I. — Le typhus des bêles à cornes
Tandis qu'il nous arrivait des nouvelles de plus en plus rassurantes sur la situation du typhus des bêtes à cornes en Hollande, nous apprenions d'un autre côté que l'épizootie avait fait invasion dans plusieurs parties de l'Allemagne. Voici notamment ce que nous écrivait des environs de Sairbruck, à la date du 1 1 mai, un de nos correspondants, M. Ritter : « La peste bovine a éclaté dans la vieille Bavière. On prend les mesures les plus sévères pour arrêter ses progrès. On croit qu'elle a été apportée par des wagons qui avaient servi à transporter des bœufs de la Hongrie. Daus la Bavièie rhénane l'état sanitaire du bétail est toujours excellent; mais quand on voit avec quelle facilité le virus contagieux peut être transporté, on ne peu-t pas être sans inquiétude. » Le Moniteur du. 17 mai est venu malheureusement corroborer ces renseignements en publiant l'avis suivant :
« Des cas de typhus contagieux des bêtes à cornes venant de se déclarer dans phisieurs contrées de l'Allemagne, et particulièrement à Francfort, ie ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics a interdit, par un arrêté du 15 mai courant, l'entrée et le transit en France, des animaux de l'ordre des ruminants, ainsi que des cuirs frais et autres débris frais, comprenant les viandes dépecées des mêmes animaux sur toute la ligne de la frontière française, depuis Lauterbourg jusqu'au département de la Savoie inclusivement.
a La même défense est déjà appliquée, en vertu d'un arrêté pf-écédent, à l'importation des mêmes animaux et des mêmes débris provenart de la Bavière et de la Prusse rhénanes, de la Belgique, de la Hollande et de la Grande-Bretagne, i
L'administration de l'agriculture, comme on le voit, veille avec une grande sollicitude. Il n'est pas possible de s'abandonner encore complètement à l'espoir que nous échapperons entièrement à un fléau qui est si près de nous. Néanmoins la Grande-Bretagne paraît aujourd'hui plongée daas une grande sécurité. En effet, les journaux anglais qui, il y a quelques mois encore, publiaient avec de nombreux détails la statistique du cattle-plague, ne consacrent aujourd'hui à cette épizootie que quelques lignes. On peut, en etTet, considérer la maladie comme éteinte : c'est à peine s'il apparaît sur quelques points isolés un accès de cattle-plague. Il n'y a pas d'infection et la maladie s'arrête où elle a pris naissance. Doit-on attribuer ce résultat à l'énergie des mesures adoptées par le Conseil privé de la reine et à l'activité des inspecteur.-,
To ne H de 1867. — 20 mai. 12
OU doit-on en rapporter la cause là la décroissance de l'activité morbide du typhus? La question n'est pas encore décidée; toutefois la seconde explication semble plus probable, pour celui qui veut se rappeler avec quelle invincible rigueur l'infection s'étendait primitivement en déliant toutes les précautions et toutes les mesures, au point qu'un journal agricole anglais pouvait écrire au plus fort de la crise : « Nous ne savons plus que faire : le cattle-plague s'arrêtera quand il voudra.» Quoi qu'il en soit, on sait que cette épizootie a coûté à l'Angleterre depuis le début 252,902 têtes de bétail, et qu'il faut encore ajouter à cet énorme déficit la perte de 27,703 bêtes à cornes qui ontété abattues par mesure de précaution, sur l'ordre des inspecteurs.