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II. — Nouvelles du typhus des bêtes à cornes

Nous insérons plus loin, ainsi que nous l'avons promis, le remarquable rapport de M. Bouley, inspecteur général des écoles vétérinaires, sur le typhus des bêtes à cornes; la longueur de ce document important en a empêché la reproduction dans les autres journaux agricoles. On lira certainement avec intérêt tous les détails donnés sur les différentes invasions constatées en Belgique. Comme le démontre M. Bouley, les mesures prises dans tous les pays limitrophes sont de nature à préserver la France. Cependant le danger subsiste toujours : on le comprend d'autant plus qu'il est démonti-é que la peste bovine peut se transmettre par l'intermédiaire des personnes qui se sont trouvées en contact direct ou indirect avec des animaux malades. Les règlements belges défendent aux personnes qui ont été en communication avec du bétail atteint de la peste bovine, ou qui se sont trouvées dans des lieux infectés, de s'introduire, avant un intervalle de cinq jours, dansdes étables ou d'autres locaux où sont placés des bestiaux sains. Mais ces règlements ajoutent : a Sont exceptés de la présente disposition, les agents qui, en cas d'urgente nécessité, ont à s'acquitter d'un service public et qui ont pris toutes les précautions voulues pour qu'ils ne puissent pas servir d'intermédiaire à la contagion. » Il est vraiment malheureux que les précautions indispensables ne soient pas suffisamment indiquées. Comment pourra-t-on savoir, par exemple, qu'un éleveur ou engraisseur venant de Hollande au prochain Concours qui aura lieu à Poissy, le 1 7 avril, n'aura pas été, moins de cinq jours auparavant, en contact avec une étable infectée dans son pays? — A une époque où la rapidité des communications est si grande, on conçoit combien il serait intéressant d'être mieux fixé sur une telle question. En attendant, nous empruntons au journal de la société agricole du Brabant, la nouvelle suivante :

ce On parle beaucoup aux Pays-Bas d'une découverte qui aurait été faite dans ce pays par trois habitants de la Hollande méridionale, MM. Verhoeve, Bruinvis et Paariberg. On assure en efl'et qu'à l'instar de Guenon, qui, par l'inspection de certains signes extérieurs, reconnaissait la valeur des vaches comme productrices de lait, ces messieurs sont en mesure de distinguer les bètes bovines sur lesquelles la peste ne peut avoir de prise, de celles qui, exposées à la contagion, doivent subir ses atteintes. Cette découverte est en ce moment soumise à des e.xpériences en Hollande, notamment à l'école vétérinaire d'Utrecht. Les premiers essais ont été favorables.»

Nous reviendrons, s'il y a lieu, sur ce sujet. Ajoutons seulement, pour terminer, que les nouvelles données par le Conseil privé du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne, sur la disparition lente mais assLirée du cattle-plague, continue à être de plus en plus satisfaisante. Du 8 au 16 mars, il n'a été signalé que 1 I attaques sur toute la surface du Royaume-Uni ; le tj^hus s'est manifesté seulement sur cinq

exploitations agricoles de Yorkshire et du Cuinberland. Le nombre des animaux atteints depuis le début de l'épizootie jusqu'au 1(3 mars18G7, s'élève à 253,891 ; et en dehors de ce nombre, 52,d57 animaux sains, selon toute apparence, ont été abattus par mesure de précaution; c'est donc une perte totale de 310,548 bêtes à cornes, ou de plus de 100 millions de francs pour l'agriculture anglaise.

lU. — Observations sur la couleur des génisses.

Puisque nous venons de parler de caractères qu'on aurait découverts pour distinguer les animaux qui seraient plus aptes que d'autres à contracter le typhus, nous emprunterons au Belles Messenger quelques observations intéressantes sur l'importance de la couleur des bêtes à cornes dans la production des maladies qu'elles subissent. «Les vaches blanches, dit M. Drewry, sont beaucoup plus exposées que les noires aux atteintes de la gale.' Comment expliquer ce fait? J'ai rencontré beaucoup de personnes qui l'attribuent à ce fait que les génisses blanches sont lu plupart du temps en grande minorité. Cette explication n'est certainement pas sans valeur. Je ne veux pas dire que c'est parce qu'elles sont moins robustes que celles qui sont foncées, mais elles ne peuvent atteindre ou conserver aussi bien un degré normal de température ». La théorie deM. Drewry est fondée sur l'influence que la couleur exerce en général sur l'absorption, l'émission et la réflexion du calorique. Il semble, en elTet, que les animaux n'échappent pas aux propriétés générales de la chaleur. Mais il faudrait démontrer que c'est à cette unique influence de teinte qu'il faut rapporter la prédisposition spéciale des bêtes à cornes à robe blanche-, c'est ce que les expériences et les observations connues jusqu'ici n'ont pas péremptoirement décidé. Un grand nombre de nos cultivateurs ne dédaignent pas de rechercher les couleurs foncées pour leurs génisses, et les raisons qui les déterminent, pour être moins nouvelles, nous paraissent cependant plus légitimes que celles de l'observateur anglais. Ils n'ignorent pas que la coloration des téguments et du système pileux est un indice précieux de la constitution médicale d un sujet; tandis que, chez l'homme, par exemple, les sujets blonds sont plus souvent lymphatiques, tuberculeux et exposés aux maladies générales, les sujets bruns présentent une immunité qui a depuis longtemps appelé l'attention. N'en seraii-il pas de même dans les autres espèces animales, et peut-on admettre que des organes identiques, dont la structure et le développement sont les mêmes chez les mammifères, n'aient pas une unique signihcation ? La preuve que la coloration de la robe répond à un état spécial de ce qu'on désigne en médecine humaine sous le nom de tempérament, se trouve dans cette observation même de M. Di-ewry, que, suivant des statistiques précises, les bêtes blanches ont été plus exposées aux atteintes du typhus de la dernière épizootie que celles qui étaient brunes ou noires. Ou ne saurait admettre qu'un caractère aussi extérieur que celui de la robe ait pu influer sur la production du catlle-plague, et, admît-on la valeur de ce caractère, on ne comprendrait pas comment les atteintes étaient aussi nombreuses pendant les mois de l'hiver que pendant la saison oii le soleil dardait ses plus ardents rayons. Nous ne saurions donc accepter les raisons fournies par

M. Drewry, bien que ses conclusions finales soient décisives, à savoir que les vaches blanches sont plus exposées que les noires à la gale, à la phthisie pulmonaire et au catlle-plague.

, IV. — Prochain Concours de la Société hippique française. Nous avons annoncé dans notre Bulletin du 24 mars^, le Concours que la Société hippique française ouvrira à Paris sur l'esplanade des Invalides du 12 au 26 mai prochain. Nous avons dit tout à l'heure que nous publierions le programme des prix qui seraient décernés dans cette importante solennité; ce programme est le suivant :

Première classe. — Chevaux de grands coupés, grandes berlines, grandes calèches de la taille de r".65 et au-dessus; dix prix de la valeur de 11,602 fr. pour chevaux attelés par paire et pour chevaux attelés seuls.

Deuxième classe. — Chevaux de petits coupés, landaus, phaétons, cabriolets de la taille de 1"'.57 à 1"'.64; seize prix de la valeur de 18,252 fr. pour chevaux attelés par paire et pour chevaux attelés seuls.

Troisième classe. — Chevaux de Yiotorias, américaines, tilburys, voitures de parc, de la taille de r".49 h 1"\56; douze prix de la valeur de 8,332 fr. pour chevaux attelés par paire et pour chevaux attelés seuls.

Quatrième classe. — Chevaux de poste attelés par paire, de la taille de I"'.49 et au-dessus; quatre prix de la valeur de 2,066 fr.

Cinquième classe. — Chevaux de selle, de la taille de l'^.bl et au-dessus pour la première section, et de 1"'49 à 1".56 pour la seconde section; douze prix de la valeur de 7,392 fr.

Sixième classe. — Poneys de quatre à six ans, d'une taille inférieure à 1°'.49; cinq prix de la valeur de 1,784 fr. pour chevaux attelés par paire, pour chevaux attelés seuls ou pour chevaux montés.

Prix extraordinaires. — Un diplôme et 3,500 fr. à la plus remarquable paire de chevaux attelés et montés, âgés de quatre à six ans, de la taille de r".57 et audessus; un diplôme et 2,500 fr. à la plus remarquable paire de chevaux attelés et montés âgés de 4 à 6 ans, et d'une taille inférieure à l'°.57; — un diplôme et 2,000 fr. au plus remarquable cheval attelé seul et monté, de la taille de 1"'.49 et au-dessus; un diplôme et 1,500 fr. au plus remarquable cheval de selle de la taille de 1"'.49 et au-dessus.

Prix d'honneur, consistant en une médaille de vermeil et en une médaille d'argent, à l'exposant de l'écurie la plus remarquable, composée de 5 chevaux au moins, âgés de4à 6 ans, sans distinction de taille.

Les premiers prix seront accompagnés d'une méilaille en vermeil, et les secondes d'une médaille en argent. L'ensemble des prix décernés forme un total de 65 prix ayant une valeur de 59,288 francs. Il faut adresser les engagements pour le Concours à M. le marquis de Mornay, président de la Société hippique, 69, rue de l'Université, à Paris.

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