‹ Journal de l'agricultureChapitre 494 sur 527 · I. Voir le u" du h juin. p · texte numérisé non relu

I. Voir le u" du h juin. p

Haras envoie l'un de ses agents jeunes et capables de visiter les réunions de nos Comices agricoles, auxquels il a bien voulu déjà prêter son efficace concours, suivre les chasses de cerf de la Vendée, les chasses de chevreuil de l'Anjou et du Maine, et je ne doute pas qu'un rapport favorable a l'élevage des départements de l'Ouest ne leur vaille de nouveaux encouragements. Les qualités fondamentales du cheval de guerre et de chasse, le fond et la rusticité, sont acquises aux produits vendéens, bretons et craonnais; il ne leur manque qu'un peu de distinction pour atteindre une valeur plus grande. Cette distinction , l'étalon de pur sang seul peut la leur donner; qu'on ne craigne donc pas d'en peupler les dépôts d'Angoulême, de Saintes et d'Angers.

La classe des poneys était également très-bien composée et, sous ce rapport, nous pouvons rivaliser avec nos voisins. La mode des petites voilures légères, victorias, ducs et paniers, aujourd'hui en usage, à la campagne comme à Paris, a donné à nos poneys de la Hague et des Pyrénées une grande vabur. Ceux qui m'ont le plus frappé sont deux ponettes de la Hague à M. Camusat, l'habile directeur de l'École de dressage de Caen, le poney landais de M. Ad. Fould, celui de M. Lalanne-Bruno, de la Haute:Garonne, le plus joli du Concours, assurément, et la ponette landaise de M. Bazet, vétérinaii'e à Pau.

Quant aux carrossiers, c'est la partie la plus faible de l'Exposition. Les chevaux de berline et de grands coupés font entièrement défaut. U serait fâcheux que cette production se l'estreignit, car les carrossiers au-dessus de 1"'.70 sont rares, même en Angleterre et en Allemagne, et les prix qu'ils obtiennent sont toujours ré numérateurs, surtout lorsque le marchand se trouve devant une paire bien assortie et distinguée. J'ajouterai que ce n'est qu'avec de très-grandes et très-fortes poulinières et l'étalon de pur sang qu'on peut obtenir ces carrossiers de grande maison, de princes et de souverains.

On ne comptait pas moins de deux cent douze chevaux de calèche, de brougham ou de tilbury. Parmi eux il s'en trouvait certainement de bons, de très-bons même, mais de paires remarquables, pas une seule. Les têtes sont souvent communes et « les dessous » laissent en général beaucoup à désirer. Ce sont surtout les jarrets qui sont défectueux. A quelle cause attribuer ces jarrets souvent étroits, gras, pleins de lymphe, et recouverts d'une peau épaisse? Ce ne sont certainement pas les étalons de pur sang qu'il faut en rendre responsables, pas plus que leurs dérivés les mieux choisis, pas plus que la race des anciens normands ou danois importés. Non, c'est bien plutôt à la pratique du pâturage au piquet, au manque d'exercice qu'il faut attribuer ce défaut capital. L'élevage normand néglige trop la gymnastique fonctionnelle; il abandonne trop le cheval dans les herbages jusqu'à l'âge de quatre ans, il ne pense qu'à développer la masse, au détriment des os et des muscles, oubliant que le cheval n'est pas un animal de boucherie. Car enlin, sans vouloir faire du sentiment mal à propos, l'hippophagie ne peut entrer dans nos coutumes, comme jadis chez les Scythes. L'éleveur normand en « pratiquant » davantage son cheval, comme l'on dit, sera forcément amené à lui donner du grain, et cette nourriture jointe à un exercice gradué avec tact l'améliorera forcément.

Il manque à la France chevaline une industrie répandue en Angle-

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