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CONCOURS GÉNÉRAL ANNUEL

Comment, d'ailleurs, n'aurais-je pas approuvé une fondation due à l'initiative individuelle, comment n'aurais-je pas adhéré à la mise en pratique du principe de l'association , au moment où je demandais que l'Etat restreignit son intervention directe en matière de production agricole? La logique a donc dicté ma conduite dans une affaire dont le but est assurément d'accord avec les intérêts de l'agriculture française.

Les moyens employés pour y atteindre sont aussi, presque tous, conformes aux opinions que j'ai souvent émises sur ces matières. Certes, je voudrais que la Société dont je m'occupe fît plus encore et qu'elle étendît son action dans les pays d'élevage, qu'elle y portât les encouragements en primant les étalons et les poulinières. Mais enfin, tel qu'il est institué, ce Concours de chevaux de service, ces primes données à la bonne éducation, au dressage des jeunes chevaux sont un puissant moyen d'émulation, si l'on songe qu'il est mis en œuvre dans la capitale, au milieu d'un grand nombre d'acheteurs étrangers et français.

Aujourd'hui l'éleveur est suftîsamment encouragé par l'Étal et par les associations particulières, pour être certain que les frais de nourriture et de dressage seront am[)lement couverts par le prix de vente, s'ils sont appliqués à des sujets bien conformés et doués de moyens suftisanls. Les prix établis par la concurrence et obtenus par quelques chevaux, à cette dernière exposition, sont très élevés et atteignent les prix des meilleurs chevaux anglais.

Le principal reproche que je ferai à la Société hippique française, c'est de faire entrer les prix de course dans son programme. Cette faute est capitale, parce qu'elle fausse le principe môme de la course. Appliquée aux chevaux de service, la course est un non-sens, une pratique funeste à l'élevage.

L'institution des courses a pour but de faire connaître les meilleurs sujets de l'espèce; elle donne le critérium de leur valeur. Voilà le principe. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, le critérium n'est pas applicable à tous les individus de l'espèce. Certaines races, seules, sont constituées de façon à supporter cette redoutable épreuve, et encore faut-il que les individus, destinés à la lutte, y soient préparés de longue date, par des mains expérimentées.

De même que l'acier se brise à certaines tensions, lorsqu'il n'est pas pur de tout alliage, de même aussi les muscles se déchirent, les os se rompent lorsqu'ils sont soumis à des épreuves que ne comporte pas leur nature. Eh bien! nos chevaux de service européens apiiarliennent, presque tous, à des races constituées par le croisement avec l'étalon arabe, ou celui dit de pur sang, c'est-à-dire à des familles où l'élément grossier des races locales domine trop pour qu'elles puissent affronter sans danger les nobles travaux de l'hippodrome. Deux races seulement semblent faites pour ces combats à outrance du turf, dont les plus robustes et les plus puissantes sortent seules intactes. Comment en voyant succomber tant de champions, tout à l heure si nets de tares, comment, dis je, supposer que des animaux, hier encore dans la prairie, sortiront sans défaillance, sans altération, sans blessures, des travaux auxquels ils n'ont point été préparés, disons-le, pour lesquels ils ne sont pas faits? C'est inadmissible.

Ne forçons point notre talent, a ditla Fontaine; j'ajouterai : ne forçons point la nature^ car nous nous briserions contre ses lois immuables. Dans le cas présent, il est regrettable que la Société bippique française empiète sur le domaine de son voisin. C'est à la Société d'encourai^ement qu'il appartient de maintenir au degré de perfection, qu'elle a atteint, notre population cbevaline dite de pur sang, population florissante, dont la gloire remonte toute entière à la persévérance et à l'intelligence de cette Société. Une seule chose m'inquiète dans le règlement du Juckoy-Club, c'est sa persistance à maintenir les épreuves pour poulains de deux ans. Le Comité, composé de praticiens distingués, a reconnu que l'abus des courses entre poulains, dont la croissance n'est pas achevée, pouvait devenir pernicieux à la race, et il en a restreint le nombre.

Pourquoi reculerait- il devant une mesure plus radicale, qui supprimerait absolument les courses pour chevaux de deux ans? Je ne méconnais pas la valeur relative des raisons qui les ont établies et fait conserver; mais les intérêts secondaires doivent s'elTacer devant l'intérêt général, et je suis fermement convaincu que l'usage anticipé du cheval non encore formé est nuisible à la race. Je le répète, pourquoi la Société d'encouragement n'essaierait-elle pas, dans une période de dix ans, je suppose, de supprimer un élément qui ne peut assurément rien ajouter, s'il ne lui nuit pas, à une gloire que je voudrais voir briller d un éclat plus vif encore?

11 est un point sur lequel je veux aussi attirer l'attention de la Société hippique française, ce sont les primes de dressage accordées aux chevaux de quatre ans. Que la Société songe que ses primes signalent à l'acheteur, le plus souvent peu connaisseur, des chevaux incapables d'un service régulier, des animaux qui tombent malades, à peine arrivés chez lui, que l'un gardera, au prix de grands sacriûces, et que l'autre vendra la moitié du prix coûtant. Ces primes aux chevaux de quatre ans pourraient être, à la rigueur, données en province dans des concours départementaux ou régionaux , mais à Paris je crains qu'elles ne compromettent, dans une certaine mesure, l'avenir de cette exposition en diminuant le nombre des acheteurs, mis en garde par de fâcheux antécédents. Il me semble donc que la Société ferait bien de n'admettre que des chevaux de cinq ans.

Guy de Charnacé.

(La suite prochainement.)

REVUE COMMERCIALE (deu.xième quinzaine de MAIJ.

Céréales et farines. — La quinzaine a été entremêlée de pluies et de soleil, de froids tiès-vifs et de chaleurs étouffantes, et la marche des alîaires a suivi les caprices de la température. Les transactions en céréales ont été tenues à des prix taibles; il y a eu peu de vendeurs et encore moins d'ac'ieteurs sur les places. A Paris, comme dans les déparlements, les blésoat été pris à des prix plutôt en baisse qu'en hausse. Ceux de choix n'ont pas dépassé 3o fr. 67; les premières qualités ont oscillé entre 34 et 35 l'r. 41 ; les sortes ordinaires n'ont pas trouvé de débouchés à 37 fr. 50 et les sortes courantes sont restées à 33 l'r. 75. — Le tout par quintal.

Le tableau des prix moyens de la quinzaine que nous donnons pour toutes les

régions de la France constate dans les départements une grande stagnation dans les affaires.

BLÉ AU QUINTAL

^ — -^ PRIX MOYEN DU QUINTAL

Prix Sur la qiiinz. prcc. ,-—- "^ — '" ^

Régions. mojeas. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. Avoine,

— fr. fr. fr. fr. fr. fr.

Nord-ouest 34.16 " 0.03 20.91 20.16 21.07

Nord 33.72 » 0.35 21.18 22.10 21.64

Nord-est 33 02 " 0 26 22.44 2150 21.11

Ouest 33.48 » 0.51 21.85 21.25 22.12

Centre 3:i.87 » 0.08 22. lU 21.83 21.98

Est 32.73 <i 0.37 21.45 21.57 20.69

Sud-ouest 34.23 « 0.28 20.18 21.12 22.60

Sud 33.91 X 0.37 21.21 19.97 21.54

Sud-est 32.43 " 0.11 20.01 20. '22 21.65

Moyennes 33.17 '« ~~« 21.26 21.08 21.60

Moyennes de la quinzaine prccédenle.... 33.77 " « 21.32 21.21 21.50 Sur ia 1 5°" ) Hausse .. . » » » " " 0.10 précédente. (Baisse.... 0.60 « « O.Oi 0.13

Les affaires en farines ont été aussi contrariées par l'incertitude constante du temps. Les farines six-marques, les farines type de Paris, les farines de consommation, les farines de seigle, ont subi les effets de la baisse, sans pouvoir se relever durant toute la quinzaine.

Le marché des grains de Liverpool a été pendant la dernière quinzaine le siège d'une animation presque inattendue causée par l'arrivée d'une grande quantité de Liés et de farines venani de l'étranyer. Nous lisons dans le Mark-Lanc Express que le prix du blé d'origine indienne et américaine a subi une légère dépression. Les affaires se sont faites avec activité; on a remarqué seulement que l'exportation à destination d'Irlande élait nulle ou du moins fort limitée. A Londres, l'exportation de l'étranger a été molle, et les spécimens qui étaient amenés sur la place provenaient spécialement des comtés de la Grande-Bretagne. Ceux d'Essex, de Sussex et d'York étaient de fort belles qualités. Les comtés de Nordfolketde Suffolk avaient également envoyé des qualités satisfaisantes. On a remarqué comme à Liverpool une légère baisse. A York le marché a été sans aucune animation ; l'orge et le blé sont restés fermes, et la la vente a été extrêmement limitée. A Dublin, les blés, les orges, les avoines, se sont mal vendus; il est impossible de se faire une idée exacte des prix de ce marché qui est sujet d'heure en heure a des variations considérables. Enfin nous apprenons par le Mark-Lane Express qu'à New-York les affaires sont plus languissantes que jamais.

Dans le reste de l'Europe, les afiaires en céréales et en farines ont été faiblement

tenues. Sur quelques places de l'Allemagne cependant, comme Stetlin, Dantzig, Kœnigsberg, la quinzaine a débuté par une hausse très-prononcée; mais elle n'î pas duré et les affaires ont recommencé à se conclure lentement.

Huiles et graisses oléagineuses. — Les huiles de colza ont haussé grâce au mauvais temps. Les récoltes en terre ont souffert du froid et de l'humidité e.xtrême des premiers jours de la quinzaine. Depuis le retour du soleil, la baisse a repris du terrain sur la hausse. Il en sera ainsi jusqu'à la récolte. C'est un jeu d'oscillation que nous voyons se renouveler chaque année et qui ne sert qu'à la spéculation, car la culture n'en profite jamais. Les huiles de lin ont eu des prix lermes à cause des demandes qui ont été nombreuses et de la marchandise qui est très-rare.

Vins, eaux-dc-vie, alcools. — Les vins ont reparu dans les euirepots avec des prix en hausse, causés par les frimas que les pays vinicoles ont eu à supporter pendant ce mois. Les vins du midi, eaux du centre, ceux de la Bourgogne et de la Moselle, ont augmenté tous d'un dixième leurs prix.

Les prix des eaux-de-vie n'ont pas suivi la même progression avec autant d'élan. Dans l'Armagnac, la Saintonge, l'Aunis, dans les Gharenles, les transactions se sont tenues sans hausse, mais fermes aux prix actuels.

Les alcools sont les produits les plus sensisibles à l'influence de la température. Arrive-t-il une bonne gelée sur les vignes, et aussitôt vous les voyez s'élever rapidement à des prix ex.igérés. La nouvelle a-t-elle été annoncée prématurément et le beau temps est-il revenu, la baisse remplace la hausse avec une facilité qui tient du miracle. Les 3/6 nord fin se sont vendus en moyenne 60 et 61 fr. pour l'hectolitre à

90 degrés, et avec uq escompte de 2 pour )00 seulement. Les 3/6 du LaD<^uedoc se sont cotes à 85 francs. Les 3/6 de Béziers n'ont pas dépassé 70 fr.

Laines. — Les laines en suint de la nouvelle toute se sont fixées juscru'à ce jour aux prix de 1 fr. à I fr. 05 pour les suints de choix. Les suints ordinaires n'ont pas dépasse 85,90 et 95 centimes. Le loul par deini-kiloKramme. Les prix dans le Lhatillonnais ont éprouvé une diminution de 10 pour cent sur ceux de l'an dernier.

Sucres. — Les sucres ont repris un cours d'alfaires qui s'était bien malheureusement arrête le mois dernier. Les sucres bruts indigènes ont été vendus à 58 fr Les sucres raffines ont ete vendus, les belles sortes 128 fr. ; les bonnes sortes 126 fr • et les sortes ordinaires 125 fr Le tout par quintal. "'

Fourrages. — Les fourrages sont en voie de hausse. A Paris, les foins de V qualité ont atteint 54 tr. Dans les départements, ce prix a été donné dans plusieurs contrées. La luzerne n'a pas dépassé 50 fr.,et la paille de blé a subi de grands écarts de 33 à 46 fr. Le tout aux 500 kilog.

Suifs. — Les suifs de boucherie ont considérablement baissé à la fin de mai Au comnaencement nous les aivons vus dans Paris à 113fr. et 115 fr., et durant la présente quinzaine, ils n'ont pas dépassé 104 fr.

La chandelle s'est vendue en moyenne lz5 fr , l'oléine 95 fr., la stéarine 172 fr Le tout par quintal et hors barrière pour ces derniers produits.

Bestiaux. — La vente des bestiaux s'est effectuée avec activité sur les deux grands marches sur lesquels Pans s'approvisionne. Notamment à Poissy, il y a eu hausse sur toutes les espèces, e.xcepté sur les veaux. A Sceaux, la baisse n'a agi que sur les gros bestiaux. Dans les départements, les marchés ont été bien fournis et bien achalandés.

Le marché des bestiaux, à Londres, a présenté plusieurs incidents causés par J application immédiate des règlements concernant le cattle-plague. La nécessité de fournir une permission de la police pour être admis sur le marché a concouru à diminuer considérablement le nombre des animaux amenés sur la place Plusieurs centaines de bœufs ont été arrêtés à la grille. Les afl'aires cependant se sont faites avec une certaine activité relative. Il y avait des animaux de bonne quaUté presque exclusivement. Une partie de l'importation étrangère ayant été arrêtée, c'est spécialement^ 1 Lcosse, aux comtés de Nordfolk, Suffolk, Essex et Gambridgeshire que le marche a du tout son intérêt. A Norwich, le marché était spécialement alimenté parles animaux de boucherie; la viande a notablement baissé, et néanmoins la vente a ete indécise. On a remarqué des moulons à longue laine de premier choix. En Allemagne, les marchés aux bestiaux ont été souvent entravés par la peste bovme, qui vient empêcher la libre circulation et nuit à l'approvisionnement complet des marches. La maladie est moins active dans toutes les contrées où elle sévit depuis trop longtemps, mais elle n'a pas encore abaudonué la partie. Les producteurs ont une luUe cruelle à soutenir contre le fléau, qui peut compromettre pour longtemps 1 avenir, s'il va toujours grandissant. °

Georges Barral.

PRIX COURANT DES DENRÉES AGIUOOLES (2= quinz. de mai).

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