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CONCOURS DE POISSY

plus sensilile quand on visite un beau concours comme celui dont nous rendons compte, on le constate également quand on visite un certain nombre de fermes dans toutes les parties de notre pays.

L'espèce ovine présentait un ensemble qui, également, dénotait un progrès général chez les engraisseurs. Le lot qui a valu à M. le comte de Bouille le prix d'honneur était composé de 10 animaux, âgés de 24 mois, et dont l'ensemble pesait 857 kilogrammes, chiffre évidemment extrêmement élevé eu égard à la jeunesse des bêtes. Ces animaux appartenaient à la race southdown qui, du reste, ou pure ou par ses croisements, formait la majorité du concours. Le troupeau de M. de Bouille, constitué par son propriétaire avec tant de soin par des achats directs faits en Angleterre, a maintenant une descendance qui s'est propagée chez la plupart des éleveurs progressistes qui recherchent plus particulièrement la production de la viande. Ces connaisseurs faisaient bien quelques remarques sur un peu de décousu existant parmi les animaux de chaque lot, même dans le lot qui a remporté le grand prix. Mais malgré ce défaut on doit rendre hommage aux efforts effectués. On peut regarder comme certain aujourd'hui que l'ensemble de notre espèce ovine a gagné de poids; malheureusement son nombre continue à diminuer. Mais c'est là une question qui tient à des causes générales supérieures aux eflorts des engraisseurs. L'espèce porcine n'avait jamais présenté à Poissy un si bel ensemble. Plusieurs animaux auraient pu remporter le prix d'honneur. Le porc qui a valu à M. Hamot la grande coupe, pesait 335 kilogrammes, quoique âgé de 16 mois 25 jours. Il appartenait à la race yorkshire-berkshire; c'était à la fois le mieux fait et le plus pesant, malgré son âge, de tous les animaux exposés. Il est bien remarquable qu'en si peu de temps on puisse produire avec un seul animal autant de viande. — Nous n'avons rien dit des veaux. Leur exposition est toujours la partie faible du concours de Poissy.

C'est avec raison que le jury n'a pas décerné de premier prix. Les animaux exposés étaient âgés de six semaines à quatre mois, et pesaient 250 à 280 kilog.; ils provenaient, pour la plupart, du département de Seine-et-Oise.

Le concours de Poissy de cette année s'est encore signalé par d'autres résultats. Un plus grand nombre de départements est venu disputer les prix. On y comptait des éleveurs et engraisseurs de notre extrême midi, aussi bien que nos départements du nord, de l'est et de l'ouest. Mais c'est surtout le centre de la France qui s'y est distingué, les principaux lauréats avaient déjà remporté huit jours auparavant les premiers prix au concours de Chàteauroux. Les concours de Poissy avaient été trèsbien organisés par MM. de Sainte-Marie et Porb'er qui, depuis tant d'années, s'occupent de ce soin. L'administration de l'agriculture a résolu de supprimer cette fois l'exigence imposée les années précédentes aux bouchers acheteurs, de faire connaître les rendements à l'étal des animaux privés. Cette mesure a, dit-on, favorisé l'achat de quelc[ues bêtes par des bouchers étrangers à Paris; elle permettra aussi à quelques animaux d'aller figurer à l'exposition dans l'île de Billancourt. Mais il serait regrettable que l'on abandonnât pour toujours un moyen d'obtenir des indications précieuses sur les qualités d'animaux soumis à un engraissement forcé.

J.-A. Barral.

PRIX COURANT -DES DENRÉES AGRICOLES (i- quinz. d'avril).

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