OU-DE DOMESTIQUER DANS L'EUROPE MOYENNE. — YI
L'oie de Toulouse (fig. 1), gigantesque variété de l'oie domestique, ne doit manquer dans aucune ferme bien tenue; bonne pondeuse, excellente couveuse, produisant en abondance des œufs, de la chair et de la graisse, avec de l'herbe pour nourriture unique, elle est après la poule le plus précieux habitant de la basse-cour. Le duvet abondant qu'elle fournit deux fois par an est une grande ressource pour les ménagères. Il y a de ces oies qui pèsent jusqu'à 20 kilog. L'oie du Danube à plumage flottant et mou commence à se répandre beaucoup dans les bassescours, parce que ses plumes sont fort à la mode pour la garniture des chapeaux ; quoique de taille moyenne, cette espèce est si bonne pon-
1. Voir le tome II de 1866, pages 284, 359 et 499 ; et le tome 1 de 1867, pages 32G et 427.
(Ituse el si robuste, qu'on la préfère dans les pays froids à l'oie de Toulouse qui est assez délicate.
Le canard muet (fig. 2) est trop peu connu; originaire des bords da fleuve des Amazones, il s'est bien acclimaté cliez nous, et n'a d'autre désavantage sur l'espèce commune que la difficulté qu'il y a d'élever ses petits durant les années humides et froides. Ses œufs sont abondants et
Fil,'. I. — Oie de Toulouse.
Fig. 2. — Canard muet.
tr' s-gros, sa chair excellente, et le duvet, dont la femelle garnit sonnid, aussi fin que l'édredon. Le mâle, au moins deux fois plus gros que la femelle, devient méchant à deux ans, âge auquel il faut donc le tuer en ayant la précaution d'enlever, aussitôt après, la glande adipeuse gros-e comme une noisette qui se trouve au-dessus du croupion. Encore mal pliée à la domesticité, cette espèce fait son nid où bon lui
semble, et il importe de ne pas le changer de place; car alors tous les œufs éclosent; on n'a pas à s'inquiéter pour la couveuse des attaques des bêtes de rapine dont elle vient aisément à bout avec son bec tranchant, ses grilTes acérées et son courage indomptable.
La sarcelle de Chine(flg. 3), charmant oiseau de la grosseur de la sarcelle sauvage, se multiplie si aisément et sa chair est si parfaite qu'on doit vivement désirer son introduction dans les basses-cours d"où son prix élvvé la lient encore éloig^née. Elle est fauve, avec le cou et la tête vert
y\''. 3. — Canard mandarin cm sarcelle de Chine.
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Fig. 4. — Eider.
doré, une longue huppe de même couleur descend jusque sur le dos. Au milieu de chaque aile s'élève, toute droite, une large plume en éventail fauve à la base, puis blanche et enfin noire. Le bec et les pieds sont rouges; l'œil très-vif est jaune et rouge; quant au caractère, il est si familier, si caressant, que les Chinois ont fait de cet oiseau l'emblème de la douceur.
L'eider ou oie qui fournit l'édredon (fig. 4) se trouve dans tout le nord de notre hémisphère; mais on ne sait rien sur la qualité de sa chair;
quant aux œufs ils sont excellents. Quoi qu'il en soit, son acquisition est désirable parce qu'elle nous affranchirait de l'impôt assez considérable que l'importation de son duvet fait peser sur le monde entier. Rien de plus facile, au reste, que d'avoir cet oiseau, parce qu'il vit à l'état de demi-domesticité sur les côtes occidentales de la Norvège.
Deux espèces d'oiseaux indigènes ne devraient manquer dans la cour d'aucune ferme bien tenue; ce sont les étourneaux et les grives; sans cesse à la chasse de la vermine, ilsen détruisent des quantités prodigieuses^ et fournissent en outre une quantité assez considérable de chair excellente pour les grives et passable pour les étourneaux. La grive chanteuse (fig. 5) est, d'ailleurs, après le rossignol, le chantre le plus bril-
Fig. 5. — Grive.
Fig. 6. — Étourneau.
lant de nos forêts. L'étourneau (fig. 6) a, par contre, l'avantage sur la grive d'être plus sociable et plus familier; j'en ai vu, chez un paysan d'Alsace, au moins soixante qui nichaient, depuis bien des années, sous un grand poêle, d'où ils allaient et venaient chaque fois qu'on ouvrait la porte et échenillaient, avec le plus grand soin, le jardin et le verger. On ne peut croire à quel point l'étourneau est un gentil compagnon de chambre; attaché, intelligent, gai, il imite tous les chants et apprend fort bien à parler; j'en ai postédé un qui, élevé par un chantre d'église, chantait plusieurs airs religieux sans jamais se tromper. L'étourneau, le pivert et la pie sont les seuls oiseaux de nos climats dont le plumage possède l'éclat métallique si habituel aux oiseaux des pays chauds; il est dommage que son odeur, forte et comme musquée, le rende désagréable dans les habitations. Un magnifique complément à ces insectivores nous est offert par les États-Unis ; c'est le cardinal rouge, belle et robuste espèce ayant l'allure des moineaux, mais du double plus grosse. Le mâle est rouge vif; la femelle brune ; tous deux chantent admirablement bien, ce qui leur a fait donner le nom de rossignol de Virginie, et ont sur la tête une jolie huppe de plumes dressées comme une flamme. Ils font deux pontes par an de cinq œufs chacune et sont faciles à conserver eu captivité avec la nourriture des serins. Ils s'ap-
privoi sent très-vite et vivent jusqu'à 15 ans parfaite.
Les moineaux (fig. 7) sont de tous les plus actifs et les plus précieux ; aussi ferait en leur offrant des nids artificiels, comme nids sont à double usage; car lorsque ces o on leur enlève les jeunes quand ils ont pri
en cage; on dit leur chair
échenilleurs d'Europe les -on bien de les multiplier on le fait en Espagne. Ces iseaux se multiplient trop, s toute leur croissance, et
Fig. 7. — Moineau franc.
comme chaque couple fournit par an au moins deux couvées de quatre à cinq petits chacune, on voit que le produit est assiez considérable. Leur chair est très-grasse, mais fade.
{La suite prochainement.) Prof. Sacc.
Le mois de février 1 867 a été partout d'une douceur e.^trème. Il y avait bien des années que pareille température n'avait été observée à cette époque. C'est à peine s'il a gelé pendant quelques jours dans le nord de la France. On verra par le tableau suivant comprenant quelques villes du nord, du centre et du midi de la Franceque la température moyenne a été de beaucoup plus élevée que la moyeni.e générale du mois établie d'après un très-grand nombre d'observations :
Température Température
moyenne ordinaire moyenne de février. Différence,,
de février.. 1867.
Lille 2'>00 T-U + 5°n
Metz 1.35 6.87 + ^-^^
Ichtràtzheim . . . . 1.81 ' 6.38 + 4.5'
Paris 3.99 8.84 -f 4.3Î
Nantes 6.95 10.65 -|- 3.70
Alger 14.37 13.60 — 0.77
MÉTÉORoLuGrE AGRICOLE DE LA FRANCE EN FÉVRIER 1867.
M. HARDY
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BORDEAUX
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M. DE BRIVES
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M. REBAUDINGO.
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