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LOCOMOBILE GÉRARD

Les locomobiles Gérard, comme le montre notre dessin, sont pourvues de tous les appareils accessoires propres à les rendre aussi agricoles que possible, c'est-à-dire n'exigeant pas trop de soins minutienx. Elles fonctionnent régulièrement, et l'on peut les comparer à ces bons

et rob ustes chevaux percherons, qui joignent à la force une légèreté relative et fournissent ainsi tant d'utile travail.

Le prix des locomobiles Gérard est de 2,650 fr. pour une force de trois chevaux, de 3,600 fr. pour une force de quatre chevaux, et de 5,300 fr. pour celle de six chevaux.

A. Ferlet.

LIBLIOGRAPIIIE AGRICOLE.

llisloire lies paysans depuis la fin du moyen âge jusqu'à nns jours, par M. Eugène Bonnemère. 2 vol. ia-8 lie 550 pages cliacun, chez F. Chimerot, 13, rue du Jardinet. — Pri.i: : 14 fr.

Le livre de M. Eugène Bonnemère est une œuvre courageuse. Bien que son succès soit aujourd'hui incontesté et que l'appréciation des gens sérieux lui ait été favorable, nous ne trouvons pas qu'on ait rendu pleine et entière justice au mérite de l'auteur. Nous voulons recommander une fois de plus dans ce journal, qui travaille sans cesse à l'amélioration des classes agricoles, et qui met en lumière toutes les tendances nouvelles , l'historien des paysans.

C'est une histoire douloureuse, pour ne pas dire un long martyre, que celle de nos campagnards. Depuis le jour où ils sont nés avec celte terre, leur berceau, l'objet de leur amour et leur tombeau, jusqu'au moment où, se réveillant sous l'insulte du moraliste La Bruyère, ils ont revendiqué leur titre d'hommes, leurs souffrances ont été terribles et cachées. Il n'est pas possilde de fixer à une date précise le commencement de l'histoire du paysan français. M. Eugène Bonnemère relate dans une introduction très-nourrie de faits et de détails empruntés aux anciens auteurs, le sort successif des habitants de la Gaule depuis l'an 50 avant Jésus-Christ jusqu'à l'an 1200 de l'ère chrétienne, époque à hiquelle le sentiment de 1 individualisme s'éveille enfin dans le camp de la population agricole de la France.

L'œuvre de M. Bonnemère comprend deux volumes divisés chacun en six livres subdivisés en cliapitres. Vous ne pourrez pas parcourir, sans en éprouver comme un frémissement nerveux, les phases différentes de ce drame pénible que notre collaborateur a décrit parfois avec une éloquente indignation. Au treizième siècle, l'esclavage le plus rigoureux règne partout. Le serf est dépossédé de tout et de lui-même. Chaque seigneur est maître absolu sur ses terres, comme l'a si énergiquement exprimé M. Granier de Cassagnac; il frappait, vendait, mettait à mort ses esclaves, sans qu'aucune justice pût appeler de sa volonté. Au quatorzième siècle, l'influence féconde des légistes naît et grandit. Malgré la détresse excessive qui vient accabler les campagnes, le progrès a fait des siennes. Le paysan s'est senti quelque chose; il n'est plus serf, bien qu'il soit encore sous la domination absolue du seigneur. Aux quinzième, seizième et dix-septième siècles, bien que les impôts, les famines, les guerres, viennent s'abattre, comme des oiseaux de proie, sur les campagnes, le mouvement a été immense. Encore un pas, et le paysan sera un homme comme les autres.

Mais depuis le grand dénoûment du dix-huitième siècle, que de déceptions, que de souffrances encore et que de misères! Les lenteurs du progrès, sans cesse arrêté par l'ignorance, mère de tous vices, n'ont pu être vaincues par les hommes de bien qui veulent régénérer le monde par l'agriculture.

M. Eugène Bonnemère expose dans la dernière partie de son ouvrage la vie privée des paysans et la situation actuelle des campagnes. Il passe en revue les dilïérents types de cultivateurs. Le paysan proprié-

taire, le paysan fermier, le paysan prolétaire, sont tour à tour l'objet de ses études et de ses réflexions. Il leur reconnaît des qualités immenses, des défauts exagérément enracinés, et chez tous un amour trop profond et trop égoïste de la terre, amour qui existe aux dépens de leurs intérêts et de l'amélioration des cultures. Il avoue ensuite, et dans plusieurs chapitres très-vifs et très-justes, que personne ne fait assez pour le paysan, à commencer par le grand propriétaire foncier qui emporte avec lui dans les villes toute la fortune. Nous conseillons aux lecteurs curieux de connaître le paysan français sur toutes ses faces, de lire cette œuvre consciencieuse. Ils savent que nous ne recommandons que les livres qui ont quelque valeur. Celui-ci est au premier rang. M. Eugène Bonnemère a le mérite d'avoir montré le chemin. Depuis, nous avons eu d'autres ouvrages inspirés d'après celui-ci, quoique faits sur des plans nouveaux et plus spécialement sur quelques pai'ties de cette histoire, seulement efûeuréqs par notre collaborateur. Nos lecteurs connaissent lexistence des travaux de MM. Henry Doniol, Dareste de la Chavanne, etc., et ont accueilli ces belles études comme elles le méritaient. M. Eugène Bonnemère a vécu et travaillé pendant sept ans comme un bénédictin, s'entourant des documents les plus précieux, allant étudier sur le sol même, l'homme de la terre, et s'inspirant des coutumes, des passions, des douleurs, des légendes, des souvenirs des paysans de chaque pays.

Notre Pays, par M. Jules Ddval, 1 vol. de 325 pages. Chez L. Hachette et Oie, 77, boulevard

Saint-Germain. — Prix : 1 franc.

Notre pays ! — Quel Français peut se vanter de connaître son pays? Bien peu de gens, et surtout de jeunes gens, ont su, les uns dans le courant de leurs études à peine terminées, les autres dans le cours de leur vie, acquérir une notion intime et parfaite de la richesse et de la beauté infinies du grand pays qu'ils ont l'honneur d'habiter. Connais-toi toi-même, cependant, disait Socrate à son disciple favori. Ce conseil de la sagesse antique, rapporté à propos par M. Jules Duval, était mis plus en pratique par les anciens que par nous autres modernes. Cependant, comme dit l'éminent directeur de VÉconomiste français, sur le seuil de son livre, la sagesse et la science actuelle le répètent de nos jours à l'homme et au citoyen. M. Jules Duval a trouvé avec raison que cette parole n'était point assez entendue, et il est venu ajouter l'appui de son expérience et de son patriotisme à l'exemple transmis par la philosophie antique à l'indifférence présente de nos compatriotes.

En effet, pour le citoyen, la connaissance de lui-même consiste dans la connaissance exacte de son pays. Nous ne parlons pas ici de l'homme dont la connaissance de lui-même s'entend des qualités de son àine et des fonctions de son corps. Le livre que vient de publier M. Jules Duval, composé et écrit sur le plan choisi par l'auteur, n'était pas encore fait. Ne croyez pas que Noire pays soit simplement un Trailé de géographie, comme il en pullule dans nos lycées et dans nos écoles. Ce n'est pas non plus une statistique, nomenclature aride donnant sèchement des chiffres sur le mouvement de la population en France. Ce n'e.st pas encore une œuvre doctrinale montrant, sous un aspect particulier et sombre, l'avenir de notre pays inquiet et tourmenté par les aspirations d'un progrès lent dans certaines couches d'en bas de la société, violent

dans les couches supérieures. C'est un livre calme, souriant et digne comme le sentiment qui l'a inspiré, et du savant qui l'a écrit, et du pays qui l'a produit.

C'est une œuvre didactique, appelée à devenir classique, dans le bon sens du mot, et à rendre service autant à la grande classe agricole qu'au reste de la nation.

Ce livre se divise de lui-même en plusieurs parties. La première est consacrée à la description géographique de la France; elle est trèsintelligemment et très-clairement composée. M. Jules Duval s'est servi des meilleurs documents, et il a su y mettre un ordre remarquable et une méthode peu commune aux ouvrages de ce genre. La seconde partie fait connaître les natures si diverses des sols agricoles, forestiers, industriels. La troisième décrit tous les animaux domestiques qui peuplent la France. La quatrième est très-developpée; elle est toute agricole et s'applique à donner au lecteur des idées exactes sur tous les genres de culture. La cinquième est industrielle. La sixième s'occupe des Irivaux publics, du commerce et de la navigation, et la septième de l'organisation politique et économique de la France.

La netteté du style, l'ingéniosité des aperçus, la grandeur du sujet et les notions que tout homme doit posséder, et que renferme ce livre, en font un volume indispensable à tout bon citoyen, agriculteur, ouvrier, soldat ou bourgeois, qui sait bien placer sa vanité et qui veut connaître son pays.

Des services que rendraient en ce moment des bcmques d'avances dans tous les cantons de France, par M. A. Rey-Lescure, 1 brochure in-12 de 14 pages. Chez Lacroix et Verboeckhoven et Cie, 15, boulevard Montmartre. Paris. — Prix : 60 centimes. Se vend au profit des inondés.

Cette brochure est une réponse détaillée et probante à la dix-neuvième question ainsi conçue du Questionnaire de l'enquête agricole :

« Dans le cas où la situation actuelle du crédit agricole serait considérée comme défectueuse, par quels moyens et par quelles modifications à la législation existante serait-il possible de l'améliorer? »

Les moyens d'amélioration présentés par l'auteur sont : 1° la généralisation rapide des caisses d'épargne, de dépôt et de comptes courants; 2° la création d'un syndicat des notaires autorisés à faire la banque sous certaines garanties, surtout si la loi de 1807 vient à être rapportée; 3° la vulgarisation des titres à coupon à échéance commune et trimestrielle , qui rendra les services meilleurs , plus sûrs et moins chers; 4° la réduction à 20 centimes pour 100 des droits d'enregistrement d'obligation et de libération; 5° la révision des lois hypothécaires, civiles et cadastrales qui sont devenues une gêne pour l'essor de la propriété et de la production agricole ; G° l'introduction dans la future loi sur l'enregistrement de certaines réductions et de certaines dispositions plus en harmonie avec le développement et les besoins nouveaux de spéculation de la fortune mobilière.

Le succès, selon M. Rey-Lescure, est au bout des créations qu'il demande. Le crédit agricole doit être fondé sur un pied large; il a pour le faire réussir 24 millions d'intéressés. On a vu des réussites qui n'avaient pas une pareille clientèle.

Notions d'agriculture à l'usage des écoles rurales et des campagnes, par M. R. Guillemot, professeur d'agriculture du département des Deux-Sèvres. I vol. in-32, 210 pages avec gravures, chez Robin et L. Favre , imprimeurs-éditeurs à Niort. — Prix :^70 centimes.

L'instruction agricole est l'objet aujourd'hui d'un mouvement trèsprononcé qui ira toujours en augmentant. Nous aimons à voir les dévouements les plus obscurs, comme les plus éclatants, se passionner pour la grande cause de l'agriculture. Ce ne sont pas seulement aujourd'hui les gens de cabinet et les théoriciens qui font des livres pour l'enseignement des classes de la campagne. Tous ceux qui ont acquis leur expérience et leur science à l'usure d'une rude pratique, veulent répandre, par l'enseignement oral et écrit, les lumières qui conduiront l'agriculture au progrès le plus achevé.

M. R. Guillemot, ancien élève et répétiteur à l'École de Grand-Jouan, actuellement professeur à TEcoIe normale de Parthenay, vient de publier un excellent petit livre à l'usage des écoles rurales et des campagnes.

Cet ouvrage est le fruit de ce mouvement décisif qui s'est fait dans les esprits depuis quelque temps. Destiné à servir d'A B C agricole aux enfants de nos villages, il a toute la clarté d'un traité qui est mis à la portée des jeunes intelligences. En outre, il renferme des notions qui, non-seulement devront leur servir dans la pratique des choses, mais qui encore donneront aux enfants la clef des livres qu'ils pourront consulter plus tard avec fruit, grâce à cette bonne instruction primaire. M. Guillemot dédie son livre à M. le général Allard, qui est un de ces grands exemples de dévouement et de services rendus à l'agriculture par les hommes d'État et les classes éclairées de la société.

Georges Barral.

Traité d'Hippologie, par M. Vul, clievalier de la Légion d'honneur.

Il serait curieux de compter le nombre des ouvrages écrits sur le cheval depuis Xénophon; devant cette quantité de volumes, on serait tout porté à croire que cette question est entièrement épuisée, et que l'on ne peut plus maintenant que répéter des vérités déjà trop souvent annoncées. Il n'en est rien pourtant, la connaissance du cheval, comme toutes choses du reste, a progressé, elle s'est étendue, et en perfectionnant les races, on a voulu aussi perfectionner les moyens de les élever et de les diriger. Les personnes qui aiment le cheval et qui s'en occupent, recherchent avant tout autre livre, un guide qui les. instruit sans les faire entrer de suite dans la science approfondie, un vade mecum qui les initie aux différentes questions élémentaires de l'hygiène et de la nourriture, qui leur démontre la structure de l'animal et sa mise en mouvement, qui, en un mot, leur résume tout ce que l'on doit savoir. Un traité trop théorique ne touche que des points déterminés et ne s'adresse qu'aux initiés, un livre trop élémentaire laisse souvent l'esprit dans le doute. Il faut donc se tenir dans un juste milieu, être savant sans être diffus, être concis tout en instruisant. 11 nous est tombé sous les yeux, il y a quelques jours, un traité d'hippologie qui réunit ces deux conditions; il est signé par un homme qui a passé sa vie au milieu des chevaux, qui les connaît, qui les aime et qui les peint en juge sincère. La description des dents et l'étude de l'âge sont

simplifiées par des gravures qui aident encore une explication donnée avec un rare talent ; la question des tares, celle des signalements et des robes forment des chapitres très-intéressants. Enfin l'auteur a ajouté un formulaire des principales médications que l'on peut employer pour les maladies ou accidents simples.

Tout ce qui a rap))ort à l'étude, la connaissance et l'hygiène du cheval est traité d'une façon claire et instructive; il serait donc à désirer que le succès de cet ouvrage puisse décider son auteur à aborder maintenant les questions délicates de l'art hippique souvent indécises.

JOLEAUD.

COURRIER DE RELGIQUE.

Bruxelles, 29 avril 1867.

Je commence mon courrier par une bonne nouvelle : l'amélioration de l'état sanitaire du bétail continue à se soutenir en Hollande. De 783, chiffre de la semaine qui s'est écoulée du 31 mars au 6 avril, le nombre des cas nouveaux est tombé à 761 pendant la huitaine suivante. Depuis l'origine la maladie, il y a eu en Hollande: 155,140 malades; 77,453 morts; 32,425 abattus; 50,952 guéris. Au 13 avril, il survivait 658 animaux infectés. La première chambre a voté à l'unanimité la loi qui donne au gouvernement les pouvoirs nécessaires pour détruire les maladies par l'abatage général du bétail atteint. Cette loi va être appliquée immédiatement. La maladie vient de reparatre à Anvers, dans l'étable d'un petit nourrisseur, dont il a fallu sacrifier le bétail , composé de trois bêtes. C'est la vingtième irruption que l'épizootie fait dans l'agglomération anversoise. En Angleterre, il n'y a plus de cas de peste bovine.

Le conseil d'administration de la Société agricole du Brabant a tenu sa séance, le 24 avril dernier, sous la présidence de M. Tremouroux, vice-président. Toutes les sections étaient représentées, sauf celles d'Assche, de Diest et cle Wavre; il a été question de l'exposition que compte donner la section de Louvain, à l'occasion de la visite du roi dans le courant du mois de septembre. Cette exposition comprendrait tous les produits de l'agriculture, les races bovine, porcine, chevaline, caprine, les instruments aratoires, les fleurs, les fruits, les légumes. Après la séance du conseil d'administration ont eu lieu l'assemblée générale et le banquet annuel, où il a été question de la culture de la betterave, de la peste bovine, de l'échange des propriétés rurales.

Le marché pour tous les grains reste maintenu en bonne position, et la demande continue régulière. Eu froment, les affaires ont comporté pour les besoins courants de la consommation. On a payé pour froment roux de Stettin, 35 fr. 25 à 36 fr. 75; pour celui du Holstein et du Danemarck, 35 fr. 25 à 36 fr. 75; pour celui de Wolgast, 37 fr. 50, et pour celui des Polders, 35 fr. 50 à 35 fr. 75. Les seigles sont trèsfermes; l'indigène a valu 2 3 fr. 25 à 23 fr. 50 pour 100 kilog. On a payé, pour seigle Nicolaïef, 23 fr. 50, entrepôt. Les orges sont très-fermes; en disponible, on a traité quelques parties. Avoines fermes; les indigènes ont été payées 22 fr. les 100 kilog. EuG. BouRSON.

REVUE GOMMERCIA.LE (deuxième quinzaine d'avril).

Céréales et farines. — L'i hausse sur les céréales et les farines s'est accentuée depuis la première d'avril. Les pluies, qui ont été continuelles presque partout, ont entravé l'alimentation des marchés des départements et encouragé l'élévation des prix. A Paris, la hausse a été moins significative, et elle a subi des oscillations. Les blés blancs de choix ont atteint 38 fr. 33 ; ceux de l" qualité 37 fr. 50; ceux de 2" qualité 36 fr. et ceux de 3' qualité 33 fr. Les avoines se sont relevées. Les premières qualités ont repris le pri'x de 24 fr., celles de choix ont même dépassé 25 fr. et les qualités inférieures n'ont pas été plus bas que 23 fr. — Le tout par quintal.

Les affaires enfarinés ont été actives malgré l'augmentation des prix. Les mar-

chés n'ont été fournis qu'au fur et h. mesure des demandes qui se sont succédé rapidement. La boulangerie a fait des achats importants à Paris, et, par suite, les boulangers des départements se sont empressés d'augmenter leur approvisionnement. Dans presque toutes les régions de la France, les transactions en farines se sont effectuées à des prix en hausse ; les moyennes pour les céréales que nous rapportons dans le tableau suivant prouvent le mouvement vers la hausse qui distingue la fin d'avril de la fin de mars.

BLÉ AU QUINTAL

,- — PRIX MOYEN DU QUINTAL

Prix Sur la quinz. préc. , — — -^ — m

Régions. moyens. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. Avoine.

— fr. fr. fr. h: fr. fr.

Nord-ouest 34.10 0.42 » 20.79 20.61 21.04

Nord 34.23 0.90 " 2109 21.92 21.24

Nord-est 33 34 0.40 « 21.93 21.54 20.30

Ouest 34.03 0.52 » 22.36 21.77 22 33

Centre 34.16 0.29 -/ 21.73 21.74 21.55

Est 33.25 0.48 » 21.73 21.38 20.39

Sud-ouest 34.38 0.29 » 20.10 21.02 23.17

Sud 34. .52 1.43 « 21.20 20.18 21.17

Sud-est 32.35 0.23 « 19.79 19.87 21.65

Moyennes 33.82 '' « 21.19 21.11 21.43

Moyennes de la quinzaine précédente.... 33.24 " // 31.16 21.22 21.56 Sur la 15°" j Hausse.. . 0.58 » " 0.03 " » précédente. {B3.isse « « » « 0.11 0.13

Le marché des grains de l'Angleterre a été richement approvisionné par l'exportation étrangère dans la dernière quinzaine, le blé d'Esse.x et de Kent était en trèspetite quantité, mais les sacs qui ont été livrés offraient une qualité exceptionnelle. Le hlé étranger était également de qualité supérieure. Il est résulté de toutes ces conditions que les prix se .sont maintenus et que les affaires ne se sont pas faites avec cette activité qu'on était eu droit d'espérer. Le dernier marché avait attiré un déplacement inusité de blé de l'Amérique, de l'Espagne, de la France et de la Russie Les orges et les avoines n'ont rien présenté d'extraordinaire. Il faut remarquer néanmoins que les comtés de l'Angleterre ne fournissent pas aux demandes de la consommation, et que, pour ces derniers produits, le secours de l'importation étrangère est indispensable à nos voisins d'outre-]\Ianche. Le prix des trèfles est trèsélevé. A Newcastle , le marché a été ferme. Il a d'ailleurs élé ralenti dans les derniers jours par l'apparition de pluies abondantes. Il en est de même pour Cork, Dalkeith, Haddington et Norwich, dont les marchés ne présentent pas d'autre physionomie que celle du marché de Londres, dont ils n'ont pas eu toutefois l'animation pendant la dernière quinzaine.

Alcools, vins, eaux-de-vie. — Dans le Nord, grâce aux pluies continuelles de la quinzaine, les trois-six ont subi un mouvement de hausse assez marqué. Le disponible et le courant du mois ont d'abord atteint 61 fr. pour s'élever à 63 et &k fr. 50, chiffre qu'ils ont conservé jusqu'à ce jour. Dans le Midi, les trois-six ont oscillé, suivant les régions, entre 73 et 90 fr. Pour les eaux-de-vie, dans les pays de production comme dans les centres de consommation, on a conclu peu d'affaires. Paris est la seule ville où, en vue des étrangers qui commencent à affluer, le commerce de détail s'est abondamment approvisionné.

Les vins n'ont pas eu le même mouvement que les eaux-de-vie. Dans les vignobles, on a été inondé pendant toute la quinzaine. Quelques travaux déjà en retard ont dû encore être délaissés et ce n'est que depuis les 29 e' 30 avril, époque à laquelle le soleil est revenu un peu partout, que l'activité a repris. Les vins nouveaux ont enfin trouvé quelques débouchés dans le Midi, dans le centre, en Bourgogne et dans la Moselle. Pour les vieux vins, la situation n'a pas changé.

Huiles et graines oléagineuses. — Les huiles de colza ont trouvé dans le mauvais temps qui commençait à nuire à la belle végétation des colzas en terre, une cause de hausse. Mais ce mouvement s'est arrêté avec le retour du soleil et les ,prix sont redescendus. Le disponible et le courant du mois, amenés un moment au prix de 94 fr., sont revenus à celui de 93 et 92 fr. Les huiles de lin n'ont pas subi les mêmes variations et nous les avons toujours vues aux alentours de 98 et 99 fr.

Les nouvelles que nous recevons au dernier moment des colzas en terre ne sont pas satisfaisantes. L'humidité est grande dans les champs et beaucoups de plants

sont flétris. Mais le beau temps peut redonner la vie et l'énergie à tout cela et les espérances conçues par la culture sont loin d'être perdues sans rémission.

Sucres. — Les sucres n'ont pas donné lieu à de grandes affaires pendant cette quinzaine. Les sucres bruts indigènes se sont cotés en moyenne à 52 fr. Le livrable sur mai et sur juin a monté jusqu'à 54 fr. Les sucres raffinés ont été encore plus faiblement tenus. Le commerce de gros n'a pas fait d'achat; le stock est toujours encombré, et comme le détail n'a pas acheté non plus, il s'en suit des prix très-bas. Ils ont varié selon les qualités entre 22 et 25 fr. sans pouvoir atteindre un chiffre plus élevé. Le tout par cent kilogrammes.

Suifs. — Les suifs de bouciierie se sont un peu relevés à Paris. Les bonnes qualités se sont vendues 113 fr. dans l'intérieur de la ville et 106 fr. à l'extérieur. Les courtiers, comme toujours, ont fait plus d'aclials que les particuliers, et c'est ainsi qu'ils rendent les prix à peu près slationnaires. La chandelle a oscillé dans Pai'is entre 128 et 132 fr. L'oléine s'est vendue au dehors 94 et la stéarine 177 fr. 50. — Le tout par quintal.

Laines. — Les laines étrangères n'ont pas eu d'arrivages importants soit au Havre, soit à Marseille, et les prix n'ont pas augmenté pour les laines non vendues pendant la quinzaine précédente ; dans nos départements, on va se préparer à exécuter les tonnes. Plusieurs marchés importants ont déjà été passés avec les moutonniers du Ghâtillonnais, de Seine-el-Marne et de l'Indre. On pense que les prix seront en hausse, pour la laine en suint, sur le prix de l'an dernier.

Bestiaux. — Depuis le concours de Poissy, la vente des bestiaux sur le marché a été calme avec peu de tendance à la baisse. A Sceaux les moutons et les porcs se sont bien vendus ; mais les prix sur les bœufs, les vaches et les veaux ont fléchi brusquement, vers la fin d'avril.

Sur les marchés de nos départements les prix ont été stationnaires pour le nord sur toutes les espèces; dans le centre, les marchés ont été peu fournis et les prix peu élevés; dans le midi, le mouvement des ventes s'est accéléré dans les grands centres de population et nous avons à constater des prix assez fcrts sur les gros bestiaux, prix qui ont varié depuis 140 fr. jusqu'à 600 et 700 fr., selon la nature et le sexe des animaux.

Le mouvement général d'importation du bétail pendant la dernière quinzaine, à Londres, porte le nombre des animaux amenés à environ 7,000. Ce nombre était l'année dernière, à pareille époque, de plus de 34,000; en 1864 il n'était que de 9,000 et en 1865 de 4,000 environ.

La vente s'est faite avec activité, mais elle a subi vers la fin des oscillations qui ont amené en dernière analyse une baisse notable. On n'a pas remarqué que l'importation allemande se soit ralentie. Nous trouvons en effet que Brème et Hambourg ont continué le cours de leurs envois. Les comtés de Norfolk, Suffolk, Essex, et Cambridgashire ont envoyé environ 300 têtes de bétail. A Liverpool les moutons ont été vendus en abondance et le prix en a par conséquent baissé, relativement au taux de la quinzaine précédente, A Glascow, au contraire, c'est le gros bétail qui dominait dans le marché : on sentait à peine la gêne apjiortée dans les affaires par les restrictions du Conseil privé, relatives à la circulation intérieure des bêtes à cornes. A Dublin le marché a présenté un caractère inusité; les affaires ne se faisaient bien, ni pour le bœuf, ni pour le mouton; les incertitudes de l'atmosphère s'étaient ajoutées à l'anxiété des esprits pour rendre le marché aussi peu animé que possible. Georges Barral.

PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES (i« quinz. d'avril).

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