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L'AGRICULTURE DANS L'ENSEIGNEMENT PUBLIC

avaient très-peu de foi dans les théories de l'agriculture scientifique, et n'avaient pas plus confiance aux savants qu'aux demi-savants. Mais tous, à peu près, dans le rayon d'approvisionnement de Paris, tout au moins, déclaraient que, jusqu'à présent, les progrès de l'instruction dans les campagnes sont plutôt nuisibles qu'utiles à la cause de l'agriculture, en ce sens qu'ils facilitent et hâtent le mouvement d'émigration qui porte les populations rurales vers les villes. Ce sont, disaient-ils, les enfants les plus intelligents, ceux qui profitent le mieux de l'instruction primaire qui, les premiers, quittent les campagnes et l'agriculture pour le commerce ou la manuactur; esils cherchent à entrer à l'École normale ou dans une étude d'huissier; au hesoin, ils se feront garçons marchands de vins ou garçons bouchers, domestiques de maison, mais ils ne resteront pas cultivateurs, parce quils sont bien trop instruits pour se soumettre à ce dur métier.

Les maîtres d'école les aideront au besoin de leurs conseils, de leur crédit, pour accomplir cette évolution; souvent ils ont suivi euxmêmes la même voie, et comme ils se considèrent, non sans raison, bien supérieurs au commun des ouvriers ruraux, ils regarderont comme un devoir envers leurs bons élèves de favoriser ce qui pour eux est une élévation dans l'échelle sociale, et la récompense qui doit couronner les efTorts des enfants studieux.

Cela est très-fâcheux sans doute, mais comment changer ces fausses idées quand la classe ouvrière rurale les voit répandues chez les chefs de l'industrie agricole et chez les propriétaires fonciers?

L'ambition générale n'est-elle pas de pousser ses enfants dans les emplois publics? Quand un enfant montre quelques aptitudes, lorsqu'il a eu quelques succès dans ses études, ne rêve-t-on pas pour lui de l'école polytechnique d'abord, de l'école militaire ou de l'école navale ensuite, ou enfin de ce qu'on est convenu d'appeler les carrières libérales, c'est-à-dire non agricoles?

Si des plus capables de leurs enfants les pères de famille veulent faire des notaires, des médecins ou des avocats, que feront-ils des moins capables de leurs enfants, de ceux qui n'ont pas réussi dans leurs études et qui, faute d'un titre de bachelier, ne peuvent aspirera ces carrières que leur titre de libérales et les jouissances des villes entourent de tant de mirages ? Ils en feront des cultivateurs, et on doit s'estimer heureux s'ils ont la prétention d'en faire des cultivateurs instruits. Ce sont des garçons si bien bâtis, si bien portants, qui savent si bien faire claquer un fouet. Ils doivent avoir une vocation agricole des mieux prononcées !

Sans doute il a été fait, sous ce rapport, de grands progrès en France; il faudrait remonter très -loin peut-être, dans notre histoire, pour trouver autant de grands propriétaires mettant au service de l'agriculture leur intelligence et leur haute position, aidant au mouvement de réaction qui doit ramener la nation vers l'industrie rurale, par leurs exemples et par leurs éloquents discours. Le gouvernement de l'Empereur, en réorganisant les grands concours agricoles, en créant les primes d'honneur, en récompensant les hommes qui se dévouent à la cause des progrès, a donné une puissante impulsion à ce mouvement des esprits.

Aujourd'hui les bacheliers ès-scicnces ne sont plus rares dans nos

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écolcd d'agriculture où ils ne parviennent pas toujours à conquérir les premiers rangs, et les bureaux de plus d'une ferme sont décorés des palmes universitaires conquises au grand concours de Paris.

Ce sont des succès dont l'agriculture doit être fière et qui préparent pour elle l'ère nouvelle qui la mettra complètement en honneur. Mais, quelipie précieux que soient ces progrès, il faut bien le dire, ils ne sont pas encore assez nombreux pour modifier d'une manière sensible les mœurs de la nation, et l'agriculture se plaint encore de n'être pas, devant les honneurs et la considération publics, l'égale des autres industries et surtout des industries urbaines; beaucoup d'observateurs inclinent à penser que cette sorte d'infériorité n'est probablenrient pas étrangère à la tendance qu'ont les intelligences, les capitaux et les bras à s'accumuler dans les villes.

Les dépositions recueillies dans l'enquête donnent d'ailleurs à penser qu'il ne suffira pas de remettre l'agriculture en honneur, pour arrêter ce mouvement d'émigration qui entrave sa prospérité. Elle se plaint d'autres causes d'infériorité, qui dériveraient de notre législation civile, de notre législation fiscale et de notre système administratif,

La loi a fait une classe à part pour l'instrument principal de l'agriculture. La terre ne peut changer de mains sans payer des impôts très-lourds. Elle est la base d'un impôt que ne payent pas les instruments de travail des autres industries. Les capitaux qui la garnissent et en augmentent la valeur sont donnés en privilège au propriétaire foncier; l'agriculteur n'est pas dans le droit commun et sa signature n'a pas, sur la place, la valeur de celle des autres industriels; enfin ses produits sont, de la part de lEtat et de la part de villes à octrois, l'objet d'impôts sans analogues pour la plupart des manufacturiers; elle a perdu même l'avantage de l'égalité devant la douane. Qui peut dire que ces causes d'infériorité ne soient pas aperçues par les hommes intelligents qui tendent à quitter l'agriculture, et par les capitaux plus intelligents encore qui, créés dans les campagnes, vont chercher dans les villes des placements mieux avantagés?

Ce sont des questions délicates et difficiles qui exigent la plus sérieuse attention des hommes d'Etat. Mais elles constituent autant de raisons en faveur d'une modification profonde dans le programme de l'instruction publique.

L'enseignement ne donne pas seulement l'instruction à la jeunesse ; il donne, il doit surtout lui donner l'éducation qui modifie d'une manière heureuse les idées et les mœurs de.la nation.

Que la jeunesse française, au lieu d'apprendre le grec et le latin dans des auteurs qui exaltent les hauts faits militaires, qui célèbrent les gloires de l'éloquence et qui vantent sans cesse les beaux-arts , les apprennent un peu plus dans des auteurs qui lui diront les mérites de l'industrie nourricière, dont l'Empereur a déclaré que de sa prospérité ou de sa soufîrance datent la puissance ou le déclin des Empires.

Que l'administration et l'économie rurales trouvent place dans nos Universités, comme elles l'ont dans un grand nombre d'universités étrangères. Que les hommes qui se destinent à l'administration, au bareau et à la magistrature soient, comme en certains pays allemands, obligés à y puiser les connaissances indispensables pour bien gérer les

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intérêts d'une nation agricole, afin qu'oii voie bientôt s'aplanir les difficultés qui, depuis le commencement du siècle, s'opposent à la promulgation d'un bon Code rural.

Que l'agriculture soit admise, à titre de science naturelle, dans le programme de nos lycées; non pas comme ensemble de procédés, mais simplement comme notions générales sur-les éléments qu'elle met en jeu, sur les lois qui la régissent, et sur les résultats quelle peut donner au pays.

Que le même esprit préside à son introduction dans les écoles secondaires el primaires; qu'on se garde bien de parler aux enfants des méthodes et des procédés agricoles qui doivent varier à l'infini et que les routiniers réprouveraient probablement; mais, qu'associant les notions dliygiène et d'agriculture, on letir dise ce qu'est l'air qu'ils respirent, ce qu'il y a dans la terre qu'ils foulent aux pieds et dans les engrais qu'ils laissent perdre; qu'on leur apprenne ce qu'il faut à un homme, à un animal et à une plante pour se déA'elopper vigoureux.

Qu'on relève surtout leur moral en rehaussant la valeur et les mérites de leur métier; qu'on les attache et qu'on les captive en leur citant l'exemple des hommes qui sont sortis de leurs rangs pour s'élever dans la considération publique et pour conquérir le bien-être.

Tout cela est facile et échappe aux objections que soulèvent déjà les mesures pi'éfmmées qui doivent être la conséquence du décret de l'Empereur.

Il est aussi aisé d'apprendre à lire aux enfants de nos villages, en leur faisant apprendre les noms elles services rendus au pays par les hommes qui ont voué leur vie au progrès de l'agriculture, que de leur faire épeler dans des livres qui leur donneront des idées beaucoup moins utiles. 11 est aussi aisé et beaucoup plus avantageux pour nos petits paysans d'apprendre à calculer en résolvant des problèmes dont les ares de terrain, les mètres cubes de marne, les tonnes d'engrais et les hectolitres de grain feront tous les frais, qu'en addilioanant, multipliant et divisant des mètres d'étoffes. Et ils apprendront à écrire aussi bien en copiant des lettres et formules qui leur seront nécessaires pour exercer et accomplir leurs droits et leurs devoirs de citoyens, qu'en copiant des inutilités.

La preuve que cela est faisable, c'est que cela se fait et se fait trèsbien par la simple initiative de quelques instituteurs que les commissions d'enquête se sont empressées de signaler à l'attention de l'administration supérieure.

Non, il n'est pas difficile de donner satisfaction aux vœux des agriculteurs tout en évitant les inconvénients qui ont été signalés. Pour cela il suffira d'introduire dans l'instruction publique, depuis l'enseignement supérieur jusqu'à l'enseignement primaire, des notions appropriées aux divers degrés de cet enseignement, ayant beaucoup plus pour but de faire connaître les grands intérêts et les lois générales de l'industrie rurale et de viser sans cesse à élever l'agriculture dans l'estime de la nation. C'est une question d'éducation plus encore que d'instruction, et tout fait espérer que, grâce au concours si zélé et éclairé des deux Ministres qui en ont pris l'initiative, elle sera promptement et heureusement résolue. Bella,

Membre de la Société impériale et centrale d'agriculture de France.

Tous ceux qui ont suivi de près une exploitation ont été douloureusement surpris de la masse considérable des journées inactives; et par une pente critique, qui est la condition même du progrès, ces personnes n'ont pas élé éloignées d'attribuer à ce fait la plus grosse part dans les misères agricoles de l'époque et du lieu où elles observaient.

Les agronomes les plus éminents, et les plus simples pralieiens, ont relevé ce point capital, et ont affirmé à Tenvi que le principal desideratum à remplir dans l'économie agricole était moins encore de trouver des instruments qui économisent les forces, ou bien des combinaisons de soles et d'engrais qui augmentent le produit pour la même somme de forces, que d'introduire un système d'administration qui utilise aussi complètement que possible le temps des cultivateurs et des bêtes de labour.

Ainsi, un relevé fait en 1827 sur une métairie du département de Vaucluse accusait annuellement en nombres ronds 180 journées de travail par bomme et 70 journées par bête de labour; l'auteur de cette étude appelait de ses vœux une succession de cultures qui permît aux agriculteurs de ne pas nourrir des bêtes de travail pour ne rien faire.

La succession de cultures est trouvée; au lieu d'être soumise à l'assolement biennal, la terre est toujours couverte de garances, de fourrages artificiels ou de céréales. Eh bien ! le relevé des journées de travail faites, non plus par un métayer, mais par un des plus habiles et des plus heureux propriétaires exploitants du pays, donne à peu près rigoureusement les chiffres de journées accusés en 1827 par M. de Gasparin.

Il faut donc revenir sur la question et examiner deux points principaux. Quelles sont en réalité les conditions nécessaires de l'exploitation agricole? Quel emploi pourrait-on faire des forces perdues? Nous ne prétendons pas (et nous ne saurions trop insister sur ce point), que ce que nous allons dire soit parfaitement applicable à toutes les régions agricoles. Nous prenons les faits que nous connaissons par expérience personnelle, ceux qui se rapportent aux terres argilo-calcaires du sud-est de la France : mais nous tenons pour certain que des études de la même nature présenteraient des résultats du plus haut intérêt dans toutes les régions agricoles de la France, et nous serions heureux de les avoir provoquées.

Dans les terres argilo-calcaires, l'état du sol au moment du labour est de la plus haute importance. On peut cultiver la terre sèche et la terre uniformément humide, pourvu qu'elle ne le soit pas au point de s'attacher aux instruments (ce qui arrive souvent après les grandes pluies, quand déjà la surface est assez ressuyée pour porter les bêtes de travail). Mais on ne doit, sous aucun prétexte, toucher à la terre quand la surface seule est humide, ce qui arrive quand les pluies sont insuffisantes. Si on passait outre, on gâterait la terre pour plusieurs

T. I de 1867. — 20 mars. 21

années. C'est l'expression consacrée dans le pays, et elle rend parfaitement l'effet désastreux d'une pareille culture.

Ainsi, l'agriculteur est limité: d'un côté, par les fêtes et dimanches; d'un autre, par les époques forcées des semailles, des récoltes et de certaines œuvres; d'un autre encore^ par les intempéries; enfin, par l'état de la terre qui est la suite des intempéries. Pour les défoncements seuls, ce que nous appellerions volontiers les cultures de préparation, il a une certaine marge, et il en profite. Toutefois, il faut encore observer que si les cultures de défoncement ont toute la saison hivernale pour s'effectuer, on rencontre des hivers où on ne trouve pas un seul jour convenable à cette opération, car la profondeur rend les conditions d'état de la terre bien plus difficiles à remplir.

On commence déjà à comprendre sur cette simple indication que rhabileté d'un agriculteur, dans notre région, ne se mesure pas au nombre de journées d'attelage, mais bien au choix des journées. Le meilleur agriculteur, toutes choses égales d'ailleurs, est celui qui apprécie exactement l'état de la terre, qui sait discerr^er si cet état est favorable à l'œuvre, si elle est en tcmpourc; c'est un mot roman qui n'a pas d'équivalent exact en français.

Serrons maintenant la question d'un peu plus près. Voici la répartition de l'année :

Journées annulées par les fêtes el dimanches 60

— — par la pluie 50

— — par l'état de la terre après les pluies 50

— où la terre couverte n'admet pas le travail des bêles de labour 120

— annulée-^par b^te de travail pour les foires et marchés 15

— employées utilement sur la terre. "0

— Total 365

Et comme il faut avoir des forces suffisantes à sa disposition pendant ces 70 journées^ les mêmes pour tous les agriculteurs de la contrée (en mctlant de côté les cultures spéciales), on se trouve en présence, non pas d'un vice d'organisation, mais d'un fait de force majeuic qui domine l'exploitation agricole.

Ici se présente la seconde question que nous voulions examiner, l'emploi qu'on pourrait faire des journées perdues. Il semble à première vue qu'on a à sa disposition 100 journées par homme et 200 journées par bête de travail, et qu'il ne s'agit que d'en tirer parti : les transports de l'industrie et du commerce, les travaux publics, les chemins vicinaux, et ces chemins ruraux pour lesquels l'agriculture française élève des réclamations si unanimes, tout doit se fondre sous l'ac-. tion énergique de cette masse de travail disponible.

Malheureusement ce travail en expectative n'est pas disponible. Et d'abord, on ne peut pas supposer un instant que le cultivateur laisserait à des étrangers la conduite de ses bêtes de travail. Or^ rappelons-nous que si les bêtes de travail ne présentent chacune que 70 journées de travail effectif sur la terre, chaque homme de la ferme en présente 180. H y a donc 1 10 journées à retrancher du magnifique total que nous avions tout à l'heure à notre disposition. Mais ce n'est pas tout, il faut se rappeler aussi le fameux mot roman, la tempoure, l'état de la terre qu'il faut guetter sous peine de manquer la récolte. Quel travail peut-on entreprendre dans cette condition? Dans quel

chantier peut-on s'engager? Quelle entreprise de transport peut-on prendre à sa charge, sous la condition de la planter là le jour où la terre aura atteint ce bienheureux point requis par une bonne culiure ? Beaucoup l'ont essayé. Les agriculteurs ont souvent, comme de simples mortels, besoin d'argent comptant. Pas un seul n'a réussi. Quiconque a voulu unir à l'agriculture un emploi supplémentaire de ses forces a éprouvé que la terre est, pour celui qui l'a épousée, d'une jalousie qui ne pardonne ni infidélité ni distraction. Et cependant il est un parti à tirer de ces forces endormies; mais c'est un parti qu'il faut tirer sur place, et sur lequel nous appelons la plus sérieuse attention des agriculteurs nos confrères.

Tous ceux qui ont eu des baux à discuter savent avec quelle facihté on obtient des fermiers, des journées de travail, ce qu'un de nos spirituels collaborateurs appelait des souvenirs de l'ancien régime. Le moindre sacrifice de rente en argent ou en nature fait par le propriétaire est remplacé au quintuple et avec joie par le fermier, en travail, en transports, en mouvements de terre. Et cela se comprend ; il n'est pas nécessaire de se reporter aux traditions féodales. La corvée, pour le fermier, c'est de donner des ccusoudublé, pour la fermière, de donner des fromages, du lait, du beurre, des volailles et des œufs. Mais ce qu'on appelait la corvée autrefois, ils en ont à revendre; ils vous en fourniront à votre volonté, à une condition toutefois, c'est qu'ils soient libres du moment, car c'est du moment que dépend le succès de leur agriculture. Dès que la journée promise est librement choisie par l'agriculteur, ce n'est plus une corvée, c'est une dette librement consentie, sans échéance fixe et qu'il paye avec une monnaie qu'il a toujours à sa disposition.

Nous ne croyons pas exagérer en affirmant que, sans sortir des limites de chaque propriété, on peut faire énormément de choses sans bourse délier, en utilisant une partie du temps perdu de la culture: nivellement, de terres, écoulements, perfectionnements des chemins privés, des chemins ruraux même au travers de la propriété, avec ou sans concours des voisins. Entrez dans cette voie, et vous verrez votre fermier, s'il est capable, à mesure que les améliorations se dessineront, se passionner lui-même pour un perfectionnement dont il profite, et dont l'exemple sera contagieux. C'est ainsi que l'agriculture, par l'emploi judicieux, libre, et sans déplacement de ses propres forces, se créera une situation nouvelle. Mais nous insistons sur ce point. Il faut que l'emploi soit libre et sans déplacement.

Dans les prestations telles que nous les connaissons, ces conditions sont loin d'être remplies; soit que certains administrateurs préfèrent le payement en argent à la pi'estalion en nature; soit que réellement le moment où la terre est en lempoure soit également le moment propice pour les travaux des routes; soit enfin qu'ils craignent pour les prestataires les délices du foyer domestique, nous les voyons trop souvent demander les prestations aux époques les plus favorables aux travaux de la campagne, et éloigner les prestataires le plus possible de leur résidence. Dans ces conditions, la prestation est une véritable corvée à laquelle le cultivateur se soustrait autant que possible, ma'gré sa répugnance bien naturelle à tirer de l'argent de sa poche pour représenter

une journée qui, dans des conditions différentes, serait pour lui presque sans valeur. Mais la pire des choses, c'est d'être appelé le jour où on devrait préparer ses semailles ou labourer sa vigne, et de ne pouvoir remiser dans sa ferme ni ses bêtes, ni sa personne. Voilà ce qu'il faudrait peser avec soin si jamais on pensait à étendre aux chemins ruraux la législation qui régit les chemins vicinaux.

P, DE GaSPARIN,

Correspondant de la Société centrale d'agriculture.

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