N NE E SE S SO 0 NO
NOMS
DES LOCALITÉS
Nantes. . . .
La Châtre. .
Poitiers. . .
Bourg
Nantua . . .
Salers
Lavallade..
Le Puy. . .
Bordeaux.
Beyrie. ...
Berthaud,
Nimcs. . . .
Rousson..
Montpellier
Brignoles.
Perpignan.
Alger
NOMBRE DE JOURS de vent.
N NE B SE Slso II NO
M. Villeroy écrit de Rittershof (Bavière rhénane), le 13 avril :
Je vous écrivais que nous avions le mois de février en mars. Depuis il n'a pas cessé de pleuvoir; les semailles de l'avoine qui devraient être terminées sont à peine commencées. Beaucoup de terres sont tellement détrempées par l'eau qu'on ne peut pas y entrer. Il y a eu dans ces derniers jours de véritables tempêtes, des coups de vent qui ont abattu beaucoup d'arbres, le 1 1, un orap;e avec pluie et grêle. Enfin hier 12 et aujourd'hui 13, il n'a pas plu, le thermomètre marquait ce matin — 1°.0 et nous espérons du beau temps dont nous avons bien besoin. Je ne peux, encore dire rien de positif sur l'état des récoltes en terre.
M. de Villiers de l'Isle Adam écrit de Sargé (Sarthe) le 1 1 avril :
Le mois de mars 1867 nous a ramené les rigueurs de l'hiver que l'extrême douceur de février nous avait fait oublier. Nous avons eu de la glace et de la neige pendant les Luit premiers jours avec le vent entre le nord et l'est; puis le vent est revenu au sud-ouest et nous a donné des jours de pluie; enfin le 27, le temps s'est remis au beau.
Il y a eu 7 jours de gelée, 2 jours de neige et 14 jours de pluie.
M. Huette écrit de Nantes (Loire-Inférieure), le 3 avril :
Le 18 mars, depuis neuf jusqu'à onze heures du soir, à la suite d'une journée de beau temps, uu orage a éclaté en partie sur Nantes ; la foudre a épargné la ville ; elle a frappé une maison située à 1 1 lieues dans la campagne à l'ouest.
M. X. Thiriat écrit de Saint- Amé (Vosges), le 1" avril :
Le froid a été très-rigoureux ici pendant la première huitaine de mars. Mon thermomètre indiquait — S'.O le 2 et — 7''.0 Ie7. Nous avous eu une période de temps doux du 8 au 16, puis quelques gelées de 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro, par un ciel couvert ou très-nuageux et des alternatives de belles journées nuageuses, de pluie, de grésil, de brouillard jusqu'à la fin du mois. Le 30, il est tombé une forte couche de neige, qui n'est pas fondue partout au moment où j'écris. Le vent est au nord et très-froid. Le baromètre, qui s'était tenu très-bas pendant tout le mois, est très-élevé. Sous l'inflaence des pluies intermitentes et d'une tiède température, la végétation a marché assez rapidement. Les prairies ont une herbe bien fournie et une apparence magnifique ; pour peu que le temps soit favorable en avril et mai on peut compter sur une bonne récolte en fourrage. Les seigles sont aussi très-vigoureux et prêts à monter dans les vallées. Les arbres fruitiers montrent leurs boulons à fruits. Les poiriers surtout vont plier sous les fleurs. La situation agricole est donc jusqu'à ce jour satisfaisante sous tous les rapports dans la région montagneuse des Vosges. — Les cultivateurs se plaignent toutefois, avec raison, de la persistance des pluies. La terre, détrempée et froide, aurait grand besoin d'une huitaine de jours de soleil pour la ressuyer. On a commencé partout à charroyerles fumiers, et quelques champs sont déjà ensemencés en blé de mars et pommes de terre. Quel que soit le temps que la première quinzaine d'avril va nous donner, on continuera les semailles de printemps, qui doivent se faire dans cette saison. — Le prix du foin a baissé de 5 francs depuis quelques semaines. Les vaches laitières et grasses sont dans les foires, à des prix exorbitants.
M. Bardy écrit de Saint-Dié (Vosges), le 7 avril :
Le mois de mars a débuté par une période de froid d'une assez longue durée. Un vent de N.-E., aigre et piquant, a soufflé pendant près d'une semaine avec force et persistance. Le 5, par une brumeuse matinée de givre, ce vent paraît vouloir changer, la girouette tourne en tous sens, mais dans la soirée, le ciel, qui s'était couvert vers neuf heures du matin se découvre de nouveau, et le N.-E. reprend le dessus.
Le 6 était un jour vivement attendu par tous les amateurs de phénomènes célestes. Dès le matin, le ciel était couvert et il avait un peu neigé dans la nuit ; à huit heures, de très-petits flocons voltigeaient dans l'air, et à neuf heures quinze minutes la neige tombait abondamment. Néanmoins, tantôt par des éclaircies assez fréquentes, tantôt à travers des nuages peu épais, formant écran, on peut suivre la belle éclipse de soleil pendant presque toute sa durée, à l'exception toutefois du commencement.
Dans l'après-midi du 10, il y a eu de petites ondées et de courtes averses à diffé-
rentes reprises. Le docteur Carrière m'a dit avoir vu ce jour-là, entre 4 et 5 heures du soir, le ciel très-chargé et orageux au S., et avoir entendu, dans cette direction, plusieurs coups de tonnerre éloignés. Je n'ai rien entendu pour ma part, mais j'ai cru devoir noter la journée du 10 comme orageuse, appréciant à sa valeur la source de cette observation. Ce sera donc le premier orage de l'année 1867 observé k Saint-Dié. Il n'a pas été le seul du mois. Le 29, k 2 heures 50 minutes du soir, j'ai vu un brillant éclair immédiatement suivi d'un coup de tonnerre éclatant; la pluie tombait avec force, et le vent soufflait du S.-O. Un bulletin de Fremifontaine (canton de Brouvelieures) signale l'orage de 4 heures 50 minutes jusqu'à 9 heures du soir : tonnerre sourd, éclairs pâles et fréquents, pluie ordinaire.
Il y a eu plusieurs fois des giboulées de grésil : dans les journées du 13 et du 15, dans la nuit du 17 au 18 où il a fait une très-violente tourmente de neige, de grésil et de pluie, fouettant les vitres et blanchissant le sol et le toit, et dans la journée du 31, surtout à 1 heure et à 3 heures du soir, par N.-O.
Le lieu de mes observations est à Sainl-Dié-des- Vosges, vallée de la Haute- Meurthe, dans la cour de ma maison, à 242 mètres d'altitude. Mes instruments sont accrochés au N., contre un abri en bois peint, avec toit en auvent pour les garantir de la pluie et d'une partie des rayonnements des murs d'en face. Ils sont à 2 mètres 30 au-dessus du sol de la cour, et l'on arrive à leur hauteur par un escalier de quatre marches, surmonté d'une petite plate-forme. Ces instruments, qui m'ont été fournis par M. J. Salleron, un de nos plus habiles constructeurs de Paris, sont : 1° un thermomètre à mercure monté sur potence; 2° un thermomètre à maxima de Negretti etZambra; 3° un à minima de Rutherford ; 4° un psychromètre d'August (les calculs sont faits après chaque observation au moyen de la règle de Prazmowski) ; 5° l'ozonoscope de Jame, de Sedan. — La direction des vents m'est donnée par les nuages et par la girouette, assez bonne du reste, de la tour S. de la cathédrale. — Je dois les renseignements relatifs à la hauteur des eaux météoriques à l'obligeance du docteur de Mirbeck, dont la scrupuleuse exactitude m'est particulièrement connue. Tels sont, pour la station de Saint-Dié, les renseignements que vous demandez à vos correspondants, pour répondre à l'idée émise tout dernièrement par M. X. Thiriat, mon laborieux voisin et ami du Syndicat de Sdint-Amé.
M. Boutrais écrit de Vendôme (Loir-et-Cher), le 19 avril : Les récoltes sont belles et les arbres à fruits très-bien préparés.
M. A. Perrej écrit de Dijon (Côte- d'Or), le 3 avril : Dans ma cour, j'ai recueilli 116 mill. 4 d'eau, doat 13 provenant de la neige. — Pluie les 8, 9, 10^ 11, 13, 14, 15, 16, 18, 19, 22, 24, 26, 27, 29 et 31. — Neige les 6, 7 et 8. — Le 19, forte averse à 3 h. 1/2 du soir, avec tonnerre et un peu de grêle. Le 29, de 1 h. 3/4 à 2 h. 1/4 du soir, forte averse avec quelques coups de tonnerre. On signale encore un orage le 10, mais je n'ai pas entendu le tonnerre, qui a grondé à 9 h. du soir. — Brouillard les ]2, 13, 18, 19, 20, 22 et 26. — Belles bandes polaires le 10 au matin. — Le 4, première violette aux environs de Dijon, à Fontaine et Talant.
La moyenne de la température a été en mars :
Del845àl866. En 186T. Del84.5àl866. EnlSCI.
9 heures du matin 5''.4 d'.O 9 heures du soir 5».4 6*.l
Midi , 8.2 8.5 Maximum moyens 10.4 10.1
4 lieui-es du soir 8.5 S. 6 Minimum moyens 2.5 4 0
Maxim, abs. dep. 22 ans. . 19«.2 le 25, en 1862. Mmim. ab.s. dep. 22 ans. -S'.Tj le 11, enlSBO.
La moyenne hauteur du baromètre a été en mars :
De 1845 à 1866. En 1867. De 1845 à 1866. En 1865.
Millim. Millim. Millira. Millim.
9 heures du matin 730.96 7.34.72 4 heures du soir 738.85 733 90
Midi , 739.58 734.51 9 heures du soir 739.57 734.48
Maxim, abs. dep. 22 ans.. 757~".55Ie l",enl854. Minim.abs.dep.22 ans.. 714°''".10Ie22,enl855 L'altitude de la cuvette du baromètre est de 245"'". 63.
La moyenne de l'humidité relative a été dans le même mois :
De 1845 à 1866. En 1867. Del845àl866. Enl867.
9 heures du matin 76 80 4 heures du soir 64 70
Midi 64 69 9 heures du soir 73 8|
Quant au maximum et au minimum d'eau tombée et d'eau évaporée en ce mois, depuis 22 ans, ils ont été :
Millim. Millim.
Maxim, de l'eau tombée... 111. Oen 1866 Maxim, de l'eau évaporée.. 74.0enl850
Minim. — ... 4. Oen 1854 Minim. — ... 6.0 en 1845
Les observations sont faites à une altitude de 245 mill. 60.
M. Garin écrit de Nanlua (Ain), le 8 avril :
A part deux autres jours de gelée et un jour de neige, le mois de mars a été assez doux, mais excessivement bumide, ainsi qu'on peut en juger par la quantité énorme de pluie qui est tombée du 6 au 29 presque sans interruption. — Naturellement c'est le vent du Sud qui a été dominant et qui a amené cette abondance d'eau.
M. Trénel écrit de Septème (Isère), le 14 avril :
Alternativement les vents du sud et de l'ouest ont duré du 12 au 29 mars, et nous ont donné des quantités considérables de pluie, le 27 les rivières ont débordé et couvert nos prairies.
Pendant cette période pluvieuse, la température s'est maintenue pendant la nuit à -\- 4°, pendant le jour à -|- 10° et le baromètre à pluie. Du 30 mars au 8 avril, vent du nord, pluies légères, 14» de chaleur; du 8 au 14, vent du nord, baromètre k beau, nuits froides, chaleur de 15° pendant le jour.
BI. Delalo écrit de Salers (Cantal), le 9 avril :
Ainsi que je le disais dans ma dernière note, une forte gelée survenue les premiers joiu's de mars a ralenti à temps la végétation un peu trop avancée. Le 4, le thermomètre marquait — 4° centigrades. Le 8, nous avons eu un orage accompagné de tonnerre, de pluie et de grêle; il a été de courte durée et n'a causé aucun dommage. La pluie est tombée pendant 15 jours et continue encore de tomber en ce moment. Le terrain est trop humide et nous souhaitons le retour des beaux jours.
M. de Lentilhac écrit de Lavallade (Dordogne), le 5 avril :
Deux phénomènes ont signalé le mois de mars : 1 " l'éclipsé de soleil du 6 ; 2° des orages. Au commencement de l'éclipsé, à 8 h. 15, le thermomètre centigrade marquait 7°, au milieu de l'éclipsé il est descendu à 2°, puis est remonté à 7° vers sa fin. Deux orages ont eu lieu les 9 et 18 mars; ik étaient accompagnés de vifs éclairs, de violents coups de tonnerre, de pluie torrentielle, de vents impétueux, ainsi que cela se manifeste dans la saison des plus fortes tempêtes.
M. Emile Dat écrit de Villasavary (Aude), le 30 mars :
Le mois de mars qui a commencé avec un temps froid et sec s'est terminé avec de fortes pluies mêlées de grêle; la commune de "Villasavary sur un rayon de 1 kil. a été couverte la 28 mars d'une couche de grêle de 15 à 18 cent, chassée par un vent de S. S. E. L'orage éclata à la jonction de deux gros nuages (cumulus) dont l'un partait du bassin de Lampy et l'autre d'Axat, c'est-à-dire des Pyrénées aux limites du département du Tarn. Avant l'orage le thermomètre exposé au nord marquait 17° centigrades, il était descendu à 8° après la grêle à laquelle a succédé une pluie torrentielle très-froide qui a duré toute la nuit. Le matin, la grêle n'avait pas encore disparu dans quelques endroits. La pluie continue toujours avec rafales de vent d'ouest.
M. Pons-Tande écrit de Mirepoix (Ariége), le 27 avril :
L'aspect général de la végétation est loin d'être satisfaisant. Peut-il en être autrement après cinq mois d'excessive humidité? Les récoltes sur pied sont claires, peu vigoureuses, et déjà envahies par une multitude d'herbes parasites que les sarclages les mieux soignés ne parviendront pas à détruire. Les cultures fourragères laissent beaucoup à désirer; les prairies naturelles seules sont dans un magnifique état de végétation; mais les luzernes, les trèfles et les esparcettes qui composent la principale provision dans nos contrées, ne donneront qu une très-médiocre première coupe. Aurons-nous une compensation dans les regains? Les travaux préparatoires aux cultures du printemps, quoique contrariés par l'humidité, sont cependant terminés. Les semailles des pommes de terre, des maïs et des haricots se font dans d'assez bonnes conditions.
M. du Peyrat écrit de Beyrie (Landes), le 1 " avril :
Il est tombé 56 mill. 75 d'épaisseur d'eau en 10 jours de pluie. 4 jours de gelées du 2 au 5 inclus. Plus basse température, le 3, —3". 40; plus haute, le 23, 21". 40 ; moyenne du mois, II'. 54, et la moyenne générale des 17 années précédentes est de 9". 36. Il y a eu 9 jours brillants de soleil et 14 jours sombres. Les vents onl régné 22 jours de la région de l'ouest et 9 jours variables.
Les observations des 16 dernières années, de 1851 à 1867, ont donné les résultats suivants : L'année 1856, la plus humide, vit plusieurs inondations. L'année 1861 fut la plus sèche; la sécheresse sévit pendant les mois d'avril, mai, juillet et août. Le tableau ci-dessous renferme, pour 1856 et 1861, le nombre de jours de pluie, la quantité d'eau tombée et la température moyenne ; il donne en outre la moyenne de ces trois éléments pour les 16 années mentionnées.
Jourà de pluie
Eau loujbée
Température moyenne
par an.
par an.
de l'année.
Millim.
Degrés.
Année 1856
Moyenne générale calculera pour les 1 ,pg g^^.l 13.5
16 dernières années de 18ol à 186i. I
Les hivers sont ordinairement fort doux et pluvieux; les vents régnent le plus souvent au sud-ouesl. Les masima de température en juillet et août sont de 30 à 35 degrés. Les minima, en décembre et janvier, sont descendus jusqu'à — 10 degrés, mais ordinairement ils ne sont que de — 4 à — b degrés. L'altilude de la station de Beyrie est de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer et de 20 à 30 mètres audessus des vallées voisines. La lalitude est de 48°. 50 et la longitude occidentale de 3°.46.
M. Guillier écrit de Nîmes (Gard), le 31 mars :
Aujourd'hui les amandes, qui ont été épargnées par le froid, sont h demigrosseur; quelques propriétaires disent en avoir une assez bonne récolte en jei-spective, cela tient sans doute à l'exposition de leur terrain; mais en général es amandes seront peu abondantes celle année. Les abricots onl été moins maltraités; il n'y a que les fruits des variétés à floraison précoce qui aient été détruits, ceux qui ont persisté sont actuellement de la grosseur d'une noisette. Presque toufe's les variétés de poiriers ont passé Oeurs, les pêchers ont terminé leur floraison dans de bonnes conditions, mais leur feuillage est atteint de cette couleur rousse de' mauvais augure qui est occasionnée par les vents glacials du nord et que l'on attribue ici aux prétendues influences de la lune. Beaucoup de variétés de cerisiers ont passé fleurs et les autres sont en pleine floraison; la plupart des variétés de pommiers sont également en fleurs; la vigne commence àmontrer ses jeunes grappes; les figuiers montrent leurs feuilles et leurs fruits rudimentaires. En général la floraison des arbres fruitiers se fait dans de bonnes conditions; l'absence de la cétoine hérissée est un fait digne de remarque ; cet insecte qui tient lieu du hanneton (qui n'existe pas ici) détruit chaque année la plus grande partie des fleurs de nos arbres fruitiers et devient ainsi la principale cause de la stérilité de ces arbres. Leur apparition se trouve retardée par suite de l'état continuel d'humidité du sol, de l'état du ciel toujours plus ou moins couvert et à cause de la fréquence du vent du nord, conditions qui, toutes, lui sont défavorables; mais il ne faudrait pas trop se hâter de chanler victoire, une seule nuit froide peut réduire à néant toutes ces belles apparences de récoltes.
M. Franc écrit de Ramatuelle (Var), le 2 avril :
Le mois de mars nous a donné six jours de pluie, les 7, 8, 14, 19, 27 et 29, aussi la végétation est-elle des plus luxuriantes. Les vignes poussent des bourgeons vigoureux; on s'apprête à faire sous peu de jours le premier soufrage. Nous avons eu le 29 un orage accompagné de grêle, de pluie et de coups de tonnerre; heureusement que la grêle était mélangée avec la pluie et n'a fait que quelques dommages insignifiants aux bourgeons des vignes et des mûriers. Nous sommes menacés par une invasion de sauterelles qui se montrent déjà sur divers points, qui attaquent et . rongent les vignes, les plantes légumineuses et l'écorce des arbres. L'année dernière déjà elles avaient fait invasion et les dommages avaient été circonscrits, mais il parait que cette année leurs ravages menacent de s'étendre de plus en plus, ce
qui n'est pas rassurant pour nos propriétaires. Nous devons celte calamité à la température exceptionnelle des deux derniers hivers. — Les vins sont calmes; il ne s'est pas fait d'achats en mars. — Le prix des blés est stationnaire.
M. le docteur Piffard écrit de Brignoles (Var), le 7 avril :
Le 29, un orage violent, accompagné de grêle et de tonnerre, a éclaté à 10 ou 12 kilomètres au nord-ouest de notre ville. Un véritable ouragan a succédé à cet orage. Depuis ce jour-là le temps est passé au sec. — Le baromètre a beaucoup varié entre 740 et 755 mill.
M. Pujol écrit de Prades (Pyrénées-Orientales), le 11 avril :
Nous avons eu pendant quelques jours un vent du nord opiniâtre, qui dessèche la terre; néanmoins nos vignes ont une assez belle apparence. Hier le vent ayant cessé, le thermomètre s'est élevé h 20° centigrades.
M. Rebaudingo écrit de Châtillon-sur-Loire (Loiret), le 21 avril :
Les quantités de chaleur et de pluie depuis le commencencement de l'année 1867 ont été supérieures aux moyennes de celle partie de l'année. Ces deux données générales étant ce qu'elles sont à l'époque avancée déjà de l'année agricole courante, les faits se passeront probablement encore tout comme ils se sont passés l'année dernière. Le calorique et la pluie amèneront encore les mêmes phénomènes atmosphériques et les résultais ou conséquences sur les recolles se répéteront encore.
M. Paganon écrit de Grenoble (Isère), le 20 avril :
La pluie a cessé pour quelques jours, elle recommence ; les blés, beaux sur les coteaux, jaunissent dans la plaine. On ne peut labourer pour les chanvres.
, M. Allard écrit de Cervières (Hautes-Alpes), le 29 avril :
iLe mois d'avril a été pluvieux et froid; petites gelées le matin et assez fortes rosées; cependant, malgré co temps inclémeut, les récoltes en général ne laissent pas que d'être belles quoique en retard. Les agriculteurs, profitant du beau temps qui règne depuis trois jours, s'occupent en ce moment de l'ensemencement de tous les grains et graines printanièras. On plante aussi les pommes de terre.
M. Gorse écrit de Tulle (Corrèze), le 29 avril :
Des pluies très-incessantes ont rendu très-difficiles les semailles de printemps. Les terres n'ont pu être préoarées, nos cultivateurs disent qu'on ensemence des prés. Il est en effet très-probable que les herbes vont dévorer ces récolles tardives et faites dans les plus mauvaises conditions. Les blés ont assez bonne apparence, mais ils sont généralement pleins d'herbes, et si les pluies continuent on espère peu de la récolle. Les seigles dans la montagne sont très-médiocres. En somme, le pays est peu rassuré sur les récoltes de l'année. Il y a fermeté sur le marché et tendance à la hausse, mais cette hausse est peu sensible. Les foires, qui avaient été très-bonnes jusqu'à ce jour, sont tombées tout à coup. La baisse est considérable et l'écoulement à peu près nul. C'est pour le pays une véritable calamité, car il ne pouvait compter que sur les ressource provenant du bétail.
M. Lamarle écrit de Sailly-Sallizel (Somme), le 25 avril :
Le temps continue ici à nous gêner considérablement : les semailles de lin n'ont pas été achevées et ne le seront pas. Il reste également beaucoup d'œillettes dans les greniers, d'où on les a tirées plusieurs fois dans l'espoir de les mettre en terre, mais toujours la pluie s'y est opposée. Les terres sont encore tout humides et l'on n'ose pas les toucher. Enfin beaucoup de cultivateurs ont dû interrompre aussi les semailles d'avoine. Les colzas sont généralement assez beaux. Les blés d'hiver poussent vigoureusement et le blé de mars a bien levé. Mais on espère le beau temps pour achever les semailles d'avoine et d'œillettes (bien tardivement) et pour faire celles de betteraves.
La quantité de neige en mars a été assez considérable partout. La pluie est tombée presque continuellement; aussi beaucoup de rivières ont-elles débordé. Quant à l'évaporation, elle a été assez faible, à
cause de la température relativement basse du mois. Voici, -pour quelques villes du nord, du centre et du midi de la France, les quantil'és d'eau tombée et d'eau évaporée dans le courant de mars ; il sera facile de voir par ce tableau l'influence de la température et la quantité de pluie tombée.
Eau tombée. Eau évaporée. Eau tombée. Eau évaporée,
millim. niillim. millim. miUim.
Lille 48.69 » Nante.s . . . . 94.50 62.00
Paris 71.96 38.54 Bordeau.x . . . 64.20 60.00
Vendôme. . . 80.40 » Alger 74.16 88.80
Dijon 110.50 18.50
Il y a eu quelques orages seulement. Les vents qui ont régné pendant tout le mois ont été peu violents. Le ciel a été souvent couvert.
J.-A. Barral.
LOGOMOBILE GÉRARD.
La locomobile que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs dans le dessin ci-conlre (lig. 32), sort des ateliers de M. Gérard, de Vierzon (Cher). Tous les agriculteurs connaissent cette importante maison, qui marche de pair avec nos premiers constructeurs français, les Cail, les Albaret,les Durenne,les Cumming,et dont les appareils remportent chaque année, dans les concours régionaux, les récompenses les plus élevées. A Châteauroux, l'année dernière, les locomojjiles de M. Gérard ont obtenu une médaille d'argent, et il y a deux ans, au 3[ans, une médaille d'or.
Ces machines, dont la construction solide n'exclut pas la légèreté et une certaine élégance de formes, sont à chaudière tubulaire à tubes en cuivre. Le foyer est surmonté d'un dôme qui permet d'employer la vapeur bien sèche; le cylindre est très -rapproché de ce dôme; il n'y a donc que peu de distance entre la prise de vapeur et l'introduction, ce qui annule encore une cause de condensation. L'échappement, disposé sous le cylindre, passe dans le bâti et va déboucher dans la cheminée, pour activer le tirage.
Le régulateur de la locomobile Gérard est dit régulateur à boules breveté. C'est le pendule de Watt, auquel on a ajouté une sphère pleine au bas de la tige mobile, et un contre-poids variable le long d'une tige perpendiculaire à la première. L'action du régulateur sur la valve d'introduction est ainsi rendue plus sensible; la marche de la machine est, par suite, exactement réglée, quel que soit l'effort qu'on lui demande, sans que le mécanicien ait à s'occuper d'un autre soin que de maintenir son manomètre à la pression convenable.
Le bâti est complètement indépendant du corps de chaudière ; cette excellente disposition empêche les effets de la dilatation ou de la contraction dissemblables dans des métaux différents, qui provoquent la rupture des rivets ou le faussage de certaines pièces. En un mot, le mécanisme moteur constitue une machine à part qui peut s'enlever de dessus la chaudière, et cette manœuvre ne nécessite d'autre travail que le dévissage de quelques écrous. Deux grands volants-poulies équilibrent la force émise sans fatigue pour le moteur.