ET JANVIER
L'hiver réel a fait son apparition avec la nouvelle année. Déjà l'on peut voir comment se comportent les récoltes sous son influence; c'est là l'objet de la plus grande partie des notes suivantes de nos correspondants.
M. Vandercolme écrit de Rexpoëde (Nord), le 1 2 janvier :
Peu de chose à yous dire. Tous nos labours d'hiver sont terminés. Les blés et les colzas sont dans de bonnes conditions. Pendant quelques jours nous avons eu l'hiver : le thermomètre est descendu à 10 degrés au-dessous de zéro. Il n'y a pas eu de mal, la terre était couverte d'une épaisse couche de neige. De nouveau, aujourd'hui, la neige tombe en abondance. La santé des bestiaii.x continue à être satisfaisante.
M. E. Le Roy écrit d'Ardissart (Nord), le 13 janvier :
La saison est des plus incertaines. La gelée et la neige qui étaient arrivées avec le nouvel au et avaient fait sentir leurs rigueurs assez fortement, puisque le thermomètre a marqué &° de froid, n'ont fait qu'une courte apparition, que l'on a utilisée pour transformer le fumier sur les terres ; le dégel est venu le 8 tout interrompre. Depuis hier le temps parait se remettre à la gelée et il est à désirer qu'elle tienne bon cette fois, car elle est aussi utile pour arrêter la végétation que pour détruire les animaux et insectes nuisibles qui pullulent dans les semis. Les récokes en terre sont du resie dans de bonnes conditions, et si la gelée que l'on désire n'arrive pas assez forte pour être nuisible, il y aura lieu d'espérer une bonne récolte. La hausse fait de noiables progrès sur nos marchés aux blés, on cote actuellement les blés blancs de choix à 33 fr. l'hectolitre. Les bestiaux continuent à se vendre à des prix très-élevés. Aussi Cambrai a-t-il autorisé l'établissement de boucheries de viande de cheval. Plusieurs de ces établissements fonctionnent depuis plusieurs mois et trouvent le débit assuré de leur viande à 0'.40 cent, le kilog. parmi la classe ouvrière. Les sucreries sont toujours en marche, quelques-unes seulement ont terminé la fabrication. Le rendement aura été définitivement meilleur que l'on ne pensait. Aucune maladie à signaler parmi les bestiaux.
M. Cappon écrit de Merville (Nord), le 9 janvier :
Le commencement du mois dernier a été très-favorable pour terminer les semailles de blés, maintenant bien levés; aucun insecte n'est venu endommager la plante. Le temps a été calme jusqu'au 27 décembre, après pluie et vent. Les deux premiers jours de l'an, neige et gelée, dégel le troisième jour suivi de petite pluie et d'un grand veut. Nous espérons que la neige aura pour résultat de faire péiir les insectes qui auraient pu être nuisibles au blé, qui est très-beau maintenant. Les plantes en terre, colza, trèfle, sainfoin, etc., sont d'un très -bel aspect. Le prix du blé tend à la hausse ; l'avoine maintient le sien; les haricots, les pommes de terre sont sans changement, mais la betterave est délaissée; les houblons très-chers. ainsi que les lèves. Les chevaux de deux à cinq ans, en bon état, .sont demandés, mais les qualités inférieures sont sans valeur. Les bestiaux (race bovine) de toutes les qualités sont très-recherchés, notamment les vaches pleines. Les pures gras se vendent un prix très-élevé; il n'en est pas de même des cochons et des porcelets. L'état sanitaire ne laisse rien à désirer.
M. Proyart écrit d'Hendecourt-lez-Gagnicourt (^Pas-de-Calais), le 8
janvier :
On a achevé, pendant le mois de décembre, la livraison des betteraves et continué les labours d'hiver, qui touchent à leur fin. La température de ce mois, pliitùt humide que pluvieuse, bien que nous ayons eu quelques jours de gelée, n'a pas pi r-
mis le transport du fumier aux champs. Cependant nos cours s'emplissent, et il serait temps, pour exécuter ce travail et aussi pour les biens de la terre, qu'une gelée de trois ou quatre semaines nous arrivât. Les premiers jours de janvier 1867 avaient commencé à répondre à ce souhait, la neige tombaitassez abondamment le 2, et avait couvert la récolte en herbe de son manteau; mais le dégel est survenu le 7 et depuis le vent souffle avec violence.
M. Dubosq écrit de Château-Thierry (Aisne), le 12 janvier :
Pendant une grande partie du mois de décembre, les pluies ont été très-abondantes , les ouragans très-fréquents. Ce n'est qu'au commencement de janvier que la température s'est sensiblement refroidie; malheureusement dans ce moment les terres n'avaient point encore été atteintes par la gelée, lorsque tout à coup elles ont été couvertes par les neiges. Le dégel a eu lieu presque immédiatement. Il n'en est donc résulté aucune amélioration pour la culture, soit par la destruction des plantes parasites, soit par la conservation des récoltes en terre. Les céréales sont toujours dans ( e bonnes conditions. Les labours d'hiver sont très-avancés, quelques jours de gelée seraient très-utiles pour faciliter le travail des terres, pour les ensemencements du printemps. La maladie sur les volailles a continué à sévir cruellement, leur mort est instantanée, leur chair devient immédiatement noire. Jusqu'ici on n'a pas encore pu trouver aucun remède pour arrêter cette mortalité. Dans certaines fermes il n'a pas été possible de couserver une seule volaille. La maladie atteint généralement les volailles qui ont le plus d'étal et qui donnent de plus belles espérances. Tout porte à croire que cette affection est épidémique, car il suffit d'une seule poule malade pour amener la destruction de toute une basse-cour. Quel remède doit-on employer pour arrêter les progrès de cette cruelle maladie? Voilà ce qu'il est utile de rechercher: car voilà deux ou trois ans qu'elle fait de nombreuses victimes.
M. Champion écrit de la Chaumière (Aisne), le 31 décembre :
Pendant le mois qui vient de s'écouler, la température a été à peu près la même que dans les mois précédents. La gelée a voulu se faire sentir, mais n'a pas eu de durée. Nous avons eu le 16 décembre un temps pluvieux qui a fait grossir l'Aisne et ses affluents qui sont sortis de leur lit. Enfin l'année 1866 pourra compter parmi les années pluvieuses et ne laissera que de mauvais souvenirs, sous le rapport de la récolte en blé qui aura été envahie par les mauvaises herbes et attaquée par le ver blanc, de celle en avoine, qui se sera mal récoltée par suite des pluies continuelles, enfin de celle en betteraves qui auront été dévastées dans beaucoup de contrées parle mulot ou les vers blancs et qui, étant nourries à l'eau, ont donné très-peu de matière saccharine. Espérons que l'année 1867 dans laquelle nous entrons nous fera oublier les désastres de sa devancière, et que pour sa part elle favorisera nus travaux et nos récoltes. Les labours se font avec autant d'activité que le temps le permet : l'herbe pousse dans les blés et l'on attend avec impatience de la neige et des gelées pour arrêter la végétation de ces herbes parasites. Les terres sont trop humides pour transporter dans les champs les fumiers qui fermentent dans les cours. En général on se plaint du peu de rendement des blés et voilà ce qui occasionne la hausse sur nos marchés. Certains cultivateurs constatent sur l'année dernière un rendement d'un tiers en moins de grain à l'hectare : ils attribuent cela aux mauvaises herbes et au vers blanc, car lors de la récolte on pouvait remarquer que tous les épis piqués par cet insecte blanchissaient et les grains n'arrivaient pas à maturité.
M. le D"^ Rottée écrit de Clermont (Oise), le 4 janvier :
Les céréales ont toujours une belle apparence ainsi que les colzas. Les limaces continneut leurs dégâts, mais heureusement les blés sont forts et bien tallés, et plus heureusement encore il est tombé depuis deux jours une assez grande quantité de neige, puis la gelée paraît prendre sérieusement, ce qui détruirait les insectes et les larves qui menacent nos récoltes en terre et satisferait les cultivateurs.
M. Bove écrit de Parvillers (Somme), le 11 janvier :
Le mois qui vient de s'écouler est peu fertile en faits agricoles, il est remarquable par la quantité de pluie tombée, les vents tempétueux, les jours brumeux et la rareté de soleil. L'hiver a voulu commencer le 1" janvier; le 2, la neige est tombée
pendant quelques heures dans l'avant-midi, mais le 6, elle a disparu, au grand détriment de l'agriculteur, qui désirerait quelques semaines de gelée pour arrêter la végétation des herbes adventives qui croissent de compagnie avec les céréales. Le cultivateur est peu occupé, la plaine est le moindre de ses soucis, il surveille le battage de sa récolte, l'engraissement de ses animaux, l'agnelage des brebis qui commencent à mettre bas, dans nos pacages, vers Noël. Les récoltes en terre n'ont nullement souffert de ces quelques jours de gelée et de neige. On se plaint généralement que les racines pour la nourriture des bestiaux végètent activement, les carottes se gâtent. Les étalonniers ont fait quelques achats de bons chevaux pour la saillie, à des prix élevés. Les bêtes à cornes et à laine sont vivement enlevées sur nos marchés, à de hauts prix. Les porcs de toute espèce baissent. L'état sanitaire de tous nos animaux est satisfaisant.
M. Bossin écrit d'Hanneucoort (Seine-et-Oise\ le 12 décembre :
Nous sommes, ici et dans les communes voisines, depuis trois semaines, en pleine saison pour semer nos petits pois, destinés à être vendus en vert, à la Halle de Paris, fin de mai et en juin; notre côte, qui domine la Seine de 50 à 100 mètres depuis Triel jusqu'au village de Follainville, est tous les ans emblavée par cette culture, qui tient lieu de jachère, et qu'on appelle ainsi dans nos pays, à tort ou à raison. Cette chaîne de montagne, qui épouse tous les contours de la Seine, est à sa droite, et elle produit en moyenne, dans un espace d'environ 20 kilomètres, pour 300,000 fr. de pois verts par année. Cette année, par exception, plusieurs de nos cultivateurs ont payé le fond avec le produit de cette vente. Nos petits pois sonl les premiers cmi paraissent sur le marché de Paris, après ceux du Midi, qui ne trouvent plus d'acheteurs quand les nôtres y arrivent.
Le 20 novembre dernier, j'ai rentré tous mes maïs, ou blé de Turquie. Celui de Cusco m'a donné des tiges solitaires de près de 4 mètres de hauteur, terminées par des bouquets de fleurs mâles, mais .'ans la moindre apparence d'épis ou grappes. Quelques-unes de ces tiges présentaient un poids de 2 kilog.et 2 kil. 500 grammes; quand les tiges du mais de Cusco sont broyées, au maillet ou par un cylindre quelconque, les animaux les mangent assez avidement. Les mais dent de cheval, le maïs géant de Caragiia ont poussé, et surtout ce dernier, deux, trois, quatre et jusqu'à cinq tiges sur un seul pied. Chacune des tiges portait deux et trois épis, mais la température un peu froide de l'automne, dans notre contrée, s'est opposée à ce que ces grappes arrivassent en parfait état de maturité. Ces trois variétés m'ont été trèsobligeamment données par la maison Vilmorin ; mais je ne saurais trop recommander la culture des deux dernières. MM. Fontaine et Duflot, marchands de graines à Paris, m'ont également remis un échantillon de maïs géant blanc, qui a beaucoup d'analogie avec le maïs dent de cheval, sous tous les rapports; j'ai reça également de cette maison le mais géant jaune, dont les tiges n'excèdent pas 1"',50, et qui me donnèrent régulièrement deux et trois grappes à la tige, dont la maturité s'est accomplie dans des conditions parfaites. Cette variété est assez précoce pour en permettre la récolte au 1" novembre.
Je termine ma lettre en exprimant le désir de voir cultiver, en grand et partout où la culture en est possible, le maïs géant de Caragua, et même le maïs dent de cheval, malgré ses longs grains un peu ridés. Ces deux variétés et le géant jaune méritent une attention particulière, tant sous le rapport fourrager que pour la récolte du grain de la part des cultivateurs.
M. Félizet écrit d'Elbeuf (Seine-Inférieure), le 10 janvier :
Quittons-nous l'automne, entrons-nous en hiver, le printemps va-t-il arriver? Les trois jours de glace, de verglas et de neige que nous avons eus, n'étaient-ils par hasard qu'une erreur du bon Dieu? Ainsi disent pariai les octogénaires à leurs petits-fils, ébahis d'apprendre qu'autrefois les saisons avaient chacune leur physionomie distincte. Sauf quelques labours en retard et divers transports de fumiers et de terrasses que les chemins détrempés rendent fort difficiles, tous les travaux du dehors sont suspendus. Quand donc nos cultivateurs un peu moins exclusivement manouvriers, je veux dire un peu plus calculateurs, sacrifieront-ils quelques moments de leurs relâches à Rétablissement d'une petite comptabilité appliquée à chacune des diverses branches de leur industrie. En attendant, leurs blés, leurs colzas, ainsi que toutes leurs récoltes continuent à être magnifiques, malgré les plantes pa-
rasites dont quelques semaines de bonne gelée les auraient si heureusement débarrassées. Céréales, viande sur pied, bêtes de vente, bêtes de travail, denrées diverses, tout aujourd'hui se vend avec faveur. Bien avisés ont été nos cultivateurs qui, durant l'année passée, ont refusé de livrer pjour vingt-huit et trente francs des froments qu'aujourd'hui la meunerie paye cinquante-huit et même soixante. La Russie méridionale va sans doute incessamment- arrêter par ses envois une hausse qui commence à fixer l'attention et que nos laboureurs eux-mêmes désirent voir s'arrêter.
M. de Villiers de l'Isle-Adam écrit de Sargé (Sarthe),le 8 jauvier :
Le 1"' janvier 1867 nous a enfin amené la gelée accompagnée d'une neige assef abondante. Cette gelée n'a pas été intense ni de longue durée, car dès le 6 au matin le dégel arrivait avec une pluie diluvienne. Les blés ne paraissent pas avoir souffert et on peut espérer que les dégâts causés par les limaces vont être enfin arrêtés. Bendant tout le mois de décembre 1866- la température a été exceptionnellement douce; le ciel a été constamment couvert et souvent brumeux. J'ai compté quatorze jours de pluie et une seule gelée, le 1". Dans la nuit du 13 au 14, on a observé des éclairs.
M. Coutil écrit des Andelys (Eure), le 13 janvier :
Les labours pour les semailles de printemps sont avancés; la température a été favorable à leur préparation. Nous avons eu, du 2 au 6 janvier, de la gelée et un peu de neige. La gelée a recommencé le 12 et parait vouloir continuer; ce serait bien utile pour faciliter le transport de la mai ne et des fumiers. La végétation des plantes en terre est heureusement arrêtée : les colzas étaient trop forts et commençaient à jaunir. Les blés et les seigles ont toujours très-boa aspect. L'état sanitaire des troupeaux est satisfaisant.
M. l'abbé Millier écrit d'Ichtratzlieim (Bas-Rhin), le 9 janvier : Les blés d'hiver se sont bien conservés pendant tout le mois de décembre, et les apparences sont restées des plus belles. Il n'y a point eu invasion d'herbes parasites, et les bmaces ne îe sont point montrées. Toujours souhaiterait-on un hiver plus rigoureux et des neiges durables pour couvrir les champs. Jusqu'ici janvier s'était bien montré , il avait amené du froid solide jusqu'à un minimum de — 10". La neige est venue en abondance, elle a été suivie de pluie avec verglas, et la température s'est adoucie tout à coup derechef. Les travaux agricoles chôment tous en ce moment, et nos cultivateurs ne sont occupés qu'à préparer les tabacs pour les livraisoDS à faire à la régie.
M. X. Thiriat écrit de Saint-Amé (Vosges), le 12 janvier : Les pluies de décembre ont favorisé les irrigations qui ont lieu jusqu'ici dans de bonnes conditions. Les vallées de la Haute-Moselle ont même été su partie recouvertes par les débordements des cours d'eau, ce qui en cette saison ne peut être que favorable aux prairies. Les grains sont beaux et vigoureux et n'ont pas souffert jusqu'ici des intempéries d'un hiver plutôt pluvieux et venteux que rigoureux. Le blé de la dernière récolte rapporte 9 kilogrammes de farine en moins, par sac, que celui de la récolte de 1865. Le pain bis se vend jusqu'à 0 fr. 50 le kilog. dans les villages de nos montagnes, le seigle que cultive pour son ménage chaque cultivateur fait un pain noir et aqueux, que la plus grande partie des habitants n'ont pas encore à discrétion. Heureusement la récolte des pommes de terre a été assez abondante, et malgré la mauvaise qualité des tubercules, ils seront la principale nourriture des montagnards vosgiens pendant cet hiver. — Les fromages façon Géromé continuent à se bien vendre. On parle de 90 à 96 francs les lOÛ kilos.
M. Rebaudingo écrit de Châtillon-sur-Loire (Loiret), le 4 janvier : Depuis le début de l'année agricole 1866-1867 la chaleur reçue a été supérieure à la moyenne, et la pluie tombée moindre que la moyenne. A ces deux caractéristiques il faut ajouter que le sol est saturé d'eau, que des brumes et des brouillards empêchent encore l'action du soleil, et pourtant les céréales sont belles, vertes et d'un beau port. C'est dans cette saison qu'il est facile d'apprécier les conséquences de l'adoption absolue d'une idée. Ou a fait des chemins vicinaux ; on a délaissé les chemins ruraux; ils sont devenus de véritables impasses; et on demande de produire à bon marché !
M. Chariot écrit de Nazelles (Indre-et-Loire), le 1 1 janvier :
Les blés, les seigles, les orges d'hiver, toutes nos céréales poussent à merveille, malgré les plantes parasites qu'elles dépasseront et étoufferont bientôt, je l'espère. Les vignes sont à moitié taillées; elles vont bien.
M. L. Duguet écrit de La Châtre (Indre), le 8 janvier :
La température variée et le temps couvert ont fait un vilain mois de décembre; malgré cela les récolles paraissent admirables et promettent toujours.
M. Boudy écrit de Grand-Joiian (Loire-Inférieure), le 8 janvier :
Les blés souffrent un peu de l'absence de la neige, qui n'a pris pied que sur les hautes montagnes. Le 2 janvier seulement, il est tombé une mince couche de deux centimètres qui a bientôt disparu sous l'influence et la violence du vent du sud qui règne depuis deux jours.
M. Ernest Boncenne écrit de Fontenaj'-le -Comte (Vtniée), le 31 décembre :
Nos semailles, retardées par le mauvais temps, se sont prolongées jusqu'en décembre. Le batlage et le nettoyage des graines de trèfle a aussi relardé pendant quelques jours les travaux d'extérieur. Les jeunes blés, les vesces et les avoines sont dévorés par les limaces que favorise la douceur exceptionnelle de la température. Les colzas, dans la plaine, végètent avec une grande vigueur. Nos pommes de terre, malades au moment de la récolte, continuent de se gâter quand elles sont entassées dans des lieux humides; elles se conservent passablement, au contraire, lorsqu'on a le soin de les étendre eu couches assez mioces dans des endroits bien secs et suffisamment aérés; les variétés les plus saines sont la Chardon, la Segonzac, la Duflot, la Marjolin et quelques autres très-hâtives. Le maïs géant Caragua, que j'avais fait semer à la main dans les premiers jours du mois de mai, s'est élevé à plus de 4 mètres, mais ses épis n'ont pu atteindre une maturité complète. J'avais récolté, l'été dernier, quelques litres d'avoine de Sibérie ; une partie de celte récolle a été semée au mois de décembre, le reste sera mis en terre au printemps. Le brome de Schrader donne ici beaucoup de graine mais peu de fourrage. Dans nos terrains calcaires, le produit de la luzerne est toujours supérieur à celui de la nouvelle graminée. Je compte expérimenter l'année prochaine le Galéga officinal.
M. Delatte écrit de Ruffec (Charente), le 1 5 janvier :
La première quinzaine de janvier a été excessivement variable au point de vue de la température ; à une pluie presque constante a succédé le froid qui règne d'une manière assez intense depuis deux jours, et nous avons constaté dans la nuit du 7 au 8 un orage tellement violent que l'on se serait cru aux plus fortes chaleurs de l'été ; nous avons eu aussi un peu de neige ces jours derniers, mais l'humidité du sol ne lui a pas permis de tenir. Les récolles en terre sont en ce moment dans un état sur lequel on ne peut guère se prononcer; cependant la température actuelle ne peut être que tout à fait favorable en amenant la destruction des limaces qui avaient déjà commencé à causer de grands préjudices dans les légumineuses. La hausse des céréales s'est maintenue pendant le cours de celte quinzaine, les cours semblent un peu fléchir, mais les marchands mêmes ne croient point à une baisse sérieuse, les exigences des propriétaires font que le commerce s'abstient d'acheter.
M. de Thouron écrit de Saint-Junien (Haute-Vienne), le 30 déc. :
Cinq ou six jours de beau temps la semaine dernière nous avaient rendu l'espoir, mais cfepuis jeudi dernier une pluie fine et froide n'a pas cessé de tomber. Je ne voudrais pas être mauvais prophète, mais si janvier est aussi mauvais que décembre, nos greniers pourraient très-bien ne pas se remplir et les cullivateurs se re- Eenlir de ne pas avoir employé leur fumier en sortant des élables. Les blés sont ien levés et paraissent couvrir la terre. Nos prairies sont aussi avancées qu'au mois d'avril; nos bestiaux pourraient y manger à pleines dents.
Notre bétail d'engraissement ou d'élève se vend à des prix élevés : tout fait présager que la nouvelle année sera fructueuse pour les éleveurs. Les cochons ont éprouvé un mouvement de baisse, ce qu'on ne peut trop comprendre.
M. Gorse écrit de Tulle (Corrèze), le 16 janvier :
L'année qui commence ne se préseule pas sous de favorables auspices. Les cultivateurs ne savent trop ce qu'il faut espérer, mais ils sont sous l'empire de craintes sérieuses. Deux jours de neif<e au commencement du mois ont Lieu vite fait place à dix jours de pluies torrentielles qui détrempent et appauvrissent le sol, favorisent le développement des mauvaises herbes et des insecles nuisibles. Les herbes commencent déjà h. être très-apparentes dans nos semences. Une mauvaise récolte est dans les probabilités les plus vraisemblables; aussi la hausse sur les grains continue lentement, il est vrai, mais il n'y a aucun espoir de baisse. Les marchés ne reçoivent que des approvisionnements fort ordinaiies, faibles même, et les détenteurs de grains ne se décident pas à vendre. Il est probable que la hausse gagnera encore du terrain. Les foires et marchés pour les bestiaux sont excellents; les cours sont élevés et les débouchés abondent. Notre pays trouve là une ample satisfaction et se préoccupe moins de la hausse des grains,
M. Delalo écrit de Salers (Cantal), le 14 janvier :
Le mois de décembre dernier peut être partagé en deux séries assez bien distinctes, l'une de ciel couvert avec pluie et brouillard, l'autre de beau temps. Les vents dominants ont été le N. E. et le N. 0. — Les seigles et les blés ont bien levé et poussent dru. On a commencé le broyage du chanvre et le battage en grange. Le rendement des céréales est moyen, la qualité assez bonne.
M. de Brives écrit du Puy (Haute-Loire), le 7 janvier :
Noscontrées présentent un contraste frappant avec le nord de la France. Tandisque dans ces régions, on a neige, pluie et froid, nous jouissons ici d'une température sèche et douce qui nous apermisde terminer dans les meilleures condilions nos travaux préparatoires. Mais nous faisons desvœux en ce moment pour quele froid et la neige nous arrivent, pour détruire les insectes et fumer nos prés. Nos blés prennent de la valeur tous les jours, mais leur prix n'a point encore atteint le chifire qui doit combler le défaut de notre récolte et devenir ainsi rémunérateur.
M. Pierre Valin écrit de L'Arbresle (Rhône), le 9 janvier :
Les emblavures sont dans un état satisfaisant, quoique le temps ait été fort variable et humide, en décembre surtout. Les travaux agricoles sont un peu en retard par suite des fréquentes intempéries. On fait peu de transactions sur les grains à cause des exigences des vendeurs et de la réserve des acheteurs qui ne veulent pas faire de grands approvisionnements dans la prévision de la baisse. Il est difficile de se procurer du vin vieux chez nos vignerons; les caves sont épuisées; mais il y a, en revanche, grande abondance de vins nouveaux; le prix de ces derniers vins, en qualité ordinaire, oscille entre 40 et 45 francs la pièce.
M. de Galbert écrit de La Buisse (Isère), le 12 janvier :
Au moment où je prends la plume, la neige qui avait fait, dimanche dernier, sa première apparition de courte durée dans nos campagnes, tombe avec une violence qui garantit son aljondance et sa durée. Ce serait un grand bienfait pour les ensemencements de l'automne. Les blés soufl'raieiit, attaqués par luules les sortes de limaces ou loches dont l'humidité ou la chaleur favorisent la propagation ; la neige et le froid vont les en délivrer. La tendance qu'avaient les blés à la hausse, ne tenait-elle pas autant à la crainte d'un mauvais rendement pour l'an prochain qu'à la pénurie de la dernière récolte. D'un autre côté, les pluies constantes de décembre empêchaient tous les travaux habituels de l'hiver. Nous pouvons espérer que la neige amènera les gelées qui permettront les transports de terres et d'engrais. Nos marchés sont sans animation ; les foins n'ont jamais été aussi bas, le Midi eu demandant peu. Les vins ne sont pas plus recherchés ; on craint sur eux l'aciiou du printemps, quoique l'on reconnaisse qu'ils seront bien préférables à tout ce que l'on espérait à la vendange.
M. Hipp. Trénel écrit de Septème (Isère), le 12 janvier :
Le veut du nord qui a duré pendant presque toute la seconde quinzaine de décembre a permis la reprise des travaux de défoucemenl, mais ils ont été de nouveau suspendus par les froids du commencement de janvier et les pluies peu abondantes
mais continues qui durent depuis huit jours. Les récoltes présentent toujours une belle apparence, la taille de la vigne et des arbres fruitiers se poursuit activement.
Les niés ont subi une hausse inattendue, ainsi que toutes les autres denrées ; le déficit constaté dans notre région ne pouvait faire prévoir ce résultat. Les bestiaux et les vins se vendent facilement, les fourrages seuls sont d'un placement difficile et à des prix peu rémunérateurs.
M. Garin écrit de Nantua (Ain), le 10 janvier :
Les circonstances météorologiques, qui, jusqu'à présent, rappellent un peu trop celles- de l'hiver dernier, laissent généralement à désirer par rapport aux récoltes en terre, en ce qu'elles ont favorisé la pullulation des insectes nuisibles aux froments, lesquels, dans certains champs, après avoir levé convenablement, se trouvent maintenant trop clairs par suite des ravages de la vermine du sol. A l'exception des trèfles incarnats, qui ont eu aussi à subir ces mêmes ravages, les fourrages s'annoncent généralement bien. Malgré les nombreuses pluies tombées, la nature silico-argileuse des terrains de ce pays a permis l'exécution de quelques bons labours préparatoires aux semailles de printemps.
M. Laupies écrit de Rousson (Gard), le 7 janvier:
Après un mois sans pluie, 62 millim. d'eau recueillie constituent une faible quantité pour décembre; aussi, loin de ralentir les travaux de la cami^agne, elle leur a été utile en donnant aux terres l'humidité qui commençait à leur faire défaut; la température a été très-douce et l'hiver avec ses rigueurs s'est fait seulement sentir au début de la nouvelle année. Le produit des olives dépasse l'attente des cultivateurs, tant en quantité qu'en qualité.
M. Petit-Laûlte écrit de Bordeaux (Gironde), le 9 janvier : En décembre, nous n'avons connu de l'hiver que la pluie, laquelle, il faut le reconnaître aussi, n'a pas été exagérée. Néanmoins ce régime a commencé à produire des effets peu iavorables. Les blés, d'abord très-bien levés, ont paru en souffrir, et, d'un autre côté, ils ont été attaqués sur une infinité de points par les limaces. Tel a été aussi le sort des trèfles incarnats, dont on avait vu également avec plaisir le premier développement. La vigne, que l'on taille avec activité, pourrait quelquefois aussi fournir un bois plus mûr, plus aoûté. Évidemment, et d'après les habitudes bien constatées de notre climat, nous paraissons, après avoir traversé une période d'années sèches, entrer dans une période d'années humides.
M. de Presle écrit de Saint-3Iartial (Dordogne), le 10 janvier : Depuis un mois nous avons un temps des plus contrariants ; des pluies continuelles détrempent les terres et font déborder nos rivières. Impossible de faire des rigoles pour l'assainissement des prairies ; même impossibilité pour transporter les fumiers; c'est dans ce pays un des seuls moyens d'occuper les attelages. Les céréales souffrent de cet excès d'humidité; leurs racines sont trop mouillées. Les limaces, que les gelées ne contrarient pas, ont causé beaucoup de mal dans les blés et avomes semés dans des terres peu perméables ou sur des trèfles. Nous avons eu quatre journées d'orage, le 31 décembre, le 1", le 2, le 8 janvier, et des coups de vent très-violents le 1", le 4, le 8, le 9 et le 10 janvier. Les bestiaux ont dans ce moment un cours bien tenu et avantageux. L'état sanitaire du bétail est satisfaisant.
M. de Lentilhac écrit de Lavallade (Dordogne), le 5 janvier :
Décembre a été certainement le plus mauvais mois de l'année qui finit. 26 jours de temps couvert ou demi-couvert, dont 14 avec pluie ayant donné 106 millimètres d'eau, 10 avec brouillards; 5 jours de beau ciel seulement avec 3 jours de forte gelée, ayant produit un minimum de température de — 3, un maximum de -(- 15, une moyenne pour le mois de -j- T'.eO : telles sont les phases météorologiques de décembre. Si nous remontons 7 ans en arrière, c'est-à-dire jusques et y compris décembre 1860, nous trouvons une moyenne de 7.15 jours de pluie seulement; de 18.66 de temps couvert ou demi- couvert, et une moyenne d'eau tombée qui n'a pas dépassé 16""". 80. Ces longues pluies ont causé des débordements qui, dans notre région, n'ont produit qu'un excellent' effet eu colmatant les prairies; mais les terres détrempées à l'excès ont été, durant ce mois, inaccessibles à tout travail. Les blés tardifs naissent irréguliers et disparaissent même par foyers, détruits qu'ils son! par l'eau ou les insectes. Cette température humide a permis presque en tout temps la
manipulation des tabacs en feuilles, mais a fortement contribué à leur altération. La mauvaise élaboration de la sève, ayant déjà donné à cette plante un tissu aride, pauvre en principe gommeux, la moisissure s'est produite dans les séchoirs avec d'autant plus d'intensité.
M. de Lamothe écrit de Périgueux (Dordogne), le 14 janvier : Pendant un mois nous avons eu presque sans interruption un temps déplorable. Pas de froids ; des averses continuelles qui menaçaient d'amener de désastreuses inondations, ont détrempé la terra et empêché tous travaux. On fait en hâte aujourd'huiles derniers apprêts du tabac que l'on va livrer à la régie à partir du 21 de ce mois. L'on craint que cette plante ne rende pas cette fois autant que d'habitude, par suite des intempéries et des ravages des insectes qu'elle a eus k subir. ;Nos blés soufffrentde l'humidité et de la température douce qui règne en favorisant le développement des mauvaises herbes et des limaces. Pourtant depuis hier il gèle par bonheur assez vivement. De tous côtés on plante de laVigne et des arbres fruitiers. Les prunes reine-claude , les noix, marrons et châtaignes ont beaucoup produit au.x cultivateurs en 1816.
M. Leyrisson écrit de Tridon (Lot-et-Garonne), le 26 décembre : La Garonne a débordé de nouveau le 17 décembre : la crue a été plus lente cette fois que le 26 septembre; il en est résulté que, malgré le passage d'une bien plus grande quantité d'eau, il s'en est manqué d'environ 60 centimètres que le niveau du 26 septembre n'ait été atteint. Les terrains les plus élevés de la vallée n'ont pas été couverts. Les fèves submergées ont l'œil terminal brûlé. On ne peut espérer désormais que sur leurs talles ; mais ce pinçage accidentel, beaucoup trop hâtif, entravera sensiblement la végétation de la plante. Les terrains qui se sont trouvés parfaitement ameublis à l'époque du débordement, vont être excessivement compactes au printemps : c'est une conséquence inévitable de la forte pression exercée par les eaux. J'ai vu un grand nombre de limaces noyées; si tous ces importuns mollusques ont été détruits, nous aurons à signaler un grand bienfait à côté de bien d'autres résultats fâcheux de cette dernière inondation.
M. Esquirol écrit de Labège (Haute-Garonne), le 28 décembre: Voilà nos labours d'hiver bien en retard en raison des fortes pluies qui sont tombées vers les derniers jours de la première quinzaine du mois; elles ont été si abondantes que nos rivières ont beaucoup grossi, la Garonne a même débordé sur certains pomts ; les petites rivières telles que l'Hers , le Griore, etc., étaient au moment de franchir leurs digues, heureusement pour nos campagnes elles sont restées dans leur lit; remercions-en la Providence.
On a utilisé la dernière quinzaine à émonder les arbres, à couper la barre des saules à nettoyer les bois dans quelques localités. On a commencé à tailler la vigne. En beau coup d'endroits, on trouve du bois qui n'est pas complètement aoûté ; c'est l'oïdium qui est cause de cela. Nous aurions besoin d'un peu de froid et que l'hiver se fît sentir pour tuer les mans qui portent un grand dommage à nos récoltes, ils dévorent les blés, les colzas, les foins rouges et les vesces d'hiver; faisons des vœux pour que cette calamité cesse bientôt, espérons que l'année qui va commencer mettra fin à ces désastres. Le prix des bestiaux se soutient surtout pour ceux que l'on achète pour engraisser; les bœufs de travail paraissent avoir subi une petite baisse, c'est ce qui arrive chaque année à pareille éjjoque, à raison de la suspension des labours pendant l'hiver. Le soleil nous refuse sa belle splendeur. Nous avons depuis environ dix jours des brouillards d'une épaisseur extrême.
M. de Moly écrit de Toidouse Haute-Garonne), le 9 janvier : En décembre, point de gelées ni de neige, mais beaucoup de pluies, qui ont interrompu les travaux, surtout les labours pour les semailles de printemps; les blés sont envahis par les herbes adventives, ce qui donne des craintes sérieuses pour la prochaine récolte. On se préoccupe aussi de la cherté constante du blé. Les prix ont déjà dépassé les espérances et les désirs des agriculteurs, et la hausse continue. Puisse-t-elle s'arrêter bientôt!
M. d'Imbert écrit de Port-Sainte-Marie (Haute-Garonne^ , le 1 1 janvier :
Je n"ai rien de bon à vous annoncer depuis ma note du 11 décembre. Le bilan de
la situation peut se résumer en bien peu de mots : de la pluie et toujours de la
pluie; on dirait de la neige fondue. Un épais brouillard intercepte les rayons du
soleil que nous ne voyons plus. L'eau suinte de partout et les terres sont imprégnées d'une telle humidité que les travaux des champs sont complètement et pour longtemps interrompus. La température est toujours celle du pnntemps; au.ssi les mauvaises herbes envahissent les blés qui s'étiolent sans S3 fortifier. Les limaces et antres insectes destructeurs continuent leurs ravages, au ^rand désespoir des agriculteurs qui réclament du froid à grands cris. On prévoit généralement une mauvaise récolle : le prix du blé va toujours croissant. La sève est en mouvement. La vigne pleure sous le sécateur, les amandiers fleurissent, les abricotiers et pruniers enflent leurs bourgeons absolument comme si nous étions en mars ou avril. Je désire bien vivement me tromper, mais cette précocité, si complètement anormale à cette époque de l'année, ne me paraît présager rien de bon.
M. Allier écrit de Bertliaud (Hautes-Alpes), le 31 décembre : Nous n'avons pas encore éprouvé de froids bien rigoureux ; cependant le sol est fermé aux labours et l'on ne peut s'occuper que de travaux intérieurs ou, quand le temps le permet, de la taille des arbres et de défoncements à la main, après avoir enlevé une couche de quelques centimètres de terre gelée. La neige couvre le haut du département ainsi que nos montagnes environnantes. Ce serait peut-être un bien qu'elle fût descendue jusqu'à nous pour protéger nos emblavures qui présentent, en général, un aspect très-satisfaisant.
M. P. deGasparin écrit de Pomerol(Boucbes-du-Rh(jne), le 3 janvier : Le mois de décembre a été très-doux et très-sec; aussi les travaux delà campagne n'ont pas été arrêtés un seul jour, ce cjui est très-heureux pour les paysans, vu l'élévation rapide du prix du pain. Les blés, sous l'influence de cette sécheresse, sont devenus très-clairs, et, sans l'effet de quelques gelées blanches, on pourrait craindre les ravages des insectes. Les sources n'ont jamais été si basses, et la fontaine de Vaucluse elle-même alimente à grand'peine le travail des usines de la Sorgue.On ne peut rien prévoir pour l'année qui commence; cependant on peut dire qu'en général un hiver sec est favorable dans notre région à la production des céréales.
Un de nos correspondants des Bouches-du Rhône, M. A. Marques, vice-président du Comice agricole d'Aix, nous écrit de RamatueUe, près Saint-Tropez (Var), le 8 janvier :
Après une sécheresse prolongée, nous avons enfin eu un peu de pluie, qui sera des plus salutaires pour toutes les récoltes de cette année; c'est fort heureux, car sans elle nos espérances auraient été fort compromises, la terre étant complètement desséchée et la plupart des sources menaçant de tarir. Cependant, grâce à la sécheresse même du sol, les semailles ont été eflectuées ici dans de bonnes conditions, et sur des terres convenablement préparées et parfaitement èmiettèes. Aussi les blés, qui sont parfaitement sortis, vent-ils renaître S('US l'influence d'une pluie douce et continue, que la terre absorbe comme une éponge. Tous les végétaux en profitent également, et il faut espérer enfin que cette pluie mettra un terme aux temps anormaux qui ont régné jusqu'à présent, et qui ont porté le trouble dans la végétation en permettant des mouvements de sève fort curieux. Puisse-t-il en résulter un ensemble de récoltes plus satisfaisant que celui de l'année 1866! Lj bilan de celle-ci est en effet peu brillant dans la contrée : peu de blé, peu de vin, la vigne ayant été grêlée, de Thuile de fort mauvaise qualité par suite de l'invasion de la mouche, comme je l'avais annoncé, et enfin récolte peu abondante de lièges, qui forment une des principales richesses du pays. L'agricuhure, dans la contrée, est encore bien arriérée, quoique le sol soit très-ferlile et propre à toutes les cultures; aussi est-ce un pays que nous signalerons à tous les colons fatigués de terres marâtres. Ici, avec de l'engrais, que l'on poiirrait se procurer facilement en utilisant les plantes des collines comme litière, et en appliquant les matières fécales presque délaissées par les habitants, et avec des chaulages, on arriverait à des résultats magnifiques. Au reste, la contrée me paraît si digne d'intérêt, que quelque jour je me permettrai d'appeler l'attention sur son agriculture, si l'honorable directeur de l'excellent Jo«nm/ de l'agriculture veut bien me continuer sa gracieuse hospitalité. M. le D' Piffard écrit de Brignoles (Var), le 4 janvier : La longue série des belles journées du mois de décembre, accompagnées de vents forts et fréquents, a complètement desséché le sol de nos contrées et fait baisser tellement les sources que, dans plusieurs localités, l'eau manque complètement.
Les plantes graminées ont un aspect satisfaisant. Les labours se font sans interruption et dans les meilleures conditions. Les gelées blanches du matin et le froid des nuits arrêtent fort heureusement la végétation des plantes que la chaleur du jour hâterait. Nos vignerons profitent des derniers quartiers de la lune et de la température sèche et douce de la saison pour commencer la taille de leurs vignes vieilles. Calme complet pour les vins, dont les prix tendraient à fléchir. Les blés, au contraire, sont recherchés : ils ont eu une forte hausse vers le milieu du mois. La vente est à peu près nulle pour les fourrages ; forte baisse dans les huiles.
En résumé, la situation des récoltes en terre est assez satisfaisante. Dans le nord et l'est de la France, la neig;e et la gelée sont venues, à la grande joie des cultivateurs, arrêter la végétation des céréales, tuer les herbes parasites et les animaux nuisibles, faciliter les transports de fumier et couvrir les guéretsd'un manteau protecteur; on ne demande que la continuation de cet état de choses. Dans le centre, l'ouest et le sud, il n'en est pas tout à fait ainsi : les pluies trop abondantes nuisent aux jeunes plantes et l'on voudrait que le froid vînt sérieusement arrêter cette influence. Enfin, dans l'extrême sud-est, on demande de l'eau pour les sources taries par la sécheresse et par les vents froids. Malgré ces dissidences, on peut dire que, pour la plus grande partie de notre pays, l'hiver semble devoir être favorable au pointdevue agricole.
J.-A. Barral.
L'horticulture s'élève de plus en plus : la décoration accordée à M. Mas, et que le Journal a annoncé il y a quinze jours, en est une preuve nouvelle. Elle s'honore de compter parmi ses adeptes des hommes d'un talent incontesté, qui sont fiers de lui consacrer leurs loisirs, leurs travaux et leurs veilles. Le Verger, œuvre importante à laquelle M. Mas s'est dévoué tout entier depuis quelques années, forme à la fois un journal et un livre : un journal, par son apparition périodique en livraisons mensuelles; un livre, par la distribution des matières, la concision et la netteté du style. La classification du travail est la suivante, qui comprendra l'ensemble des fruits, de la culture en grand par l'exploitation ; Poires, Pommes, Prunes, Pêches, (Cerises. Abricots, Raisins, Groseilles, Framboises, Figues, Amandes, Grenades. L'ordre de leur publication suivra celui de la présente nomenclature. On le voit, c'est là une sorte d'encyclopédie pomologique; il faut largement compter sur soi-même et sur l'appui de ses confrères pour l'entreprendre, comme l'a fait vaillamment M. Mas. Déjà deux années sont parues, comprenant 192 aquarelles de fruits avec leurs descriptions. Nous ne parlons pas du mérite du texte : le Verger n'est pas tout seul à marcher en avant dans ce temps de pomologie universelle. 11 conviendrait d'établir les différences d'allure et de fond que le livre présente avec ses pairs : le Jardin fruitier du Muséum, de !\L Deeaisne, et les Meilleurs fruits, de M. de Mortillet. Nous aurons l'occasion d'y revenir; mais qu'on nous permette d'attendre les beaux jours qui ramèneront les fleurs des Pommiers, « neige odorante du printemps, » comme disait Victor Hugo dans le langage des dieux.
Pour le moment, le temps est glacé, venteux ou pluvieux, et de tristes nouvelles nous arrivent, annonçant pour l'Angleterre 9 degrés
4 dixièmes sous zéro à Chiswick, — ce qui ne s'était pas vu depuis longtemps, — et 10 degrés, encore plus sous zéro, dans l'est de la France (Chaumont, Mulliouse, etc.). Il vaut mieux rentrer chez soi et chercher la pâture de la Clironique dans les publications françaises ou étrangères, et glaner çà et là une nouvelle plus ou moins intéressante.
La Liberté., — qui prend de plus en plus une couleur gastronomique, et dont toute la rédaction tourne peu à peu à la Brissomanie, — racontait naguère, avec un noble orgueil, comment ce Gargantua que l'on nomme Paris absorbait des montagnes de fruits, par centaines de millions de kilogrammes. Cette tendance à la statistique fruitière se propage, et nous en avons lu depuis plusieurs autres. Aujourd'hui nous recevons sur le commerce et la culture des fruits en Californie d'intéressants renseignements par le Courrier de San-Francisco. Laissons les chiffres de côté; ils ont, dit-on, leur éloquence, mais une éloquence sèche et désagréable, et disons seulement, d'après l'organe californien, que nul climat, sur le globe entier, n'est plus propice à la production des fruits. Dans une région où tout est si cher, ils y sont relativement pour rien.
« On peut affirmer sans crainte qu'en aucun pays du monde celte culture ne s'est aussi rapidement développée. Non-seulement dans les riches vallées qui rayonnent autour de la baie et dont les produits trouvent facilement à s'écouler sur le marché de San Francisco, mais dans les comtés les plus reculés, aux mines, dans les placers, sur le versant des sierras, fleurissent la Vigne, le Pommier, le Prunier, le Pêcher, l'Abricotier, le Cerisier, en un mot, toutes les espèces de fruits que comportent les difTérentes latitudes de ces régions montagneuses. Il n'est pas de spéculation peut-être qui ait été plus lucrative que cellelà. Nous nous souvenons d'un propriétaire de Sacramento qui, dans une seule année, a réalisé 150,000 dollars de bénéfice. »
De cet exemple, nous tirons naturellement la conclusion que, si de pareils bénéfices peuvent s'obtenir par une culture très-élémentaire et bien au-dessous de nos modernes perfectionnements, la France, que nous appelons si hautement « le verger de l'Europe, » devrait trouver dans une telle exploitation une source de richesse dix fois supérieure à celle qu'elle en retire. Est-ce à dire que nous ne pratiquons pas bien la culture fruitière en grand, et que nos procédés de taille, si absorbants, si longs, si difficiles et si coûteux, ne sont que des jeux d'oisifs et des caprices d'amateurs jaloux de surmonter des difficultés plutôt que de sérieux exploitants désireux de s'enrichir par leur travail ? Nous ne disons pas non, et à notre avis, le jour n'est pas loin où l'on jettera par terre tout l'échafaudage, péniblement mais non solidement élevé, des théories à perle de vue qui font de la taille un épouvantail et ne servent qu'à faire perdre un temps précieux. A quoi ont abouti les leçons de M. duBreuil? A préconiser un système de culture qu'il aurait volontiers intitulé : F Art de cultiver un hectare de terre et de s'en faire 46,000 livres de rente ! Or, plusieurs expérimentateurs de ces fabuleux moyens n'ont pas craint d'imprimer .experlo crede Rolento) que l'habile professeur du Conservatoire des arts et métiers avait mis au moins un zéro de trop à son total! E. André.
{La suite prochainement.')
REVUE COMMERCIALE (première quinzaine de janvier).
Céréales et farines. — La quinzaine a été froide dans presque toutes les parties (Je la France. La neige est venue à Paris et dans quelques départenaents recouvrir la terre d'une couche épaisse. Sous Je climat de la capitale, elle n'a pas eu de longues rigueurs, mais pour les départements, elle est restée plus longtemps sur le sol, et sa persistance aura une grande iniluence sur les récoltes. On sait, du reste, comme dit le proverbe, qu'une bonne neige vaut une seconde fumure.
La hausse sur les blés a commencé, au commencement de la quinzaine, pour continuer à augmenter vers le 1 0 du mois, et pour faiblir vers le 1 5. Elle a été à l'ordre du jour pendant quelque temps, sur un grand nombre de marchés, mais elle a diminué d'intensité avec la tombée des neiges. A Paris, les blés de choix ont atteint, pendant celte quinzaine, comme maximum, le prix de 40 fr. Ceux de première qualité ont oscillé entre 38 et 39 fr. 70. Les sortes courantes n'ont pas dépassé 37 fr. 50 et les sortes ordinaires 35 fr. Sk. — Le tout par quintal.
Nous luettons sous les yeux du lecteur, dans le tableau suivant, les moyennes des prix atteints par les céréales pendant cette quiuzaioe.
,- — - " — -. PRIX MOYEN DU QUINTAL
Prix Sur la quînz. préc. ^^ ^i . m --^
Régions. moyens. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. Avoine.
— fr. fr. fr. fr. fr. fr.
Nord-ouest 32.80 0.43 " 21.20 22.00 22.46
Nord 36.00 2.89 i> 21.40 21.96 21.17
Nord-Est 34 32 2.80 » 22.53 22.33 21.00
Ouest 35.47 3.25 c 23.20 21.61 23.34
Centre 35.07 4.87 » 22.00 20.35 22.15
Est 30.40 0.52 « 21.35 19.50 20.76
Sud-Ouest 34.40 3.68 » 20.05 19.38 25.53
Sud 35.00 5.27 » 22.15 21.52 23.77
Sud-Est 31.00 0.30 » 19.20 17.75 21.35
Moyennes...... 31.00 3.00 'i 24.14 22.05 25.20
Sur ta 15" (Hausse... 0.29 /- » 4.74 2.68 4.90
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La affaires en farines ont doublé au commencement de la quinzaine avec une grande tendance à la hausse. Mais ce mouvement rapide avait été exagéré et bientôt elles sont retombées à des chiffres plus faibles. Les farines six marques, les premières, ont été prises avec un trop grand empressement. Les farines type-Paris ont subi de vigoureuses oscillations. Quant aux farines de consommation , il ne faut pas réclamer d'elles une grande concurrence de chalands. Les boulaugers de Paris sont toujours sur leur réserve, cherchant à n'acheter que pour suffire aux demandes quotidiennes.
Le marché des grains en Angleterre a demeuré ferme au milieu des variations presque hebdomadaires des autres marchés. S'il ne présente pas le mouvement de hausse que subissent les marchés du continent, il faut l'attribuer à l'insuffisance de l'importation. Après la crise agricole qu'elle vient de traverser, la Grande-Bretagne ne pouvait seule subvenir à ses marchés. Aujourd'hui, pour des raisons étrangères, l'exportation américaine est nulle, et nous lisons dans les journaux qui nous arrivent d'Angleterre, que les Américains eux-mêmes se voient à la veille de recourir à la fourniture agricole de la vieille Europe. En Angleterre, cette dernière quinzaine a été plus rigoureuse qu'ici ; mais cette variation de température, survenue brusquement et contre toute attente, ne porte aucun préjudice aux agriculteurs ; c'est à peine si le cours des marchés s'en est ressenti. ■•
Quoi qu'il en soit, les derniers marchés de Manchester et de Birmingham ont offert une grande fermeté, notamment pour le blé. Les orges ont été vivement demandées, mais se sont vendues plus aisément qu'on aurait pu s'y attendre. A Londres, le cours a suivi l'impulsion du continent dans une certaine mesure, et l'on a vu survenir quelques mouvements de hausse. A Dublin et à Edimbourg, aucune variation remarquable. Dans la première de ces villes, toutefois, on doit signaler un
élal déplorable des affaires ; les campagnes sont appauvries et l'Irlande ne vit que grâce aux importations de l'Angleterre. Les pommes de terre seules ont augmenté d'une façon notable dans le cours de la quinzaine qui vient de s'écouler.
En Hollande, les transactions en grains et en farines ont été calmes avec hausse pendant cette quinzaine. Il en a été de même dans le reste de l'Allemagne, où toutes les affaires ont été interrompues par les fêtes dernières.
Huiles et graines oléagineuses. — Les huiles de colza depuis le commencement de la quinzaine sont restées en hausse, malgré la fabrication qui est encore très-active et la consommation, qui .''ans diminuer cependant, n'augmente pas. Gela provient de ce que le colza en terre est magnifique, mais qu'après les mois de giboulées et d'averses de mars et d'avril, les gelées et les dégels auront produit de grands dégâts sur les plantes, et qu'alors la hausse d'aujourd'hui sera une baisse comparativement àla hausse qui surviendra alors. Le calcul nous parait dangereux, et des événements contraires tromperont peut-être bien les espérances et les combinaisons actuelles. Les cours des huiles brutes de colza se sont établis pour le disponible et le courant du mois à 101 fr. 50 ; à 102 fr. 50 pour les trois mois de février ; à 103 fr. pour les 4 mois d'été et à 100 fr. 50 les quatre derniers mois par 100 kilog. et fûts pris en entrepôt. Les huiles de lin ont subi un peu de baisse. Elles ne se sont relevées aux prix de 99 fr. 50 que vers le 10 janvier. Les trois mois de février ont été pris sans hésitation à 100 fr. 50 les 100 kilog.
Le peu de graines oléagineuses qui se vendent sont prises à des prix ordinaires sans hausse ni baisse. Les rares transactions qui se^sont faites dans cette marchandise n'ont point permis d'établir une moyenne vraie.
Sucres. — Les sucres bruts indigènes disponibles sont restés à des prix fermes : 57 fr. 50 pour le disponible ; 58 fr. 50 et 58 fr. 75 pour les trois mois de février ; 60 fr. 50 pour les quatre mois de mars, pour le type n" 12 bonne 1", au droit de42fr.; tels ont été les prix olïerls par les acheteurs et acceptés par les vendeurs. Quant aux sucres raffinés, les transactions et les prix ont été plus calmes avec faiblesse. Les belles sortes ont oscillé sans se fixer entre les prix de 128 fr. 50 et de 129 fr. Les bonnes sortes se sont fixées à 127 fr. Les sortes ordinaires n'ont pas dépassé 126 Ir. Le tout par quintal.
Vins, eaux-de-vie, alcools. — Les affaires en vins à Bercy, qui avaient été nombreuses en décembre, et qui s'étaient arrêtées avec les fêtes de la nouvelle année, ont repris avec une certaine activité. Les vins nouveaux ont surtout donné lieu à des transactions actives. Les froids de la quinzaine ont produit une bonne influence sur les vins de 1866 et les pays de production ont trouvé à placer facilemement ce qui leur restait encore en cave. Les arrivages dans les entrepôts, à Paris comme dans les grands centres des départementr;, ont été nombreux. Ils ont été tous effectués par les voies ferrées; la crue des eaux par la suite de la fonte des neiges se trouvant trop forte pour permettre le flottage des bateaux.
Les eaux-de-vie n'ont point changé la situation de leurs affaires. Les cours sont toujours les mêmes. L'augmentation des transactions pouvant seulement les augmenter, les prix restent les mêmes par suite de la stagnation qui pèse sur les pays de production comme sur les places commerciales.
Les prix des 3/6 Nord sont en hausse ; ceux du 3/6 Midi sont plus en faveur. Le disponible et le courant sont à 68 fr. ; février 68 fr. ; mars et avril 68 fr. ; 4 mois chauds 69 fr. l'hectolitre k 86 degrés. Les alcools du Midi sout de 85 à 86 fr. l'hectolitre à 86 degrés. Le tout en Entrepôt.
Suifs. — Les suifs ont subi une hausse marquée sur la quinzaine précédente : les diverses transactions de cette quinzaine ont été faites aux prix successifs de 111 fr., 110 fr. 75, 111 fr. 75, 112 fr., 111 fr. 50, 112 fr., 112fr. 50, 112 fr. 75, 113 fr. et 113 fr. 50; la cote officielle du suif disponible a été fixée de 11 2. à 111 fr.; courant, 111 k 110 fr; mois prochain, 111 fr. 50 à 111 fr.; 4 premiers, 112 fr.; 4 mois d'été, 113 fr.; 4 derniers mois, 114 fr.; 8 derniers mois, 113 fr. 50; 12 mois de 1867, 113 fr. les 100 kilog. hors Paris (entrée dans Paris. 7 fr. 20
par 100 kilog.). — La chandelle a été achetée dans Paris 130 fr. — Acide stéarique de saponification, 190 à 187 fr. 50; acide stéarique de distillation, 182 fr. 50 à 181 fr. 25. — Acide oléique de saponification, disponible, 93 fr.; 4 premiers mois, 94 fr.; 12 mois de 1867, 95 fr.; acide oléique de distillation, disponible, 83 fr.; 4 premiers, 83 fr. 50; 12 mois de 1867, 85 fr. — Huile de palme, 110 à 115 fr.; de coco, 132 à 138 Ir. — Saindoux à fabrique, 125 à 128 fr.; saindoux à bouche, 130 à 140 fr.; suif à savons, 92 k 104 fr. les 100 kilog. — La paraffine (nouveau produit à bougie) se cote ainsi : fabrique de Paris, première qualité, 175 à 172 fr. 50; deuxième, 162 fr. 50 à 160 fr.; troisième, 140 k 137 fr. 50; fabrique de Cologne, première qualité, 172 fr. 50 à '170 fr.; deuxième, 160 à 157 fr. 50 ; troisième, 137 fr. 50 à 135 fr., le tout aux 100 kilog. dans Paris.
Bestiaux. — La vente des bestiaux a été quelque peu entravée sur plusieurs places départementales par les neiges. L'affluence cependant des vendeurs et des acheteurs a été remarquable dans l'Ouest, le Centre, le Nord et l'Est. Les prix, en général, n'ont pas été en hausse. Cependant le gros bétail a été bien acheté. Au marché de Poissy, la vente s'est faite avec hausse, tandis qu'à Sceaux, la baisse a prévalu presque tout le temps.
Les marchés de bétail en Angleterre sont toujours dans un état regrettable ; cet état cessera d'exister le jour où l'Angleterre pourra fournir à sa consommation le contingent qu'elle apportait avant le cattle-plague. Au commencement de la dernière quinzaine, le bœuf s'annonçait avec une impulsion notable de hausse, mais la faiblesse des demandes a ramen§ le marché à l'état stationnaire. Londres, en quinze jours, a emprunté à l'importaiion étrangère près de 10,000 têtes de bétail. Nous ne devons pas oublier qu'il ya un an, à pareille époque, elle recevait en plus deux ou trois mille bestiaux, ce qui démontre une amélioration notable de l'état agricole dans ce pays. L'Ecosse a donné à ce marché un assez grand nombre de bœufs et de moutons, l'Irlande n'a pour ainsi dire rien envoyé. Les comtés de Norfolk, Suffolk, Essex et Cambridgeshire ont, pour la première fois depuis deux ans, envoyé de beaux spécimens de southdowns, qui cependant n'ont pas été préférés aux bestiaux d'importation continentale. Le Norlh Brilish Agricullural et le Mark Lane Express sont d'accord pour signaler que si le prix s'est maintenu à peu près ferme, la vente en général a été molle, durant la dernière quinzaine, dans ce grand marché qui commande pour ainsi dire aux autres. A Norwich, le bétail était en quantité considérable, il s'est mal vendu. Il en est de même à Glascow, dont les marchés ont eu lieu sans aucune animation. A Liverpool, les ventes sont faibles et rappellent presque l'état atone de cette grande ville trafiquante au début de la guerre d'Amérique. Georges BarRAL.
PRIX GOURANT DES DENRÉES AGRICOLES (i- quinz. de janvier).