I. — Ouverture de l'Exposilion universelle
Le plus grand événement de la quinzaine est certainement la cérémonie de l'ouverture de l'Exposition universelle de 1867, faite par l'Empereur et l'Impératrice en présence d'une immense afiluence de visiteurs appartenant à toutes les nations du globe. L'agriculture joue dès maintenant un rôle important dans cette lutte pacifique des peuples, et ce rôle, plus considérable que dans les trois premières expositions universelles de 1851 , 1855 et 1802^ s'accroîtra chaque jour en intérêt. On sait que trois parts ont été faites à l'agriculture par la Commission impériale qui gouverne l'Exposilion : dans le Palais, dans le parc du Champ de Mars, dans l'île de Billancourt. — Il n'y a encore d'à peu près aciievéque l'aménagement des salles de l'iotérieur du Palais dans lesquelles sont exposées les catégories spéciales de produits agricoles. Les produits forestiers ont de très-belles salles pour la France et pour les diverses nations étrangères. On peut aussi dès maintenant étudier les collections de graines^ les laines, les chanvres, les lins, les houblons, les tabacs, etc. Les expositions d'ensemble qu'ont organisées les sociétés d'aigriculture pour les produits agricoles ne sont pas encore arrangées ; elles trouveront place dans un grand hangar du parc, où l'on pourra voir en outre divers spécimens de fermes et plusieurs exhibitions permanentes de bêtes à cornes et de béliers. MM. Giot, Biguon, de Kergorlay, Gilbert, Vuafflart, le département de Seine-et-Marne, le département du Nord, ont des chalets ou des hangars qui présenteront beaucoup d'intérêt. Les machines agricoles forment aussi des ensembles très-remarquables. Ainsi, sans aller même à l'île de Billancourt, les agriculteurs trouveront au Champ de Mars un grand nombre de sujets d'études. Dès le prochain numéro nous commencerons à leur faire connaître les choses les plus importantes. Un de nos collaborateurs, M. de la Morvonnais, rendra particulièrement compte, dans un article spécial de chacun denosnuméros, de tout ce qui se passera à Billancourt.
La Commission impériale a pris des mesures pour que des délégations ouvrières puissent visiter l'Exposition universelle. iVous apprenons avec satisfaction que les cultivateurs ne resteront pas en dehors du mouvement général qui sera donné à l'esprit de progrès. Des comices et des sociétés d'agriculture s'occupent d'envoyer à Paris des ouvriers ruraux pour leur faire voir les machines, les produits et les animaux qui seront exposés au Champ de Mars ou à Billancourt. Nous citerons notamment le comice agricole de Montluçon, présidé par M. de Montai-
gnac, qui a décidé que deux hommes ou domestiques de culture par chaque canton, soit 16 hommes pour tout l'arrondissement de Montlucon, feront gratuitement le voyage de Paris dans le courant du mois de mai, et seront défrayés de leurs dépenses de voyage, aller et retour, de nourriture et de logement. — Nous souhaitons vivement que les agriculteurs soient en fin de compte récompensés de leurs efforts ; ils n'ont pas été suffisamment encouragés jusqu'à ce moment, nous espérons que les suites de l'Exposition seront pour eux plus heureuses que les débuts.