XIII. — Errata
Dans l'important article de M. Villeroy sur le métissage et les croisements, publié dans notre dernier numéro (5 mars), il s'est introduit quelques erreurs que nous devons rectifier; elles sont toutes à la page 409; à la ligne 8, au lieu de risible, il faut lire vieille tradition ; à la ligne 18, au lieu de Guiinbach, il faut Quirnhach ; à la ligne 34, au lieu de fléchirent, lisez péchèrent; et à la ligne 4-1, au jlieu de Handisburg, M. Rathusis, il faut àlhindisburg, M. ^Rathnsius.
Dans le même numéro, au compte rendu des séances de la Sociéié. centrale d'agriculture, M. Gobin parle d'un mémoire lu à la Société
par M. Florent Prévost sur les services que les hirondelles rendent à l'aericulture.
M. Florent Prévost nous adresse à ce sujet la réclamation suivante : t Cher monsieur, c'est sans doute par erreur que, dans votre numéro du 5 mars, Vous m'avez fait dire (page kkS), en rendant com.pte de ma notice sur les hirondelles, lue en 1866 : «M. F. Prévost lit un mémoire sur les services que les hiï rocdelles rendent à l'agriculture, en détruisant une foule de larves et d'insectes o: parfaits, notamment les hannetons, etc. » Une hirondelle n'a jamais mangé un hanneton, insecte aussi gros qu'elle, puisqu'elle ne poursuit que de petits insectes au vol et qu'elle avale en entier. Mon.Mémoire sur le hanneton est toute autre chose et n'a été lu qu'en 1867. Il n'a aucun rapport avec les hirondelles.
(I Bien à vous, Florent Prévost. »
XIV. — Fondation du Journal de l' Agriculture. Le succès du Journal de l'Agriculture grandit de jour en jour, et le concours des hommes éminents lui est de plus en plus assuré. A ses adhérents déjà si nombreux, il faut ajouter les personnes suivantes qui ont bien voulu se faire inscrire : comme fondateurs, MM. Pilât, de Brebière, agriculteurs dans le Pas-de-Calais; — Kersanté, président du Comice de Ploubalay (Côtes-du-Nord) ; — le comte de Landal, propriétaire-agriculteur dans la Mayenne ; — et comme collaborateurs : MM. de Vives, à Epernay (Marne) ; — Le marquis de Franclieu, à Lascazères (Basses-Pyrénées); — le docteur Hubert Grouven, directeur de VAgriculturische Versuchsstalion, à Salzmiinde (Saxe) ; — Renier, comptable à Racquinghem (Pas-de-Calais). Le nombre total des fondateurs, collaborateurs et correspondants du journal est actuellement de 454. En présence du projet de loi sur la presse, il est important que le Journal de l'Agriculture, qui seul appartient aux agriculteurs, voie accroître de plus en plus le nombre de ses adhérents.
J.-A. Barral.
L'AGRIGULTlTiE DANS L'ENSEIGNEMENT PUBLIC.
L'enquête agricole n'était pas terminée que paraissait au Monileur le rapport à l'Empereur des ministres de l'agriculture et de l'instruction publique sur l'introduction de l'agriculture dans l'enseignement général, et la nomination d'une commission spéciale chargée d'étudier les moyens d'y procéder. Celte mesure, si rapidement prise, qui prouve ce que peut une administration active, intelligente, pour sauvegarder les grands intérêts du pays, et aussi son excellent vouloir pour l'agriculture, ne pouvait pas ne pas être accueillie avec la plus grande satisfaction par le pays tout entier. Mais, chose assez singulière et qui mérite d'être remarquée, ce sont les hommes qui ne sont étrangers ni à la science ni à la pratique de l'agriculture, et dont les sympathies sont le mieux acquises à notre industrie rurale, qui ont manifesté le plus de doutes sur l'efficacité de cette mesure importante et qui formulent le plus d'objections. Ces objections, il ne faut pas hésiter à les signaler au public et à la commission, afin de les réduire, par la discussion, à leur juste valeur.
Suivant ces personnes, la science de l'agriculture est trop vaste, trop difficile, pour pouvoir êti'e enseignée comme un accessoire; la science
qui emprunte à la chimie, à la physique et aux mathématiques leurs parties les plus abstraites, qui prête à la physiologie végétale et animale, à la botanique et à la zoologie, à l'économie publique, à la législation et à l'administration, les applications les plus délicates et les plus difficiles, ne pourrait, sans dangers, être mise à la portée d'enî'ants ignorants. Suivant elles, les procédés et les méthodes de l'agriculture perfectionnée, qui seuls évidemment devraient faire les frais de l'enseignement projeté, doivent varier suivant les lieux et les temps; ce qui était bon autrefois ne l'est plus aujourd'hui; ce qu'il faut conseiller maintenant cessera d'être vrai dans un avenir rapproché. Le climat, le terrain, autant que les circonstances commerciales et économiques doivent changer, d'une région à une autre, les modes d'exploitation agricole.
Comment les maîtres d'école de nos villages, comment les professeurs de nos lycées, qui ne posséderont que des notions forcément générales et incomplètes, pourront-ils se pénétrer de l'esprit éclectique qui doit présider au choix des moyens à proposer à chaque localité? Ils se tromperont forcément, ils donneront des idées fausses et ne feront que des demi-savan(s, qui seront d'autant plus en danger qu'ils douteront moins d'eux-mêmes et qu'ils seront toujours disposés à conclure du peu qu'ils sauront à tout ce qu'ils ignoreront.
Si encore nos circonscriptions départementales avaient épousé les limites des régions que la nature du terrain et le climat ont tracées sur la surface de la France, il suffirait d'avoir au centre de chaque département un enseignement normal approprié à la région agricole, et on risquerait moins de faire fausse route; mais nos législateurs semblent s'être proposé de composer, au contraire, les départements français des éléments les plus difïérents, et il n'est pas rare de voir deux et trois lambeaux de régions agricoles tout à fait distinctes réunis dans un même département.
La difticulté s'accroît lorsque des maîtres, des professeurs mal préparés s'adressent à des fils de cultivateurs qui, sur bien des points de détail, pourraient leur en remontrer. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a rien d'absolu en agriculture, et que la routine elle-même a ses raisons d'être : elle est le résultat de la force même des choses et n'est jamais sans quelque compensation , puisqu'elle ne ruine pas ceux qu'elle tient; il faut donc être doublement fort quand on s'adresse à des routiniers qui ne raisonnent pas et qui peuvent opposer leur prospérité relative aux revers trop nombreux, hélas! qui ont marqué les entreprises de culture perfectionnée. Il y a donc à craindre, non-seulement de ne pas frapper juste, mais encore de compromettre l'autorité des professeurs et des maîtres d'école aux yeux de leurs élèves.
Ces objections sont fort sérieuses, on ne saurait se le dissimuler. Mais sont-elles de nature à arrêter l'administration ? Non, évidemment.
Les vœux si nombreux qui se sont produits, dans l'enquête agricole, en faveur d'une modification profonde du programme de l'enseignement pubhc et de l'introduction de l'agriculture dans ce programme, n'avaient nullement en vue un enseignement technique de l'agriculture. Les cultivateurs qui les ont formulés savaient parfaitement le degré d'efficacité d'un pareil enseignement; beaucoup probablement