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IV. — Prix proposés pour des questions agricoles

M. Ernest Gaugiran, secrétaire archiviste du Comité central agricole de la Sologne, nous a t'ait parvenir l'avis que ce comité décerneraen 1867, une médaille d'or de 500 fr. à l'auteur du meilleur mémoire sur la suppression des étangs en Sologne, à la condition par l'auteur de diriger ses recherches sur la partie hygiénique, aussi bien que sur la partie législative et agricole du sujet. Voici les conditions que des concurrents auront à remplir :

Les manuscrits destinés au concours devront être adressés le 1" juillet 1867, non signés, .'i M. Canu, secrétaire du Comité, au domaine impérial de Lamolte-Beuvron. Un billet cacheté renfermant les noms et l'adresse de l'auteur sera joint à chaque manuscrit.

M. le comte de Chamailles, préfet d'Eure-et-Loir, nous écrit que le Concours ouvert par arrêté du 15 novembre I86'i, pour la rédaction d'un traité sur la production et l'élève du cheval percheron et sur les moyens de l'améliorer, n'a pas donné de résultats complètement satisfaisants. Le but de l'administration était d'obtenir un travail capable surtout de servir de guide aux producteurs et aux éleveurs. Malgré le mérite des ouvrages déposés, ce but n'a pas été atteint; aussi, le Conseil généfal d'Eure-et-Loir, dans sa dernière session, a-t-il décidé qu'un deuxième Concours serait ouvert. Voici le programme destiné à servir de guide aux personnes qui désireraient y prendre part. Le prix offert est de 900 francs en argent :

L'élevage des poulains dans le département d'Eure-et-Loir se divisant en deux industries qui ne s'exercent généralement pas par les mêmes cultivateurs: — 1° l'industrie qui fait nailre; — 2° linduslrie qui seulement élève les poulains; le Manuel pourra êlre ilivi.sé en deux parties: la première traitera Iles poulinières et des étalons; la deuxième, des poulains.

I. l'onlinières. — Les poulinières n'étant pas les mêmes partout et pouvant se diviser en poulijiières do gros trait, poulinières de trait léger ou d'omnibus, poulinières plus légères encore, dites

à deux fins, et chaque genre de poulinières se trouvant plus particulièrement dans une région ajjTicole plus ou moins circonscrite, on donnera, par région, la description des juments; on fera ressortir les défauts de conformation, les causes de ces défauts, l'hérédité entre autres, etc. On dira si ces juments sont nées dans la région , ou si elles y sont amenées jeunes par le commerce. On passera ensuite, aussi par région, au régime alimentaire; on dira les bonnes méthodes ou les vices de ce régime appliqué surtout aux poulinières pleines, aux poulinières nourrices. On dira les moyens de remédier aux vices de ce régime, et, si le système agricole s'y refusait, on indiquerait les modifications économiques à apporter à ce système. Du régime alimentaire on passera aux travau.x : on dira ceux qu'on ne doit point imposer aux juments pleines et aux juments nourrices. On dira les soins à donner à la jument qui est sur le point de mettre bas; à celle qui est nourrice, et les bons effets du pansement à la main. Viendra ensuite l'examen des écuries; l'indication des inconvénients des sols bas non pavés, sans ruisseau, et d'un sol trop incliné — des planchers bas — du manque d'une bonne aération, d'une aération verticale surtout — de l'accumulation des fumiers, — des portes trop étroites, etc., etc.

II. — Étalons. — On insistera : sur l'avantage de les prendre dans la même sous-race que les juments, dans la même région, par conséquent d'une origine bien connue ; — sur le soin de les bien ajipareiUer, de rejeter celui qui aurait des lares héréditaires, surtout- celui qui aurait des vices de caractères; — sur le soin de se garder des étalons coureurs. — Si, cependant, il était exceptionnellement vrai que des reproducteurs étrangers fussent plus avantageux, on dira les rai-' sons de ce fait. On indiquera ensuite les mauvaises coutumes, l'emploi de trop jeunes étalons, un trop long repos, des saillies trop fréquentes, une nourriture trop abondante, l'administration de substances excitant à l'acte de la génération. On sera amené ainsi à l'indication du régime alimentaire et de travaux qui convient le mieux à l'étalon.

III. — Poulains. — On dira les soins à donner dans le premier âge; celui parfois de sécher le jeune sujet, de l'aider à se lever, à prendre la tétine, et encore de faciliter l'évacuation du maconium. Si la mère refuse de se laisser téter, on dira comment il faut l'y habituer; si elle refuse obstinément, comment il faut nourrir le petit. On dira la précaution de surveiller l'usure des onglons. On indiquera eiisuile les précautions pour que le jeune sujet ne puisse se blesser dans l'écurie ; s'il est au pâturage, on indiquera le danger de quelques genres de clôture, l'avantage de quelques légers abris, les bons effets de visites souvent répétées, de caresses habituelles. Plus lard, quand les poulains sont sevrés, on dira le régime alimentaire qui leur convient suivant les saisons, suivant l'âge ; on dira les précautions à prendre pour les faire ferrer, pour les habituer aux harnais ; puis, quand ils sont assez forts pour travailler, les précautions à prendre pour les habituer aux travaux. A l'égard de ceux de seus-race à deux fins, on fera ressortir les avantages d'une castration très-hâtive. Quant à ceux qui, déjà habitués au travail, passent dans les parties du déparlement où ils restent jusqu'à leur développement complet, on indiquera le régime alimentaire et d'exercice le plus convenable pour amener les jeunes animaux à leur maximum de valeur. Enfin, comme il est des contrées qui tirent des poulains milles de provinces autres que le Perche, on dira d'oii ces poulains proviennent, leurs qualités, leurs défauts, afin de guider le cultivateur dans le choix à faire. Ce programme n'est point imposé aux concurrents, une pareille exigence serait une barrière à toute initiative; et on sait que l'initiative prise d'après une connaissance approfondie du sujet peut produire une œuvre supérieure à celle qui résulterait d'une sujétion à l'ordre indiqué au programme. Celui-ci n'est donc qu'une indication des matières à traiter et d'un ordre qu'on pourrait suivre. Il est aussi l'expression du désir de voir les concurrents s'abstenir de toute théorie sujette à controverse.

Les manuscrits devront être déposés à la préfecture avant le 1" août 1S6Ï. Ils porteront en titre une épigraphe reproduite dans un ]<h signé et placé sous une enveloppe qui ne sera ouverte qu'après la décision.

On doit applaudir aux efforts que tait la haute administration du département d'Eure-et-Loir pour améliorer, dans cette contrée, la production du cheval. On ne saurait trop insister, en effet, pour que lélevage du cheval percheron, estimé dans le monde entier, prenne une assiette solide, ("est une question sur laquelle le Journal ir Agriculture reviendra plus d'une l'ois.

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