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Carbon écrit de Carcassonne (Aude), le 21 mai

A la suite de notre concours régional , dont les effets présentaient de si magnifiques espérances, nous voilà obligés d'enregistrer de bien tristes souvenirs ; nos récolles naguère si florissantes ne présentent plus aujourd'hui que désolation et détresse, par suite des perturbations qui se sont manifestées ces jours derniers par des ouragans vraiment effrayants. Plus des trois quarts de nos récoltes se trouvent perdus. Le 17, vers les trois heures du soir, un violent orage de grêle dévora plus de 12 communes et au moins 80 jardins potagers, situés aux portes de notre ville. Le 18, nouveaux orages de grêle qui emportèrent les récoltes de quelques com-

munes de la Montagne noire. Le 19, l'orage à grêle se fit sentir dans une contrée que nous nommons ajuste titre le jardin de notre déparlement. C'est le village de Conquer, d'où nous viennent les meilleures fraises. Le 20, l'orage a sévi encore dans les communes voisines des Gorbières, et toujours nouvelles désolations de la part de la grêle, le temps est encore à la pluie, mais aujourd'hui c'est une pluie douce qui nous fait espérer la fin momentanée des orages. Les fourrages coupés soiifirent beaucoup de l'humidité du sol. Oa laboure les champs de blé pour y semer le maïs ou la pomme de terre; les vignes sont retaillées afin de protéger une bonne venue de sarments pour baser la taille qui sera destinée à la récolte de l'année prochaine. En somme, notre département dont l'aspect si florissant des récoltes nous promettait un bon avenir, se trouve aujourd'hui réduit à ne présenter que misères de toutes parts.

M. Peillonneix écrit de Chêne, près Genève (Suisse), le 27 mai.

La gelée est survenue dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 mai, La journée de vendredi avait été très-froide, il était même tombé de la neige et les montagnes environnantes en étaient couvertes, quand subitement vers le soir le ciel se découvrit ; la température s'abaissa beaucoup et il gela très-fort. Le mal est immense; les vignes de Chêne ont été fort maltraitées ; on estime que la moitié de la récolte est perdue. Les travaux des champs marchent pour le mieux. On a semé l'abondance, le maïs, le chanvre, les pesetles, ce qui a un peu fait augmenter les pri.x dans ces deux dernières semaines; celui de la l" était de fr. 71 ; celui d'hier est de fr. 100. C'est bien dommage que la vigne ait gelé cette année; sans cela la situation générale des récolles aurait fait prévoir une bonne année en toutes choses. Le blé est beau, l'avoine vient admiiablement bien, le foin est en grande quantité, les fruits en abondance, ce qui nous fait supporter avec résignation la perte de nos vignes.

M. d'Ounous écrit du Vigné-Saverdun (Ariége), le 9 juin :

Inutile de revenir sur les dégâts très-considérables (un de nos riches propriétaires près de Cara-le-Conte a eu 16 métairies complètement ravagées) causes parles orages des 14 et 15 mai dernier, et qui ont atteint sept à huit des départements du sud-ouest. Il leur a succédé des pluies assez chaudes, etiune température de 10 à 18 degrés très-favorable à la floraison et à l'épiage des blés, méteils. orges et avoines. Des vents forts du sud ont fatigué les blés qui se trouvaient en pleine floraison. — Les avis sont encore fort partagés sur la qualité et la quantité de la prochaine récolte. Ce qui manquera surtout dans la terre forte et sur les sols argilo-calcaires du Lauraguais, ce sont les diverses sortes de fourrages naturels et artificiels; les luzernes, l'esparcette, ne donneront pas demi-récoite. On va être obligé de semer beaucoup de maïs pour fourrages. Dans plusieurs localités les semis de grande luzerne n'ont pas réussi. Ou a également observé une grande diminution dans le produit des vesces et avoines; les sèves de ces légumineuses ont été atteintes par les limaces et autres bêtes qui en dévoraient les siliques. — Le colapter alra (négrils) commence aussi à paraître. On ne saurait trop relire à ce sujet l'excellent article de M. Martegoute, delà Société d'agriculture de la Haute-Garonne, On y lit que dès que les chenilles rongent la luzerne elles sont réunies sur certaines places; il est alors très-facile de les recueillir avec la petite machine en zinc ou fer-blanc que j'ai déjà eu l'occasion de décrire il y a deux ans. On a aussi essayé de soufrer la luzerne dès qu'elle paraît attaquée. Ou sa hâte de profiter de la fraîcheur du sol pour donner la première façon aux pois, haricots, maïs et betteraves. Les maïs faits sur les défrichements de trèfles ou de grandes luzernes ont une belle apparence; mais, encore cette année, les semis de betteraves ont généralement mal réussi, quoique faits daos de bonnes conditions; il en est de même jîour les graines potagères et pour les semis de fleurs, qui n'ont pas levé ou ont été dévorés par des milliers de limaces. — Les vignes, après avoir été bien soufrées, reçoivent leur dernière façon; quoique belles, elles montrent quelques traces d'oïdium. — Le prix des bestiaux est toujours fort cher; les bons et jeunes bœufs de labour de 800 à 900 fr.; les moutons de 25 à 39 fr. — Il y a diminution de prix pour les laines : 1 fr. 40 à I fr. 50 le kilog. — Celui des céréales 27 à 28 fr. les 80 lulog.; les avoines de II à 12 fr. ; les haricots 18 à 20 fr.; les mais de 12 à 13 fr. l'hectolitre, — H y a augmention sur les vins, de 16 à 18 fr,, suivant qualité.

M. Gorse écrit de Tulle (Corrèze), le 30 mai :

Décidément nous aurons des récoltes médiocres si non très-mauvaises. Les pluies ne cessent pas. La floraison des blés se fait très-mal. Les limaçons dévorent les semences de printemps. La gelée du 22 a fait plus de peur que de mal. Cependant le mal est encore sérieux. Sur bien des points les seigles sont gelés. Les pommes de terre ont beaucoup souffert. On espère qu'elles repousseront mais elles seront retardées et la maladie est à cra ndre surtout avec les pluies. Les vignes sur plusieurs points ont souflert également. Les noix sont perdues dans la plus grande partie du département. La préparation des terres ne peut pas se faire. Les herbes envahissent tout et les mauvaises herbes surtout. La récolte du foin paraît devoir être avantageuse, mais la quantité pourra laisser beaucoup à désirer si les pluies continuent. Le temps est orageux. Il est fort à craindre que les ora^^es se perpétuant comme l'année dernière ne rendent très-difficile l'enlèvement des récoltes. La grêle est également fort à craindre, elle a déjà fait de grands ravages dans le Lot, sur nos frontières. A la suite de la gelée une hausse s'était produite sur le marché des grains, mais elle ne s'est pas maintenue. Les foires des bestiaux qui avaient fléchi tout à coup ont repris et les prix sont fort élevés.

M. Paganon écrit de Grenoble (Isère)^ le 5 juin :

Il a gelé sur les hauteurs, même un peu dans la plaine ; on dit que les seigles et les orges sont perdus, pour la vigne, on ne dit rien encore de positif; mais à coup sûr elle a souffert.

M. de Galbert écrit de la Buisse (Isère), le 10 juin : 15 jours de pluie, de grêle, de gel, de tempêtes, voilà les œuvres de la lune rousse, de son premier à son dernier quartier. On n'a pu semer les chanvres, les maïs et les betteraves dans une foule de localités et dans beaucoup de celles où ils avaient été ensemencés, les insectes les ont tellement dévorés qu'il a fallu les refaire. L'année sera, forcément, une année mauvaise. Les céréales sunt loin d'être belles, la vigne se présente mal, elle est gelée dans beaucoup de pays ; les vers à soie ont donné des résultats encore plus tristes que les années précédentes; les foins sont abondants mais sans valeur ; dans les forêts, tout est brûlé par le gel, comme si l'incendie avait dévoré toutes les extrémités des branches. Tout à coup la chaleur est deveuue accablante ; le vent du nord souffle avec force et si quelques^ ondées ne viennent rafraîchir la terre, toutes les semences seront détruites par le liâle.

M. Trénel écrit de Septème près Vienne (Isère), le 12 juin :

La seconde quinzaine de mai a été mauvaise pour les récoltes, pluies continues, orages, giboulées et refroidissement général de la température, suivi d'une gelée d'un degré au-dessous de zéro dans la nuit du 24 au 25. Toutes les récoltes ont plus ou moins souffert de cette humidité et de ce froid. Enfin le mois de juin nous a ramené delà chaleur avec une série de beaux jours. A l'exception des blés versés qui donneront un quart du rendement ordinaire, la récolte de. cette céréale présente un aspect assez satisfaisant; les autres céréales, avoines et orges poussent vigoureusement. La vigne, dans certaines expositions, a souffert du froid du 25 mai, la floraison s'opère en ce moment dans de bonnes conditions. L'enlèvement des fourrages qui donnent un résultat assez abondant s'opère rapidement. La récolte des fruits sera mauvaise, les froide du mois de mai accompagnés de brouillards intenses ont amené leur chute. Les semis de betteraves et de carottes ont été dévorés par les limaces qui sont extraordinairement abondantes; la privation de cesracines sera très-préjudiciable. Résultat pitoyable dans les éducaiions des vers à soie; quelques réussites de graine de pays permettront la fabrication de la graine pour 1868.

M. Boucoiran écrit de Nîmes (Gard), le 1 1 juin :

Depuis le commencement du mois de juin, la chaleur est venue, et nous sommes décidément entrés en plein été. Les orges sont à bas, et les avoines tombent tout autour de nous sous la faulx. Ces deux grains sont à souhait, et les cultivateurs s'applaudissent de leur rendement. La semaine prochaine, il faudra songer à attaquer les blés dont les épis jaunissent à vue d'œil. Ils sont longs et lourds, et il y aura de plus beaucoup de gerbes. Si ici, nous avons à nous féliciter de l'état des céréales, on fait entendre quelques plaintes du côté de la Camargue. Les oliviers

et la vigne ont fleuri par un beau temps. Quelques vignobles ont bien soufi'ert de la froide nuit du 25 mai, mais le mal produit par la gelée n'a affecté que des localités restreintes, et il n'influera pas d'une manière sensible, dans notre pays, sur l'ensemble de la récolte; celle-ci s'annonce du reste en diminution sur l'année dernière. L'oïdium se montre fort peu,

M. Petit-Laffitte écrit de Bordeaux (Gironde), le 6 juin :

Mai a favorisé tout ce qui avait besoin d'humidité, sui tout les prairies naturelles, les semis de printemps. Malheureusement il a favorisé aussi les mollusques, limaçons et Jimaces, qui ont continué durant ce mois leurs dégâts commencés en avril. On se rappellera qu'il a été nécessaire, dans plusieurs communes, pour secourir la vigne et augmenter les ouvriers employés à détruire les limaçons, de donner vacance aux élèves des écoles et qu'il a été nécessaire aussi, pour garantir la santé publique, de prescrire par des arrêtés spéciaux l'enfouissement de ces mollusques. — Les foins seront abondants. Les blés sont en bon état, la vigne entre en fleurs. — Du 23 au 24, il a gelé sur quelques points, mais heureusement par exception. Plusieurs fois aussi la grêle a fait des ravages.

M. de Presle écrit de St-Martial, par Hautefort (Dordogne), le 1 1 juin :

Nous avons eu un mois de mai des plus tristes pour les agriculteurs. A l'exception des cinq premières journées de ce mois qui ont été belles, les autres ont amené des pluies, des orages fréquents avec accompagnement de grésil. A la fin de ce mois la température s'est très-abaissée ; le 23 il tombait des flocons de neige et le 24 le thermomètre variait entre 1 degré et demi et 2 degrés centig. au-dessous de zéro. On voyait une légère couche de glace dans quelques fossés et les gouttelettes qui tombaient des arbres étaient transformées en petits cristaux. Heureusement que notre vallée s'est trouvée enveloppée par un brouillard très-épais. Le rayonnement a été empêché et le mal que l'on redoutait a été très-diminué. Toutefois des parties de vignes situées sur des plateaux, des parties de chênes des légumes ont beaucoup souffert. Toutes ces intempéries ont contrarié les travaux des champs. Les limaces ont continué leurs dégâts, détruisant les plants de tabac repiqués, les jeunes betteraves et les carottes aussi bien que les haricots — Depuis le 6 juin le vent d'est domine et le temps est beau. On fauche a force les trèfles, les luzernes et les foins. Les prairies naturelles situées dans des terrains gras humides donneront peu ; celles qui sont dans des terrains plus secs perméables fourniront une belle récolte. Les blés sont mieux ; ils ont mis longtemps pour épier et il n'ont pas monté également. La vigne est en fleurs; le vent d'est lui est très-favorable.

M. du Peyrat écrit de Beyrie (Landes), le 2 juin :

Ce mois a été très-pluvieux et très-chaud : il est tombé 131 millim. d'épaisseur d'eau, et la température moyenne a été de 18". 52; la plus élevée, le 10, a été de 30». 50, et la plus basse, le 24, de 6». 50; 10 jours de pluie, 2 jours de brouillard, 6 petits orages occasionnés par la chaleur prématurée. 14 jours de brillant soleil, 10 jours demi-couverts et 6 jours sombres. Les vents ont régné 15 jours de la région de l'est et 16 jours de la région de l'ouest, qui nous apporte toujours la pluie. — Avec cette situation atmosphérique la végétation ne paraît pas avoir souflert, malgré l'intensité des pluies; nous avons donné la première façon aux vieilles vignes et la seconde aux nouvelles; nous avons ébourgeonné et soufré, semé les mais et les haricots, dont la sortie est très-satisfaisante. Les betteraves ont mal levé, et nous avons été dans la nécessité de resemer les places vides. Nous avons fumé, labouré hersé et semé le sorgha fourrage, qui commence à lever. A la fin du mois, nous avons passé la houe à cheval dans les maïs et les betteraves, et pendant les grandes pluies, on a travaillé à l'entretien des fossés des chemins et des clôtures, etc. — Les froments sont assez beaux, mais les avoines ne valent rien; la rouille excessive a paralysé leur végétation. Les vesces-fourrages sont belles, ainsi que les prairies . naturelles et les trèfles; les luzernes sont malvenues cette année. Les animaux sont en bonne santé et nourris au vert depuis le 15 mai. Espérons toujours en attendant que nous soyions mieux.

M. Amadiou écrit de Martel (Lot) le 12 juin :

La matinée du 24 mai a fait peu de mal dans nos environs; cependant quelques vignes, quelques noyers, des haricots et des pommes de terre ont été assez rude-

ment frappés. Il paraît certain que certains cantons du département, et notamment les environs de Cahors ont beaucoup plus souiTert. Nos éducations de vers à soie sont terminées. Il y a partage à peu près ét;al entre les succès et les revers; ces derniers me paraissent dus en partie à l'inexpérience d'éducateurs novices. Parmi les succès, je noterai une chambrée composée d'une race japonaise reproduite, et une race croisée entre vers japonais et indigènes, dont la robusticité ne le cédait en rien h. celle des japonais d'importation.

M. d'Iiiiberl écrit de Port-Sainte-Marie (Lot-el-Garonne), le 11 juin :

Dans les trente jours qui se sont écoulés depuis ma dernière note, nous avons été exposés aux variatioas atmosphériques les plus imprévues et les plus menaçantes : pluies froides et torrentielles, grand veut du sud-est, amenaut une tempéialure brûlante; nouvelles pluies glacées, orage violent le 19 mai, accompagné de grêle qui a sévi sur quelques parties de notre canton, et enfin, pour combler la mesure, forte gelée dans la nuit du 23 au 24 mai, et puis encore, et sans transition, nouvelle pluie froide et même vent des plus violents avec chaleur étouffante.

Cette gelée n'a pourtant pas produit les effets désastreux qu'on pouvait redouter à l'époque si avancée de la saison : quelques langs de vigne dans la plaine, couverts par les blés ou par des haies qui s'opposaient à l'agitation de l'air, en ont quelque peu souffert. Les haricots, les jeunes maïs et les plants de tabac ont aussi été atteints sur quelques points. En résumé, le dommage n'est pas grand, si on s'en lient aux apparences; mais, sans être pessimiste, ne peut on pas se demander si une forie gelée le 24 mai, alors que les blés et la vigne se trouvent dans l'époque critique de la floraison, ne peut pas amener des accidents de nature à iniluer d'une manière fâcheuse sur les produits, sans qu'il y paraisse rien en ce moment? Le vent du sud-est, si persistant cette année, qui semblait s'être calmé, vient de reprendre, et nous amènera, sans doute, de nouveaux orages. Sous celte iminilsion énergique, la vigne ne s'est pas démentie; elle n'a cessé de pousser avec la plus grande vigueur. Rien de plus magnifique à voir. On saura bientôt si cette surexcitation si extra-jrdinaire n'est pas de nature à favoriser la coulure. Je dois avouer qu'à la vue de certains symptômes peu rassurants, je ne suis pas sans appréhension sur ce point. J'avertis de nouveau que, favorisé par la chaleur et par l'humidité du sol, l'oïdium poursuit son œuvre d'euvahissement, donc les soufrages ne doivent pas être différés d'un moment. Les fruits sont rares; les chenilles dévorent les arbres fiuitiers. Les fourrages sont aboadants, mais les foins n'ont pas toujours pu être récoltés dans de bonnes conditions.

M. Leyi'isson, écrit de Tridon, par Tonneins (Lot-et-Garonne), le 13 juin :

Le mois de mai a été très -froid relativement à la saison ; le 24 il a même gelé asssez fortpourr griller les sommités de quelques végétaux. — Un très-grand nombre d'Abricotiers de la vallée ont péri tout récemment et la verse cngarral a dévasté en partie beaucoup de champs de blé : c'est ici, selon moi, la conséquence de l'excessive évaporation qu'a activé un vent violent du sud-e-t qui a soufflé pendant plusieurs jours ; tandis que le sol extrêmement tassé et, par conséquent trèsfroid, n'a pu fournir à l'absorption des racines une quantité d'eau proportionnelle à celle qui été dépensée par les feuilles. — L'oïdium dont l'apparition a été-trèshàtive celte année-ci, n'a pas attaqué de nouveaux sujets depuis trois semaines environ ; le temps, en outre, est très-propice depuis quelques jours pour opérer le soufrage des vignes : le vent ne souffle pas, les bourgeons ne sont pas encore renversés et la chaleur est très-forte, ce qui, tout en favorisant la dessioation du soufre que l'on doit avoir soin d'étendre sur un linge à une bonne exposition sud, ne peut que rendre plus efticace l'opération du soufrage, opération qui,ifaute de temps et de bonne volonté, est beaucoup trop négligée dans notre contrée.

M. Esquirol écrit de Labége (Haute-Garonne), le 15 mai.

Après huit h dix jours d'un vent du sud affreux, qui a fait du mal à tout, la vigne exceptée, nous avons eu aujourd'hui, vers trois heures après-midi, un orage cjui a donné une bonne pluie avec quelques grêlons. Je pense, d'après ce que j'ai vu, qu'il n'y aura pas de mal. L'on cite des contrées où il n'en est pas de même, la pluie a tout ravivé. L'épiage des blés va se faire sous de bonnes condi-

tioiip, les maïs en profiteront pour se monlrer entièrement. Dans quelques localités ils naissaient mal, les luzernes et les auires fourrages vont se réjouir, ce -qui lait espérer que les secondes coupes seront meilleures que les premières. Ce qui viendra en aide au mjinque des fourrages qui se fait sentir partout,

M. Esqiiirol écrit encore à la date du 13 juin :

La dernière quinzaine de mai a été très-funeste pour un grand nombre de communes du déparlement, la grêle a sévi sur elles avec une telle fureur que toutes les récolles ont été enlevées , j'ai vu des vignes qui n'avaient pas un pampre, on aurait cru que l'on venait de les lailler; les blés ont été fauchés sur les bonnes tenes; on a pu encore semer du mais et des haricUs. Nous avons eu encore pendant les premiers jours du mois quelques pluies assez fortes, mais depuis environ huit à dix jours le temps est beau, aussi les foins se renferment sous de bonnes conditions, ils sont assez abondants. Les blés commencent à changer de couleur, mais leur produit ne sera pas ce que l'on espérait, le vent du sud qui a soufflé avec violence pendant les huit premiers jours de la deuxième quinzaine de mai leur a porté grand préjudice; bien des giains manquent à l'épi, et pour me servir du langage vulgaire de noscampagnaids, l'épi sera escalat. La vigne donne espoir d'une abondante récolte Ih oii la grêle n'est pas passée. Le prix des bestiaux est, à quelques variations près, toujours très-élevé. On fera la récolte de bonne heure. Je ne ferais pas étonné que d'ici à dix jours on ne mit la faulx à !a main. Espérons que le temps bau se soutiendra et que la Providence nous conservera ce qu'elle nous a donné.

M. de 3IoIy éciit de Toulouse (Haute-Garonne), le 5 juin : La hausse s'est arrêtée ; il y a même une petite baisse. Les prix oscillent entre 27 et 28 fr. les 80 kilog. de bonne qualité. Du reste les traupaciions sont toujours très-limitées et on se plaint en général de la stagnation des aflaires. Il n'y a un peu d'aclivité que dans le commerce du bélail qui se maintient à un haut prix. La floraison des blés déjà bien avancée a été contrariée moins par quelques pluies qui n'ont pas été de durée que par un vent du sud et qui a deux repiises a soufflé avec une grande violence pendant plusieurs jours. On doit craindre et on craint qu'il n'ait nui à la fécondation. Encore quelques jours et on constatera le mal qu'il aura fait.

M. de Moly écrit encore à la date du 13 juin :

Ainsi que je le disais dans mon bulletin du 1" juin, la floraison des blés était alors presque achevée aux environs de Toulouse et avait été contrariée moins par quelques heures de pluie peu abondante, que par un vent du sud-est d'une grande violence qui avait soulilé pendant plusieurs jours ; on craignait non sans motif qu'il n'eût nui à la fécondation. Absent de Toulouse depuis celte époque, je n'ai pu constater le mal. Mais ce que je sais, c'est qu'une pluie abondante, tombée le 3 juin pendant 15 à 18 heures, a versé beaucoup de blés les plus beaux et en diminuera le rendement d'une manière plus ou moins sensible. Ceux qui restés debout sont dans un état satisfaisant jusqu'ici, et si les chaleurs qui ont commencé il y a trois ou quatre jours continuent et vout même en augmentant, iln'est pas douteux qu'aux environs de Toulouse la moisson des blés commencera vers le 24 juin, précédée de celle des rares seigles qu'on y voit encore, des avoines et des orges d'hiver. La pluie abondante du 3 juin a fait grand bien aux secondes coupes de luzeine et de trèfle mais serait insuffisante surtout pour ce dernier fourrage. L'incertitude qui règne encore sur la récolte du blé explique les hauts prix qui se maintiennent encore quoique avec plus de faiblesse dans les cours. Celte incertitude sera levée pour nous à la fin du mois de mai non pour une grande partie de la France.

M. Allard écrit de Cervières (Haules-Alpes), le 26 mai :

A part les deux premiers jours de mai, qui nous ont donné de la gelée blanche, la température du mois s'était bien modifiée, et aidée par la pluie qui est tombée abondamment les 13,, 14, 15, 16, 19 et 21, avait activé vigoureusement la végétation; aussi, la campagne était splendide, et les ]jrairies avaient pris un grand développement. Les seigles étaient en fleurs; les arbres étaient largement chargés de fruits, surtout dans l'Embrunais; les dernières céréales de printemps végétaient dans de bonnes conditions ; les chanvres et les lins étaient superbes, et on commençait de sarcler les pommes de terre, lorsque le 24, dans la matinée, il s'est élevé

un vent furieuxvenant du Nord qui a brusquement changé la température. Le thermomètre est descendu à zéro, et il s'en est suivi des di'gâts assez considérables : jardinage, pommes de terre, haricots, seigles, lins, *hanvres, prairies naturelles et artificiiilles, arlires fruitiers, noyers et vignes, tout est gravement compromis par la gelée. On ne pourra apprécier justement la valeur de ces pertes que dans quelques jours. Espérons toutefois que le mal sera moins grand qu'on ne le suppose en ce moment.

M. Allier écrit de Berthaud (Hautes-Alpes), le 7 juin :

Les nuits du 23 au 24 et du 24 au 25 mai ont été calamiteuses pour nos contrées. Un tiers, au moins, de la récolle des vignes a été emporté par la gelée, et quoique pour la plupart des autres produits le mal soit moins apparent, il est impossible qu'une telle perturbation dans l'ordre normal de la température n'ait eu une influence pernicieuse, plus ou moins sensible sur tous les végétaux. Ainsi, je pense que l'on peut attribuer en parlie la déception des éducateurs de vers à soie, dont les chambrées avaient bien marché jusque-là, à l'altération de la paille, quoique les mûriers ne paraissent pas avoir beaucoup souffert. Dans les cantons élevés de notre département, le mal est infiniment plus grand; les seigles, les orges et les premières coupes de fourrages sont tout à fait perdues; dans beaucoup d'endroits on est obligé de recommencer les plantations de pommes de terre, dont la réussite sera fort chanceuse et qui sont cependant une des ressources principales pour la nourriture des gens et l'entretien des auimaux. Les blés, en général, ne répondent pas aux belles apparences qu'ils présentaient au commencement du printemps; il se sont peu allongés et sont, malgré cela, en partie attaqués par la rouille. En somme, il est à craindre que cette campagne ne soit pas plus brillante que la précédente.

M. le marquis de Jocas écrit de Revest-du-Bion (Basses-Alpes), le ] 4 mai :

Permettez-moi, puisque vous avez bien voulu me faire l'honneur de m'accepter parmi les correspondants de votre précieux journal, de vous transmettre aujourd'hui quelques renseignemenis sur l'état des récoltes, tant dans la partie hante du département de Vaucluse, et en particulier du canton de Mormoiron, que dans la porlion des Basses-Alpes située dans le canton de Banon; ce sont deux points fort opposés de végétation ; cette région-ci est montagneuse et, quoique faisant partie de la Provence, son altitude moyenne, qui est de 8 à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, la place, sous le rapport climatérique et sous celui des cultures, au même rang que le^ pays froids du centre de la France. Dans la portion de Vaucluse, indiquée plus haut, l'étal de la plupart des céréales se présente sous un aspect satisfaisanl ; l'épiage des blés s'effeciue dans d'assez bonnes conditions, et la récolte en sera précoce cette année, si les chaleurs persistent. — Les fourrages, les prairies naturelles surtout, ne rendront pas k la première coupe tout ce qu'on pouvait en attendre, d'après leur aspect aux premiers jours d'avril. Quelipies petites gelées blanches, et les grands vents du nord que nous avons subis pendant trois semaines sans interruption, ont beaucoup ralenti leur végétation; la première coupe de luzerne qui s'est faite du 15 au 20 avril a été médiocre, pour ne pas dire mauvaise ; par contre, les sainfoins dont la lauchaison est commencée donneront un abondant produit. La vigne est en belle végétation, et si la floraison s'effectue dans de bonnes conditions, le raisin sera, cette année encore, très-abondant. Les éducations de vers à soie, moins avancées que dans la portion basse du Gointat et sur les bords du Rhône, marchent assez régulièrement; mais elles ne sontguè a encore parvenues que de la seconde à la troisième mue, et c'est plus tard que les mécomptes sont à redouter. — Les arbres fruitiers qui avaient fleuri en saison trop précoce ont de nouveau, sous l'influeuce des gelées blanches, ou des brouillards, perdu déjà beaucoup de leurs fruits, principalement dans les fruits à noyaux. — Ici, au Hevest-du-Bion, et sur beaucoup de territoires environnants la récolte des blés se présente sous d'assez fâcheux auspices. En 1866, le rendement, par suite de la maladie dite la rouille, avait été réduit, pour beaucoup de propriétaires, des trois quarts au moins. Malheureusement beaucoup de ces giains rouilles et singulièrement réduits de volume ont été -employés aux emblavures, parce que les cultivateurs trouvaient, selon leur expression, qu'ils soignaient davantage : mais le plant

provenu de ces semailles est jaune et mal-venant : la rouille le prend déjà au pied, quoiqu'il n'ait pas eu à souffrir d'un excès d'humidité, loin de là. Quelques pièces de terre font un contraste frappant : celles-là ont été ensemencées de blés provenant, soit de la récolte de 1865, soit achetés dans des pays où la maladie de la rouille n'avait pas sévi; aussi leur végétation est-elle luxuriante; et leur aspect donne une fois de plus raison aux propriétaires intelligents qui ont le soin de conserver pour leurs emblavures les plus belles et les plus saines qualités de grains. Le produit des fourrages artificiels, tant trèfle que sainfoin, sera abondant, selon les apparences. — Le prix des bestiaux est toujours fort élevé, et cela a permis aux paysans de ces contrées, qui élèvent beaucoup de moutons, de sentir moins durement le manque de récolte en céréales de l'an dernier. Les troupeaux jouissent d'une santé parfaite, et ils doivent à la position élevée et à l'air pur de nos montagnes d'avoir jusqu'à ce jour complètement échappé aux épidémies qui sévissent sur les bêtes ovines dans certaines parties de la Provence et du Languedoc.

M. le marquis de Joca.s écrit encore à la date du 2G mai : Depuis ma dernière note, il s'est produit dans la température des modifications telles, qu'elles ont profondément irflué sur nos cultures. Après une succession de temps orageux qui nous ont fait subir le supplice de Tantale; voyant des pluies abondantes distribuées aux alentours de notre plateau montagneux, sans y participer, un orage est enfin Tenu rafraîchir le sol et les plantes, desséchés par un vent du sud, alternativement brûlant et glacial. A la suite, le 23, dans la soirée, le vent du noi d s'est mis brusquement à souffler, aussi glacé qu'en plein hiver, et n'a pas discontinué jusqu'au 25. Les dates des 24 et 25 mai 1867 resteront pour un long temps gravées dans le souvenir de nos cultivateurs. La température, si soudainement refroidie, est redescendue à plusieurs degrés au-dessous de zéro. L'eau a gelé à une épaisseur de plusieurs centimètres. Toutes les prairies artificielles, luzernes, trèfles et sainfoins, ont été brûlées; tout ce qui est culture maraîchère a été aussi profondément atteint. Les arbres fruitiers et autres sont littéralement saccaçés. La perle de ce côté est grande ; ce pays- ci produit beaucoup de noix ; elles sont à peu près toutes gelées. Dans une de mes fermes, située en haute montagne, les forêts de hêtres et de chênes ont également beaucoup souffert, et malgré la dureté et l'épaisseur de leur feuillage, il est peu de feuilles qui n'aient été roussies. Mais comme toute médaille à son revers, nous avons une compensation, en expectative du moins, à tant de désastres; nos blés, qui avaient jauni, qui étaient étiolés et commençaient à être très-fortement attaqués de la rouille, ont subitement reverdi sous cette température d'hiver, et le vent qui soufflait en tempête les a débarrassés, en grande partie du moins, de cette pous.sière rougeâtre qui envahissait toutes les plantes. Le 'i5, dans la journée, la température a de nouveau subi une transformation complète; le vent a sauté au sud, et une pluie fine et bienfai,':ante est venue raffraîchir quelque peu tout ce que le froid n'avait pas complètement brûlé. Aujourd'hui, un soleil d'été vient réchauffer le sol, et activera la reprise de végétation de toutes nos cultures.

M. P. de Gasparin envoie la note suivante sur l'état des récoltes et des cultures pendant le mois de mai 1 867 à Orange et àTarascon-s. -Rhône :

Le mois de mai a été sec, et cette condition météorologique a eu ses avantages et ses inconvénients. Les avantages sont l'état satisfaisant des céréales qui dans notre région, craignent avant tout la verse, à cause de la l'aible.=se des tiges et de la pauvreté des terrains eu silicates solubles. Nous aurons donc, selon toute apparence, une bonne récolte en blé et avoine, et dans dix jours on commencera la moisson en Provence ; on attaque déjà les orges. La sécheresse a été favorable à la rentrée des fourrages des prairies naturelles arrosées; mais la récolteest moindre que l'année dernière, le talon des fourrages ayant été arrêté dans son développement. Quant aux prairies naturelles non arrosées et aux luzernes, elles ont beaucoup souffert de l'absence d'humidité, les résultats sont fort au-dessous de la moyenne, et la sortie des semis tardifs de garance et de luzerne laisse beaucoup à désirer. Mais le fait le plus grave est sans contredit la gelée de la nuit du 23 au ik mai et de celle du 24 au 25 mai. On se souviendra longtemps dans notre région de ce refroidissement anormal qui a réduit à néant les espérances de nos viticulteurs sur un trop grand nombre de points. En général les vignes basses sont gelées en

Provence, et, à ce qu'on m'assure, dans le Languedoc. J'ai pu constater par moimême que le mal s'étend en remoiitanl la vallée du Rliùne. Certainement les vignes brûlées paraissent avoir conservé une certaine partie de leurs raisins; mais les cultivateurs expérimentés ne croient pas que ces quelques grappes découvertes et exposées aux rayons du soleil de juin puissent échapper à la coulure. Les vignes des coteaux ont été relativement très-épargnées; le désastre n'en est pas moins énorme, et je me borne à souhaiter que la vigne n'en souffre pas l'année prochaine. — Échec à peu près général des éducations de vers à soie, comme je vous l'avais annoncée dans mon dernier bulletin ; voilk notre bilan qui n'est pas brillant.

M. Caille écrit deFIassans (Var), le 27 mai.

A la persistance de la sécheresse qui désole nos récoltes, s'est joint, ces jours derniers, un vent glacial du N.-O. qui a produit un refroidissement subit dans l'atmosphère et a été la cause des ravages que vient de causer à nos vignobles la gelée blanche du 25 mai. Jamais, de mémoire d'homme, les rigueurs de l'hiver n'avaient atteint une époque aussi avancée, et, bien que l'année dernière il eût gelé blanc le 20, on n'aurait jamais cru que cette époque pût être outrepassée. La vigne, à peu près seule, donnait quelques espérances cette année ; dès aujourd'hui elles sont détruites pour la majeure partie; car partout où le froid a sévi, il ne reste plus une grappe saine. Ce courant glacial a laissé des traces de son passage dans une bonne partie du département, d'après les nouvelles qui nous sont arrivées de plusieurs points. — Les blés sont toujours chélifs ; on ne compte que sur un faible rendement en grains et surtout en paille. — Les oliviers sont chargés de fleurs; s'il ne survient pas de vents violents, on pourrait avoir quelques espérances pour la prochaine récolte. Les éducations de vers à soie ont presque toutes échoué; par suite, les cocons ont atteint le prix élevé de 8 fr. 50 le kilogramme. — En somme, l'année que nous traversons comptera parmi -les plus mauvaises; aussi les plaintes sont-elles générales,

M. Franc écrit de Ramatuelle (Var), le 3 juin :

La température du mois de mai a été funeste aux vignobles qui ont été atteints par le froid. La viticulture subit encore une crise désastreuse dans un grand nombre de localités. Aussi les prix des vins qui variaient entre 19 et 22 fr. suivant mérite se sont élevés tout à coup à 25 et 27 l'hectolitre. Les vignobles du littoral n'ont pas souffert, ici la récolte se présente sous les meilleurs auspices. La campagne séricicole n'a pas été plus heureuse et à part quelques rares exceptions, elle a fait défaut, aussi a-t-on payé jusqu'à 9 fr. le kilog. pour la filature. Pour le grainage on a payé 12, 13 et 20 fr. Une chambrée à été payée à SO fr. Quant aux céréales les vents du sud-ouest et de l'est qui régnent depuis quelques temps ont entretenu une température qui leur a été favorable. La grenaison s'accomplit dans de bonnes conditions. On commence à couper les orges et sous peu on commencera la coupe des blés. Les prix de ceux-ci se maintiennent toujours à 44 et 45 fr. les huit double-décalitres.

M. le docteur Pi (Tard écrit de Brignoles (Var), le 3 juin : Les blés, dans les terres de première qualité, sont beaux; les épis ne sont pas longs, mais, éiant nombreux, leur rendement en sera probablement assez bon pour le grain, à moins que le soleil brûlant que nous avons depuis quelques jours seulement, joint à l'extrême sécheresse du sol, ne hâte trop rapidement la maturité de la plante. Sur les hauteurs et les terrains de qualités inféi'ieures, les blés sont rabougris, exténués par le manque d'eau depuis plus de trois mois. Les légumes manqueront complètement; la terre est tellement sèche qu'il faut renoncer à ensemencer les haricots blancs et noirs. La seconde fenaison ne donne qu'un minime produit. Succès rares et partiels, même dans les petites chambrées, dans l'éducation des vers à soie. Prix, 30 fr. du kilog. Les oliviers sont couverts de fleurs hâtives celte année. Les laines ont été vendues au prix de 130 à 160 fr. les 100 kilog. Le binage des vignes, quoique pénible, se fait dans de bonnes conditions. Dans le \'ar, l'arrondissement seul de Brignoles a eu à souffrir de la gelée du 25 au matin. Bon nombre de nos communes, riches en vignobles, ont été complètement épargnées, d'autres, au contraire, ont eu des dégâts considérables sur presque tous les poinis de leur territoire. Ce sont les vignes plantées dans les bas-fonds et aux environs des cours d'eau qui ont le plus souffert en général. Nous sommes si peu habitués, dans nos contrées, à une pareille calamité, à pareille époque de l'an-

née, que nos vignerons ne savent quel parti prendre en présence de leurs souches desséchées. Faut-il en couper les ceps de suite ou les laisser tels quels? Quelle est de ces deux déterminations celle qui favorisera le plus avantageusement la pousse de ces vignes l'année prochaine? Dans la matinée du 28 mai 1807, jour de la Fête-Dieu, la gelée brûla toutes les vignes de la Provence. Le 23 mai, nous avons eu un vent du nord-ouest excessivement fort et froid. Le thermomètre marquait 3 degrés cent, à dix heures du soir. Le 24, à six heures du matin, il était à 8 degrés, à midi à 15 degrés et le soir à 10 degrés; le ciel est resté serein et le même vent du nord-ouest a snufilé modérément, mais il était glacial; le soir il tomba complètement. L'aurore du 25 fut malheureusement magnifique ; le ciel ne s'est couvert qu'après six heures du matin et est resté tel toute la journée. En ville, à six heures du matin, le thermomètre marquait 8 degrés, au dehors 5 degrés; à midi, il est monté à 14 degrés et est resté le soir à 13 degrés. La journée la plus froide a donc été celle du 24. Dans la campagne, où les vignes ont eu le plus à souffrir, le thermomètre a dû descendre nécessairement au-dessous de zéro, l'eau y ayant été congelée à quelques millimètres d'épaisseur. — Le baromètre a assez varié entre 747 et 759 millimètres.

M. Gros le Jeune écrit de Réglisse (Var), le 5 juin :

Les intempéries diverses que nous a données le mois de mai ont bien changé l'étal de nos terres et nos récoltes. Des vents toujours tempétueux, accompagnés de deux jours de gelée, nous ont brûlé presque toutes nos vignes et raisins. Les pommes de terre aussi en grande partie, mais celles-ci pourront peut-être reprendre. Toutefois ce désastre, qui s'est étendu sur un assez vaste rayon dans toute la Provence, n'a pas fait un mal général. Certaines expositions des terres n'ont pas été touchées, les côieaux surtout bien moins que les bas-fonds. Et ce qui est particulier, c'est que tel rang de vignes, dans toute sa longueur a été entièrement brûlé quand tel autre peu éloigné n'a rien eu. Et dans un même rang, encore, tel ceps est brûlé et tel autre à côté n'a rien ressenti. On ne peut apprécier, même approximativement, le mal qui en résulte, l'oïdium s'était déjà montré assez généralement. — En attendant, les prix des vins augmentent sensiblement. Les vins ordinaires qui valaient avant 18 à 20 fr. sont aujourd'hui autour de 30 fr. l'iiecîolitre — Les Cf'réales souffrent beaucoup de la sécheresse ; en apparence jusqu'ici, beaux sur pied, les froments ne graineront pas généralement. Leurs prix en l'état ne varient pas autour de 30 fr. l'hectolitre. — Les fourrages presque tous fauchés sont à des prix modérés de 7 à 7,50 les :00 kilog. — Les fruits qui se présentaient bien en principe, ont presque tous disparu, sauf les amandes qui tiennent encore et les oliviers qui, en ce moment, ont tous bien fleuris. — Les vers à soie ont produit médiocrement chez quelques magnaniers et chez d'autres n'ont absolument rien donné suivant l'origine des graines. Les prix des cocons sont de 6 à 8 fr. le kilog. suivant leur mérite.

M. Darru écrit d'Alger, le 10 juin :

Malgré une petiie pluie qui est venue au commencement des battages, ceux-ci s'opèrent avec facilité et s'effectuent partout. Les blés tendres ne rendront pas ce que l'on avait espéré, mais la graine de lin et le blé dur, s'ils restent aux mêmes prix de vente, dédommageront les colons du manque de blé tendre.

Après quelques jours de sécheresse et de chaleur, nous avons eu en mai, comme dans les précédents mois, une grande quantité de pluie qui a entravé la marche si rapide des récoltes en terre pendant les dix premiers jours du mois, puis les beaux jours sont revenus, et actuellement en juin nous nous retrouvons dans une période de froid. De nombreux orages ont éclaté dans un grand nombre de localités et ont causé beaucoup de dégâts. Le froid le plus vif de mai a sévi du 22 au 25; des gelées sont survenues, et si ce fléau a plutôt été utile auxblésque nuisible, il n'en a pas été de môme pour les arbres fruitiers et surtout pour la vigne. D'après nos correspondances, plus de la moitié de la récolte en vin de la France serait perdue. Il est difficile de se rendre parfaitement compte aujourd'hui de l'étendue du désastre, aussi espérons-

nous encore que ces tristes nouvelles sont exagérées. Les blés, les seigles, les betteraves, les pommes de terre sont dans un état peu prospère, surtout dans le Midi; dans le Nord, au contraire, les apparences sont meilleures. Les prairies naturelles et artificielles ont fourni du fourrage en abondance mais dont la qualité ne sera pas bonne partout. Les éducations devers à soie nesont toujourspas satisfaisantes. En résumé, l'année agricole ne paraît pas devoir être meilleure que la précédente ; les souffrances de notre agriculture sont grandes.

J.-A. BA.RRAL.

Une modification apportée à la circonscription administrative de la région de l'Ouest en a détaché la Vendée pour y joindre la 3Iayenne, et le concours de Vannes s'ouvrait cette année aux exposants de l'Anjou et de la Ma^'enne, comme à ceux de l'ancienne Bretagne. Cette circonstance devait mettre en présence des races d'animaux vivant dans des conditions différentes de climat, de nourriture et de sol. Depuis longtemps, dans l'Anjou et la Mayenne, les éleveurs se sont livrés avec succès, il faut le reconnaître, à l'élevage du durham pur sang et de ses croisements avec la race mancelle et autres, tandis que, à quelques exceptions près, c'est la race bretonne d'Anjou ou ses congénères d'Ayr et de Jersey qui persistent sur une terre où le roc perce trop souvent encore un sol trop maigre pour le revêtir. Rien, au reste, n'était plus instructif à divers points de vue que le concours qui se réunissait celte année au cbef-Iieu du Morbihan.

Vannes ne possède pas la statue d'un grand homme, mais on y admire un hôtel de préfecture qui fait le plus grand honneur à l'architecte et à la munificence des imposés au rôle des quatre contributions. Deux rivières coulent à travers le parc exécuté, paraît-il, sur les dessins du même architecte, et qui s'est ouvert à tout ce qui se trouvait sans doute à Vannes à cette heure. C'est en allant dans cette ville, en voyageant dans son beau carosse à six chevaux, en compagnie de Monsieur de Vannes et en traversant les landes d'Auray à la tombée de la nuit, à cette heure où on est entre chien et loup, que Sa Grandeur, dit Mme de Sévigné, bénit par la portière un troupeau de moutons, les prenant pour des fidèles agenouillés. Monseigneur n'en aurait sans doute plus le temps aujourdhui; au litu d'un mois pour le voyage, c'est un jour, et, giâce à la vapeur, on déjeune à Paris et on dîne à Vannes. Il serait curieux de l'entendre sur ces changements, si elle revenait, la railleuse dame. Elle ne retrouverait plus peut-être M. de Bussy pour rire finement aux dépens du prochain. Tout est changé, seulement il pleut toujours comme de son temps, et nous serions tentés de dire comme elle : « Ce sont vos prières qui nous ont attiré cet excès. Que ne laissez-vous faire un peu à la Providence; tantôt de la-pluie, tantôt de la sécheresse : vous n'êtes jamais contents. J'en demande pardon à Dieu, mais cela me fait souvenir de Jupiter, dans Lucien, qui est si fatigué des demandes importunes des mortels, qu'il envoyé Mercure pour faire tomber là dix mille muids de grêle afin

de ne plus en entendre parler. )i Elle ne s'inquiétait guère de l'agriculture, riait aux dépens des gentilshommes en ker et des quarante autres, tous dorés, qui, avec une meilleure tête que les immortels, portèrent successivement devant elle quarante santés au roi de France, sans doute par une opposition cachée à son gouverneur le duc de Chaulncs, auquel ils ne ménageaient pas leurs injures, dont la moindre, dit-elle, était de l'appeler gros cochon.

Devons-nous voir là l'origine de cet esprit de résistance au pouvoir central qui se rencontre parmi ceux qui se piquent encore aujourd'hui du préjugé donton seguéritle moins, ou devons-nous la rechercher dans un noble désir secet d'indépendance de caractère et de protestation? Nous l'ignorons, mais nous ne serions pas rlpigné de penser que l'animosité qui subsiste encore contre les écrits de Mme de Sévignéchez les descendants de ceux qui l'honoraient de leur visite et dont elle souhaitait parfois ïkatrcu-v et précieux départ, était due peut-être aux plaisanteries dont l'âge et les chagrins de famille la corrigèrent, en atteignant sa triomphante santé. C'est elle pourtant qui nous a laissé la peinture la plus exacte de notre province, u C'est une illusion, écrit-elle à M. de Coulanges, que d'y avoir du bien en terre; passe encore pour descomptes, mais de l'argent point. » Déjà la ville attirail beaucoup de ceux qui comprennent aujourd'hui la paît de légitime influence qui doit revenir aux occupations de l'agriculture. Mme de Sévigné aimait du reste la campagne; elle savait y résider, et M. de Lavergne, dont les écrits charment aujourd'hui une gentry d'élite, ne manque pas de la représenter, s'enîreîenant avec son ami Piiois, au moment peut-être où elle apprend à son jardinirr que Mme de Griguan a fait un gros gas. Si elle revenait, ajoulons-nous, elle persuaderait peut-être à tous ces gentilshommes qui sortaient, dit-elle, de chaque pavé de la bonne ville de Vitré au moment des États, qu'il n'y a de possible désormais que les principes d'aujourd'hui et les manières d'autrefois.

Ni le gotit de s'occuper de la terre, ni la fortune mobilière, et à plus forte raison le crédit agricole, n'existaient alors, et les propriétaires, même sans le désir secret de l'influence qui ne pouvait leur échapper alors, concédaient leurs terres aux prix les plus modiques, à bail souvent amphitheotique, sous la réserve de pouvoir congédier les colons en leur remboursant les constructions et quelques plantations à dire d'experts. Telles sont l'origine et la cause du domaine congéable, contrat particulier à la Bretagne, et qui atteste le peu de faveur dont y jouissait alors l'agriculture. Ce contrat, qui n'avait en lui-même rien de féodal, fut, à ce litre, respecté par la Convention, et si le congément troubla des possesseurs à titre précaire, il n'en était pas moins juste. Il a été une source de fortune presque innattendue pour certains propriétaires; mais aujourd'hui les édijiciers se sont si bien retranchés derrière leurs impenses, que le propriétaire qui rencontre devant lui, par ailleurs, des dispositions favorables au colon, n'a plus aucun intérêt au congément.

Les idées ont bien changé. Mieux avisée et loin de voir un motif de dédain à des occupations et des intérêts qu'elle abandonnait aux agents d'affaires, dont Beaumarchais nous a fait le portrait, mais qui n'ont pas laissé pourtant en Bretagne le souvenir desMiddIemen de l'Irlande lesquels, avec l'absentéisme, ont ruiné ce pauvre pays, la gentry de Breta-

CONCOURS REGIONAL DE VANNES. 5'il

gne s'occupe activement de l'élevage et de l'amélioration de ses terres. En même temps, dans l'Anjou et la Blayenne, grand nombre de propriétaires donnent l'exemple d'une participation plus directe encore auxclioses de l'agriculture par le métayage qui, outre les rapports de bonne foi et d'attacbement qu'il entretient entre le propriétaire et le fermier, est la meilleure société coopérative. Au reste, ce système de culture est héréditaire dans une partie de l'Anjou et de la Mayenne, et M. de Lavergne nous y montre, avant la Révolution, les propriétaires vivant paisiblement à l'abri de leurs iiaies, partageant d'un commun accord les produits du sol avec leurs fermiers. La conscription plus que la mort du roi vint les surprendre au milieu de ces paisibles occupations, tandis que Duclos, près de cent ans après Madame de Sévigné signale en Bretagne l'invasion des goûts et de l'oisiveté de la capitale, dont la province demeurait jusque-là à cent lieues et à cent ans. A l'imitation de cette partie de la noblesse, bien peu nombreuse il est vrai, qui allait à la cour, pour vivre à la ville, on abandonnait aux procureurs le souci de ses alTaires.

L'élan de l'agriculture ne date guère en Bretagne que des premières années qui suivirent la chute du premier empire. 11 fut, il est vrai, tout spontané. L'emploi de l'élément calcaire dans une grande partie des terres de l'ouest permit l'introduction de la prairie artificielle dans l'assolement, et le blé venant après le trèfle a conquis des espaces qui lui étaient interdits auparavant. On ne tarda pas non plus à reconnaître partout sur le littoral l'efficacité des engrais marins, cette manne providentielle qui a fourni autour de la Bretagne ce qu'on appelle sa ceinture dorée. Le bétail s'est amélioré et s'améliore à l'aide des rotations par les fourrages artificiels et pendant ce temps-là, grâce aux voies de communication, le l'ayon s'agrandit; et la chaux pénètre au cœur de la Bretagne par le canal de Nantes à Brest. L'élan ne se ralentit pas et nous avons entendu M. le comte de Soisy, à quatre-vingts ans, proposer gravement, devant une assemblée libre réunie à Sainl-Brieuc, d'exproprier tous ceux qui, dans un délai donné, ne mettraient pas en culture les landes leur appartenant, espérant bien encore, disait-il, voir disparaître ces steppes qui déshonorent la Bretagne. 11 ne s'apercevait pas, dans son ardeur, qu'il était un révolutionnaire.

C'est à des défrichements et à des améliorations progressives depuis vingt ans, aidées peut-être par la puissance des moyens d'action, que M. Bonnemant doit le succès de la prime d'honneur. Son exploitation offre en outre un côté industriel. Une distillerie munie, des excellents appareils Savalle, qui sont une gloire de l'industrie française, existe à Treulan pour la distillation des betteraves, et sans doute du seigle, dont la culture héréditaire s'explique en Bretagne par la rusticité d'une céréale qui, sur un sol granitique, résiste mieux que le froment aux fortes gelées subites des hivers. Au reste, le débit de ses produits ne peut manquer à M. Bonnemant, vu l'usage qui est fait en Bretagne des liqueurs alcooliques. M. Renan, dans son morceau sur la poésie des races celtiques, croit pouvoir expliquer par le besoin des choses de l'imagination le goût décidé des Bretons pour l'hydromel et l'alcool. « Peuple breton, leur disait il y a quelques années l'évêque de Quimper, tu serais le premier peuple du monde, si tu n'allais au cabaret. »

Des exploitations Importantes comme celles de MM. le comte de la Perrière, Lorieux, de la Duharaye, Corniquel, de Genouillac étaient entrées en lice et ont valu des médailles d'honneur à leur propriétaire.

Une récompense exceptionnelle et hors concours a été réservée par Son Exe. le ministre de l'agriculture à Son Altesse madame la princesse Bacchiochi. On sait que l'Empereur est venu, il y a quelques années, à Korn-er-Houët rendre hommage à rintervealion d'une princesse de sa famille, qui a consacré à l'agriculture bretonne d'importantes sommes. L'exemple, il est vrai, doit venir d'en haut et le progrès d'en bas; mais la puissance des moyens d'action n'en peut toujours servir à celui qui, marchant pas à pas, pense que le métier doit avant tout nourrir et enrichir son homme.

L'exposition des animaux, des instruments et des produits de l'agriculture était heureusement placée à Vannes sur la belle promenade plantée d'arbres qui borde la rivière; on l'embrassait d'un coup d'œil.

Le nombre des instruments n'augmente pas dans les concours de province. Plusieurs fabricants ont épuisé la liste des médailles et ne sont plus engagés que par le désir de vendre; la réputation acquise leur paraît souvent suflisante. Nous avons bien retrouvé la série des bons instruments de MM. Bodin père et fils, de l'excellente école et fabrique des Trois-Croix; ceux de M. Garnier,de Redon; de M. Renaud, de Nantes, dont les locomobiles et une colleclion d'instruments figurent à l'Exposition universelle. M. Renaud s'est contenté de faire fonctionner devant le jury une locomobile de A chevaux, sa faucheuse Wood modifiée, une faneuse et un râteau à foin de modèles déjà connus.

Nous avouons franchement que le progrès, dans une culture qui s'émiette de plus en plus, ne pouvant venir que d'en bas et des instruments à bon marché, nous avons regretté de ne point voir récompenser les appareils de MM. Josso de la Roche-Bernard. Quand on offre aux cultivateurs pour 80 fr. une charrue avec avant-train, une herse et un tarare dans des conditions de solidité que nous nous croyons apte à juger, on rend à la culture un service réel. Frappé de la bonne voie où MM. Josso semblaient être d'une fabrication progressive et à bon marché, nous nous nous sommes approché de leur exposition et leur avons indiqué, pour compléter leur modeste série d'instruments, le modèle d'un manège à cheval au prix de 150 fr. , que nous avons rencontré à Aurillac.

Aujourd'hui qu'on revient, malgré tout, dans la région, aux barattes verticales, modèle suivi même pour la fameuse baratte atmosphérique, l'opération fatiguante du barrattage eut dû rencontrer depuis longtemps des moyens mécaniques de suppléer aux bras. Nous en avions vu souvent, mais peu de satisfaisants. Aussi nous nous sommes arrêtés devant un baratteur à balancier et moteur vertical, mù par un excentrique à manivelle un peu courte, il est vrai , mais qui doit bien fonctionner. Est-ce le bon marché qui en a aussi écarté une récompense? Le fabricant, M. Aubrée de Tinteniac (lUe-et-Vilaine), s'en consolera , nous l'espérons, en en vendant beaucoup.

Nous n'aurions certes pas convié MM. Howard, Ransomes Smith, etc.,

CONCOURS RÉGIONAL DE VANNES. bk'à

à venir avec nous offrir leurs instruments aux petits cultivateurs bretons, qui, eussent-ils eu le désir de les acheter, auraient au préalable consulté leurs bourses. Tout est proportionnel aux moyens des gens, le manque de jugement c'est de les excéder.

Les instruments de pesage ont pris dans la culture un rôle qui indique le désir de se rendre compte. Ils donnent le seul moyen, dans les grandes exploitations, de suivre une comptabilité sérieuse pour la consommation des fourrages, l'emploi des engrais, la vente et l'achat de tous les produits de la ferme. Nous avons remarqué une collection de balances et ponts à bascules, dont lun , du prix de 3 fr. 50, pèse une charge de 2000 kilog. Que veut-on de plus ? Nous regrettons de ne plus nous souvenir du nom du fabricant, qui est de Nantes. Sans doute ses produits n'égalent peut-être pas en fini ceux des grands balanciers Catenot, Déranger, Suc et Chauvin, etc., mais il est dans la bonne voie. Il faut croire que, grâce au libre échange, la fonte a baissé en Bretagne pour que les constructeurs pussent offrir à l'agriculture les instruments du véritable progrès, celui qui peut se répandre davantage.

Arrivons donc aux races bovines, ovines, etc.

Le concours de Vannes était le véritable terrain pour les petits bretons, bien coulés, près de terre, parfois avec un peu d'ensellement, bonne culotte et bonne peau, aussi étaient-ils très-nombreux. Nous n'avons pas voulu rechercher la forme voulue du parrallélipède; on n'est pas exigeant avec des amis d'enfance. C'étaient ces bonnes petites laitières bretonnes de deux à trois ans qui attiraient notre attention. Nous nous sommes longtemps arrêté devant plusieurs d'entre elles , et avec notre système de bon marché, nous calculions qu'on pouvait en acheter trois pour une de ces bêtes énormes, qui, transportées dans les conditions où la vache bretonne broute encore aux buissons du chemin, sembleraient être les vaches maigres qui assiégeaient le roi Pharaon dans ses rêves. Oui, cette bonne petite race bretonne a bien sa raison d'être pour ses incomparables qualités laitières, son rendement, sa viande parfumée, sa rusticité, ses aptitudes au travail et à la boucherie quand, comme tout autre, elle n'a pas été surmenée. Améliorée depuis un grand nombre d'années par la sélection et les soins dans les îles de la Manche, elle a donné naissance à l'incomparable race de Jersey, et subséquemment à celle d'Ayr, qui nous sont revenues ensuite par importation. M. le comte de Chateaubriand favorisa, il y a trente ans, l'importation de la race de Jersey, qui n'a pas reçu depuis tous les encouragements réservés par l'administration à la race d'Ayr, laquelle lui est pourtant inférieure pour le rendement. Les spécimens de cette dernière race étaient nombreux et fort admirés. Salut à la race pure,

Dont aucun audacieux N'a pas interrompu le cours de ses aïeux. '

Race incomparable, il faut le reconnaître, et Vannes a été son triogiphe. Tous les éleveurs de marque de la circonscription avaient au reste tenu à s'y faire représenter, et le concours du Morbihan rendait des points à Billancourt.

C'est, pour une bonne part, à l'honorable M. de Sainte-Marie qu'est

du l'élevage du durham et de ses croisements si favorables aux races mancelle et autres. On réagit contre elle aujourd'hui au nom des races françaises et de la sélection, sans pouvoir contester sa précocité, ses aptitudes et la rectitude de ses lignes; mais^ il faut l'avouer, beaucoup de conditions agricoles s'opposent à son élevage, et, dût-elle même un jour couvrir le sol de la France de ses produits, nous regretterions encore la race pie et ses taureaux taquins.

Nous avons remarqué l'heureuse tendance de certains propriétaires à faire participer leurs fermiers et métayers aux primes. Les intéresser au succès, c'est écarter le reproche qui s'élève souvent derrière eux que les prix sont des prérogatives.

Dans la race porcine, notre bonne race craonnaise gagne tous les jours du terrain ; nous l'avons retrouvée en progrès à Aurillac et à Vannes.

Quelques bons animaux à longue laine des races southdown et dishley étaient là. Il fallait aller voir la race mérine à Billancourt.

Voici la liste des prix décernés :

Prime d'honneur. — M. Emile Bonnemant, propriétaire-exploitant à Treulan, commune de Pluneret, arrondissement de Lorient.

Médailles d'or grand module. — M. Gormerais, directeur de la ferme-école de Trécesson, arrondissement de Ploërmel; M. le comte de la Fermière, au château de Coëthuan, près Rohan ; M. Lorieux, propriétaire-exploitant à Ploërmel.

Médailles d'or. — M. de la Duharaye, à Gallac, en Plumelec; M. Nadan, à Bonervaux, près Vannes.

Médailles d'argenl. — M. Corniquel, propriétaire à la Lande, près Vannes; M. de Genouillac, au château du Rox, arrondis-iement de Ploërmel '.

Serviteurs de l'exploitation primée. — Mathurin Legouif, maître charretier; Camille Gros, fromager; Baptiste Marchand, distillateur; Joachim Falher, vacher; Joseph Leport, vacher; François Marchand, vacher; Joseph Leclerc, maîtreouvrier.

Races bretonnes pures. — Mdlcs. Animaux de 1 à 2 ans. 1" prix : M. Feunteun (Michel), à Ergué-Armel (Finistère) ; 2% MM. Gudennec et de Kerjégu, à Plabennec (Finistère); 3% M. Gaill (Claude), à Plouzévédé (Finistère) ; 4% M. Le Goff (Joseph), à Kerfeunteun (Finistère); 5", M. Sorin (Pierre), à Bruz (Ille-et-Vilaine) ; 6% M. Le Floch, k Vannes (Morbihan). Mentions honorables : MM. Demolon, à Loctudy (Finistère); Golhen, à Quimper (Fii;istère). — Animaux de plus de 2 ans. l" prix : M. Feunteun (Michel); 2% M. Le Texier, à Vannes; 3", M. OUivier (Gorentin), à Kerfeunteun (Finistère) ; 4% M. le comte de la Ferrière, à Bréhand-Loudéac (Côtes-du Nord); 5% M. Roussel, à la Croix- Helléan (Morbihan); 6", M. Feunteun (Alain), à Ergué-Gabéric (Finistère). Mentions honorables : MM. Le Floch ; Gaill (Claude). — Femelles. Génisses de I à 2 ans. 1" prix : M. Demolon; 2», M. Gaill (Claude); 3% M. le comte de la Ferrière; 4% M. Le Floch; 5% M. Guhur, à Saint-Nolfl' (Morbihan). Mention trèshonorable : M. Conan, à Ergué-Armel (Finistère). — Animaux de 2 à 3 ans. 1" prix : M. Demolon; 2% M. Gllivier (Gorentin); 3% M. Guévenoux (Jean-Marie), à Bains (lUe-et-Vilaine) ; 4-, M. Quennec (Louis-Marie), k Vannes (Morbihan); 5", M. Deniaud, à Vannes (Morbihan). — Vaches de plus de 3 ans. — I" prix: M. Feunteun (Michel); 2% M. Demolon; 3% M. Séhédic, k Leuhan (Finistère); 4% M. Drouino, k Vannes (Morbihan); 5% M. Jégo (Jean-Marie), k Mendon; 6% M. Deniaud. Mentions honorables : MM. Feunteun (Alain); Briot de la Mallerie , à Penhars (Finistère); M. Golhen, k Quimper (Finistère); Mme veuve Corniquel, k Vannes (Morbihan), MM. Guillet et Allain , k Missillac (L.-L); Marhin, à Napoléonville (Morbihan). Mention très-honorable à toute la catégorie.

Race nantaise pure. — Mdks. Animaux de 1 k 2 ans. l"" prix : M. Teis-

sier (Jean), à Saint-Etienne-Je-Mont-Lac (Loire-Inférieure) ; 2', M. Doucet (Louis), à Gouèron (Loire-Inférieure); 3% M. Bâtard (Pierre), à Gouciron (Loire-Inférieure) ; k', M. Grémet (Julien), à Gouëron (Loire-Inférieure). — Animaux de plus de 2 ans. 1" prix : M. de la Haye-Jousselin (Louis), à Derval (Loire-Inférieure); 2", M. Grémet (J'ierre), à Gouëron (Loire-Inférienre) ; 4% M. Boiscourbeau (Artus), à Gouéron (Loire-Inférieure). — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. — l"prix : M. Mabilais (Pierre), à Saint-Etienne-de-Mont-Luc (Loire-Inférieure); 2% M. Gliouteau (François), à Gouéron (Loire-Inférieure); 3% M. Lucas (Henri), à Gouëron (Loire-Inférieure). — Génisses de 2 à 3 ans. l"'' prix : M. Bosicourbeau (Artus); 2», M. Ghauveau, à Saint-Herblon (Loire-Inférieure) ; 3', M. Lepage, à Sautron (Loire-Inférieure). — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix : M. Mabilais (Pierre); 2% M. Mabilais (Julien), à Saint-Etienne-de-Mont-Luc (Loire-Inférieure) .

Race parlhenaise pure. — Mâles. Animaux de 1 à 2 ans. l" prix : M. Lamé (Jean), à Gouëron (Loire-Inférieure); 2% M. Le Breton (François), à Saint- Elienne -de-Mont-Luc (Loire-Inférieure). — Animaux de plus de 2 ans. 1" prix : M. Tlioinnet de la Turmelières, à Lire (Maine-et-Loire). — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. 1"" prix : M. Lamé Jean); 2", M. Soliman (Jean), à Gouëron (Loire-Inférieure). — Génisses de 2 à 3 ans. 2' prix : M. Mabilais (Julien). — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix: M. Lamé (Jean); 2", M. Ghauveau. Mention honorable : M. Boiscourbeau (Artus).

Races françaises diverses pures. — Mâles. Pas de prix décernés. — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. Prix unique : M. de Ghateauvieux (Aimeric), à Etrelles (Ille-et-Vilaine), charolaise. — Génisses de 2 à 3 ans. Prix unique : M. de Ghateauvieux (Aimeric), charolaise. Mention honorable : AI. Mahier (René), au Mesnil (Mayenne), mancelle. — Vaches de plus de 3 ans. Prix unique : M. le baron de Servigny, à Saint-Goazec (Finistère), normande. Mention honorable : Le même.

Race durham pure. — Mâles. Animaux de 1 à 2 ans. 1"' prix : M. de Rochebouët, à Ghaumont (Maine-et-Loire); 2% MM. Abafour, à Miré (Maine-et- Loire) ; 3% M. de Foucaud (Ludovic), à Bréhan-Moncontour (Gôtes-du-Nord); 4', M. le baron de Servignc; 5% M. du Breil, à Saint-Potan Gûtes-du-Nord). — Animaux de plus de 2 ans. 1"' prix : M. Boisteaux, à Gorges (Loire-Inférieure); 2% M. le vicomte de Narcé, à Grugé (Maine-et-Loire) ; 3% M. le comte d'Andigné de Mayneuf, à Gliambellay (Maine-et-Loire); 4'=, M. Portier, à Bonchamp (Mayenne;. 5'', M. de la Vallette , à ViUiers - Gliarlemagne (Mayenne). Mention trèshonorable : M. Gherbonneau , à Contigné (Maine-et-Loire). — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. 1" prix : M. le comte d'.\ndigné de Mayneuf ; 2% M. de Jousselin , à Saint-Georges-sur-Loire (Maine- et- Loire); 3'', M. de Foucaud (Ludovic); 4", M. Gastinel, à Gennes (Ille-et-Vilaine) ; 5«, M. le comte de Falloux, au .Bourg-d'Iré (Maine-et-Loire. Mentions très-honorables : MM. de Rochebouët; de Foucaud (Ludovic). Mention honorable à toute la catégorie. — Génisses de 2 à 3 ans. 1" prix : M. Portier; 2% M. Gastinel; 3% M. Boisteaux; 4% M. le comte de Falloux; 5% MM. Gudennec et Kerjégu. Mentions honorables : MM. Portier; le comte de la TuUaye, au Mesnil (Mayenne). — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix : M. Portier; 2% M. de Jousselin; 3% M. Bonnemant, à Pluneret (Morbihan); 4", M. de Rochebouët; 5% M. le comte de Falloux. Mentions trèshonorables: MM. le comte d'Andigné de Mayneuf; le comte de la TuUaye. Mentions honorables : MM. delà Vallette; le comte du Ponlavice, à Landéan (Ille-et- Vilaine).

Races étrangères diverses pures. — Mâles. Animaux de 1 à 2 ans. 1" prix: M. Bonnemant, ayr; 2% MM. Gudennec ei Kerjégu, ayr; 3% M. Kernaléguen, à Douarnenez (Fmistère), ayr. — Animaux de plus de 2 ans. 1"' prix: S. A. Mme la princesse Baciocchi, à Korn-er-Houët (Morbihan)ayr ; 2^, M. Demolon, jersiais; 3% M. Talbot , à Auray (Morbihan), ayr. — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. 1" prix : M. Gudennec et Kerjégu, ayr ; 2% M. Bonnemant, ayr. — Génisses de 2 à 3 ans. 1" prix : M. Bonnemant, ayr; 2", MM. Gudennec et de Kerjégu, ayr; 3', M. le comte de Pontavice. — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix : M. Demolon , jersiaise ; 2=, M. Bonnemant, ayr. Mention honorable : M. Bonnemant, ayr.

Groisements durham. — Mâles. Animaux de 1 à 2 ans. 1" prix : M. Lannéval (Jean-Louis), à Gourin (Morbihan), breton; 2% M. Gherbonneau; 3% M. Dubois (Louis), à Arquenay (Mayenne), manceau; 4% MM. Abafour — Animaux de

plus de 2 ans. l'^'' prix : M. du Breil, breton; 2% MM. Parage - Farran et Trottier, à Montreuil-Belfroi (Maine-et-Loire); 3% M. Parage (Camille), à Ghazésur-Argos, manceau (Maine-et-Loire); 4", Le Floch (Augustin), à Langoniaet (Morbihan. — Femelles. Génisses de 1 à 2 ans. 1" prix : M. le comte de Falloux , mancelle ; 2°, RL Gherbonneau; 3% M. le comte d'Andigné de Mayneuf, bretonne; 4', M. Portier, ayr. Mention honorable : M. Portier, ayr. — Génisses de 2 à 3 ans. 1" prix : M. le comte d'Andigné de Alayneuf, mancelle ; 2% M. Parage (Gamille), mancelle; 3", M. Boisteaux, ayr; 4°, M. Dubois (Louis), mancelle. Mentions trèshonorables : MM. le comte d'Andigné, mancelle; Dubois (Louis); mancelle. Mentions honorables : MM. le comte de Falloux, mancelle; Gherbonneau. mancelle. — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix : M. Gherbonneau, mancelle; 2% M. le comte d'Andigné de Mayneuf, mancelle ; 3% MM. Abafour; k", M. le comte R. des Nétumières à. Balazé (lUe-et- Vilaine), bretonne; 5% M. Bonnemant, ayr. Mention très-honorable : M. le comte de Falloux, mancelle.

Groisements divers. — Mâles. Animaux de 1 h 2 ans. 1''' prix : MM. Parage-Farran et Beaupère, à Juigné-Béné (Maine-et-Loire), ayr croisé; 2", M. Caill, ayr-breton; 3*, M. Pradal (François), à Langueux (Gôtes-du-Nord); jersiais-ayr. — Animaux de plus de 2 ans. — 1"' prix : M. Villeroy, à Leuhan (Finistère), ayr-breton; 2% M. Sorin (Pierre), ayr-breton; 3", M. Maindron, au Palais (Morbihan), ayr-breton. — Femelles. Génisses de 1 a 2 ans. 1" prix : M. Le Gruen, à G-uesnou (Finistère), ayr- bretonne ; 2°, M. Surin (Pierre), ayr-bretonne ; 3", M. le comte de Pontavice, ayr croisée. — Génisses de 2 à 3 ans. 3° prix : M. Le Gouédic, à Napoléonville (Morbihan). — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix : M. le comte de Pontavice, ayr croisé.

Races françaises diverses pures. — Mdles. \" prix : M. Le Mélinaire, à Grand-Champ (Morbihan); 2% M. Le Doujet, à Meliand (Morbihan), breton. Mention honorable : M. Lorho (Michel), à Biech (Morbihan), breton. — Femelles. 1" prix : M. Julé (Jeau), à Baud (Morbihan), bretonnes; 2% M. Malander, à Melraud (Morbihan), bretonnes.

Races étrangères à laine longue. — Mâles. 1" prix : MM. Abafour, dishley; 2'", M. Mahier (René), dishley; 3", M. Perlemoine, à Meslay (Mayenne), dishley. Mention honorable : MM. Salmon et fils, à Graon (Mayenne), dishley. — Femelles. I" prix: MM. Salmon et fils, dishley; 2", MM. Abafour, dishley; 3% M. Desbrosses, à Bazouges (Mayenne).

Races étrangères à lame cnurte. — Mcilcs. 1" prix : M. de Coulonges, à Azé (Mayenne), southdown ; 2", M. H. Jarret de la Mairie, à Pontigné (Maine-et- Loire), southdown; 3% M. Gherbonneau, southdown. Mention honorable : M. de GouloQges. — Femelles. — 1"' prix : M. de Vaufleury, à Louverné (Mayenne), southdown; 2% M. de la Tullaye, souhtdowa; 3', M. de Goulouges, southdown.

Groisements divers. — .Mâles. 1" prix : M. Pradal (François), southdowcdishley; 2% MM. Salmon et liis, dishley-southdown; 3% M. Ghsibonneau, dishley croisé. Mention honorable : M. le comte des Nétumières, dishley -breton. — Femelles, l" prix : M. Mahier (René), dishley croisées; 2% M. Garrault , à Erbrée (lils-et-Vilaine) , southdown-bretonnes; 3% M. Gherbonneau, southdowndishley.

Races indigènes. — Mâles. 1" prix : M. le comte de Ghampagny, à Loyat (Morbihan), Graonnais; 2% M. Blandeau (Pierre), à Argentré (lUe-et- Vilaine), Graonnais; 3% M. Boutin, à Seurdren (Maiue-et-Loire), Graonnais; 4'', M. le comte du Pontavice, Augeron. — Femelles. 1'' prix : M. Blandeau (.Gille.s), à Argentré (Ille-et- Vilaine), craonnaise; 2% M. Conan, Bretonne; 3% M. Mahier (René), craonnaise; 4% M. Gendrot, à Moutiers (Ille-et Vilaine), indigène.

Races étrangères. — Mâles. 1" prix : M. Trémant, à ^'aunes (Morbihan), Berk- .shire; 2", M. le comte de Falloux, coleshill-new-Leicesler; 3«, M. le baron Le Guay, new-leicester-berkshire; 4% M. le comte de la Ferrière, berkshire; 5% j\L le comte du Pontavice, berkshire ; 6% M. Séhédic, new-leicester. — Femelles. 1" prix : M. Pradal (Françoi.s), new-leicester; 2% M. le baron Le Guay, berkshire; 3% S. A. Mme la princesse Baciocchi, berkshire; 4% M. le comte de Querhoënt, à

Vannes (Morbihan), anglaise; 5% M. Candal, à Vannes (Morbihan), tonquine; 6% M. de la Tullaye, new-leicester.

Croisements divers. — Mâles, l'"'' prix : M. Gui'venoux (Jean-î\Iaric), ang;laisbreton; M. Sorin (Pierre), new-leicester croisé. — Femelles, l""' pri.x ; M. le comte de Falloux, colleshill, new-leicester-croannaire ; 2% M. S^'hôdic, new-leicesterbretonne ; 3', M. Sorin (Pierre), new-leicester croisée; 4% M. le comte R. de Nétumières, berkshire croisée.

QUATRIÈME CLASSE. — ANIMAUX DE BASSE-COUR

Médailles d'argent : MM. Lemarchand, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) ;Launay, à Meslay (Mayenne) ; Danycan, àPléneuf (Gûtes-du-Nord). — Médailles de bronzn : MM. de Vaufleury, à Louverné (Mayenne); de Chateauvieux, à Etrelle (Ille-el- Vilaine); Julé, à Baiid (Morbihan) ; Lebas, à Saint-Marcel (Morbihan); ]\Ime la comtesse de la Touche, à Saint-Brieuc (Gôles-du-Nord); M!i\I. Martine, k "N'annes (Morbihan); Naflan, à Vannes (Morbihan); Quermeleuc, à Elven (Morbihan); Lafosse, à Plœren (Morbihan).

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