II. — Sur la siluaHon sanitaire de l'espèce ovine
Dans beaucoup de localités on craint de voir le typhus s'étendre de l'espèce bovine aux bêtes à laine. Dans un assez grand nombre de cas on a, par mesure de prudence, sacrifié des troupeaux. Il n'est pas encore bien certain que des moutons aient été vraiment atteints du fléau typhoïde; mais on cite beaucoup de cas ou l'espèce ovine a paru atteinte de maladies inusitées.
Dans l'est de l'Angleterre, particulièrement dans le Dorsetshire et le Sommersetshire, on a l'habitude de tondre les moutons que vers l'automne et même en novembre. Dans les saisons ordinaires l'hiver n'est pas rigoureux pour les agneaux de l'Angleterre ; mais dans l'année qui vient de s'écouler, la mortalité a régné d'une manière trèsétendue à l'apparition des derniers froids et à obligé les agriculteurs à retarder la tonte. C'est à cette circonstance et aux opérations auxquelles on a dû recourir que l'on rapporte l'augmentation de la mortalité. Un propriétaire du Dorsetshire, propriétaire d'une riche riche exploitation ovine, écrit au Gardeners" Chronicle qu'il a perdu 50 têtes dé bétail sur une bergerie de 250. Ce cas n'est pas le seul et l'on s'est demandé à quelle cause on devait rattacher le désastre. On a pensé, en premier lieu, qu'il fallait l'attribuer à la sophistication des produits employés comme stimulants et détergents dans le lavage et après la tonde de ces agneaux. On sait que l'on emploie spécialement, dans l'ouest de l'Angleterre, une solution d'acétate de cuivre, le vert-de-gris et que des droguistes sans scrupules substituent assez volontiers le sulfate de cuivre, dont le prix est beaucoup moins élevé. Le rédacteur du Gardeners' Chronicle ne sait pas en quoi un pareil mélange peut être préjudiciable, mais il croit légitime l'explication qui en a été donnée et qui semble reposer sur ces expériences positives. Il recommande, en conséquence, aux agriculteurs de s'assurer avec soin de la pureté de leurs produits. Dans tous les cas, l'observation a démontré que pour les sujets atteints de cette singulière affection, un traitement émoilient, des fermentations tiédes et l'administration d'une petite dose de chlorure de zinc, constituaient Je traitement qui avait le mieux réussi.
11 est donc permis de considérer cette mortalité excessive non pas comme le résultat d'une nwladie infectueuse nouvelle qui sévirait sur le petit bétail comme !e cutlle-plaguesur les bêtes à corne, mais comme un accident d'intositation tout à fait accessoire et dont les journaux
CHRONIQUE AGRICOLE (première' QUINZAINE DE MA.I 18d7). 299
allemands s'étaient exagéré l'importance. En effet, si dans la plupart des cas la maladie s'est annoncée avec des symptômes identiques, ces symptômes ne se sont manifestés que sous l'i-ifluence de sophistications qui ont été signalées. L'influence d'ailleurs a cédé au pacage des bêles atteintes dans un pâturage riche et assez sec et à l'administration du selmar'n et du nitre. Un correspondant du Gardeners Chronide annonce que son troupeau a été épargné par l'exécution rigoureuse de ces précautions.