CONCOURS HIPPIQUE AU DORAT
Le dimanche 31 mars, l'école de dressage du Dorât déceraait ses primes aux chevaux les mieuxdressés. Un grand nombre d'éleveurs de la Haute-Vienne et des départements voisins s'étaient donné rendez-vous pour assister a cette fête. M. le Préfet de la Haute-Vienne, qu'on trouve toujours quand il y a un encouragement a clonner, présidait cette réunion, accompagné de M. le sous-préfet de Bellac et de M. le maire .du Dorât. Des hommes spéciaux formaient le jury, qui se trouvait composé de MM. le vicomte de Lastic, inspecteur général des haras; de Fontrobert, directeur du haras de Porapadour; Bourdillon, chef d'escadron de remonte a (jueret; Pichon-Veudeuil, président de l'école de dressage du Dorât; Dugarreau et Duché, propriétaires éleveurs. Le directeur de l'école, M. Perrier, avait tout disposé avec soin; aussi les primes ont-elles pu être distribuées avec l'ordre le plus parfait. Tout le monde a regretté que l'état de santé de l'habile directeur, un des meilleurs élèves de Baucher et qui a remporté plusieurs prix dans les diverses écoles où il s'est trouvé, ne lui ait pas permis de monter à cheval. On s'en faisait une fête, car personne n'est plus maître de sa monture. Les changements de main ,les voltes, les pirouettes, les courbettes sont un jeu pour cet habile écuyer.
Qu'il me soit permis ici de dire que nous sommes par trop Anglais. J'aurais supposé qu'à une école de dressage, on ne se serait pas contenté du trot et du galop. A une école française, il aurait fallu des allures de manège. Dans le moindre cirque, on trouve tous les jours des chevaux attelés ou montés qui funt plus de plaisir que ceux que nous avons vus. Autant que possible aussi (et cela me paraît" très-facile), les membres du jury ne devraient jamais prendre part au concours. Il serait juste également que le même propriétaire n'obtînt qu'un prix dans chaque catégorie. Voici la hste des primes décernées : *
Chevaux attelés par paire (deux paires engagées). — Prime de 100 fr. à Griselte et Follette, juments Sgées de 5 ans, appartenant à M. Martial Parcellier, maroiiand de chevaux à Limoges. Rien de remarquable dans les allures de ces deux juments.
Chevaux attelés au tilbury (13 chevaux engagés). — Prime de 150.fr.. à CaipeHne; jument noire, âgée de 4 ans, appartenant à M. Parcellier. Cette jument, dressée à l'école, était conduite par son propriétaire. C'est une bête remarquable par ses allures et ses grands moyens. En arrivant sur la piste, tout le monde a été convaincu qu'elle serait le lauréat de la fête. — Prime de 100 fr. à Ventre-Saint-Gns, apparten.ant à M. le vicomte de la Guéronnière, et conduit par son cocher. Ce cheval, âgé de 4 ans, a dii donner de lembarras au jury. C'est un; bel animal plein de sang et de noblesse, la tête petite et les yeux grands lançant des éclairs. Quandil marche, il rase la terre; son pied est léger et pourtant d'une grande sûreté. Tout enolui prouve une bonne race. — Prime de 80 fr. à Adèle, jument bai-brun, âgée de 5 ans, appjirtenant à .\i.;Earcellier. — Prime de 70 fr. à Sosthène, cheval bai-marron, figé de 4 ans, appartenant. également: à M. Parcellier. — Prime de 50 fr. à Pasquine, jument alezan , âgée de 4 ans; appartenant à' M: Mcrrgat.
Chevaux montés (14 chevaux engagés). — Prime de 150 fr. à Rosa-Maliieur , jument bai, âgée de^ 5 ans, appartenant à M. du Garreau. Cet habile éleveur, en présentant Rosa-Mallieur, n'a certainement pas montré le plus beau cheval de ses écuries. Tout le monde sait que M. du Garreau a un des haras les mieux montés du dépattement. — Prime de 100 fr. à Mlle Pnlli, jument de 5 ans, appartenant à M. Parcellier. Cette bête est remarquable par ses allures et sa grande vitesse.- ^ au trot. L'on prétend qu'il y a longtemps qu"on n'a trouvé une pareille trotteuse. — Prime de . 80 fr. à Cliilloniictte, jument alezan, âgée de 4 ans, appartenant au même propriétaire. — Prime de 70 fr. à Sylvine, jument alezan, Agée de 5 ans, appartenant à M. Duché. — Prime de 50 fr. à MisianpAte, cheval bal, âgé de. 4 ans, appartenant à M. Blanchard.
M. Martial Parcellier, qui a eu les honneurs de la journée, est fort connu dansr le monde hippique, par tous les succès qu'il a obtenus dans les divers concours, et. surtout à Paris.
L'école de dressage ne s'occupe pas seulement de dresser des chevaux ; on y ■ forme des cochers et des jockeys habiles. Il ne peut pas en être autrement avec un homme comme M. Perrier. Bordas, élève de l'école, a remporté, après examen, un • brevet de capacité, pour la manière dont il monte et conduit les chevaux. ,
A. DE Thouron, , Président du Comice de Saint-Junien. .