CONCOURS GÉNÉRAL ANNUEL
terre, et que l'Administration des Haras a voulu remplacer par la création des écoles de dressage, écoles qui ont déjà fait un bien considérable, depuis surtout quelles sont sous la direction de M. de Monlin;ny, l'un des derniers représentants de l'ancienne école française d'équitation, l'émule du vicomte d'Aure, un véritable « homme de cheval » dont le Maratel si complet, aujourd'hui à la seconde édition, devrait se trouver chez tous ceux qui possèdent un cheval de selle ou d'attelage.
L'industrie à laquelle je fais allusion est entre les mains d'un certain nombre de marchands placés dans les différents comtés d'Angleterre, sortes d'intermédiaires entre l'éleveur et le client. Ils achètent à trois et et quatre ans les poulains qu'ils gardent le temps nécessaire pour leur dressage, développant leurs aptitudes avec le discernement qui nous manque et qui les distingue. Ces établissements particuliers sont tenus sans luxe, quelquefois même les chevaux n'y sont pansés et abrités qu'imparfaitement, ce qui permet à ces intermédiaires de se contenter d'un bénéfice modéré lorsqu'ils présentent leurs chevaux aux marchands de Londres. Ces écuries m'ont vivement frappé, et j'ai compris tout de suite l'avantage que l'ensemble de la production en retirait. C'est là, si je ne me trompe, une forme heureuse de la division du travail, appliquée à l'industrie chevaline.
Il y a cependant sur l'Esplanade quelques paires de chevaux, telles que celle de M. Charles Pinet, éleveur charcutais, celle de 31. d'Englesqueville, de Caen, les deux produits rouans de Hunting, étalon du Norfolk, qui méritent d'être cités. Un cheval noir à M, Rœderer, très-admiré, s'est vendu 4,000 fr. Si ce fils de Phœnomenon était mieux musclé et avait de meilleurs jarrets, il passerait pour un cheval de tête. Une jument noire du Calvados à M. le vicomte du Manoir, dont on demande aussi 4,000 fr., est un produit presque parfait dans son genre; c'est le type du cheval de brougham, bien que manquant un peu de taille. Un cheval noir vendéen à M. Charles Pinet, une jument grise à M. Robert de Montigny,de l'Eure, deux chevaux bai brun, l'un à M. Lebaudy, du Calvados, l'autre à M. Charles Marx, venaient immédiatement après dans cette catégorie des chevaux de brougham.
La classe des chevaux de poste était piteuse. Mais cette absence presque complète de postiers ne prouve rien contre eux. Aucun pays, en Europe,. n'en produit d'aussi bons que la France, et ils sont tellement recherchés que les éleveurs n'ont pas besoin de se déplacer pour trouver acquéreurs. Nos Bretons, nos Percherons, nos Boulonnais, sont sans rivaux, tout le monde le sait.
On me permettra, avant de terminer cet article consacré à l'œuvre d'une association utile, de dire deux mots d'un projet d'amélioration de la race chevaline du centre de la France par le même principe.
Une Société anonyme va se fonder à la Baude dans le canton de Nérondes (Cher), dans le but d'améliorer le cheval du Nivernais et du Charolais, petit Percheron, au pelage généralement gris truite, aux allures vives, qui semble descendre d'une alliance entre la race du pays et le cheval d'Orient, au temps reculé d'Abd-el-Rahman. Les excellents pâturages qui ont donné naissance à la race bovine, que son pelage blanc, son homogénéité et ses brillants succès dans les concours de Poissy ont rendu célèbre, sont ssurément bien propres à
l'élevage du cheval de cette contrée fertile. La pensée de lui donner plus de valeur est heureuse, et le projet d'amélioration fait honneur à ceux qui l'ont conçue.
C'est par le croisement que la Société du Cher veut tenter la transformation. Elle entend importer là, sur une propriété de 220 hectares de prairies, à l'aide d'un capital de 1,50,000 fr. d'exploitation, un certain nombre détalons de la race du Norfolk, qui ne s'éloigne pas trop du type de la race locale. L'établissement achèterait chaque année les produits les mieux réussis, les uns pour être élevés dans la prairie, les autres pour être envoyés dans les écoles de dressage et expédiés ensuite sur Paris.
La Société hippique du centre de la France entend poursuivre le croisement jusqu'à l'absorption de la race locale, se chargeant de fournir aux éleveurs les étalons nécessaires. Dans le cas où la nouvelle race n'atteindrait pas le degré de distinction réclamé par le commerce de luxe, on aurait recours à l'introduction de quelques reproducteurs arabes. Telles sont, du moins, les idées fort rationnelles que j'ai entendu émettre au Concours de l'Esplanade par quelques-uns des souscripteurs de cette Société, en voie de formation.
Ce projet est trop conforme aux idées que je défends, pour que je n'accorde pas toute mon attention et mon plus vif intérêt à sa réalisation. Je ne manquerai donc pas de suivre la marche de cette tentative et de communiquer aux lecteurs de ce journal, à mesure qu'ils se présenteront, les résultats qui doivent m'être signalés.
Les prix ont été décernés dans l'ordre suivant :
Prix d'honneur. — Aux exposants des écuries les plus remarquables, composées de cinq chevaux au moins, âgés de 4 à 6 ans sans distinction de taille. — l''"' prix : Grande médaille de vermeil, décernée k MM. Martial Parcelier et Carbonel, marchands de chevaux, demeurant à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et Lyon (Rhône); 2% grande médaille d'argent, à M. Antonin Bouille, éleveur, demeurant à la Boissière-en-Gâtine (Deux-iSèvres). Mention très-honorable : M. Ch. Marx, marchand de chevaux à Paris. Mention honorable : M. Alexandre Mustory fils, directeur de l'école de dressage de Dax (Landes).
Prix extraordinaires. — 1° Un diplûme et 3,500 fr. pour la paire de chevaux Moqueur et Jaseur, présentée à la selle et à l'attelage par M. Gamusat, directeur de l'école de dressage de Gaen, et appartenant à MM. Martial Parcelier et Carbonel ; 2° un diplôme et 2,500 fr. pour la paire de chevaux Messiior et Débardeur, présentée à la selle et à l'attelage par M. Gamusat, directeur de l'école de dressage de Gaen, et appartenant à MM. Martial Parcelier et Garbonel; 3° un diplôme de 2,000 fr. pour le cheval Roméo, présenté attelé seul et monté par M. le comte Rœderer, demeurant à Paris; 4" un diplôme et 1,500 fr. pour le cheval de selle Goqueluche, présenté par M. le marquis de Gastelbajac, demeurant à Paris.
Première classe. — Ghevaux de grands coupés, grandes berlines, grandes calèches. — Taille : l'",65 et au-dessus — Première division. — Chevaux de 4 ans. — V section. Ghevaux attelés par paire. I" prix: Une médaille de vermeil et i,500fr. aux chevaux Hongrois et Harem, appartenant à M. Josselme, marchand de chevaux, demeurant k Nîmes (Gard); 2' une médaille d'argent et 1,300 fr. aux chevaux Hector et Mercure, présentés par M. Ad. Simon, directeur de l'école de dressage de Sées (Orne) et appartenant à M. Montreuil, demeurant à Alençon (Orne) ; 3" une médaille d'argent et 1,100 fr., aux chevaux Valdemar et Umber, présentés par M. Louis Basille, directeur de l'école de dressage du Mesle-sur-Sarthe, et appartenant à MM. Martial Parcelier et Garbonel; mention honorable aux chevaux Hospodar et Honorable, appartenant à AL Josselme.
2" section. — Ghevaux attelés seuls. 1" prix : Une médaille de vermeil et 700 fr. au cheval Omer-Pacha, présenté par M. Desroches, directeur de l'école de dressage