VŒUX AGRICOLES DU CONGRÈS SCIENTIFIQUE DE FRANCE
Le Congrès scientifique de France, qui a tenu sa 33' session à Aix en Provence, au mois de décembre dernier, s'est inspiré des circonsiances pour donner aux questions agricoles une place plus importante que jamais. De sa section d'a{,'riculture, présidée par M. le baron de Larcy, est sortie, à la suite de nombreuses et brillantes séances, une série de vœux que la grande enquête qui s'élabore en ce moment ne négligera pas sans doute d'enregistrer.
Il n'y avait pas seulement, à Aix, des agriculteurs du Midi; le Congrès, d'ailleurs, avait cnlendu étudier les besoins ruraux de la France entière. On ne s'étonnera donc pas que les vœux dont voici la liste soient de deux sortes, et que les réclamations purement locales aient cédé le pas, dans l'ordre des votes, aux avis sur les grandes questions soulevées et encore irrésolues aujourd'hui.
Au nom de l'agriculture française en général, le Congrès scientifique d'Aix a demandé :
1° Le rétablissement de la loi du 20 mars 1851, qui organise la représentation libre et élective de l'agriculture ; '
2° La mise à l'étude, par le gouvernement, d'un système de répartition plus équitable des charges publiques entre la propriété foncière et les valeurs mobilières.
3° La révision de la législation douanière de 1861, et l'application à l'agriculture du principe d'égalité, tant vis-îi -vis des industries françaises que des produits étrangers, céréales et autres, lesquels doivent au moins payer des droits d'importation équivalents aux inipôts supportés par l'agriculture nationale ;
k° La restriction des acquits de mouture au cas où la sortie de la farine s'efi'ectuera par le même lieu où a été reçue l'importation du blé qu'il s'agit de moudre.
5° La réforme du régime actuel des contributions indirectes et des octrois '.
6° L'abaissement des tarifs de chemins de fer en faveur des produits de l'agriculture, et un contrôle plus efficace sur le transport des marchandises; l'admission au tarif de la petite vitesse des fruits de toute sorte, qui ne peuvent voyager que par la grande vitesse.
7° Que les droits de succession ne soient perçus que sur l'actif des biens délaissés, diifalcalion faite des dettes hypothécaires; que les droits de vente et les droits de succession, au degré de frère ou sœur, soient diminués.
8° Que, sans qu'il y ait lieu de toucher aux règles de la quotité disponible lixée par la loi, la disposition légale qui permet à chacun des héritiers de demander sa part en nature, des meubles et immeubles de la succession, soit rapportée.
9° Le rétablissement de la loi de 1824, autorisant, moyennant un droit fixe, l'échange des parcelles contiguës.
10° L'interdiction, dans les emprunts publics elles sociétés par actions, des primes et tirages de lots, qui ne sont que le rétablissement déguisé des loteries prohibées par la loi.
11° La réduction des contingents militaires, des dépenses improductives et surtout des travaux exagérés, dans les villes.
12° Que l'instruction ))rimaire, dans les campagnes, reçoive une direction religieuse et morale, et soit de nature à donner aux enfants le goût et la connaissance des choses de l'agriculture.
13° L'amélioi-ation des voies de communication dans les campagnes, l'application