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MACHINES ET INSTRUMENTS AGRICOLES

Exposants de la région. — Travaux d'extérieur. — Charrues. — 1" prix : M. Maréchaux, k Montmorillou (Vienne); 2*, M. Barre, à Limoges (Haute- Vienne); 3% M. Capsec, à Saint-Médard-en-Jalle (Gironde). — Charrues soussol. — 1" prix : M. Cerisier, à Ghâtellerault (Vienne); 2% M. Bouilly fils, à Bordeaux. — Charrues vigneronnes. — 1" prix ; M. Capsec; 2% M. Dupont, à

Beychac-et-Gai!leau (Gironde). Mentions honorable?, MM. Marchegay, à Gepisd'Eslong (Charente-Inférieure); Galsat, à Yirelade (Gironde); Malineau, à Eysines (Gironde). — Herses. — l" prk : M. Rivaud, à Angoulême (Charente); 2% M. Cerisier fils. — r.ouleaux. — 1" prix : M. Rivaud; 2', M. Bouilly fils. — Scarificateurs et extirpateurs. — 1" pri-x : Mme veuve Moihes; 2% M. Cerisier fils. — Houes à cluva!. — 1" pri,\ : M. Rivaud. — Bulleurs. — Pri.\ unique : médaille de bronze, M. Cerisier iils. — Machines à faucher les prairies naturelles ou artificielles. — 2' prix : M. Bouilly fils. — Machines d faner. — 2' prix : AI. Rivaud; 3% M. Bouilly fils. — Mleaiix à cheval. — 1" prix : M. Cerisier fils; 2% M. Rivaud. — Véhicules destines aux transports ruraux. — 2" prix . M. Calsat. — Harnais propres aux usages agricoles. — 1" prix : M. Bodeau, à Bordeaux. — Travaux d'intérieur. — Collection d'inslrmncnts pour le drainage. — 2' prix : M. Bouilly. — Manèges applicables aux divers besoins de l'agriculture. — Rappel de médaille d'or : M. Maréchaux. — Machines d vapeur mobiles, applicables d la machine d battie ou d tout autre usage agricole. — Rappel de médaille d'or : M. Andreau, à Lavalette (Charente). 1" prix : MM. Darriet fières, à Bordeaux (Gironde). — Machines d battre mobiles rendant le grain vanné. — i" pri.'c : M. Andreau. — Machines à battre mobiles ne vannant ni ne criblant. — Rappel de médaille d'argent : Mme venve Mothes. — Tarares. — ]" prix : M. Lotte, à Mansie (Charente); 2', M. Rivaud. — Concasseu7's de. graines. — l" prix : Mme v-uve Mothes; 2% M. Rivaud. — Coupe-racines. — Rappel de médail'e d'argent . M. Cerisier; rappel de médaille de bronze : M. Maréchaux. — Hache-paille. — 1" prix : Mme veuve Mothes; 2% M. Bouilly. — Appareils destinés à cuire les aliments pour les anirnaux. — Rappel de médaille d'argent : M. Cordebart, à Angoulême (Charente). — Bascules pour peser les animaux et les fourrages. — 1" prix : M. Duru, à Bordeaux (Girondt'). — Pressoirs fixes. — Rappel de médaille d'argent» M. Pichot, à Mont-sur-Guesne (Vienne). 2« prix ; M. Rivaud, à Bordeaux (Gironde); 3', M. Andreau. — Pressoirs mobiles. — 2' prix ; M. Lotte; 3", M. Loquay, à Angoulême (Charente). — Appareils de vinification autres que les pressoirs. — Rappel de médaille d'or • M. Robin, à Cognac (Charente). 1" prix : M. Lolte; 2% M. Bernard, à Angoulême (Charente). — Colkitions d'instruments et d'ustensiles d'intérieur de ferme. — i' prix : M. Cerisier.

Exposants étrangers à la région. — Travaux d'extérieur. — Charrues. — 2" prix : M. Eslabe, à Tours (Indre-et-Loire); S', M. Caieaux, à Mugron (Landes). — Charrues vigneronnes. — 1" prix : M. Cazeaux. — Herses. — \" prix : M. Estabe; 2% M. Peltier. — Scarificateurs et extirpateurs. — Rappel de médaille d'argent : M. Peltier. — Houes à cheval. — 1" prix : M. Moreau-Chaumier; 2°, M. Estabe. — Bulteurs. — Prix unique : M. Cazeaux. — Machines à faner. — l"prix : M. Estabe ; 2% M. Cazeaux. — Rdteavx à cheval. — 1" prix : M. Estabe.

— Machines à moissonner.— l" prix : M. Peltier. — Travaux d'intérieur. — Manèges applicables aux divers besoins de Pagriiultare. — 1" prix : M. Fialuux, à Agen (Lot-et-Garonne). — Machines à battre mobiles ne vannant ni ne criblant. — Rappel de l" prix : M. Pialoux. — Tarares. — Rappel de médaille d'argent : M. Pialoux. — Bascules pour peser les animaux et les fourrages. — Rappel de médaille d'argent : MM. Sagnier et Cie, à Montpellier (Hérault); 2% M. Mairet, à Lyon (Rhône). — Pressoirs fixes. — Rappel de médaille d'or : M. Mabille, à Amboise (Indre-et-Loiie). 2' prix : M. Pialoux. — Appareils de vinification autres que les pressoirs. — 3' prix : M. de Martiu, à Montpellier (Hérault).

Instruments non prévus au programme, à quelque section ([u'ils appartiennent.

— Rappel de médaille d'or : MM. Domageau, Cailhava et Cie, à Bordeaux (Gironde), pour leurs tètes de ponceaux. — Médailles d'or : MM. Slswinski, à Labarde (Gironde), pour son cultivateur des vignes du Médoc; de Vallandé, à Bordeaux, pour ses soufreuses à cheval. — Rappel de médaille d'argent : M. Cazenille dit Lacan, à Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne), pour son fourneau d'étuve. — Médailles d'argent : MM. Taris, à La Teste Gironde), pour ses porte-pots à résine; Galibert, de Paris, pour son appareil respiratoire; Sainl-Martm, à Niort (Deux-Sèvres), pour sa règle; Barraud, à Coulonges (Deux-Sèvres), pour son appointeur d'échalas; Darriet, pour leur pompe à vapeur; Mabille, pour leur grue.

— Médailles de bronze : Mme veuve. Mothes, pour sa ravale culbutante; AIM. Caillau et Constantin, à Bordeaux, pour leurs bois carbonisés; Vivez, à Bordeaux, pour son levier à soulever les barriques; Baptiste, à Bordeaux, pour ses paillassons;

Nercam aîné, à Fargues (Gironde), pour son appareil à pots à gemme; Mme veuve Molhes, pour son ëgrenoir à maïs; MM. Barraud, pour son entonnoir automaleur; Malinean, pour l'application des fers creux aux âges raides du Médoc.

Collection d'instruments. — Médaille d'or ; M. Régis, à Carignan (Gironde), pour sa collection d'instruments perfeciionnés mis en usage dans son exploitation.

PRODUITS AGRICOLES ET MATJÈRES UTILES A L'aGRICULTURE.

Médailles d'or : MM. Fayet, à Saint-Médard-de-Barbezieux (Charente), pour son eau-de-vie de 1866; Bicher, à Lndou (Gironde), pour ses vins de 1859 et 1864; le baron de Marignan, à Saint-Emilion (Gironde), pour ses vins ronges de 1851, 1858, 1859, 1862,''l865. — Médailles d'argent : MM. de Fourtou, à Ribérac (Dordogne), pour son eau-de-vie de 1861; Moussillac, à Saint-Hilaire-la-Noai.le (Gironde), pour ses fourrages; Sarraujte, à BourdeiUes (Gironde), pour ses tabacs de 1866; Maurin, à Echallat (Charente), pour ses eaux-de-vie de Cognac. — Médailles de bronze : MM. d'.\lvarès, à Maire (Vienne); Benoit, cà Saint-Martin-de- Villeneuve (Charente-Inférieure); le marquis de Dampierre; Dupuy, à Sorges (Dordogne), pour ses vins; Faulcon-Auboineau, à Scorbé-Glairvault (Vienne); Nercam aîné, à Fargues (Gironde) ; Régimon, à Mongauzy (Gironde), pour ses tabacs; Rogé, à Goitres (Gironde), pour son vin rouge de 1865; Thomas, à Semussac ( Ghaiente- Inférieure ) , pour son eau-de-vie. — Mentions honorables : MM. Deyiiaut, îi Pellegrue (Gironde), pour ses vins; Héricé, à Gastillon (Gironde), pour sa pommade.

Ce sont les trois races bovines bazadaise, garonnaise, limousine, qui caractérisent l'exposition bordelaise. Elles sont magnifiques: la première et la troisième surtout. Lors des premières expositions dans celte région, feu Lefour, inspecteur général de l'agriculture, a dit, en voyant les races du pays, qu'elles arriveraient à être les durham de la France. Il avait bien piévu, car, au dernier concours de boucherie de Pùissy, un bœuf gras bazaJais a mérité d'être l'un des trois animaux entre lesquels s'est disputée la coupe d'bonneur, demeurée définitivement dans la Nièvre. Voir un animal venu de Bazas dans les Landes lutter avec un produit nivernais, c'est un événement qu'aucun éleveur du nord ou du centre de la France n'aurait voulu, il y a quinze ans, accepter comme possible.

Ces bazadais gris-noir diffèrent complètement des deux races froment : garonnaise et !imou!-ine; ils ont par leur pelage (et c'est assez curieux) la plus grande analogie avec la race tarine qui occupe, en Savoie, les hauts pâturages de laMaurienne, et dont j'ai vu les premiers sujets figurer au concours de Lyon après l'annexion. Les Bazadais paraissent être descendus des Pyrénées, où l'on trouve, notamment à Saint- Girons, une variété analogue. Tous ces spécimens, disséminés en Europe, semblent constituer une ancienne famille de montagnes, alTectionnant les hauts lieux et dont la race Schwitz fournirait le type le mieux déterminé et le plus pur.

Les races garonnaise et limousine sont déjà cousines germaines; il se fait constamment entre elles des alliances, de sorte que lorsqu'on les soumet aux mêmes soins elles arrivent à se rejoindre par la conformation et à ne plus présenter que des nuances sans importance dans la pratique.

Le principal intérêt des concours régionaux se concentre en général sur les races bovine et ovine et principalement sur la race bovine. C'est ce qui arrive à Bordeaux oi'i l'exposition des ovins et des porcins est très-peu riche, sans caractère tranché. — Quant aux produits agricoles,

Le lauréat do la grande coupe d'argent, prix d'honneur agricole, est ^I. Joseph de Carayon-Lalour, nom très-connu dans la haute finance, l'exposition est nulle. Dire que dans la Gironde, il nri s'est présenté que deux exposants de vins ! un très-hon cru de Saint-Emilion (Canolie) et un bourgeois du Médoc, c'est-à-dire venant aprèsle? cinq crus classés! — Ces deux seuls exposants ont eu, chacun, une médaille d'or! — Qu'en conclure ?

Les expositions de produits agricoles sont arrivées à être partout Irèspauvres età ne plus rien signifier. Elles occasionnent heaucoup d'embarras d'amours-propres. Le ministère ferait sagement de leur supprimer les médailles et de les réserver pour telle ou telle spécialité de produits qui varierait d une année à l'autre et de région en région. Cette mesure délerminerait des concurrents sérieux, des jugements motivés, et le public y trouverait son profit.

Le concours des instruments est pile; l'Exposition universelle de Paris a presque tout absorbé. On y remarque naturellement beaucoup d'appareils pour la vigne et pour le vin et quelques-uns pour les pins et la résine. Signalons pour les viticulteurs progressifs qui cherchent, en France, à introduire le labourage et la charrue dans les vignes, signalons, dis-je, la charrue Scawinski, du nom du régisseur du vignoble de Château-Giscours ; elle a conquis à son auteur l'estime des viticulteurs bordelais.

Le concours des volailles présente un intérêt tout particulier : sur plus de 150 lots, à peine en compte-t-on 15 qui ne soient pas formés de pigeons. Il paraît que le Bordelais cultive le pigeon! — sans mauvaise plaisanterie, bien entendu. — On trouve à cette Exposition des variétés ravissantes de plumage et de formes. Un seul amateur, M. Hoehnger, exhibe environ cent paires de ces oiseaux coquets, élégants, roucoulant, et surtout galants ! Ce serait à faire le voyage de Paris pour les voir.

Mais je reviens à l'intérêt sérieux du concours, à l'Exposition bovine. On y trouve une catégorie dite bordelaise ou Queen. Son origine est assez curieuse.

Le lait dont le pays bordelais s'alimente vient presque exclusivement de vaches amenées de Bretagne, et dont il se fait un commerce annuel important, car la garonnaise, toute au travail et à la boucherie, se borne à nourrir son veau, et encore? Mais, il y a quelques deux cents ans, on importa de Hollande, pour peupler des polders établis sur les rives delà Garonne, une série de taureaux et de grasses mamans à lait abondant. Du mélange de ces messieurs, de ces hollandaises, des bretonnes et sans doute de quelques génisses du pays, il s'est formé une variété à qualités laitières qui s'est cantonnée dans les environs de Bordeaux, notamment à Eyzines, et qui constitue une famille se perpétuant toute seule.

Je ne jugerais pas que les séducteurs bretons ne se glissent quelquefois dans les ménages, mais ils ne gâtent rien. La famille est nombreuse, très-répandue et ne pouvant se passer de sang nouveau quoiqu'elle ne le dédaigne pas. Le ministère a jugé avec raison qu'une sélection judicieuse, accompagnée de soins plus complets, pourrait accroître notablement ses qualités, et que lafamille bovine des environs de Bordeaux, méritait de former une catégorie particulière. Pourquoi, dans le pays la nomme-t-on la Queen, comme une reine d'Angleterre? Nous demac-

dons la réponse aux savants. Cette appellation indiquerait-elle une origine beaucoup plus ancienne que celle dont nous avons parlé plus haut? Quoi qu'il en soit, c'est une heureuse pensée que d'encourager les habitants du département à spécifier cette famille et à en faire l'objet d'une attention plus suivie. Déjà quelques zélés essayent d'augmenter sa production laitière par l'introduction du taureau Ayr. On ne paraît pas mécontent de l'essai ; nous recommandons toutefois de choisir l'étalon améliorateur dans les Ayr lactileres, et de ne pas se laisser circonvenir par les éleveurs qui ont à placer des Ayr à graisse.

On ne trouve pas grand chose d'utile à dire de l'exposition des durham. Elle ressemble, sans nulle doute, à la majorité de celles qui auront lieu dans les autres expositions régionales; elles ne donnent point un cachet particulier au concours de Bordeaux. La race Durham ne paraît pas devoir convenir à l'ensemble de nos contrées méridionales, et n'y serajamais qu'à l'état d'exception Mais il ne faut pas oublier que cette catégorie est le diapason sur lequel on a déterminé le ton. Nous ne verrions pas, chez nos garonnais et nos limousins travailleurs, la culotte si ample et si descendue, les reins si droits, la croupe si bien tablée, sans les nombreux exemples que l'intelligente et généreuse initiative de l'État a fait importer, naître et répandre dans toutes les régions de la France.

Je ne parlerai de la catégorie des croisements divers que pour réclamer contre sa présence dans les concours reproducteurs. C'est un mélange, sans caracère et sans but rationnel, d'alliances qui tournent souvent au grotesque. De quelle utilité et de quel enseignement pourraient être pour des éleveurs girondins un croisement intitulé normand-Hmous in qui figure au concours? Formera-t-on des reproducteurs normands-limousins ?

La catégorie des croisements divers n'a sa raison d'être que dans les concours de boucherie; il se peut, en effet, qu'un cro'sement de sujets, bien appareillés comme individus amène un beau résultat accidentel de boucherie, sans que ce croisement, dût être généralisé comme races, soit au point de vue physiologique.

En résumé, ce concours est, au dire de tous, le plus beau, sous le rapport du bétail, qui ail paru dans les murs de Bordeaux. Il démontre aux yeux les moms clairsoyants et aux esprits les plus prévenus l'influence que cette institution a eue sur les éleveurs en leur enseignant les bonnes conditions que doivent remplir les animaux distingués. Rendre service aux éleveurs, c'est en même temps rendrç service aux consommateurs de lait et de viande de boucherie, par conséquent à tout le monde.

L'organisation des détails et la haute direction de ces fêles agricoles appartient à un commissaire général délégué par le ministre, et dont les soins ont d'autant jjlus de succès que la ville met plus de ressources à sa disposition. La bonne grâce municipale a été complète et, de son côté, l'inspecteur général de l'agriculture, M. Chambellant, a établi un ordre parfait. Tout s'est exécuté sans lenteur comme sans empressement tracassier, sans bruit et sans envahissement du public. Ayant eu l'occasion de voir de très-près une vingtaine de concours, je peux déclarer ici n'en avoir jamais vu de mieux ordonnés, ni des exposants et un public plus merveilleusement paisibles.

C'est un ancien élève de l'École polytechnique , qui s'est, depuis quinze ans, sérieusement attaché à l'agriculture progressive, et a considérahlement amélioré le domaine de Yirelade, dans le canton de Podensac. Né dans la catégorie où se recrutent les grands seigneurs oisifs, il adonné l'exemple d'un rude et intelligent travailleur, C'est un excellent modèle à offrir, et le but que le gouvernement s'est proposé en fondant la prime d'honneur, est parfaile:r.ent accompli en la personne de M. Joseph de Carayon-Latour.

P. E. Jardin.

ASSOCIATION COOPÉRATIVE SÉRICICOLE.

Nous invitons tous les éducateurs, tous les filateurs, tous les fabricmls de soieries à donner leur adhésion et leur souscription à l'association coopérative qui se fonde à Grenoble et qui doit être constituée avant le 10 juin, si l'oa ne veut pas perdre une ann?e, c'est-à dire 60 à 80 millions, sans compter le péril inévitable de l'arrachement des mûriers Nous allons prouver que l'association coopérative séricico'.e est la dernière chmce de salut qui reste à l'industrie de la soie.

Si nous émettons une affirmaiion aussi précise, et si nous jupeons d'une manière aussi absolue, après les débats mémorables du Corps législatii', c'est que, tenant compte du précepte de l'Evangile, noas avons demandé à cire jugé avant de juger les hommes qui, comme nous, ont appliqué toutes les forces de leur esprit pour sauver la sériciculture.

Nous avons étudié et pratiqué la sériciculture depuis 1840, et, depuis deux ans, prévoyant la grande catastrophe qui va frapper cette industrie, nous avons étudié et cherciié tout ce qui pouvait la prévenir.

Dès le 3 mars 1866, nous avons saisi de nos recherches les sociétés d'agriculture et les chambres de commerce.

La Reforme séricicolc, publiée par nous dans le Journal de l'Agriculture, a été reproduite intégralement dans le Courrier de l'hère et dans le Courrier de la Drame et de l'Ardèclie.

Non content de cette grande publicité, nous avons réclamé, par des lettres et des mémoires, l'honneur d'être j âgé par l'Académie des sciencss et parla Société centrale et impériale d'agriculture. En attendant le jugement des sociétés savantes de la capitale, j'ai cru devoir réclamer le jugement si compétent et si éclairé des sociétés d'agricultare de la Drùme, de l'Isère et du Rhôae Dans huit grandes réunions de ces sociétés, et devant des hommes de scit3nce et de pratique, j'ai exposé : 1° la formule hjgiéuique régénératrice et conservatrice des races de vers à soie; 2" la réglementation indirecte du commerce des giaines; 3° la magnanerie hygiénique, industrielle et mobile; 4° l'idée de l'association appliquée à l'achat collectif des graines de vers à soie, à la production collective de ces graines, à la mise en œuvre de la magnanerie hygiénique, industrielle et mobile.

Présentées à des hommes d'une compétence complète, intéressés au plus haut degré à trouver la vérité, nos idées ont été bien accueillies partout, et nulle objection sérieuse ne s'est élevée contre elles. G^ jugement favorable des grands centres séricicoles nous autorise à regretter profondément te silence des sociétés savantes de Paris, non pour nous, mais pour la cause, et surtout pour l'honorable M. Favre et pour fcj. Exe. M. le ministre de l'agriculture qui, n'ayant pu connaître les idées nouvelles acceptées en province, c'est-à-dire les vrais élémencs de la question séricicole, n'ont pu, malgré les meilleures intentions, malgré le plus vif désir d'arriver à la vérité, émettre que des solutions incomplètes.

Si nos idées avaient été discutées et jugées par l'Académie des sciences et par la Société centrale d'agriculture, cette grande erreur qui consiste à croire que la maladie des vers à soie est une maladie épidèinique n'aurait pu se produire au Corps législatif.

Le 17 mai 1867, au Palais des Arts, à Lyon, et devant la Société d'agriculture du Rhône, le même jour et peut être à la même heure où le président de la

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Cliamljre annonçait les interpellations de M. Favre sur. les mesures prises pour combattre la maladie cpidcmiqm et contagieuse des vers à soie, le même jour et peut-être à la même heure, nous avons exposé que la maladie des vers à soie, qui est contagieuse, n'est pas ipidhnique, par cette seule raison qn'elle est liérédiiaire : nous avons exposé, dans cette séance du 17 mai de la Société d'agriculture du Rhône, que la variole, li rougeole, la scarlatine, la suette et le typhus étaient des maladies contagieuses et épid.'miques, mais non héréditaires; qu'elles naissent au milieu des agglomérations humaines, frappant d'abord quelques sujets, s'étendant par contagion et s'éteignant toujours spontanément lorsque les sujets susceptibles de les contracter avaient diminué ou n'existaient plus, mais qu'elles n'étaient pas héréditaires. Nous avons dit que les scrofule^, le rrétinisnie, le goitre, l'taient des maladies héréditaires, endémiques et non cpidèmiqurs ni contagieuses; que la phthisie était héréditaire, non cnntigieus?, si ce n'est par inoculation de la tuberculose, qu'elle n'était jamais épidémique; que la lèpre et la pébrine étaient deux maladies contagieuses et héréditaires mais non épid.'miques.

Les conséquences pratiques qui découlent de ces distinctions scientifi pies sont considérables et de la plus rxirême importance.

Ainsi, nous avons dit qu'il fallait appliquer à la pébrine des m'îsures hygiéniques générales, analogues aux mesures hygiéniques édictées par Moïse contre la lèpre, avec une sagesse et une profondeur de vue qu'aucun législateur n'a égalées.

Moïse avait bien compris que la lèpre était le résultat de la violation des lois de l'hygiène, dans la nourriture, dans le vêtement et le logement des Juifs, et il modifia avec une sngesse admirable toutes ces conditions hygiéniques. Sachant de plus que la lèpre était héréditaire, il chassa du camp des .Juifs tous les individus qui présentèrent les premiers signes de la lèpre. Si plus tard, suivant les lois de Moïse, on n'avait pas procédé contre li lèpre par Vholcmml et la séqucst ration des lépreux, cette terrible mali<die aurait pu devenir universelk comme la p^brioe. La pébrine est, comme la lèpre, le résultat de la viola'ion des lois de l'hygiène dans la nourriture du ver à soie par la feuille industrielle, dans le logement par la magnanerie industrielle, dans la reproduction par le grainage industriel.

C'est le grainage industriel en grand qui a universalisé la pébrine.

Dans notre second mémoire à l'.^cadémie des sciences, nous avons dit : La méthode curative est impuissante outre la pébrine, et il est bien inutile de chercher des remèdes contre la pébriue héréditaire, alors que nous n'en avons point trouvé contre les maladies héréditaires de l'espèce humaine.

La méthode expectante, basée sur cette erreur que la maladie actuelle est une épidémie passagère, c'est la ruine complète de la sériciculture.

La méthode hygiénique seule est puissante et efticace; c'est par cette méthode et non par des recherches microscopiques et d'analomie pathologiques que nous réussirons; car le microscope et l'anatomie pathologique n'ont rien produit d'efficace contre les maladies héréditaires de l'espèce humaine.

C'est donc par l'hygiène qu'il faut combattre la pébrine, et il n'y a plus un jour ni une heure à perdre, il faut agir sur-le-champ. Que faut-il faire? Il faut nous associer et nous entendis pour faiie ce que je n'ai cessé de proclamer depuis dixhuit mois par la presse ou la ])arole. Il faut rechercher les races européennes qui sont encore saines, pures et exemptes de la pébrine héréditaire ; les grainages indigènes commençant du 15 au 20 juin et finissant au 15 juillet, il faut être prêts pour cette date inexorable du 15 juin. Il faut, par tous les moyens possibles, conserver ce qui reste de races pures du Japon, en respectant les procédés hygiéniques de ce peuple qui nous a appris la nécessité de la séparation absolue des éducations spéciales de graines, des éducations industrielles.

S. Exe. le ministre de l'agriculture, si dévoué à notre industrie, ne refusera pas à la Société coopérative séricicole son concours tout-puissant pour cet objet et sour la mise en vigueur de noire réglementation indirecte du commerce des graines qui n'a besoin, pour être pratiquée, que de la publicité du Moniteur et de la presse, dans aucune sanction, législative ou administrative.

La recherche des races pures est-elle possible en Europe? Est-il possible de retrouver à l'état de pureté complète nos vieilles races de cocons jaunes et blancs qui nous donnaient de si belles soies? Cela sera très-difficile, mais non impossible, et il faut le tenter, puisque nous possédons, pour nous guider dans cette recherche, un signe certain, le signe de la longévité des papillons. Si nous parvenons h les trou-

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ver, comment les perpétuerons-nous? Nous les conserverons el perpétuerons k l'aille des petites éducations réduites à trois gramme?, en contrées saines, avec de la feuille sauvage ou cueillie sur des arbres peu ou pas taillés.

Oii trouverons-nous les preuves irrécutables à l'appui de la valeur du signe tiré de la longévité des papillons? Nous les trouverons, ces preuves, dans Dandolo, qui affirme, à la page 88 de son livre, que les papillons, de son temps où la maladie était inconnue, vivaient douze et quinze jours; nous les trouverons dans la physiologie et l'hygiène, qui nous disent que les races pures vivent plus longtemps que les races infectées de vices héréditaires, et enfin dans les expériences d'un praticien consommé, de M. Xavier Roux, de Saiut-Marcellin, expériences qu'il a exposées devant la Commission d'enquête, devant la Société d'agriculture de la Drôme, où elles onl été coniirmées par un membre distingué de cette Société, M. Bondus.

Où trouverons-nous les preuves à l'appui de la puissance conservatrice des petites éducations? Nous les trouverons dans la relation du docteur Mourier, dans le livre d'Ûnekoki-MonkuHQi, qui nous décrivent les petites éducations spéciales de graine de la province de Soiu-S:iu, laquelle produit toute la graine des autres provinces du Japon.

Nous les trouverons dans l'hygiène et la physiologie et dans le succès constant de nos peli;es éducations, qui n'ont succombé que sous la pression irrésistible des demandes exagérées, produisant l'encombrement et la fraude. Gela étant, il faut agir — agir en Europe et au Japon. — En Europe, il faut, par une très-large publicité et avec le concours de l'administration, faire constater toutes les phases des petites éducations de graine, inviter les éducateurs à faire constater la naissance et la mort des papillons, faire visiter les grainages et acketer à tout prix les graines produites avec toutes les conditions que nous avons exposées.

C'est pour ce motif que^ le 17 mai, à Lyon, nous trouvant devant la Société d'agriculture de cette ville, nous avons proposé à l'Association séricicole pratique du bassin du Rhône d'ouvrir dans son sein un crédit de 60,000 à 80,000 fr. pour des achats à faire dans cts condiiious.

Noire proposition a reçu un accueil des plus favorables de la part de la Société d'agriculture, ei nous espérons ([u'elle sera prise en séiieuse considération par cette nouvelle Société séiicicule, qui a pour pn'sident M. Juurdan, doyen de la Faculté des sciences, pour vice-président M. Guinon, pour secrétaires MM. Pariset et Paul Eyiuard.

Mais le temps presse, les souscriptions arrivent à la Société coopérative séricicole de Grenoble de tous les points des départements de l'Isère et de la Drôme. C'est dans cette Société que nous trouvons tous nos éléments d'action; c'est pour ce motif que nous avons affirmé que ia Société coopérative sériàcole de Grenoble était la dernière cluncd de salut de la sériciculture, et que nous avons prié l'honorable maire de cette ville, M. Vendre, si sympathique à la Société coopérative séricicole, de vouloir bien autoriser une réunion préparatoire des souscripteurs de cette Société.

Félix ACHARD, Docteur en médecine à Saint-Marcellin (Isère).

GUiNCOURS GÉiNERAL ANiNUEL ' DE LA SOCIÉTÉ HIPPIQUE FRANÇAISE.

J'ai été l'un des premiers à patronner, dans la presse, l'association qui s'est constituée il y a deux ans, sous le nom do Société hippique française. C'est qu'en effet je la crois utile à l'élevage, et malgré les imperfections de son organisation, malgré les fautes qu'on aencore commises cette année, malgré les plaintes qu'on a pu élever au sujet de certaines décisions du jury, petites misèi es que je m'abstiendrai d'énumérer, afin de ne pas leur donner plus d'importance qu'elles n'en ont réellement, je dis que les résultats heureux déjà obtenus et ceux dont on voit déjà les germes, sont là pour prouver que je ne me suis pas trompé dans mes prévisions.

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