‹ Journal de l'agricultureChapitre 498 sur 527 · EN MAI ET JUIN · texte numérisé non relu

EN MAI ET JUIN

Nos correspondants nous ont envoyé, sur la situation agricole des différentes régions de la France, les notes suivantes d'un grand intérêt à cette époque de l'année :

M. Fiévet écrit de Masny (Nord), le 24 mai :

Les temps affreux qui régnent eu ce pays depuis quinze jours doublent nos travaux. Les ensemencements de betteraves ne sont pas encore terminés. Beaucoup de terres sont sous l'eau; on ne se rappelle pas avoir vu des pluies aussi abondantes à cette époque de l'année.

M. Cappon écrit de Merville (Nord), le 9 juin :

L'abondance des pluies du mois dernier et celles du commencement du mois oui jeté la désolation dans nos campagnes. L'ouvrier des champs est sans travail, le cultivateur ne pouvant pas l'employer à nettoyer ses terres par l'excès d'humidité dont elles sont imprégnées, l'herbe dans les champs est tellement abondante qu'il sera impossible de tout extirper avant la moisson. Tous les produits en terre sont d'une rare beauté, particulièrement les lins et blés; ces derniers présentent de beaux épis sur tige longue et frêle, ce qui fait la verse. Les lins ont une taille audessus d'une année ordinaire, ce qui fait craindre de les voir renverser par la moindre averse. Les houblons sont jusqu'à présent exempts de vermine. Les colzas sont assez bien en graine. Les bestiaux de la race bovine gras et maigres sont excessivement chers, notamment les vaches laitières. L'on ne dit rien des chevaux, les prix sont sans changements. Les porcs et porcelets sont généralement à bas prix. L'état sanitaire est bon, quoique nous ayons quelque cas de fièvre qui ne font pas de victimes. L'on se plaint dans nos parages du vaccin qui se trouve être de mauvaise qualité.

M. Vandercolme écrit de Rexpoëde (Nord), le 12 juin :

Le beau temps dont nous avons joui pendant les premiers jours de mai n'a pas été de longue durée. Depuis le 13 nous avons eu une longue série de mauvais temps. Le 23 nous avons eu de la neige et de la gelée. Depuis le 9, le temps est beau, ce qui nous a permis de rentrer des foius en bon état. Excepté le lin, qui ne donnera qu'une demi-récolte, tous les produits de la terre ont ici la plus belle apparence. Les vers blancs ont reparu, mais le mal ne paraît pas être grand. — La santé nos bestiaux continue à être bonne.

M. Ernest Le Roy écrit des Fermes d'Ardissart(Nord), le 15 juin :

Les blés sont bons quoique enherbés. Les fourrages et les prairies artificielles et naturelles donneront ou ont donné une abondante récolte. Les betteraves sont d'une belle venue. On a traité les marchés à livrer depuis 18 fr. jusqu'à 19 fr. 50 les 100 kilog., rendus à l'usine ou au canal. Mais les colzas donneront une petite récolte et les œillettes sont généralement manquées. Telle est la situation agricole

3uant à la prochaine récolle. Le bétail gras reste stationnaire au grand détriment e nos fermiers qui avaient fait de nombreux achats en vue de l'exposition. Le bétail maigre qu'ils avaient acheté à cher coût continue à maintenir ses prix. L'état sanitaire est satisfaisant.

M. Renier nous écrit de Racquinghem (Pas-de-Calais), le 24 mai :

Les blés, les avoines, les fèves, les pois, les pommes de terre languissent faute de chaleur. La persistance des vents du nord et les gelées de ces jours derniers ont fait beaucoup de mal aux lins. Heureusement pour les colzis, leur floraison était terminée lors des giboulées, et, malgré le mauvais temps, ils promettent bien. Une grande partie de betteraves est encore à planter; quant aux œillettes, la graine est détruite avant qu'elle ne soit germée; plusieurs cultivateurs ont déjà fait trois semis, et rien ne paraît encore à la surlace de la terre. Il en est de même des jardins potagers, où la graine est mangée en terre, où le plan est détruit dès sa levée. Il faudrait que le beau temps nous arrive et que le soleil vienne réchauffer la terre. Nos prairies sont superbes et les fromages paraissent devoir être abondants.

M. Proyart écrit d'Hendecourt-lès-Cagnicourt (Pas-de-Calais), le 8 juin :

De mémoire d'homme, on n'a souvenir d'un mois de mai pareil à celui qui vient de s'écouler. Cependant, du 2 au 11, le temps paraissait remis, et pendant cette période de dix jours, on avait vigoureusement fait marcher les attelages avec l'espoir de terminer pendant le mois les semailles du printemps déjà bien en retard; mais, à compter du 12, des orages avec tonnerre incessant, des pluies diluviennes ont saturé les terres à tel point que l'eau n'était plus absorbée et que les sols qui présentaient la moindre déclivité ont été déchirés et ravinés. Les dégâts sont assez sensibles, surtout dans les œillettes, mais ne sont pas comparables à ceux essuyés par certaines localités dont les récoltes ont été gelées, fléau qui nous a

épargnés jusqu'à ce jour. — L'abaissement de température qu'on observe presque chaque année 'les 11, 12 et 13, s'est fait sentir quelques jours plus tard, les 22, 23,24 et 25. — Le vent a été souvent sans lixité, et dans bien des journées, la girouette a parcouru les quatre points cardinaux. — De tout ce qui précède, il en résulte un retard très-préjudiciable au.x récoltes dites de mars, et particulièrement à la betterave, dont l'ensemencement est à peine terminé. — En ce qui conl'erne les terres empoiiillées, nous voyous de beaux escourgeons épiant bien, des blés généralement forts et vigoureux montrant quelques épis, des seigles fleurissant par la pluie et de grands vents, des avoines et des fèves bien levées, mais surcliargées de mauvaises herbes, des lins ayant bonne mine mais incomplètement saules, enfin des œillettes décimées par les insectes, partant trop claires et dont certaines parties, pour cette raison, ont dû être réensemencées. La cessation des pluies, un temps sec et chaud seraient bien nécessaires pour tout, mais particulièrement pour la floraison des blés et le fanage des luzernes et des trèfles, aujourd'hui à point d'être coupés.

M. Lamarle écrit de Sailly-Saillisel (Somme), le 29 mai:

Les semailles sont enfin presque terminées; on a dû proflter, pour les faire convenablement, des plus courts intervalles de beau temps, interrompus sans cesse par des orages ou de grosses pluies. — Les œillettes laisseront beaucoup à désirer, et plusieurs cultivateurs ont dû y renoncer pour celte année, après une ou deux semailles infructueuses. — Les seigles sont très-beaux; les blés et les avoines poussent vigoureusement depuis un mois. Cependant la terre commence à peine à se réchaufter; les nuits sont très-froides, et nous avons eu de la neige le 23 de ce mois, vers trois heures du matin. On achève en ce moment la semaille des butteraves; celles que l'on a pu semer il y a un mois ont parfaitement réussi. Les lins, très-rares cette année, poussent bien maintenant. — Enfin la récolte des colzas sera probablement assez bonne.

M. Bove écrit de Parvillers (Somme), le 12 juin :

Les semailles de betteraves sont enfin terminées depuis quelques jours, les cultivateurs ne se rappellent point d'avoir confié, aussi tardivement, au sol pour la première semence, de la graine de betterave. La levée se fait bien, jusqu'à présent peu de lacunes sont signalées. Le mois de mai a été remarquable par de nombreux orages, des pluies diluviennes, de brusques changements de température et par le peu de soleil qu'il a donné. Le 12 mai, vers tiois heures du soir, une orage eflroyable a détruit dans plusieurs communes de-, arrondissements de Montdidier et Péronne, non-seulement toutes les récoltes en terre, mais encore quantité d'arbres fruitiers et forestiers et nombre de toitures en ardoises ; il y avait dans quelques endroits, jusqu'à 50 cent, d'épaisseur de grêlons. La désolation est a son comble dans ces pays, et pendant plusieurs jours le cultivateur ne savait à quel point s'arrêter. — Le seigle et les orges paraissent bien garnis. — Le colza, sous quelques jours, va tomber sous la faucille, la récolte ne sera pas ce que l'on croyait il y a quelques semaines. — Les luzernes sont en meulons. — Les trèfles sont de toute beauté, mais remplis d'herbes adventives en compagnie de ruy-grass ; aussi la faulx comnience-t-elle à les attaquer pour ne pas permettre à ces graminées de durcir outre mesure. — Le blé épie et fleurit bien, et sous l'influence de la température dont nous jouissons depuis quelques jours, il y a lieu d'espérer que la floraison donnera de bous résultats. — Les avoines quoique placées dans un sol battu par les pluies promettent. — Les vesces d'biver et de printemps s'annoncent bien. Les carottes ont manqué dans bien des champs. Les pommes de terre poussent vigoureusement. — Les pommiers toni chargés de fruits, mais les chenilles, d'une abondance extrême, en dévorent les feuilles. — Les laines sont à bas prix et piu demandées. — L'état sanitaire de tous nos animaux est satisfaisant.

M. Champion écrit do la Chaumière, près Soissons (Aisne), le 1 5 mai :

Le mauvais temps que nous avons eu jusqu'au 3 mai avait retardé lieaucoup les travaux d'ensemencement. Cependant, sur les montagnes, on avait pu profiter de quelques éclaircies pour semer une grande partie des avoines; tandis que, dans les vallées, il avait été presque impossible de travailler. Depuis, à cette température froide, a succédé une chaleur étouflànte qui a promptement desséché les terres; on en a profité pour finir les avoines et commencer à semer des betteraves. Malheu-

reusement, pour ces dernières, en labourant, on rencontre, une grande quantité de vers blancs qui feront beaucoup de tort aux jeunes plants. Déjà même ils travaillent les blés de couvraines et de Mars. — En général, les récoltes en terre ont une belle apparence. Les luzernes sont fortes, bien que, la saison pluvieuse que nuus venons de traverserait favorisé la croissance d'une grande quantité d'herbes; aussi faudra-l-il faucher plus tôt pour qu'elles ne portent pas graines. La deuxième coupe n'en sera que plus abondante. — Les trois orages que nous venons d'essLiyer ont fait beaucoup de tort dans les seigles, hivernaches, jarosses et luzernes qui, dans certains endroits sont couchés comme s'ils avaient été roulés.

M. Champion écrit encore à la date du iOjuin :

La saison pluvieuse que nous venons de traverser a beaucoup retardé les travaux des champs. Les avoines n'ont pu être terminées dans les vallées et les terrains humides que vers la fin de mai. Les ensemencements de betteraves sont à peine terminés, tandis que, dans les terrains sablonneux et à sous-sol perméable que l'on a pu travailler en temps convenable, elles sont déjà mises en place. Dans les sols argileux ou à sous-sol imperméable, c'est avec peine que l'on peut y faire travail'er la charrue, et beaucoup de cultivateurs ont dû laisser des terres en jachères plutôt que de compromettre les semences qu'ils avaient à confier Ji la terre. Les récoltes en terre sont assez belles; les blés sont généralement beaux; les seigles et hivernaches ou jarosses sont magnifiqueset abondants. Lesavoines sont infestât s d'herbes dans beaucoup d'endroits. Les orages fréquents que nous avons eus ont fait beaucoup de tort : dans quelques pays, il y a eu de la grêle; dans d'autres des avalanches d'eau ont plaqué la terre de manière à empêcher la betterave de lever et l'on s'est vu obligé de recommencer. — On est en plein fauchage de luzernes et sainfoins, qui sont pleins d'herbes et qui ont été décimés par les vers blancs. Il nous faudrait une série de beaux jours pour commencer les foins.

M. Dubosq écrit de Château-Thierry (Aisne) le 12 juin :

Les pluies abondantes du mois de mai, celles du commencement de juin, suivies d'un froid excessif, ont généralement été préju liciables aux futures récoltes Cette inclémence de la température s'est particulièrement fait sentir dans les pays de grande culture, surtout sur les blés semés dans les terres fortes, qui , par l&ur nature, conservent plus facilement l'humidité. La végétation a été pendant lobgtemps paraly ée, le plant a jauni ; aujourd'hui il est trop tard pour que le mal soit réparé; de plus, ces blés ont été envahis par les mauvaises herbes qui, en ce moment, les couvrent entièrement; aussi faut-il s'attendre à avoir dans ces contréeune récolle surabondante. Si l'humidité a été préjuiliciable aux terres fortes, elle :i été presque partout très-favorable aux terres légères, dont elle a constamment entretenu et excité la végétation ; les blés ont pus un grand développement, ils ont été toujours verts. Il y a donc espoir d'avoir cette année une bonne récolte dans les terrains sablonneux, surtout dans ceux qui ont reçu une abondante fuaiure. Dans ce moment l'épiage des blés est opéré ; la floraision a lieu dans de bonnes conditions; un temps magnifique paraît vouloir favoriser le travail de la nature; il n'y a donc actuellement qu'à craindre que les fortes chaleusr, qui commencent à se faire sentir, ne viennent à amener de nouveaux orges, à la suite desquels pourraient revenir des journées froides, ce qui ferait prompteinent disparaître les espérances de la culture, en compromettant la récolte future, qui a si besoin d'être abondants pour réparer les pertes de l'année dernière. On s'ojcupe activement du fauchage des prairies naturelles et artificielles. Le temps est propice pour le travail. La iee naison se fait dans de bonnes conditions. Malheureusement les luzernes ont tellement souffert par le ver blanc et l'humidité de l'hiver que la récolte sera peu abondante. Les prés naturels, les minettes, les trèlles rouges, donneront cette année une récolte assez favorable. En général les betteraves ont souffert du froid et de l'humidité ; elles ont aussi été atteintes au moment où elles coiïimencent à lever par les limaces; on leur donne en ce moment le premier binage, elles ont grand besoin que le beau temps se maintienne. Les avoines semées les premières sont trèsbelles, celles faites tardivement ont beaucoup souffert; il est grand temps que les chaleurs viennent favoriser leur végétation. Les petites graines semées de bonne heure sont bien levées, la température chaude va leur être très-utile. Les arbres fruitiers, qui avaient eu une floraison des plus belles, ont considérablement souf-

fert des journées froides du mois de mai , une grande partie des iruils sont tombés, hi récolte de fruits celte année sera des plus médiocres, surtout en poires. Les pays vignobles ont eu à souffrir partiellement de deux ou trois jours de gelée dans le mois dernier; le mal fort heureusement ne s'est pas fait sentir sur toutes les vignes, le domnaage est très-réparable, surtout si l'année 1867 se présente mieux que celle ■qui vient de s'écouler; s'il n'y a pas quantité au moins il y aura pour les vins de la qualité.

M. Coutil écrit des Andelys (Eure), le 12 juin :

La seconde quinzaine de mai a encore été contraire aux récoltes. Des pluies trop abondâmes ont nui à la floraison des seigles, quelques uns sont couchés, cependant l'épi est assez bien garni. Les blés forts commencent à verser avant d'être épiés. Heureusement, depuis quelques jours nous sommes entrés dans une période plus propice. Dans les terrains légers, le blé fleurit bien, il nous faudra encore une semaine d'un temps calme et doux pour que la fl')raison fût complète. On est en pleine Icnaison, jusqu'à présent les fourrages ont été bien récoltés, mais la première coupe ne sera qu'ordinaire; les vieilles luzernes étaient prises d'herbe et les trèfles sont i'iiibles. Les avoines ont une très-belle végétation. Les colzas approchent de la maturité, la récolle sera assez bonne. Celle des pommes sera loin de donner ce qu'elle promettait. — Le cours de la laine reprend un peu de faveur, les bonnes qualités atteignent 2 fr. le kilogramme. Le poids de la toison est inférieur à celui de l'an dernier; mais le rendement lui sera supérieur.

M. le docteur Rottée écrit de Clermont (Oise), le 6 juin :

Les récoltes en terre présentent en général un aspect satisfaisant. Les blés d'automne sont superbes, mais ils sont envahis par les mauvaises herbes qui partagent avec eux les sucs nutritifs du sol. Ils ont eu aussi à souffrir des déprédations des limaces, mais on peut encore espérer une récolte abondante. Heureux ceux qui ont adopté le procédé des semis en lignes ; ils auront plus de facilités pour purger leurs champs des mauvaises herbes, et puis le blé semé en lignes produit plus et verse moins; notez aussi que l'on économise la moitié de la semence ! Les céréales de mars, bien que semées tardivement, poussent très-bien et promettent de bous résultats. Les pommes de terre et les haricots, quoique fatigués par les gelées, reprennent une végétation favorable et se remettront de leurs souffrauces. Les prairies naturelles et artificielles sont de toute beauté, on ne s'apperçoit plus des effets des pernicieuses gelées dont elles ont été atteintes dans quelques localités.

M. Parard écrit d'Evry-sur-Seine, près Corbeil (Oise), le 12 juin : Les foins, qui promettaient une nourriture abondante et saine pour le bétail, ont perdu leurs qualités odorantes, à cause de la pluie qui tombe à chaque instant; aussi deviennent-ils jaunes et commencent-ils à pourrir. Bien d'autres récoltes souffrent aussi de la température humide; les seigles, les blés ne fourniront pas beaucoup; la terre est battue dans bien des localités, et l'on voit des seigles complètement couchés ; les blés commencent aussi à verser et, pour peu que les pluies viennent lorsque l'épi sera lourd, ils verseront entièrement. La vigne souffre également de l'humiiliié, elle jaunit, et il est temps que le beau temps continue pour le moment proche de la floraison.

M. Boncenne fils écrit de Fontenay-le-Comte (Vendée), le 2 juin :

La température a subi le mois dernier de continuelles variations. Nous avons eu du 4 au 10 des journées chaudes comme au milieu de l'été, puis h partir du 12, les orages se sont succédé presque sans interruption, avec d'étranges alternatives de chaleur et de froid. Le 23 et le 24, d'assez fortes gelées blanches ont détruit les jeunes pousses de vigne, et dans la nuit du 25 au 26, une grêle épaisse est tombée sur plusieurs points sans causer heureusement de grands dommages. Le temps s'est enfin remis au beau; partout on s'occupe entièrement de la récolte des foins qui seront très -abondants et d'excellente quantité s'il ne survient pas de nouvelles pluies. L'humidité serait aussi très-préjudiciable aux céréales pour lesquelles on désire même un peu de sécheresse. Les avoines ont belle apparence, les froments bleus entrent en tleur. Les colzas sont coupés; quelques cultivateurs trompés dans leurs espérances craignent un rendement inférieur à celui de l'année dernière. Nous achevons la plantation de nos betteraves. G'2S racines servent pen-

dant l'hiver à la nourriture des bestiaux, car il n'existe autour de nous ni sucrerie ni distillerie. La jaune-globe donne ici le meilleur produit, mais à côté de cette variété j'expérimf;nterai, cette année, la jaune ovoïde des Barres créée par feuVilmorin. Ls chauvre et les haricots sont en terre. Li colleclion de maïs que j'ai semée il y a trois semaines n'a pas trop souffert des limaces. — L'éducation de mes vers-àsoie Yama-Maï touche à son terme. Bien que la graine fut encore à la cave, réclusion a commencé, comme je l'ai écrit, dès le 29 mars. Quelques vers ont péri au moment des mues, mais je n'ai observé jusqu'à ce jour aucune maladie ressemblant à la Pébrine ou à la Galtlne. — Le dépôt de remonte de Ponlenay a fait, ces jours derniers, de nombreux achats de chevaux et de mulets. Le prix des moutons gras est toujours très-élevé, mais les laines sont peu demandées. — Les affaires en blé sont presquenuUes; on signale de tous côtés uue baisse sensible.

M. Blondel écrit de Vaux, par Fyé (Sartlie), le 10 juin :

Nos bli;s sont très-beaux; le rendement en paille sera bon; quant au grain, on ce peul encore faire d'évaluations; les épis sont petits et on peut dire que le rendement sera moins bon qu'on ne l'avait espéré. — Les orges et avoines sont bons. — On est en train de couper lec prairies artificielles; cette première coupe est très-abondante et le regain repart sous la faux. — La récolte des pommes sera beaucoup moins bonnes qu'on ne l'a-vait espéré un instant; quelques jours de froid dans le mois de mai ont fait beaucoup de mal, cependant on peut encore espérer une très-bonne récolte. — L'avenir se présente bien pour le cultivateur, mais jusqu'à présent le temps semble peu favorable et on fera bien d'activer les travaux.

M. de Villiers de l'Isle-Âdara écrit de Sargé, près Le Mans (Sarthe),

le 13 juin :

Après bien des variations, le temps s'est enfin mis au boau depuis quelques jours, il serait à désirer qu'il s'y maintint quelques jours encore pour permettre de bien faner les trèfles que l'on commence à couper. Ils sont très-médiocres presque partout, le soleil leur a manqué et ils sont restés courts, d'ailleurs le succès du trèfle devient de moins en moins assuré dans notre contrée, on en a abusé en le faisant revenir invariablement tous les quatre ans. — Les blés sont en pleine ileur, ils sont assez beaux, cependant ils se resseiitent encore du mal que leur a causé l'excessive humidité de l'hiver; les seigles sont très-beaux, les orges et avoines sont généralement dans, un, état satisfaisant. — La semaille des chanvres est à peu près terminée.

M. Félizet écrit d'Eibeuf (Seine-Inférieure), le 14 juin :

Décidément 1 867 n'aura pas eu de printemps. — Notre transition brusque d'hiver à l'été, manifeste aujourd'hui ses fâcheux effets. — La rigueurdes dernières semaines du mois dernier a fait tomber presque toutes les poires ; les pommiers eux-mêmes donneront difficilement une demi récolte. — Les seigles, contre l'attente générale, ont peu souffert de la gelée et de la neige du 23 mai. Las blés, dont le pied est infesté d'herbes parasites, entrent en épiage et en floraison. Malgré leur belle apparence primitive, leur rendement par ici, ne dépassera guère un bon rendement ordinaire. Les colzas mûrissent uniformément comme ils ont fleuri; leurs siliques sont belles et pleines de grains bien nourris; si les mauvais temps n'eussent empêché de les biner au sortir de l'hiver, on aurait eu une récolte exceptionnelle. Les foins, d'une abondance supérieure, seront en même temps de première qualité, si le temps favorable actuel veut durer. — Les grains divers se tiennent fermés sur toutes nos halles; tous les genres de besliaux, de leur côté, sont loin de baisser de prix, ce qui excite nos cultivateurs à s'adonner à l'élevage ainsi qu'à la production des racines et des fourrages comme ils ne l'ont jamais fait.

M. X. Thiriat écrit du Syndicat de St-Amé (Vosges) le 22 mai.

Après les grandes pluies et les jours sombres d'avril, le soleil s'est tout à coup montré radieux le 4 mai. La chaleur s'est élevée brusquement à un niveau thermométrique sans exemple ici, à cette saison, depuis bien des années. Du 4 au 13 la moyenne diurne de la température était de 17 à 19'. Sous l'influence d'une température estivale et de l'humidité dont le sol était saturé, la végétation a pris un essor des plus rapides. Des orages ont éclaté dans les montagaes des Vosges le 12 et le 13 et ont ramené une série de jours pluvieux dont on ne peut prévoir le terme. La

T. II de IS67. — ÎO juin. 2U

température s'est abaissée graduellement et depuis quelques jours il fait très-froid : la moyenne de la chal(>ur diurne a élé de 6° aujourd'hui. La pluie qui tombe ici est de la neige sur les Hautes- Vosges. Alal^-ré ce refroidissement humide la végétation n'a pas trop souffert jusqu'à ce jour. Les seigles entrent en épis; les céréales de printemps sont bien levées mais remplies de mauvaises herbes. Le foin promet une riche récolte. On donne le second labour aux pommes de terre. Les altises ravageaient les lins et les navets, on s'est empressé de répandre sur ces récoltes des cendres non lessivées, à la faveur de la première pluie, ce qui les fera périr. Jamais on n'a vu une telle abondance de cerises et de poires, c'est au point qu'on croirait que toutes les fleurs ont noué. Les pommiers détleurissent et ne donneront que fort peu de fruits. En somme, la situation est assez riche d'espérances, mais tous les cultivateurs demandent du soleil et de la chaleur. — Les porcs gras et les vaches grasses ou laitières sont à des prix exorbitants. — Tousles comestibles sont en général à des pris très-élevés cette année.

M. X. Thiriat écrit encore à la date du 3 juin :

Au moment du refroidissement de la température, le 22 mai, les récoltes présentaient l'aspect le plus satisfaisant. Les seigles commençaient à fleurir dans nos hautes vallées. La gel 'e du 25, dont on peut aujourd'hui apprécier les résultats destructeurs, n'a pas causé, on est heureux de le reconnaîire, des désastres aussi grands qu'on l'avait cru, cependant les pertes sont immenses. En ce qui concerne la région que j'habite, voici les effets du froid : Les noyers en fleurs, les treilles dans les fonds près des cours d'eau, les pommes de terre, les haricots et les jeunes pousses des arbres au bord des cours d'eau ont été grillés et sont devenus noirs. Dans les vallées, les cerises sont aussi toutes gelées ; il en est de même de bien des épis de seigle surtout d'une espèce précoce dont on n'a pu me dire le nom. Le foin n'a pas souffert et dans son ensemble la récolte fourragère ne sera pas diminuée ; on espère donc nue fenaison productive. Les pommes de terre, bien qu'un peu retardées, ont poussé de nouveaux germes très-vigoureux. Les céréales sont magnifiques, mais celles Je printemps garnies de mauvaises herbes II n'y a eu que très-peu de hannetons vulga'res, le hanneton horticole apparaît à foison sur les saules et sur l'herbe des prairies, et fait ordinairement plus de tort aux plantes, à l'état parfait, que le hanneton vulgaire. Les altises ont causé beaucoup de dégâts aux semis de navets et aux lins. Ceux qui ont répandu des cendres non lessivées sur ces récoltes au moment des pluies ont remarqué une fois de plus l'excellence de ce procédé pour la destruciion de ces ravageurs qui pullulaient dans nos cultures. On donne partout le second labour aux pommes de terre et bientôt on va commencer le butiage, dernier travnil des champs avant la fenaison.

M. Bronsvick écrit de Mirccourt (Vosges), le 25 mai.

Depuis ma dernière lettre, l'état des récoltes est à peu près le même. Le beau temps a continué jusqu'au 20, malheuieusement la pluie recommence à tomber. Nous craignons beaucoup les gelées tardives de mai, 1res- dangereuses pour la végétation. Ces gelées peuvent se réaliser, car la température sous l'influence des vents du Nord qui régnent en ce moment et de la grande humidité continuelle nous donnent 1 et 2 degrés au-dessus de zéro. Fort heureusement, cette nuit le ciel était couvert, sans cela le rayonnement des astres aurait détruit nos plus belles .espérances. Les limaces occupent beaucoup les agriculteurs, découragés par leur grand nombre. De tous les moyens que j'ai employés pour leur destruction, le sel de cuisine en poudre ou en arrosage produit un eiïet surprenant. Les limaces, versblancs et toutes les larves d'insectes à peau tendue détestent le sel. J'engage tout le monde à employer cet excellent moyen.

M. l'abbé Miiller écrit d'Ichtratzheim (Bas-Rhin), le 8 juin : Le mois de mai, par ses chaleurs précoces, avait imprimé aux productions de la terre un élan merveilleux; hélas! pour quelques-unes, la nouvelle lune rousse de ce mois et son gel tardif ont exercé sur quelques-unes d'entre elles une influence fatale. Ainsi le 25, deux jours plus lard que l'an passé, toutes les vignes situées en plaine en Alsace ou sur certaines déclivitées de terrain ont été grillées par le froid et ne donnent plus d'espoir de récolle. En même temps les fanes des pommes de terre sortant déjà de terre en ont été détruites. Ce dommage est répaiable, car la même chose avait eu lieu l'an passé, le 23 mai, sans nuire à la récolte de ces tuber-

cules, qui a été abondante généralement en Alsace. — Le froment qui, sur beaucoup de points, s'était présenté assez chéliC, a été sujet h la rouille causée par les vents froids de mai, et suivie du gel du 25, doit eu avoir pâti à son tour. L'an passé on avait attribué à la répercussion, dans la plante, la stérilité relative des épis, qui fit descendre la récolte du bli bien au-dessous d'une médiocre : il est fort à craindre que ceUe année il en soit encore une fois ainsi, et que les vents du nord suivis du gel n'aient produit le mèm:i effet et soient cause d'une fructification imparfaite. L'orge était encore peu avancée à catie époque; elle n'en aura donc pas souffert, d'autant plus que dejîi l'année dernièi'e, oii elle était aussi fort-3 que le froment, sa rusticité plus grande avait neutralisé l'influence du froid et lui avait fait donner une récolte très-bonne. — Le temps jusqu'ici a été favorable aux fourrages. Dans les prairies qui n'ont pas été submergées trop longtemps dans les eaux les herbes sont magnifi([ues, et depuis de longues années on n'en aura fait une récolte ni plus abondante ni de meilleure qualité. Il en e?t de même des prés naturels, où, comme dans les prairies américaines, elles s'élèvent jusqu'à hauteur d'homme et se trouvent être très-touffues en même temps. Jamais les trèflas n'ont abondé davantage. Notre monde est, en ce moment, occupé à planter le tabac. Il y a quelques jours c'était une affaire difficile, la tjrre se trouvant trop desséchée. Hier une pluie abondante d'orage a percé le sol et rendu plus facile le labeur de nos cultivateurs; mais à côté de 35 millimètres d'eau déversé sur le sol, la grêle a fait des dégâts dans nos environs et hiiché ou pour le moins couché les blés. Les poires et les fruits à noyaux promettent généralement cette année, mais les pommes, au contraire, font généralement défaut. — La vigne, là oîi elle n'a pas gelé, promet cette année encore et se trouve très-avancée pour la saison. A côté des dégâts causés par la gelée en plaine, la grêle a ravagé quelques vignobles du meilleur crîi dans la montagne au Haut-Rhin, tandis que la grêle a fait d'effroyables ravages à l'extrémité nord du Bus-Rhin.

M. André écrit de Metz (Moselle), le 8 juia :

Le mois de mai n'a pas été bon comme dans les années ordinaires pour les récoltes ; après environ dix jours de grandes chaleurs, il nous a donné des journées très-froides jusqu'à la fin; le thermomètre a descendu plusieurs fois au-dessous de zéro. Les seigles qui étaient en fleurs ont souffert; les haricots et les jeunes fanes de pommes de terre ont été gelés; les vignes dans le bas des coteaux ont eu le même sort. Pendant C3 temps, la végétation des blés, des orges et avoines faisait peu de progrès; aujourd'hui ces blés commencent à épier, la tige est fine et courte, et ne donnera qu'un petit épis, la couleur des feuilles est fauve, elles sont attaquées de la rouille, il faudrait un temps fait à souhait pour réparer ces doinmages avant la récolte; les orges et avoines semées très-tardivement dans des terres mouillées, durcies peu après par une extrême sécheresse, sont en arrière de près d'un mois ; les pousses ont à peine 7 à 8 centimètres de hauteur; on ne peut compter sur un rendement satisfaisant. On a coupé les prairies artificielles, la récolte n'est pas aussi abondante qu'on l'espérait, mais les prairies naturelles donnent beaucoup. Les betteraves sont à peine levées, la terre est trop sèche pour qu'elles puissent avancer. Les col/as sont moins beaux que ceux de l'année dernière. La récolte est considérée comme ordinaire.

M. Camille Boudj écrit de GrandJouan ( Loire - Iiîférieurc ) , le 8 juin :

Le temps s'est encore montré pluvieux en mai. La première quinzaine de ce mois a offert une température assez élevée, mais du 23 au 25, il y a eu trois fortes gelées blanches qui n'ont heureusement pas fait de mal ici. Les blés, qui cet hiver n'ont pas eu à souffrir d'une trop grande humidité du sol, continuent à être beaux; mais ils sont clairs, chélifs et envahis par les mauvaises herbes dans les terrains bas et humides. Les avoines se montrent cette année particulièrement rouillées et atteintes du charbon. Les coupes de fourrages qui se font en ce moment sont plus abondantes que celles de l'année dernière, mais la récolte de l'an prochain se trouve déjà atteinte par l'insuccès do beaucoup de semis de fourrages artificiels ravagés par les limaces à leur sortie de terre.

M. Desbreux écrit de la Grabonerie^ canton de Châtillon-sur-Itidiv (Indre), le 31 mai ;

Hiver doux, pluie presque continuelle, quelques jours de gelées. Un seul jour d'une abondante neige qu'une température au-dessus de zéro a fait aussitôt disparaître. Belle végi'tation des blés pendant les premiers mois de la morte saison ; puis vers mars, cette trop grande abondance d'eau les a fait jaunir dans beaucoup de champs trop saturés d'eau, ils souffraient d'une manière visible. Les champs seuls bien cultivés, égouttés et suffisamment fumés conservaient leur belle verdeur. Enfin quelques jours d'une chaleur anormale, pour un commencement de mai, ont rendu, même aux médiocres, une végétation quasi luxuriante. Tout annonce donc, dans le canton de l'Indre, une bonne récolte, sauf les accidents qui peuvent survenir; et cela dans les proportions d'une bonne ou mauvaise culture, et aussi de la nature des terres plus ou moins naturellement fertiles; en général, tous les grains d'automne et de printemps faits dans des conditions convenables sont d'une belle venue. Pendant les quelques jours redoutables de ce qu'on appelle la lune rousse, le temps étant couvert, les vignes et autres plantes sensibles n'en ont point éprouvé la maligne influence.

M. Diiguet écrit de La Cliâtre (Indre), le 2 juin :

Le mois de mai avait si bien commencé que nous oubliions déjà les mauvais jours précédents; mais nos espérances ne lurent pas do longue durée, f^e 12, du tonnerre et de la grêle; le 23, de la gelée blanche, de la neige, du tonnerre et beaucoup de petite grêle. Pais le 26, un orage effroyable avec beaucoup de pluies nous a jeté dans la consternation; malgré tout cela les blés sont bons, quoique faibles de tige, ce qui est occasionné par la trop grande quantité de pluie. Les prairies sont superbes, moins les ariificielles semées cette année, généralement dévorées par les limaces. Les pommes de terre sont belles. La vigne n'a pas trop souffert de ces intempéries, mais les fruits tombent. Je crois le temps au beau. Durera-t-il? Nous avons les 10 et 11 courant un concours agricole.

M. Léon Jouron écrit d'Avize (Marne), le 28 mai :

Les premiers jours du mois ont été beaux et la chaleur a été assez forte. Plusieurs orages ont éclaté sur nos contrées sans causer cependant de dommages appréciables; et notamment dans les derniers jour.? de la première quinzaine. Depuis ce moment, nous avons eu des intermittences de beau et de mauvais temps. Le 21, le 22 et le 23, la lempih'atare s'est sensiblement abaissée, et il est survenu des orages de grêle de courte durée et sans effet nuisible. En un mot, la végétation s'est développée rapidement et par un temps doux et à peu près normal. Le vent, peu fort il est vrai, a changé continuellement de direction. Ainsi en peu de jours nous avons eu des vents du noi'd, des vents d'ouest et des vents du midi. La brise a été rarement à l'est, souvent au sud-ouest et au nord-ouest. Nous n'avons pas eu, comme certains départements voisins, de violentes bourrasques dont les effets ont été désastreux pour ces pays. Nous avons eu deux l'ois des brouillar.ls assez intenses, et l'on craignait des gelées blanches par les vents du nord. Toute crainte à cet égard semble avoir disparu pour le moment. Les travaux des vignes, quoique faits un peu tardivement, ont été exécutés dans de bonnes conditions. Le provigneraent touche à sa fin, et déjà les échalas sont plantés dans beaucoup de propriétés. La pousse est très- vigoureuse, mais montre une récolte peu abondante sur les vieux ceps; les provins, au contraire, montrent bien; et si la fleur a lieu par le beau temps et la chaleur, une année moyenne est presque assurée. Il nous reste cependant à craindre des grêles qui abiment toujours les raisins déjà noués, et qui abattent souvent, malgré la protection donnée par les échalas des grains et des feuilles. Plus tard, après la floraison, je dirai les espérances à peu près certaines que l'on pourra fonder sur l'état de Ja vigne à ce moment. Nos champs sont aujourd'hui dans un état très-satisfaisant. Les prairies artificielles nouvelles sont belles et promettent une récolte abondante de fourrages. Les vieilles prairies artilicielles donneront moins, elles ont en général été trèsfatiguées par l'hiver. Les seigles sont bien montés et ont épié par un temps trèsfavorable ; si la température douce vient pour la fleur, une bonne récolte est assurée. Les froments, qui sont très-beaux, ne demandent maintenant que de la chaleur nour pouvoir monter et épier. Les avoines et les orges son! aussi belles que poss'ible, quoique ayant été faites par un temps très-humide. Nos vergers ont; aussi une belle apparence. Les cerisiers surtout promettent beaucoup; les autres fruits à noyau, quoique ayant eu une belle fleur, promettent moins, mais leur état

est encore assez satisfaisant. Les pommiers et les poiriers ont eu aussi une très-belie tloraison. Les poires sont bien nou-îes, déjà grosses et en abondance ; les pommiers montrent un peu moins, mais promettent encore un bon rapport. L'état général est donc, pour le moment, aussi bon que possible; et, s'il ne survient pas de bourrasques, ni de grêle, une belle récolte moyenne est assurée. L'état sanitaire des bestiaux est toujours très-bon dans nos pays, et tout fait espérer que cela continuera. Au moment de vous envoyer cet état des récoltes, j'apprends que dans la nuit de vendredi à samedi nos vignes ont été gelées à .^.vize; les pertes sont estimées à un tiers. A Grauves (canton d'Avize), il ne reste rien. Les pays situés sur la Marne et la montagne de Reims sont plus éprouvés que nous.

M. Rebaudingo écrit de Châtillon-sur-Loire (Loiret), le T' juin :

Calorique reçu plus que la moyenne; pluie tombée bien plus que la moyenne. L'année se continue dans les mêmes données que celle qui vient de s'écouler. On doit en attendre les mêmes conséquences. Les céréales en terre sont belles. Les seigles passent fleurs. Les froments sont en épiage. Les céréales de printemps s'allongent. Il en est de même des herbes. La vigne ne montre pas autant de raisin qu'on aurait pu le désirer. Ce qui se voit pourra produire une récolte ordinaire dont la qualité est encore entre les mains de Dieu. La pousse est des plus L elles, des plus luxuriantes.

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