l'importation. Quelques exceptions se présentent, il est vrai, mais heureusement avec des chiffres insignifiants et qui ne peuvent rien contre le mouvement ascensionnel. Nous compléterons celte élude par les tableaux des destinations diverses de nos vins et eauxde-vie pendant l'année 1866.
EAUX-DE-VIIC DE VIN VINS ORDINAIRES (alcool pur)
Qaantiléi exporlées en Quantités exportées en
de 1864 1865 1866 1884 1865 1366
dcslinaiion. Heciolitr. Hcctulitr. Heclolitr. Hectolitr. Hetlolitr. Hectolitr.
Angleterre 124,849 130,300 178,014 140,440 97,934 175,807
Belgique 133,221 152, 812 213,237 2,212 2,5.'.7 4.262
Association allemande... 45,141 75.523 95,116 1,395 1,129 1,433
Villes hansé.itiques 106,904 169,885 159,831 » » »
Royaume trualie 324,395 303,298 279,784 » >■ »
Suisse 401,911 382,543 404,496 3,148 3,229 3,950
Etats-Unis 125,245 194,016 280,409 10,788 7,324 20,965
Brésil 102,6-31 114,014 143,316 '»
Australie » „ » 9,988 9,040 9,968
Algérie 303,956 359,530 4'!0,95- 15,612 15,731 15,233
Autres pays ... - 570,-543 887.701 973,500 40 .344 50,206 63,283
Totaux généraux 2,238,796 2,769,652 3,160,660 229,927 187,150 294,901
Esprits de toutes sortes (alcool pur) 16,492 31,208 55,080
Totaux genéjaux 246,419 218,418 349,981
On voit, par les tableaux précédents, que l'exportation de nos vins poursuit son mouvement ascensionnel; en 1863, les demandes n'atteignaient pas 2 millions
d'hectolitres; en 1866, elles dépassent 3 millions d'hectolitres; ce chiffre a bien son éloquence. Pour les eaux-de-vie, on peut voir qu'après être tombée en 1865, l'e.xportation en 1866 a dépassé celle de 1864 d'environ 70,000 hectolitres; il faut remarquer que l'Angleterre à elle seule a produit cette immense oscillation, car les demandes des divers autres pays sont restées stationnaires. Les esprits de toutes sortes se vendent de mieu.\ en mieux; nous signalerons en passant que l'Italie en fait la plus forte consommation. Cette année, la France lui en a envoyé 14,790 hectolitres. En résumé, les totaux précédents sont tous plus élevés que ceux des années antérieures,
Verpault.
Piquetles.
Piquette de cidre, dite petit cidre ou retaille, ou hydrocidre. — Un mot d'abord sur la définition et l'origine. La boisson que l'on obtient avec le marc ou le résidu dont nous avons parlé plus haut, s'appelle retaille. On dit le relail dans les campagnes, mais c'est improprement : il faut dire la retaille. On lit dans les dictionnaires anciens et nouveaux : Retaille, substantif féminin, partie, morceau qu'on taille, qu'on retranche d'une chose en la façonnant. Quel rapport cette définition peut-elle avoir avec la boisson qui fait l'objet de notre notice? Le rapport tient uniquement à la manière vicieuse dont le petit cidre se fabriquait et se fabrique toujours dans celles des campagnes qui ne connaissent pas encore notre procédé. Quand la récolte a été pressurée, qu'il n'en reste plus que le marc ou résidu, et qu'on veut en faire de la retaille, on a pour habitude de couper la récolte en différents sens avec un tranchant, c'est véritablement la tailler : on coupe, l'on taille tout autour; après avoir taillé, l'on taille encore de nouveau; c'est ce qui s'appelle retailler : de là vient le mot retaille dérivant de l'opération qui précède le petit cidre. La motte est en quelque sorte mise en pièces; et cependant, sans la déplacer ni la démolir entièrement, en replaçant les morceaux les uns sur les autres, on jette de l'eau dans la motte ainsi percée et taillée; après quoi l'on pressure et l'on obtient la boisson dite retaille. Cette manière de procéder, quoique très- ancienne, est tout à fait vicieuse. C'est par économie de temps que l'on agit ainsi dans les campagnes.
En laissant l'ancienne motte sur le pressoir, quoique taillée et retaillée, l'eau ne pénètre pas assez intimement dans les résidus; elle peut d'ailleurs s'en échapper très-facilement; la fermentation est très-imparfaite ou plutôt nulle, puisque l'on ne laisse pas ordinairement d intervalle ou qu'on ne laisse qu'un intervalle très-court entre le jet de l'eau et la pression des résidus ainsi trempés. Par conséquent, si l'eau s'écoule facilement, le peu de jus de cidre qui reste dans les résidus sort difficilement, et le jus nouveau que l'on obtient ne peut avoir la qualité qu'il aurait incontestablement, si l'eau pénétrait dans toutes les parties des résidus et si elle y séjournait pendant un temps suffisant pour opérer une forte fermentation. 11 faut donc remédier à ce mode de fabrication. Du reste, le mot retaille qui, maintenant, n'est en quelque sorte qu'un souvenir historique, pourrait être remplacé par une expression
1. Voiries numéros du 20 janvier, p. 136, et 5 février, p, 214.
qui serait l'image de la boisson, c'est-à-dire , par le mot hydrociâre, comme nous avons (ainsi qu'on le A^erra ci-après) appelé hydrovin la piquette de vin, l'eau jouant le même rôle dans les deux boissons et se combinant avec les résidus ou marcs d'aines de cidre et de vin.
Depuis 27 années consécutives, j'ai pratiqué un autre procédé que l'expérience m'a démontré être bien supérieur, et je puis dire que j'ai obtenu des résultats encore plus extraordinaires que pour le cidre, m'occupant par moi-même de la retaille, comme du cidre, depuis 27 ans.
Après l'extraction du cidre, au lieu de laisser la motte sur la table, de la tailler et de la retailler, et aussitôt après que le cidre a cessé de couler, pour prévenir l'inconvénient de la dessiccation des aines et de la déperdition du jus qui reste dans les résidus, je défais la motte entièrement. Je la jette dans une cuve; j'en retire autant que possible toutes les pailles qui se trouvent encore dans les résidus, de manière à ne laisser que le restant proprement dit des fruits pressurés; je fais mettre de l'eau dans la cuve sur les résidus que j'émiette et réduis le plus qu'il m'est possible, soit avec un simple levier, soit avec un palon, de manière à ce que tout le jus qui est encore dans le résidu se confonde avec l'eau. Plus on émiette et plus on remue souvent, plus le nouveau jus acquiert de qualité. L'eau peut être placée, soit avant le dépôt des résidus, soit après, suivant la convenance de chaque particulier; mais il faut que les deux opérations se suivent immédiatement. Je laisse cuver au moins pendant un jour ou deux; mais le mieux, c'est trois jours, pendant chacun desquels on éniietteet remue au moins deux fois par jour et toujours à des intervalles convenablement répartis ; par exemple une fois le matin et une fois le soir.
Quand l'opération du cuvage est terminée, on replace les résidus ainsi trempés sur la table du pressoir ; on refait la motte; on pressure et l'on entonne, le tout comme il a été dit ci-dessus pour le cidre.
Mais une question importante à résoudre, et. dont l'expérience m'a donné la solution, est celle relative à la qualité et à la quantité de l'eau à employer. Quant à la qualité, on ne saurait trop la rechercher, l'eau jouant un très-grand rôle dans la fabrication ; il est de toute évidence que la bonne eau est préférable à la mauvaise, l'eau limpide à l'eau sale ou boueuse, l'eau de source à l'eau de puits, etc. La quantité peut varier singulièrement, mais j'indiquerai le maximum avec lequel on puisse encore avoir une boisson potable. La retaille est destinée à être consommée en cercle ou en bouteille. Dans le premier cas, pour le résidu provenant d'un hectolitre de cidre, on met cinquante litres d'eau; avec une plus grande quantité, la retaille en cercle n'aurait pas de qualité ou du moins ne se conserverait pas longtemps. Moins on mettra d'eau, meilleure sera la retaille; et, si l'on ne mettait que vingtcinq litres d'eau, la retaille serait très-bonne, au moins aussi agréable que le cidre, et pourrait se conserver même aussi longtemps ou à peu près. Cependant, quelque faible que soit la proportion d'eau, il convient de boire avant le 1" septembre de l'année suivante la retaille qui reste en cercle. Si, au contraire, la retaille est destinée à être mise en bouteille (c'est là une innovation dont je crois être l'auteur dans les Ardennes ; j'ignore si cela se pratique dans d'autres départements), alors on peut
doubler la quantité d'eau, ce qui serait incroyable, si je n'enavaispas fait l'expérience. Ainsi, pour le résidu d'un hectolitre de cidre, on peut mettre un hectolitre d'eau. Je ne crois pas qu'il soit prudent de dépasser ce maximum : je n'ai pas expérimenté au delà. Si l'on ne mettait que 50 litres d'eau, comme pour la retaille en cercle, on aurait de la retaille excellente et très-forte.
On truisporte, dans tous les cas, la retaille h la cave aussitôt après sa fabrication; il n'est pas besoin de soutirer la retaille comme cela a lieu quelquefois pour le cidre; il faut la mettre en bouteille le plus tôt possible, et, en général, un délai de 8 jours après l'ealrée en cave est suffisant; c'est le meilleur. Quelquefois même, j'ai mis en bouteille 2 où 3 jours après.
Comme pour le cidre, il est très-important de bien boucher les bouteilles, qui doiTcnt également rester debout ; car il y a toujours dans la retaille un dépôt quelconque, quelque peu important qu'il soit. Si l'on couchait, on aurait à craindre à peu près, quoique à un degré moindre cependant, le même inconvénient que pour le cidre.
Pour la refaille, surtout quand on veut la boire dans l'année, il n'est pas nécessaire d'employer des bouchons neufs. On peut, par raison d'économie, sans nuire à la boisson, se servir de bouchons dont a déjà fait usage pour le vin ou pour le cidre, en ayant soin de les laver préalablement dans l'eau chaude; si on les trempait dans l'eau-de-vie, cela n'en serait que meilleur. Parmi les bouchons qui ont déjà servi, il faut faire un choix et prendre ceux qui sont encore bons et toujours écarter ceux qui ont été traversés par le tire-bouchon.
Pour la plus grande économie et dans la vue d'un second, d'un troisième et d'un quatrième emploi des mêmes bouchons, il convient de choisir des bouchons assez gros, pour que, étant bien serrés dans la bouteille, ils dépassent la tète ou le col d'une hauteur telle, qu'elle permette d'enlever le bouchon à la main sans le secours d'aucun instrument, non pas en tournant le bouchon, comme quelques personnes ont la mauvaise habitude de le faire, mais en le pressant et en l'agitant entre deux doigts dans la position où il se trouve. Pourvu qu'il y ait un peu de prise, il n'est presque pas de bouchons qui résistent à cette opération si simple. On peut avec quelques précautions éviter le moindre dommage, et le bouchon ainsi retiré est aussi bon* qu'auparavant. C'est une grande économie quand on met beaucoup de retaille en bouteille; car un des grands avantages de cette boisson, outre sa qualité particulière, c'est de pouvoir se faire à peu àe frais; c'est toujours vers l'économie que l'on doit tendre en agriculture.
La retaille ainsi mise en bouteille se conserve Irès-longicmps ; j'en ai déjà gardé environ cinq ans, et je suis persuadé qu'elle pourrait durer plus longtemps. La retaille, surtout quand il y entre une trèsgrande quantité d'eau et quand elle est toute nouvelle, ne paraît pas en quelque sorte potable; la bouteille l'améliore singulièrement. Il ne faut pas la boire avant le mois de juin de l'année suivante; c'est le terme le plus rapproché. Elle mousse souvent mieux que le cidre et le vin de Champagne; et, sans aucun ingrédient étranger, elle dégage un gaz très-agréable et très-salubre ; elle convient parfaitement aux personnes qui ont l'habitude de mélanger leur vin avec de l'eau ; elle est
LA FABRICATION DU CIDRE. — II. 45b
même plus agréable que ce mélange et peut avantageusement remplacer l'eau de sellz. Elle convient parfaitement aux personnes délicates, auxquelles les médecins recommandent l'usage des boissons gazeuses. Sous ce point de vue, elle est préférable au cidre, et rien n'est plus flatteur, dans les grandes chaleurs, que la boisson qu'on obtient en mêlant dans un verre un cinquième ou un quart de vin tout au plus à la retaille. Ce mélange remplace très-bien celui de l'eau de seltz avec du vin, quoique il ne soit nullement nécessaire pour faire trouver la retaille à la fois agréable et rafraîcliissante.
Je puis d'ailleurs invoquer en faveur de la retaille la décision d'un tribunal très-compétent, statuant en dernier ressort, celle du Congrès régional des Ardennes, qui, réuni en banquet agricole àCharleville, en novembre 1 847 (où se trouvaient un grand nombre d'agriculteurs distingués de France et de Belgique), a fait une étude toute neuve et toute spéciale de la l'etaille^ vidant en leur entier 36 litres provenant de ma récolte de 1846. Et, bien que la saison fût très avancée, l'explosion gazeuse n'a pas été moins vive que si l'on eût encore été au milieu de la canicule. Tous les commensaux ont été très-étonnés d'un résultat auquel ils étaient loin de s'attendre.
Ce n'est pas tout : j'ai envoyé à plusieurs concours régionaux de la retaille en bouteille, savoir: Le 6 mai 1854, 12 bouteilles de la récolte de 1853 à M. le maire de Beauvais, pour le concours régional de cette ville, avec un mémoire explicatif, auquel étaient joints deux exemplaires du journal de la Société d'agriculture des Ardennes des 25 octobre 1846 et 1847, relatifs à la retaille, rappelés plus haut; — et le 17 mai, même année 1854, aussi 12 bouteilles de la même récolte, à Son Exe. M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, pour le concours général de Paris, le tout avec un mémoire également explicatif , auquel étaient aussi joints deux exemplaires du même journal desdits jours 25 octobre 1846 et 1847.
Je n'ai obtenu aucune réponse de Son Exe. M. le ministre de l'agriculture; je n'en avais non plus reçu aucune de Beauvais. Mais sur la lettre adressée par moi à M. le maire de cette ville, le 26 mai 1854, ce fonctionnaire daigna me répondre le 29 du même mois, que le jury ne s'était peut-être pas rendu compte du but que je me proposais, et des services que le produit par moi obtenu d'après mon procédé, pouvait être appelé à rendre à la classe ouvrière; que, quant à lui personnellement, il avait goûté de ce produit et que, lecture faite du mémoire, il avait reconnu qu'il possédait la plupart des qualités que je lui attribuais ; que, cependant, le transport et le séjour sur le lieu du concours avaient pu lui retirer de la fraîcheur et par suite de la qualité. Si l'on eût fait au concours de Beauvais, eu 1854, ce que l'on a fait au congrès régional du Nord en 1847, et si l'on eût suivi mes instructions écrites, on eût eu évidemment les mêmes résultats qu'en 1847. II fallait, comme je l'avais recommandé, déposer les bouteilles à leur arrivée dans un endroit très-frais, et les faire déguster, quelques temps après, dans un banquet, cpmme cela s'est pratiqué à Charleville. Mais je n'avais pas accompagné ma retaille à Beauvais ; j'avais profité de la faculté accordée par le règlement des concours, d'envoyer directement les objets à exposer, sans que l'exposant fût dans la néces-
site de se rendre sur le lieu du concours. J'aurais dû faire le voyage, et il n'est pas à douter que le jurj' ne se fût alors prononcé sur la valeur de mon procièdé et de ma boisson qui, du reste, ont déjà été appréciés par M. le maire de Beauvais. Cette boisson a une qualité particulière que n'ont pas tous les cidres. En général, toutes les pommes ne sont pas propres à faire de bon cidre; il y a beaucoup de choix; comme aussi en général le cidre de poires ne vaut pas celui de pommes, et est quelquefois malfaisant.
La retaille, à la différence du cidre, n'est jamais malfaisante, qu'elle provienne de résidus de poires ou de pommes, et les fruits les plus mauvais et les plus acides, même ceux ramassés, peuvent faire de trèsbonne retaille; la boisson qui en provient est quelquefois plus gazeuse. La retaille est donc à la fois utile et économique, soit, pour les habitants de la campagne, soit pour ceux de la ville, môme dans les pays vignobles où elle est plus goûtée que le cidre, surtout quand elle est mise en bouteille. Non-seulement elle est utile et économique, mais elle a en outre une vertu médicinale très -précieuse, qui a la sanction de l'expérience, celle de guérir de la migraine qui cause souvent aux femmes tant et de si violentes douleurs.
Je m'attends à une objection, principalement de la part des habitants de la campagne. Votre retaille, dira-t-on, telle que vous la faites ou l'indiquez, peut être très-bonne ; mais cela demande du temps et des soins que nos travaux ne nous permettent pas; cela demande surtout un grand achat de bouteilles qui devient dispendieux; nous n'avons pas non plus d'emplacement suffisant pour tenir tant de bouteilles debout.
Quant au temps et aux soins, en agriculture surtout, on ne fait rien sans ces deux conditions; nul ne le sait mieux que le cultivateur; et ici on en est largement payé. Les bouteilles, sans doute, ne se donnent pas; mais il n'est pas de cultivateur un peu aisé, qui ne puisse en acheter plusieurs centaines, de manière à mettre quelques hectolitres de retaille en bouteilles. D'ailleurs, les bouteilles une fois achetées, durent très-longtemps ; même en fesant la part de la casse ne recommence qu'à des époques très-éloignées. Quant aux frais qu'occasionnent les bouchons, ils sont presque nuls, puisque ceux-ci peuvent servir plusieurs fois.
Je sais qu'en général les habitants des campagnes ont peu de caves et surtout de bonnes, principalement à cause des eaux. Sous ce rapport, comme sous bien d'autres, ils ont encore beaucoup de progrès à faire; ils manquent décavés comme ils manquent d'habitations saines, etc. L'un et l'autre sont cependant très-importants. De quelle ressource ne serait pas à un cultivateur une belle cave pour son laitage, pour ses fruits de tous genres, pour ses boissons, etc.? Ce n'est pas l'espace qui manque aux cultivateurs, ainsi que cela arrive souvent aux habitants des villes , ils ont toujours assez de bâtiments, sous lesquels ils pourraient faire de belles et de bonnes caves; s'ils étaient bien dirigés et voulaient faire une dépense qui, en réalité, est toujours bien au-dessous de l'utilité. Au moyen de l'emploi de la chaux hydraulique dans des proportions convenables et du béton, on peut faire des caves même en plein champ, à plus forte raison peut-on garantir des infiltrations de l'humidité les caves recouvertes par des bâtiments.
Si la retaille mise en bouteilles a de grands avantages sur l'autre, le cultivateur peut retirer un très-grand profit même de la retaille qui reste en cercle, puisque, ainsi que nous l'avons dit plus haut, en suivant le procédé que nous avon? indiqué , avec 20 hectolitres de cidre on peut faire 10 hectolitres de bonne retaille, potable en cercle. Un autre avantage de cette boisson, c'est que le prix de revient est presque nul, puisque, comme nous l'avons déjà établi Jepuis longtemps, la dépense ordinaire pour la fabrication de 2 hectolitres de retaille n'est que 2 fr. 50 ; à quoi, ajoutant l'achat des bouchons employés plusieurs fois, et le temps d'un manœuvre pour la mise en bouteilles, le prix total de la mise en bouteilles de 2 hectolitres, y compris la fabrication, ne reviendrait qu'à 4 fr. 50 pour 2 hectolitres. Si Ton veut se procurer l'agrément de cette boisson dans un lieu sujet au droit d'entrée d'octroi, il y aura à payer en plus ces droits, qui, selon les localités, pourront surpasser et quelquefois doubler les frais réunis de fabrication et de mise en bouteilles. 11 serait donc grandement à désirer qu'une boisson de ce genre, dont les éléments sont si simples, ne payât plus de droits dans aucun cas, même à l'égard des tiers autres que le propriétaire récollant, les droits acquittés par le cidre étant déjà trop élevés par rapport à ceux perçus pour le vin.
J'ai oublié de mentionner un autre avantagé pouvant résulter de la fabrication de la retaille, d'après une expérience par moi faite et réitérée, c'est qu'on peut faire avec la retaille, surtout quand elle est mise en bouteilles, du vinaigre excellent, comme il est reconnu depuis longtemps qu'on en fait avec le cidre; cela est difficile à croire; mais l'expérience est là qui répond victorieusement à toutes les objections.
Piquette de vin, dite Injdrovin. — Ce que nous avons dit de la piquette de cidre, dite retaille, simplifie singulièrement notre tâche en ce qui concerne la fabrication de l'hydroviu. On opère sur des marcs ou résidus provenant de raisins pressurés comme on a opéré sur des résidus provenant de pommes ou de poires également pressurées.
En 1 847, j'ai eu lapensée de fairede \ Injdrovin, kV\u%ia.v àelaretaiUe, avec les résidus provenant des raisins pressurés qui avaient servi à la fabrication du vin. N'ayant ni vignes, ni raisins à ma disposition, j'ai acheté en Champagne (àRilly-la-Montagne, près ReimsJ des marcs de raisins avec lesquels on avait fait du vin. Un voiturier m'amena des résidus à Reims, où, après avoir fait jeter de l'eau dessus, je leur fis subir l'action du pressoir : je ûs cuver et opérer comme pour la retaille, et j'obtins en résultat 5 hectolitres d'hydrovin, pour lesquels on me fit payer les droits de circulation, de passe- debout, d'entrée et d'octroi.
Quel ne fut pas mon étonnement, en me rendant au pressoir vinicoîe, de reconnaître que les marcs à moi envoyés étaient entièrement secs, et qu'ils n'étaient plus empreints de la moindre luuniditô !
Cependant, et lorsque j'aurais pu intenter une action en dommages et intérêts contre le vendeur (action qui m'était vivei.icnt conseillée par les personnes présentes au pressoir), je voulus tenter l'expérience ; je fis déposer l'eau sur ces mares et j'obtins une boisson très-imparfaite, que j'appelai hydrovin et que je fis conduire à grands frais àCharleville, dans mes caves. Cette boisson était loin d'avoir la qualité que j'en attendais et qu'elle devait avoir.
L'année suivante^ je communiquai le résultat de mon expérimentation à un propriétaire de Reims, qui fit un nouvel essai par suite des instructions que je lui fournis. Cette fois, l'expérience réussit complètement. Mais le propriétaire, au lieu d'opérer comme moi sur des marcs desséchés et livrés par un tiers infidèle, opéra sur des mares provenant de ses propres raisins; je i^oûtai l'iiydrovin en résultant, qui Fut très-bon, très-doux, Irès-agréable, et qui, sauf le degré de force eu moins, valait presque un vin ordinaire.
On pourrait donc tirer de riijdrovin au moins le môme parti et le même avantage que de la retaille, surtout en le mettant en bouteilles. Peut-être n'obtieudrait-on pas la mousse comme pour la retaille, mais cela ne serait nullement nécessaire, l'hydrovin étant rouge, et la mousse ne pouvant, dans aucun cas, y produire le même effet et surtout a même illusion que pour la retaille.
Du reste, l'hydrovin a une existence authentique et une célébi'ité judiciaire que jusqu'ici la retaille n'a pas atteinte. Deux arrêts de la Cour de cassation, des 4 juillet et 16 septembre 1820 ont eu à s'occuper de l'hydrovin et ont résolu deux questions importantes se rattachant à cette boisson, questions dont l'une, toutefois, n'est, quant à sa solution, que le corollaire de l'autre. Dans l'instance vidée par les arrêts du 4 juillet, la régie avait qualifié celte boisson de demi-vin; mais cette qualification, et avec raison, n'a pas été admise par la Cour de cassation, qui a employé l'expression générique piquette qui est plus juste, et s'applique à toutes les boissons en général provenant de résidus.
Je crois que l'expression hydrovin précise plus exactement et spécialise la piquette de viji; — que même elle fait en quelque sorte image à l'instar de l'hydromel, qui n'est qu'une dissolution de miel ou de résidu dans l'eau. L'hydrovin, on ne peut se le dissimuler, peut présenter de grands avantages comme boisson, et, dans certaines circonstances, remplacer le vin.
MiLLART PÈUE,
Conseiller de préfeclure honoraire à. CliarleviUe.
. VENTILATEUR rOlIIl LES BATL^IENTS RIRAUX.
On a essayé et on essaye encore tous les jours une foule de systèmes pour la ventilation prompte et régulière des lieux d'habitation, destinés aux hommes ou aux animaux. Bien peu de ces systèmes remplissent leur but non pas convenablement, mais même imparfaitement. Nous croyons donc être utile aux agriculteurs, pour lesquels l'aération des étables et écuries est un poiut capital, en leur indiquant un appareil inventé par M. Ch. Venant et construit par M. A. Serron, G, rue au Lin, à Orléans.
Le v.entilateur fumifuge à hélice mobile, que la figure 48 montre en perspective et la figure 49 en coupe, se compose d'une boule A, formée de 40 ailes ou plumes de tôle, disposées obliquement par rajiport à l'axe vertical de la boule, de manière à donner prise au vent de quelque côté qu'il vienne : cette boule est placée au-dessus d'un tube