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boi

que à toute la vannerie du pays. A Bordj-bou-Àrréridj, point ou peu de ruches. — Où voyez-vous des fleurs pour les nourrir? me répondaient les indigènes. Je pense qu'il en doit être toutautremeut dans la Kabylie, qui s'étend de Bordjbou-Artéridj

à la Méditerranée. A Sétif, où d'ailleurs je ne fais que d'arriver, je n'ai pas vu de ruches chez les indigènes; mais, en revanche, j'ai remarqué chez les Européens de nombreuses colonies qui prospèrent : le pays est fertile.

1 La ruche des indigènes du littoral (|)rovince de Constantine au moins) est formée d'une écorce de liège, longue de l'".-20 et de 15 à 25 centimètres de diamètre, fermée à une extrémité, laissée ouverte à l'autre. On la tient couchée, on la récolte par derrière (partie fermée); puis, sitôt la cueillette faite, on la tourne bout

pour bout, et ainsi chaque année. Cette ruche est légère, d'une taille et d'une visite faciles; elle abrite les abeilles contre le froid, le chaud et l'humidité; elle est d'un prix modique : 50 centimes l'une; ses rayons ayant peu de hauteur sont peu exposés à tomber par suite du ramollissement de la cire ; en la coupant transversalement en deux, et en ayant soin de trier convenablement les demi-ruches pour qu'elles puissent s'ajuster, on pourrait, je pense, faire des essaims artificiels et ajouter des rallonges; la disposition des rayons, qui sont presque toujours transversaux et attachés ensemble par le haut, n'apporterait que peu d'obstacles aux manœuvres nécessaires à la formation des essaims artificiels. Toutes ces conditions ne vous semblent-elles pas, comme à moi, faire de la ruche indigène une bonne ruche à la condition de lui adapter aussi un couvercle sur le devant; car, iaule de cette précaution, les indigènes voient, dans les hivers rigoureux, leurs ruches ravagées par les souris. Mon engouement pour la ruche en liège ne va pas d'ailleurs jusqu'au prosélytisme. Je la trouve tout simplement acceptable dans le pays où elle est. >■

La fourmi mellifirc. — Il y a quelque temps, M. Victor Considérant, actuellement au Texas, appelait l'attention de la Société zoologique d'acclimatation sur les fourmis meUifères du Mexique. Elles donnent abondamment du miel, assez pour que les fourmilières établies dans les champs de pastèques donnent un produit supérieur à celui des melons. M. Considérant a offert d'envoyer la description et des spécimens de ces animaux.

Importations cl exportations de miel et de cire. — Les miels importés, pendant les neuf premiers mois de l'année 1866, ont été, d'après ryl;}ic!(/;e!/r, de 151,000 kilogrammes, et les cires non ouvrées de 575,000 kilogrammes. Les miels exportés ont été de 388,377 kilogrammes, et les cires non ouvrées de 96,653 kilogrammes. Parmi les miels exportés il faut compi-endre quelques miels d'importation chilienne, que le négoce du Havre a acquis et qu'il a revendus à la Belgique et à la Hollande.

Plancher de transport de M. Lccharticr. — i Les ruches carrées en bois, dit V Apiculteur, s'entoilent difficilement pour être transportées. Souvent, lorsque la ficelle qui serre la toile autour de la ruche est liée, les abeilles trouvent encore des issues pour s'échapper; on est obligé de planter un clou de chaque côté de la ruche afin de faire bander la ficelle et de tenir le linge bien fixé; alors le détoilage est long. Nous nous servions, continue M. Hamet, d'un plancher ou cadre en bois ayant une toile métallique au milieu, lequel plancher nous attachions au moyen de ficelles et de' clous plantés au bas de deux faces de la ruche. »

M. Lechartier, de Caen, est l'inventeur d'un plancher de transport, conçu comme celui-là, mais s'attachant et se détachant beaucoup plus vite, et de plus, permettant de laisser sortir les abeilles sans qu'on ait besoin de le détacher. Voici comment ce plancher est décrit par M. Hamet : « Ce plancher a en dessous un boudin en fil de fer, qui ne va pas tout à fait d'une barre à l'autre ; il peut par conséquent s'allonger. Deux ficelles bouclées sont attachées à chaque bout de ce boudin et les boucles sont i-eçues par deux clous à vis, dont la tète est ronde, établis dans les parois de devant et de derrière de la ruche. Un tasseau saillant, fixé sur trois côtés du plancher, empêche tout vacillement. Le côté de devant n'en a pas, et cela, afin de pouvoir soulever la ruche de ce côté, en passant entre elle et le plancher une cale ou un coin, lorsqu'on veut donner passage aux abeilles sans enlever le plancher et sans même déboucler les ficelles qui l'attachent à la ruche. L'élasticité du boudin en fil de fer permet l'allongement de la ligature.

«t La barre de devant et celle de derrière du cadre de ce plancher sont saillantes en dessous, afin de permettre à l'air de circuler lorsque les ruches sont placées sur un sol uni ou sur le plancher plein d'une voiture ou d'un wagon. Ce courant d'air empêche l'étouffement des abeilles. Au lieu d'être d'être mis directement sous les ruches, les planchers de transport doivent être adaptés à des hausses qu'on place sous les ruches à porter, lorsque les colonies sont très-fortes et que la chaleur est grande, lesquelles hausses procurent de l'espace aux abeilles et leur permettent de se ventiler comme elles ont besoin de le iaire dans cette circonstance. Au haut de ces hausses sont établies des barres larges pour retenir les rayons qui pourraient se détacher dans le voyage. » . ■

Renouvellement du conseil et du bureau de la Société centrale d'apiculture. — Dans sa séance du 18 décembre 1866, la Société centrale d'apiculture a procédé au

renouvellement de la moitié des membres du conseil d'administration et du bureau de la Sociélé. Le bureau se compose, pour 1867, de MM. Carcenac, président ; de Mirbeck, président-adjoint; vicomte de Liesville et d'Henricy, vice-présidents; H. Hamet, secrétaire général ; Delinotte et Richard, secrétaires; Gollin et Kaaden, secrétaires correspondants ; Bernard de Gélieu (Suisse), Kleiae (Hanovre), Buck (grand-duché de Luxembourg), Th. Valiquet (Canada), correspondants étrangers ; Gauthier, trésorier; de Flavigny et J. Valserres, assesseurs. Le conseil d'administration se compose des mêmes membres, plus de MM. Guézou-Duval et Sigaut.

DUTASTA.

LA RÉFORME SÉRIGICOLE. — X \

A Monsieur Dupré de Loire, président de la Société d'agriculture de la Drame.

Monsieur le président,

J'ai l'honneur de vous adresser le résumé complet, les conclusions pratiques immédiatement réalisables de mes longues recherches sur la sériciculture.

C'est à M. Barrai, l'éminent directeur du Journal de VAgricuUure, que j'aurais dû les adresser; la reconnaissance m'en faisait un devoir, car c'est M. Barrai qui a ouvert à la réforme séricicole les grandes voies de la publicité

L'accueil si bienveillant que j'ai reçu dans le sein de la Société d'agriculture de

la Drôme, le temps qui presse, l'intérêt général qui parle, seront mes excuses

Vous savez, monsieur le président, que l'étude attentive des transformations matérielles et des périodes d'état par lesquelles passe la graine de ver à soie, peut conduire à des résultats utiles pour la bonne conservation et l'hivernage hygiénique de cette précieuse semence.

Celte élude nous a conduit à un résultat inattendu et d'autant plus heureux qu'il peut très-promptement mettre un terme aux plaintes et aux souffrances des importateurs de graines de vers à soie et aux plaintes et aux souffrances non moins vives des éducateurs qui achètent ces graines. M. Dusseigneur, qui jouit à tous égards et spécialement en sériciculture, d'une grande considération et d'une grande autorité, a signalé ces plaintes et ces souffrances dans une brochure récente intitulée : Maladie, des vers à soie, inventaire de 1 866. J'ai lu ce livre avec le plus vif intérêt ; il est plein de faits, de documents et d'observations, et il restera dans les annales de l'industrie séricicole comme l'expression vraie de sa période la plus désastreuse....

Rédigé par M. Dusseigneur surtout pour défendre le commerce honnête et loyal, contre des imputations injustes, ce livre nous a fourni indirectement des arguments très-puissants en faveur de la réforme séricicole que j'ai exposée depuis le 3 mars 1866, dans diverses publications et en dernier lieu dans le Journal de l'Agriculture rédigé par M. Barrai. A la page 8 de ce livre, M. Dusseigneur dit :

'< La responsabilité Je l'iraport.iteur, auquel les compagnies de transport ne tiennent aucun compte d'av.'irie de route, est déjà assez lourde. S'il devait, dans l'avenir, courir eu sus des cbances de saisou contre lesquelles toute prévision humaine est impuissante, nous verrions l'importation des graines abandonnée par tous les hommes sérieux, et l'avenir de la sériciculture, qui dépend actuellement du Japon, serait gravomeni compromis. »

C'est la lecture de ce passage qui m'a suggéré les conclusions que vous allez lire et que je suis heureux de soumettre au jugement si éclairé et si compétent de la Sociélé d'agriculture du département de la Drôme.

Ces conclusions sont au nombre de quatre, et je vais les exposer sommairement, me réservant de produire des faits et des observations à l'appui de chacune d'elles en particulier.

J'espère démontrer combien il est facile d'éviter les chances de saison contre lesquelles M. Dusseigneur déclare toute prévision humaine impuissante, et prouver comment il est possible de placer l'aveuir de la sériciculture, qui dépend actuellement du Japon, dans les mains des éducateurs et des grands propriétaires, des lilateurs et des fabricants de soieries. J'ai dû, pour la plus grande clarté de celte double démonstration, donner à ces conclusions la forme impérative d'une réglementation,

1. Voir le t. I, de 1866, p. 320 et 4GÛ ; le t. II de la même année, p. 46 et 163 ; le t. I de 1867, p. 147, 263, 345, 441 et 5-20.

LA RÉFORME SÉRICICOLE. 269

mais au fond je ne donne et ne peux donner que des conseils, et ces coneeils n'auront une valeur pratique, ne pourront se réaliser que lorsqu'ils auront subi l'épreuve toujours redoutable mais décisive d'une discussion publique.

Première conclusion. — Le transport, le colportage et la vente des graines de vers à soie devraient toujours se faire avant et jamais après le ["janvier de chaque année.

Deuxième conclusion. — Les graines de vers à soie ne devraient jamais être vendues que sur toile ou sur carton.

Troisième conclusion. — Chaque lot de graine devrait toujours être suivi d'un procès-verbal authentique donnant : Pie nombre de grammes de l'éducation; 2° la race, la couleur et la provenance ; 3° les phases et la durée de l'éducation ; 4° la longévité des papillons.

Quatrième conclusion. — Les graines du Japon devraient être achetées directement et sur place, des producteurs japonais, soit par des négociants, soit par des délégués des éducateurs associés; les négociants ou les délégués devraient exiger les quatre garanties ci-dessus exposées et les expéditions des cartons ainsi achetés devraient se faire avant le 15 août du port de lokamma, de manière à arriver en France avant le 15 octobre et être vendues avant le l" janvier; pour les trivoltins ou bivollins blancs ou verts, trois mesures pourraient être prises, ou l'interdiction absolue, ou la tolérance pour remplacer les éducations détruites; dans tous les cas n'en pei'mettre la circulation que sous leur nom vrai.

Preuves à l'appui de la première conclusion. — Cette première conclusion porte que le transport, le colportage et la vente des graines de vers à soie devraient toujours se faire avant et jamais après le 1" janvier. Voici les preuves.

La graine depuis la ponte jusqu'à l'éclosion subit des transformations successives qui ont pour but et pour résultat la création du ver à soie complet. Il y a dans ces transformations un ordre naturel, une série régulière qu'il faut suivre et non intervertir, si l'on veut obtenir des vers à soie sains et vigoureux; Maestri que j\I. Dusseigneur a cité, avait envoyé aux expositions de Milan, en 1853, et de Paris, en 1855, plusieurs cadres contenant des modèles en cire qui représentent l'œuf du ver à soie à toutes ses périodes de développement; nous tenons ce fait de M. Guérin Meneville qui nous a dit le 21 décembre 1866, à Saint-Marcellin, avoir vu ces cadres à l'Exposition de Paris.

Au point de vue de la science pure, cette étude patiente de Maestri prouve une fois de plus combien Dieu est grand dans les petites choses; c'est par des transformations lentes, successives et graduées qui durent environ 300 jours, que Dieu prélude à la création de ce ver à soie qui doit faire en 34 ou 40 jours, tant de merveilles, dans l'intérêt de l'homme pour lequel il l'a créé.

Pour prévenir ces avaries de transport et d'hivernage si bien signalées par M. Dusseigneur, il faut se rallier à la nature, c'est-à-dire étudier les lois naturelles du développement de la graine, et sous ce rapport l'œuvre de Maestri, unique en son genre, mérite d'être mise en lumière ; outre ses figures en cire, il a de plus publié des fragments anatomiques.

Mais pour le moment et au point de vue pratique nous n'avons pas à étudier la série régulière des développements de la graine, nous n'avons qu'à faire ressortir les signes distinctifs ou plutôt les différences des deux périodes d'état par lesquelles passe cette graines; or, ces différences sont faciles à saisir.

Dans la première période le germe est vivant et féconde, mais n'est pas viable ; son développement est insuffisant et, quel que soit le degré de chaleur auquel il est exposé , il ne peut s'émouvoir, c'est-à-dire entrer dans cette phase qui se termine par la sortie d un ver complet.

Dans la deuxième période, au contraire, le travail organique de l'œuf commence et la graine peut éclore si elle est exposée à une température dépassant 9 degrés centigrades.

La première période commence à la ponte et finit au mois de janvier, comme terme moyen; la deuxième commence en janvier et finit à l'éclosion. C'est sur la différence de ces deux périodes que nous avons basé notre première conclusion ; c'est par la différence de ces deux périodes qu'on peut expliquer la non-éclosion des œufs de plusieurs chenilles annuelles, qui, pondus en juin et juillet, supportent les chaleurs intenses des mois d'août et de septembre, passent l'hiver exposés aux froids des plus rigoureux et n'éclosent qu'à la pousse des feuilles ; les œufs de ver à

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soie pondus et exposés à l'air libre se comportent comme les œufs de chenilles ; c'est ainsi que des œufs de vers à soie pondus en juillet 1839, sur les mûriers de la pépinière de Poitiers, y subirent les mêmes conditions atmosphériques et que leur éclosion eut lieu dans les premiers jours de mai. M. Robinet, membre de l'Académie de médecine et de la Société centrale et impériale d'agriculture, a relaté ce fait à la page 78 de son livre, et dans ce chapitre si intéressant qui a pour titre : Education en plein air. Il trouva dans les premiers jours du mois les jeunes vers de cette graine en train de trouer les feuilles de mûrier ; M. Robinet saisit cette occasion pour recommencer les expériences de Sauvages, sur les éducations en plein air, il ne réussit pas mieux que lui et malgré toutes ses précautions, le 10 juin, tous ces vers avaient disparu. Ce fait prouve donc une fois de plus combien sont vaines les tentatives de ce genre pour régénérer les graines de vers à soie. Nous avons recueilli plusieurs observations qui confirment celles de M. Robinet ; M. Xavier Roux nous a affirmé que des œufs pondus dans sa magnanerie y avaient passé l'été et l'hiver exposés aux fortes chaleurs des mois de juillet et d'août, vu qu'il a soin de détruire la paroi antérieure de sa magnanerie qui n'est formée que de papier jeté sur des cadres en bois : et, fait plus probant encore, il a essayé pendant 4 ans de faire éclore en août et septembre des petits lots de graine qu'il soumettait à une incubation régulière de 25 à 30 jours sans succès. Cette même graine, qui ne s'était pas émue sous cette incubation régulière en août, donnait l'an suivant et en avril une éclosion régulière.

Nous ]}ouvons donc affirmer que dans la première période la graine ne peut ni s'émouvoir ni éclore, soit par la chaleur d'une incubation régulière, soit parla chaleur du soleil, ou la chaleur des poêles.

Quant aux faits qui prouvent que la graine peut s'émouvoir dans la deuxième période,c'est-à-dire se mettre en travail, s'arrêter et périr si ce travail est arrêté par le froid, ces faits sont nombreux et connus de tout le monde, et M. Dusseigneur, dans sa brochure, évalue à 100,000 onces les graines qui ont péri en 1866, bien qu'elles eussent été importées par les graineurs les plus expérimentés.

Il est donc très-important de fixer l'époque précise où la graine peut s'émouvoir. Nous l'avons fixée au l" janvier, mais nous devons laisser parler les faits et sommes prêts à l'avancer ou de la reculer si des faits bieu observés l'exigent.

Ainsiàlapage 10 du livre d'OuckaldMorikouni nous lisons :« En général, lagraine neproduit des petits vers qu'au bout de 88 jours ou environ ; et à la page 11» : L'année japonaise commençant le 26 janvier, le 88" jour est le 24 avril. D'un autre côté des expériences récentes faites par M. Xavier Roux tendraient à prouver que la graine peut se mettre en travail du 10 au 15 décembre , lorsqu'elle est soumise à une incubation régulière, circonstance dont il faut tenir compte.

Quelle que soit cette époque précise, qu'elle varie entre le l" et le 24 janvier, la différence qui existe entre la première et la deuxième période est plus que suffisante pour qu'il soit très-facile à l'avenir d'éviter ces chances de saison que M. Dusseigneur a cru au-dessus des prévisions humaines ; les importateurs peuvent donc dès à présent éviter ces pertes énormes et les procès sans nombre qu'ils ont subis, et de leur côté les éducateurs, en faisant leurs achats avant le 1" janvier, éviteront les déceptions et les pertes dont ils se plaignent justement. Notre première conclusion aura donc, outre ces résultats importants, l'avantagô de mettre un terme aux plaintes des vendeurs et des acheteurs.

Nous avons dit dans notre deuxième conclusion : <t Les graines de vers à soie ne devraient jamais être vendues que sur toile ou sur carton, i

Sauvages a bien fait ressortir les dangers connus de tout le monde, résultant de l'eutassemcnt de la graine, même en petite quantité; c'est à propos de la vente de la graine en boîtes ou en sacs que M. Limperani a pu dire avec justesse : pour tromper l'acheteur il suffit de changer une étiquette.

La troisième conclusion expose ses quatre garanties que doit exiger tout acheteur qui ne veut pas être trompé ; isolés les éducateurs ne les obtiendront jamais ; associés, ils finiront par les obtenir toutes. Etudions-les :

1° Le nombre de grammes est important à connaître, parce qu'en général, plus l'éducation est petite plus les chances sont favorables; 2° la race, la couleur, la provenanée sont importantes pour l'éducateur qui a droit comme tout acheteur de savoir ce qu'il achète ; 3° les phases et la durée de l'éducation ; les éducations spéciales de graine doivent être longues et non hâtives; 4° la longévité des papillons; on trou-

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vera dans la Réforme agricole, sur la valeur de ce signe, des preuves physiologiques et expérimentales complètes ; la longévité des papillons est bien le signe certain de la pureté de la race et de l'absence de péLrine '.

La quatrième conclusion expose la nécessité de l'association pour les éducateurs qui veulent acheter les graines du Japon. La même nécessité existe pour l'achat des graines produites en Europe. Hors de l'association, il n'y a point de salut pour les éducateurs. Ils sont tous dans la situation d'un laboureur qui laboure son champ, le fume et le prépare à recevoir la semence et qui n'a qu'une semence avariée à donner à son champ. Pourquoi labourer, fumer et préparer le champ si la semence est mauvaise?— Il vaut mieux ne pas semer. Telle est la situation des éducateurs. Une expérience aussi longue que désastreuse leur a prouvé qu'en achetant leurs semences isolément, ils n'avaient jusqu'à ce jour reçu que des semences tonjours chères et en grande majorité mauvaises. Nous allons soutenir celte thèse, savoir qu'en agissant collectivement, c'est-à-dire en s'associant pour l'achat des graines, les éducateurs peuvent réaliser des économies considérables et obtenir progressivement toutes les garanties exposées par nous.

L'a.<sociation pour la production leur donnera de plus la graine pure et à bon marché. — A l'appui de notre thèse nous n'avons qu'à citer ce qui s'est fait, cette année, dans la Société d'agriculture de la Drûme que vous présidez et dans celle de Saint-Marcellin. — Dans cette dernière, 2,400 cartons ont été acheté avec un rabais de 3 fr. 50 par carton, et dans la première 3,000 cartons ont été achetés avec un rabais de 2 francs, et, de plus, la société a exigé et obtenu des garanties sur la provenance, l'annualité et l'éclosion; en généralisant ces résultats dans les 28 départements séricicoles on peut arriver à des économies de 1,500,000 francs à 2 millions, s'il est vrai que la consommation totale soit de 800,000 à 1 million d'onces. Si, de plus les quatre garanties exigées étaient publiées par l'association des éducateurs et portées à la connaissance des vendeurs japonais et européens, nul doute que progressivement ils ne se missent en mesure de les fournir. Les Japonais s'y soumettraient d'autant plus volontiers que depuis des siècles ils font des éducations spéciales de graine réduites à des fractions d'once; en Europe, nous savons par des lettres qui nous sont arrivées de tous les côtés et que nous montrerons à la Société, que des éducations spéciales de graine se feraient en très-grand nombre si les éducateurs étaient sûrs de les vendre à des prix rémunérateurs et si surtout ils étaient sûrs de la pureté de leurs races.

C'est là la vraie difficulté de la situation présente de la sériciculture. On ne peut rien faire de complet pour relever cette industrie sans résoudre cette première difficulté.

Il faut donc à tout prix, et le plus tôt possible arrivera produire, ces races pures qui serviront d'étalons pour les éducations spéciales de graine dans l'avenir. \'oici la formule à suivre pour obtenir ce résultat : 1° rechercher les races restées pures ; 2° faire avec ces races restées pures des éducations spéciales réduites à 3 grammes, en contrées saines, et de la feuille sauvage ou prise sur des arbres peu taillés ; 3° appliquer à ces petites éducations le signe tiré de la longévité des papillons; détruire, à l'aide de ce signe, toutes les races infestées et ne garder pour la reproduction que les races entièrement pures.

Dans la première partie de cette lettre nous avons exposé toutes les garanties que l'éducateur était en droit d'exiger de l'importateur de graines ou du producteur européen, en faisant ressortir que ces garanties étaient réclamées par M. Blanchard, membre du conseil général de la Gorrèze dans l'intérêt des éducateurs de graine très-nombreux dans ce département; nous avons fait ressortir que dans l'isolement les éducateurs n'obtiendraient jamais ces garanties, mais qu'associés ils finiront par les obtenir progressivement toutes. L'association peut donc rendre de grands services à la sériciculture par l'introduction de ces garanties nouvelles pour la vente des graines. Mais pour la production des graines pures, l'association est non-seulement utile, mais encore de la plus urgente et plus indispensable nécessité ; l'association à fonder pourra affecter deux formes bien différentes: dans une première forme l'intérêt général delà sériciculture est subordonnée à l'intérêt des fondateurs;

1. Arrivé à cette partie de notre lettre, nous avons prie M. Roux d'exposer à la Société ses observations sur la longévité des papillons ; il' a été écouté avec le plus vif intérêt et couvert d'applaudissements. Nos lecteurs retrouveront cette exposition dans la Réforme séricicole, oii nous l'avons consignée sur des notes précises à nous fournies par M. Roux. (Voir la lettre à l'Académie des sciences, t. II de 1866, page 289.)

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dans la deuxième forme, la seule dont nous ayons à vous entretenir. L'intérêt des fondateurs est subordonné non sacrifié à l'intérêt de l'industrie séricicole; c'est la forme coopérative que nous avons adoptée, que nous avons déjà discutée avec vous, M. le président et avec M. Frandon, directeur de la Société coopérative l'Universelle de Valence; grâce au concours actif et dévoué de M. Frandon, de M. Vasseur, directeur de Y Universelle de Grenoble, et de M. Daumas, directeur des sociétés coo-

fiératives de l'Alsace, j'espère pouvoir dans une séance prochaine, vous présenter es statuts de la Société coopérative séricicole, et c'est par cette Société que j'atteindrai le but que je poursuis depuis longtemps, de placer le salut de la sériciculture dans les mains des éducateurs, des grands propriétaires, des filateurs et des fabricants de soisries.

Après la lecture de cette lettre, M. le baron de Montour, préfet de la Drôme, a pris la parole :

« Messieurs, a-t-il dit, je remercie votre lionoralile président, M. Dupré de Loire, de m'avoir fait assister à une réunion aussi intéressante et aussi nombreuse de votre Société : les idées nouvelles qui viennent d'être soumises à votre appréciation, à votre jugement éclairé et compétent, sont de la plus liaute importance. Elles doivent exercer sur l'avenir de la sériciculture une influence décisive, et je vous remercie, en mon nom personnel et au nom du gouvernement qu'e je représente, de l'attention et de l'intérêt que vous leur avez accordés. Je remercie ces deux membres de la Société d'agriculture de Saint- Marcellin, M. le docteur Achard et M. Xavier Roux qui sont venus nous apporter ces idées nouvelles.

« Pénétré de cette conviction que ces idées nouvelles peuvent mettre un terme aux longues souffrances de la sériciculture, je demande à votre honorable président de vouloir bien vous convoquer àbref délai, pour une réunion extraordinaire; de vouloir bien inviter pour cette réunion toutes les Sociétés d'agriculture des départements séricicoles, du Rhône, de l'Ardèche, du Gard et de l'Isère d'inviter à cette réunion les filateurs et les fabricants de soieries, — et tous ceux qui veulent comme nous tous le salut et la prospérité de l'industrie séricicole. Je remercie de nouveau M. le docteur Achard, non-seulement pour les idées nouvelles que, de concert avec M. Xavier Roux il vous a exposées, mais je le remercie encore pour nous avoir apporté, avec le principe d'association, le principe de vie qui doit les réaliser. Je regrette de ne pouvoir rester plus longtemps au milieu de vous, mais mon concours personnel et le concours du gouvernement est acquis à l'œuvre de la société coopérative séricicole, et je réclame l'honneur d'en être le premier signataire. »

Après cette belle improvisation qui a été couverte par les applaudissements de toute l'assemblée, M. Daumas, au nom des coopérateuts de l'Alsace, a adressé à M. le préfet les plus vifs remercîmenls. M. Dupré de Loire, président de la Société d'agriculture de la Drôme, s'est joiut à M. Daumas, et, faisant droit à la demande si chaleureusement exprimée par M. le préfet de la Drôme, il a promis de fi.xer le jour et l'heure de cette réunion extraordinaire par une lettre de convocation qui sera adressée à tous les membres de la Société d'agriculture, à tous les présidents des Sociétés d'agriculture du Rhône, de l'Ardèche, de Vaucluse, du Gard et de l'Isère. FÉLIX Achard.

ET NOUVELLES DE L'ÉTAT DES RÉCOLTES EN MARS ET AVRIL 1867. Le mois de mars s'est surtout fait remarquer par la basse tempérafure qui a duré dans presque toute la France du 1" au 8 ou au 10. Pour la deuxième fois, le sol s'est couvert d'une neige qui a persisté pendant plusieurs jours. Puis le froid a disparu et la pluie n'a cessé pour ainsi dire de tomber chaqc jour. En somme, la température moyenne de mars n'a pas été très-élevée; c'est à peine si elle a atteint la moyenne générale de ce mois dans notre pays. Le tableau suivant fait ressortir bien clairement ce fait caractéristique pour le nord, le centre et le midi de la France.

Température Température

moyenne ordinaire moyenne de mars. Différence,

de mars. 1867.

Lille fîit 3°71 — l-SS

Metz 6.15 5.30 — 0.85

Ichtratzheim. . . . 4.78 5.20 + 0.42

Paris 6.58 6.40 — 0.13

Nous faisons suivre ces détails des notes météorologiques que nous avons reçues de nos correspondants; parmi elles on trouvera également les nouvelles de l'état des récoltes en mars et avril qui n'ont pu trouver place dans le numéro du 20 avril dernier :

M. Proyart écrit de Hendecourt-les-Cagnicourt (Pas-de-Calais), le 8 avi'il :

16 jours de gelée, 11 de pluie dont 2 de neige fondante, 7 de brouillard, 2 soirées avec éclairs et tonnerre au loin (les 24 et 27), des grands vents, notamment du Nord, tel est le bilan du mois de mars 1867. Au résumé, pendant tout le mois, la température a été relativement basse et humide. | j^^^

M. le docteur Rottée écrit de Clermont (Oise), le 5 avril :

Le mois de mars a été un mois d'hiver. Il a débuté par neuf jours de gelée, vents de N.-E. et N. Il est tombé de la neige neuf jours, de la grêle cinq jours. — Nous avons eu deux orages accompagnés de pluie mêlée de grêle, un le 24 et un le 27 ; ils ont éclaté tous deux à 5 heures du soir, le premier venant de l'O. et se dirigeant vers le S.-E., le second venant du S.-O. et se dirigeant vers l'E. Le mois s'est terminé par deux jours de vents violents duN.-O. et de pluie mêlée de grésil. Ce sont les météores qui ont signalé le passage de l'équinoxe. — Le baromètre a oscillé entre 763 mill. 8, maximum le 2, vent de N.-E. et 732 mill. 0, minimum le 19, vent du S. Moyenne, 744 mill. 35. Gomme toujours il y a eu abaissement du mercure lorsque les orages ont éclaté.

M. l'abbé Millier écrit d'Ichtratzheim (Bas-Rhin), le 8 avril :

Une erreur de calcul s'est glissée dans le résumé de février dernier; je m'en suis aperçu trop tard pour pouvoir la corriger. La température moyenne de février s'est élevée à 6°. 55 au lieu de 6°. 38, et la moyenne des minima à 2°. 70 au lieu de 2°. 2, comme il a été imprimé.

Le minimum de température de mars, — ô».?, dans une période de 29 ans, a été plus bas que cette année 12 fois. Les minima les plus bas en cette période se sont rencontrés en 1845, 1847, 1851, 1860 et 1865, et donnèrent — 10». 2, — 12'. 4, — lO'.e, — 10».8 et — lOM. Les minima de 1855 et 1858, —6».0 et — 6M se rapprochèrent le plus de celui de mars dernier. Pendant le même espace de temps, le maximum du mois, 20 degrés, a dépassé 26 fois les maxima précédents. Il a été le plus élevé de la période, avec celui identique de 1861, après les maxima de 1863 et 1864, 20".8et21».8.

La température moyenne de mars, 5°. 2, a été plus élevée 14 fois sur 29. Les moyennes les plus élevées en cette période se sont manifestées en 1856, 1858, 1862 et 1864; elles ont été les suivantes : 8». 67, 7'>.4S, &".18 et 7". 25. De fait, elle resta de P. 35 au-dessous de la moyenne de février et de 0''.42 au-dessus de la moyenne de 29 ans calculée sur Ichtratzheim, la première étant 6°. 95 et la seconde 4°. 78. La température moyenne de 8 heures du matin s'éleva à 4°. 14. — La pression atmosphérique, faible en janvier, forte en février, fut très-faible en mars. II y eut 4 dépressions fortes et de longues durées à leur apogée les 10, 15, 20 et 28 du mois. Pression la plus faible : 731 mill. 19 le 19, à 4 heures du matin; pression la plus forte : 757 mill. 70 le 2, à 9 heures du matin; moyenne 741 mill. 29. Cette moyenne resta de 9 mill. 39 au-dessous de celle de février, de 0 mill. 22 au-dessous de celle de janvier et de 7 mill. 21 au-dessous de la moyenne locale. Une seule fois la dépression motiva une espèce de tempête. — Nébulosité moyenne, 6'. 6. — La quantité d'eau, 124 mill. 41, est la plus forte qui soit tombée en mars en 28 ans. La plus forte, après celle-ci, tomba en mars 1845, et fut de 100 mill. La neige fut de 20 mill. Le débordement de nos rivières recommença le 10 et elles ne rentrèrent dans leurs lits que le 5 avril. D'après le dire de nos vieillards, il n'y a eu plus d'inondations si fréquentes depuis l'année calamiteuse de 1816. Que Dieu nous en préserve ! car elle fut suivie de la famine de 1817. — L'éclipsé solaire du 6 a pu être assez bien observée, au moins dans ses phases principales, au milieu et vers la fin, non au travers des verres colorés où à la surface d'un liquide, mais au travers des nuages diaphanes N.-E. qui couvraient le ciel, surtout lorsque l'astre présenta un grand croissant, descendant de haut en bas, de droite à gauche.

MÉTÉORuLUGrE AGRICOLE DE LA FRANCE EN MARS 1867.

AIGER.

M. HARDY

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