V. — Expositions et concours agricoles
La série des concours ouverts à l'île de Billancourt se continue sans interruption. .Après l'exposition des races bovines laitières à laquelle était consacrée la première quinzaine de mai (voir plus loin, pau;e 3 1 5, le compte rendu de M. de la Morvonnais) vient, pendant la seconde quinzaine de mai, celle des races ovines à laine. En ce moment les stalles de Billancourt sont garnies de béliers et de brebis mérinos venus de tous les po'uts de la France, et l'on nous dit que ce concours sera nombreux et des plus intéressants. Pendant cette mêiPe période du 16 mai au r'' juin, la ferme impériale de Pouilleuse doit être le théâtre des concours de faucheuses, faneuses, râteaux et autres appareils propres à la fenaison, au bottelage, à la compression et à la conservation du foin.
Nous croyons utile d'avertir dès aujourd'hui les agriculleurs que la première quinzaine de juin sera consacrée à une exposition de reproducteurs des races chevalines de trait. Il est encore temps, croyonsnous, d'adresser à la Commission impériale des demandes d'admisfion
pour ce concours; mais il est urgent de se presser. Les récompenses affectées aux plus beaux étalons et à nos meilleures juments sont assez importantes pour exciter l'émulation des agriculteurs, et d'ailleurs, à la fin de la quinzaine, ils ont toutes les chances possibles de trouver à vendre leurs animaux. Au concours des espèces chevalines de trait, sera joint à la même époque un concours de maréchalerie, puis en même temps commencera l'examen des spécimens d'établissements ruraux. Nous avons déjà dit que plusieurs de nos correspondants doivent prendre part à cet intéressant concours. M. Victor Châtel nous annonce, de son côté, qu'il se propose d'entreprendre à Billancourt une série d'expériences comparatives les plus variées sur la culture des pommes de terre, sur le brome de Schrader repiqué au printemps, sur la culture de la moutarde blanche en mai, juin, juillet et août, sur les semis tardifs des céréales en mai, juin et juillet, sur les maladies des céréales et sur les insectes nuisibles aux plantes de grande culture et aux fruits. Nous engageons nos lecteurs à ne pas oublier, dans leurs visites à Billancourt, ces tentatives utiles et dignes d'encouragement.
Dans son dernier compte rendu du concours de charrues de Billancourt, M. de la Morvonnais a oublié de signaler la charrue trisoc de M. Casanova. A ce sujet, notre collaborateur nous demande d'insérer la rectification suivante.
« Paris, le 10 mai, « A Monsieur J. Casanova,
« On me communique, monsieur, vos observations au sujet de l'essai de votre excellente charrue trisoc. Je n'en avais pas besoin pour savoir qu'elle doit rendre de très-grands services dans les terres légères, et qu'elle en a rendu de nombreux dans le Berry. En la voyant fonctionner, bien que dans un herbage de quinze ans peut-être, je me suis tourné vers l'un de mes voisins qui paraissait s'y connaîire, et lui ai dit : « .\h ! si ou me permettait de descendre cent pas plus bas, il me semble « qu'on ferait avec cet instrument-là un surprenant travail. » D'ailleurs, convenons-en, elle était mal attelée comme les autres, et celle de l'abbé Didelot, dont le mérite est de se régler d'elle-même, n'a pas pu se régler avec l'aide du vaillant abbé qui s'est mis entre les mancherons.
c Qu'aije dit sur les essais de charrues à Billancourt qui ne dût être approuvé par un praticien? Les charrues valent suivant les terrains et les destinations qui leur sont réservés. L'histoire du défi porté à M. de Dombasle par un pauvre rêveur dont j'ai cru devoir raconter l'iufortune agricole en est une preuve.
<t Que prouvent les prétendus succès et échecs des cliarrues à Billancourt? Rien, absolument rien ; pas même aux yeux de MAL J. et F. Howard, Ransomes et Gie. Ces honorables gentlemen se proposent sans doute, par l'ensemble de leurs excellents instruments, d'autres palmes que celles qui peuvent leur être décernées par la plume. Mais, en général, on n'accepte pas d'engigement dans un terrain défavorable; et si on est battu, il n'y a qu'une seule chose à faire, ce n'est pas de crier comme les vieilles filles découragées des lois de Malthus, mais de songer à recommencer.
a Je m'engagerais bien à faire dans des conditions données et avec votre charrue trois fois plus de travail utile qu'avec celle de MM. J. et F. Howard, mais je ne l'aurais pas engagée dans les conditions qui lui étaient réservées à Billancourt.
« Ah ! si M. Decromberque, qui avait là quaire bons chevaux habitués à labourer, mais qui, tout préoccupé de ses intéressantes démonsirations, ne songeait pas à engager la charrue Vallerand, avec laquelle cependant il laboure quatre hectares par jour, contre les charrues de MM. Howard dont il connaît tous les mérites, avait voulu vous prêter ses chevaux, ce qu'il eût fait très-volontiers sans doute si vous les lui aviez demandés, les choses auraient tourné tout autrement.
« On se plaît à critiquer des essais dont la non-réussite même est un enseignement; tout cela n'est pas payemenl, suivant la solide expression des Anglais.
« Agréez, etc. « A. de la Morvonnais. »
CHRONIQUE AGRICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE MAI 1867). 303 VI. — Concours régionaux de 1 867.
Les trois premiers concours régionaux de Troyes, de Blois et de Carcassonne se sont terminés le dimanche 12 mai. Les grands lauréats de la prime d'honneur qui ont été proclamés sont : pour le département deTAube^M. le baronde Walkenaer, auPareclet, arrondissement de Nogent-sur-Seine ; — pour le département de Loir-et-Cher, notre collègue de la Société centrale d'agriculture, M. le marquis de Vibraye, propriétaire du domaine de Cheverny, arrondissement de Blois; — pour le département de l'Auie, M. Sarda, au Grand-Caumont, commune de Lezignan. — Dans ce même département, la prime d'honneur spéciale créée pour les Fermes-écoles, a été remportée, pour la première fois, par M. Deail'e, directeur de la ferme-école de Besplas (Aude). Nous insérons dans ce numéro même le rapport qu'a fait M. le marquis de Montlaur sur la prime d'honneur du département de Loir-et-Cher; nous nous proposons de revenir dans une étude spéciale sur le beau domaine de Cheverny; le mémoire fait par M. de Vibraye, à l'occasion de la prime d'honneur, est un modèle du genre, rempli de faits intéressants.
Nous commençons aujourd'hui la publication des comptes rendus des concours régionaux et nous la suivrons sans interruption jusqu'à la fin de la série. Au moment même où nous écrivons ces lignes se tiennent trois nouveaux concours: à Auriilac, Bordeaux et Vannes. Voici, d'après les catalogues imprimés sur les déclarations des exposants, la statistique de ces solennités :
Espèce Espèce Espèce Animaux Inalvu-
bovine. ovine. porcine, de basse-cour, ments. Produits.
Têles. Têtes. Tètes. Lots.
AuriUac 393 161 54 63 183 172
Bordeaux 455 192 . 32 154 538 162
Vannes 426 166 59 47 243 97
Ceux de nos collaborateurs qui ont bien voulu nous promettre de nous envoyer des comptes rendus de ces concours sont M. de la Morvounais, pour Auriilac et Vannes, et M. Petit-Liffitte, pour Bordeaux. Pour la série qui se tiendra du 25 mai au 2 juin, MM. de la Morvonnais et Guiguet représenteront le Journal de l' Agriculture à Amiens; M. Joleaud, à Tarbes , M. Jacques Valserres, à Bourg; M. Doniol, à Digne. Enfin, M. le marquis de Fournès a bien voulu se charger du compte rendu du concours de Caen qui doit se tenir du 1" au 9 juin. Quant au concours de Colmar, l'époque n'en est pas encore fixée.